badaud, aude


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BADAUD, AUDE

(ba-dô, dô-d' ; le d ne se lie pas : le badaud est.... dites : le ba-dô est.... l's se lie au pluriel : les badauds à l'entour, dites : les ba-dô-z à l'entour) s. m. et f.
Qui s'arrête à considérer tout ce qui lui semble nouveau. Les badauds de Paris, locution qui vient de ce que, à Paris comme dans les grandes villes, une foule s'amasse rapidement autour de quoi que ce soit.
Tu seras des badauds en passant adoré [RÉGNIER, Sat. XVI]
L'espoir qui le domine, C'est, chez son vieux portier, De parler de la Chine Aux badauds du quartier [BÉRANG., Jean de Paris.]
Et la vieille badaude, au fond de son quartier, Dans ses voisins badauds voit l'univers entier [VOLT., Vanité]
Un troisième, moine et seigneur, dont les paysans sont mainmortables, attendait un arrêt du conseil qui le mît en possession de tout le bien d'un badaud de Paris qui, ayant par inadvertance demeuré un an et un jour dans une maison sujette à cette servitude, y était mort au bout de l'année [ID., l'Homme aux quarante écus, aud. du contr. gén.]
Paris est un grand lieu plein de marchands mêlés.... Et, parmi tant d'esprits plus polis et meilleurs, Il y croît des badauds autant et plus qu'ailleurs [CORN., Menteur, I, 1]
Le tout glacé, verni, blanchi, doré, Et des badauds à coup sûr admiré [VOLT., Temple du goût.]

SYNONYME

  • BADAUD, BENÊT, NIGAUD, NIAIS. L'étymologie, du moins pour les trois premiers, montre les nuances. Le badaud est celui qui baye aux corneilles, qui s'arrête à toute chose, comme s'il n'avait jamais rien vu ; le niais, comme le jeune oiseau qui sort pour la première fois de son nid, est sans expérience, et, en quoi que ce soit, il ne sait comment s'y prendre ; le benêt est une créature bénite, simple, et qui fait ou croit tout ce qu'on veut. Le nigaud est celui qui s'attrape à toute chose, et qu'aussi par toute chose on attrape.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Car j'entends que plusieurs badaux S'en vont disant : ce n'est qu'ivrognerie Que les vaux-de-vire nouveaux [JEAN LE HOUX, II]
    Reputez grands badaux, et caillettes, sots en latin et en françois, de l'avoir enduré [, Sat. Mén. p. 83]
    Le fort de Gournay, qu'on appelle maintenant bridebadaut [, ib. p. 155]
    Et ainsi le pauvre badaut de village s'en alla quitte.... [PARÉ, XV, 28]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, bader, bavarder ; wallon, bada, femme étourdie, évaporée ; provenç. badau, niaiserie, badoc, badin, badaul, baduel, niais. Ce mot, qui paraît n'être entré dans le français que tard, vient du provençal ; le provençal se rattache à un mot bas-latin, badare ou batare, qui signifie bâiller. Aller plus loin est difficile. Il y a dans le celtique : cornwall. badus, lunatique, bas-breton, bad, stupeur, étourdissement ; gaél. baodh, baoth, bâth, stupide, vain ; mais ces mots ne répondent pas à la signification primitive de badare, qui signifie bâiller.