bénir


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bénir

v.t. [ lat. benedicere, de bene, bien, et dicere, dire ]
1. Appeler la protection de Dieu sur : Le pape a béni les fidèles. Prêtre qui bénit un bateau.
2. Montrer une grande reconnaissance envers ; se féliciter de : Je la bénis de m'avoir tiré d'embarras
Béni des dieux,
favorisé par le sort : Une région bénie des dieux.

BÉNIR

(bé-nir) v. a.
Consacrer au culte, au service divin avec certaines cérémonies. Bénir une église, bénir un cierge, bénir des drapeaux, un vaisseau, une cloche, une locomotive. Bénir des époux, un mariage, consacrer l'union conjugale suivant le rite religieux. Bénir un abbé, une abbesse, les installer dans leur dignité avec les cérémonies ecclésiastiques et en disant certaines prières.
Bénir les assistants, faire sur eux le signe de la croix.
Appeler sur quelqu'un les bénédictions du ciel. Il a béni ses enfants à son lit de mort.
Sa dernière prière a béni nos tendresses [VOLT., Tancrède, V, 3]
Donner des bénédictions, appeler le bonheur sur, louer. Bénir le Seigneur.
Partout, en ce moment, on me bénit, on m'aime [RAC., Brit. IV, 3]
Les Parthes à la foule, aux Syriens mêlés, Bénissent à l'envi le prince et Rodogune [CORN., Rodog. V, 2]
De mon nom, s'il se peut, bénissez la mémoire [VOLT., Alz. V, 7]
Il se dit aussi des choses qui causent une profonde satisfaction.
Nous autres bénissons notre heureuse aventure [CORN., Poly. V, 6]
De bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé [RAC., Baj. I, 2]
Chacun devait bénir le bonheur de son règne [ID., Brit. III, 8]
Trop heureux en mon mal, je bénis ma défaite [RÉGNIER, Élég. v.]
Combler de faveurs, en parlant du ciel.
Ce ne lui est rien [à Louis XIV] d'être l'homme que les autres hommes admirent : il veut être, avec David, l'homme selon le cœur de Dieu ; c'est pourquoi Dieu le bénit [BOSSUET, Marie-Thér.]
Roi dont le ciel a toujours béni les armes [FLÉCH., Dauph.]
Le ciel daigne bénir votre sceptre et vos jours [CORN., Héracl. V, 3]
Ces Juifs dont vous voulez délivrer la nature.... Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères [RAC., Esth. III, 4]
Dieu vous bénisse ! Locution dont on se sert quelquefois en s'adressant à un pauvre à qui on n'a rien à donner. On le dit aussi ironiquement à quelqu'un dont les discours ou la conduite nous contrarient. On le dit enfin en s'adressant à une personne qui éternue.
Eh ! parbleu ! je dirai à celui qui éternue : Dieu vous bénisse, et : va te coucher, à celui qui bâille [BEAUMARCH., Barbier de Sév. III, 5]

REMARQUE

  • Malherbe a dit : Beni les plaisirs de leur couche, II, 4 ; au lieu de bénis, à l'impératif. C'est une forme légitime (l's n'appartenant pas étymologiquement à l'impératif), mais archaïque, qui pourtant pourrait être employée en vers pour la rime.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Et l'arcevesque de Deu les beneïst [, Ch. de Rol. LXXXVII]
    [Il] Ne laisserat que [il] nous ne beneïsse [, ib. CXLI]
    Et li evesque les ewes beneïssent [, ib. CCLXVIII]
  • XIIe s.
    Quant vous aurai asous [absous] et beneïs [, Ronc. p. 56]
    Beaux fils Malprimes, Mahons vous beneïe [, ib. p. 126]
    Cil vous beneie qu'en [qui en] la croiz fut penez [, ib. p. 203]
    Benoet soit li hardemens Où j'ai pris si bon espoir [, Couci, XI]
    E là remest [il demeura] treis meis, e nostre sire benesquid Obededom et sa maisun [, Rois, 140]
    E Joab, à ces paroles, chaï à terre e aürade benesquid le rei [, Rois, 170]
  • XIIIe s.
    S'en vont vesque et abbé pour le lit beneïr [, Berte, XII]
    [De Dieu] Soit vostre ame et la seue [sienne] en cest jour beneïte [, ib. LIX]
    L'eure soit beneoite que je onque vous vi [, ib. LIX]
    Et car me secourez, mere [de] Dieu beneoite [, ib. XXIX]
    De Dieu et de saint Beneoist Puissent-il estre beneoist [, la Rose, 14940]
    Beneoite soit esperance Qui les amans ainsinc avance ! [, ib. 2641]
    Note que femes qui segondes fois se marient, ne devent pas estre benoittes de provoire [prêtre] [, Liv. de Just. 220]
    Si en apelons le [la] benite virge Marie, qui mix [mieux] et plus hardiement vient prier son chier filz que nus autre [BEAUMANOIR, 15]
    L'evesques Pierre de Chaalons, que Diex absoille, les chassa touz deux, et beneÿ en abbé Mons Jehan de Mymeri, et li dona la croce [JOINV., 291]
    Amer Dieu et loer, veoir et beneïstre, C'est l'office des anges qui sont nostre menistre [J. DE MEUNG, Test. 113]
  • XIVe s.
    Si me semble que nous devons beneyr et louer le roy du ciel qui a son peuple pourveu de tel roy terrien [ORESME, Prol.]
    Aussi tost qu'aprouchiez furent de la clergie, Descendirent à pié trestuit à une fie ; à l'evesque s'en vont, qui tous les beneïe [, Guesclin. 8789]
  • XVe s.
    S'attendoient que on portast la croix et l'eau benoiste au-devant [COMM., IV, 6]
    Il se tenoit près du benoitier, et, quand elle fut près, il lui bailla de l'eau benoite [LOUIS XI, Nouv. XLIV]
  • XVIe s.
    Ceste semence en laquelle toutes gens devoyent estre benites, à parler proprement, est Christ [CALV., Instit. 250]
    Vous, messire Oudart, ne faillez y comparoistre en vostre beau suppelliz et estolle, avecques l'eaue beniste, comme pour les fianser [RAB., Pant. IV, 12]
    L'homme tel, Dieu le benira [MAROT, IV, 265]
    Dont, sans fin, roy tant magnifique, Partout on benira [ID., IV, 299]
    Bacchus alors chappeau de treille avoit Et arrivoit pour benistre la vigne [ID., II, 352]
    Et quand jecté eurent de l'eau benie Sur leurs habits en grand cerimonie [ID., IV, 32]
    Du pain benist, du pain d'espice [ID., I, 211]
    D'où vient cette coustume de benir ceulx qui esternuent ? [MONT., IV, 1]
    Le Seigneur vous benie [PALISSY, 112]
    Messeigneurs d'Orleans et d'Angoulesme, voz très heureusement nez enfans, que Dieu benie [AMYOT, Épît.]
    Les femmes alloient chantant des cantiques à sa louange, en le benissant de ce qu'il avoit si vertueusement vescu [ID., Lyc. 55]
    Il estoit publiquement loué, beneit et honoré de tout le monde [ID., P. Aem. 57]
    De l'eauve [eau] beniste le plus petit est assez [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 237]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. benezir, benesir, bendir ; catal. beneir ; espagn. bendecir ; portug. benzer ; ital. benedire ; du latin benedicere, de bene, bien (voy. BIEN, adv.), et dicere (voy. DIRE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    BÉNIR. Ajoutez :
    Bénir de, accorder comme bénédiction.
    Jouissez en paix de la fortune dont la Providence a béni votre travail [J. J. ROUSS., Lett. à Rey, août 1766]

    HISTORIQUE

    • XVIe s. Ajoutez :
      Si les princes sont touchez de veoir le monde benir la memoire de Trajan et abominer celle de Neron [MONT., III, 26]

bénir

BÉNIR. v. tr. Consacrer au culte, au service divin avec certaines cérémonies. Bénir une église, une chapelle. Bénir des ornements d'église, une pierre d'autel, des fonts, etc. Bénir un cierge.

Bénir un abbé, une abbesse, Les installer dans leur dignité avec certaines cérémonies et en faisant sur eux certaines prières. C'est aux évêques de bénir les abbés et les abbesses.

Bénir des époux, Consacrer leur union suivant le rite religieux. On dit de même Bénir un mariage.

Bénir des armes, des drapeaux; bénir le lit nuptial, bénir la table, etc., Faire certaines prières pour attirer la grâce de Dieu sur des armes, sur des drapeaux, etc.

Bénir le peuple, les assistants, etc., Faire sur eux le signe de la croix, en leur souhaitant la grâce divine. Le prélat bénissait les passants agenouillés. Le prêtre a béni l'assistance.

Il se dit également en parlant de l'Acte religieux par lequel les pères et les mères appellent sur leurs enfants la protection céleste. Noé bénit Sem et Japhet et maudit Cham. Il a béni ses enfants avant de mourir.

Il signifie aussi Louer, glorifier, remercier avec des sentiments de vénération et de reconnaissance. Bénir Dieu de la grâce qu'il nous a faite. Bénit soit Dieu. Le Ciel en soit béni. Bénissons le Seigneur. Bénissons la main qui nous a créés. Tout le monde vous bénit. On vous bénira, si vous faites cette bonne action. On dit de même Bénir la mémoire de quelqu'un.

Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Choses qui rappellent quelque agréable souvenir, et généralement de Tout ce dont on a lieu de se féliciter. Je bénis le lieu, l'heure, le moment où je vous ai vu. Je bénis le hasard qui me fait vous rencontrer.

Il signifie encore Combler de faveurs, faire prospérer; et, dans cette acception, il ne se dit que de Dieu. Dieu avait béni la race d'Abraham. Que Dieu bénisse vos armes! Le Seigneur bénira votre sainte entreprise, bénira vos efforts. Dieu bénit les nombreuses familles.

Fam., Dieu vous bénisse, se dit à une Personne qui éternue.

Il se dit encore ironiquement, en signe de mécontentement, à une Personne dont le discours ou la conduite nous fâche ou nous contrarie. Vous nous donnez là une belle nouvelle, Dieu vous bénisse! Vous avez fait là une chose bien adroite, Dieu vous bénisse!

Ce verbe a deux participes passés.

BÉNIT, ITE, qui se dit de Certaines choses sur lesquelles la bénédiction du prêtre a été donnée avec les cérémonies prescrites. Eau bénite. Pain bénit. Cierge bénit. Médaille bénite. Les drapeaux ont été bénits.

Fig. et fam., De l'eau bénite de cour, De vaines protestations de service et d'amitié. Donner à quelqu'un de l'eau bénite de cour. On dit dans un sens analogue C'est un donneur d'eau bénite.

BÉNI, IE, qui a toutes les autres significations de son verbe et s'emploie surtout en parlant des Personnes. Un peuple béni de Dieu.

benir

Benir, ou Benistre, Lustrare, B. ex Ouid. Bene precari.

bénir


BÉNIR, v. a. [Richelet ne met point d' accent. La Touche prétend que l'e est muet, et que de très-habiles Académiciens, qu'il fit consulter, faisaient cet e fém. dans benin, benit, et masc. dans bénignité, bénédiction, bénédicité. On a suivi cette décision dans le Dict. Gramm. Mais l'usage a changé, et l'é est fermé ou masc. dans tous ces mots.]
   BÉNIR: 1°. Consacrer au culte divin avec certaines cérémonies: bénir une Église, une chapelle, des cierges, des ornemens, etc. Bénir un Abé, une Abesse, des drapeaux, des armes, le lit nuptial, etc. = 2°. Doner la bénédiction en faisant le signe de la Croix, comme font les Évêques sur les Fidèles, les Pères et Mères sur les enfans, etc. = 3°. Louer, remercier; bénissez Dieu de la grâce qu'il vous a faite: je bénis l'heure et le moment où je vous ai conu. = 4°. Rendre heureux: je prie Dieu qu'il bénisse les éforts de votre zèle, vos travaux, vos bones intentions, etc.
   Rem. * On disait autrefois bénie à l'impératif pour bénisse. "La Cour comanda à un de ses Officiers de crier: Dieu bénie le Royaume d'Angleterre. Procès de Charles I. "Le Diable alla mettre dans l'esprit de Mlle... de faire comander aux violons de nous suivre, et d'aller donner des sérénades toute la nuit... mais de bonne fortune les bonnes gens avoient laissé leurs violons à la bârre, et Dieu les bénie. Voit. — On dit aujourd'hui Dieu nous bénisse, les bénisse, etc. C'est une espèce d'interjection. "Il semble que nous voulions nous aller jeter chacune dans la mer, et laisser toute la France entre nous deux: Dieu nous bénisse. SEV.
   Dieu vous bénisse, dit-on à celui qui éternûe, ou à un pauvre à qui l' on ne veut rien doner.

Synonymes et Contraires

bénir

verbe bénir
1.  Appeler la protection de Dieu.
2.  Louer quelqu'un.
Traductions

bénir

segnen, benedeien, einsegnenbless, consecrate, ordainzegenen, inzegenen, wijden, gelukkig zijn (met), loven, prijzen, inwijdenבירך (פיעל)benedy, seënbeneirευλογώ, αγιάζωbenibendecirsiunataáldbenedirevelsigneabençoar, bendizer, benzerблагословлять, благословить, креститьvälsigna, signaيُبارِكُpožehnatvelsigneblagosloviti祝福する축복하다pobłogosławićอวยพรkutsamakcầu nguyện保佑 (beniʀ)
verbe transitif
1. religion demander la protection de Dieu pour qqn ouqqch bénir un mariage
2. remercier avec force, être très heureux deqqch bénir qqn d'avoir fait qqch

bénir

[beniʀ] vt → to bless