badin, ine

BADIN, INE

(ba-din, di-n') adj.
Qui se plaît aux choses légères. Un homme badin.
Riez, Zélie, soyez badine et folâtre à votre ordinaire [LA BRUY., 13]
Ce n'est que pour toi seul qu'elle est fière et chagrine ; Aux autres elle est douce, agréable, badine [BOILEAU, Sat. X]
Substantivement.
Hors de mode aujourd'hui chez nos plus froids badins [BOILEAU, Sat. XI]
En parlant des choses. Un air badin. Esprit badin. Lettre badine.
L'âme du singe fit tant de tours plaisants et badins, que l'inflexible roi des enfers ne put s'empêcher de rire [FÉN., t. XIX, 54]
Ô Dieu ! où serait ici votre sagesse de n'avoir montré des hommes à la terre que pour faire des essais badins de votre puissance ? [MASS., Car. Avenir.]
Le ton de la conversation y est [à Paris] savant sans pédanterie, gai sans tumulte, poli sans affectation, galant sans fadeur, badin sans équivoque [J. J. ROUSS., Hél. II, 14]
Poëme badin, poëme qui raconte, en un style léger, des aventures badines, comme le Vert-Vert de Gresset. En termes de graveur, pointe badine, main adroite et légère à tracer les traits.
Adj. Fou, peu raisonnable. En ce sens il est peu usité présentement.
Moi, jaloux ! Dieu m'en garde, et d'être assez badin Pour m'aller amaigrir avec un tel chagrin [MOL., le Dép. I, 2]
Substantivement.
Sus, badin, levez-vous ; si vous tombiez dedans.... [RÉGNIER, Sat. XI]

SYNONYME

  • BADIN, ENJOUÉ, FOLÂTRE. Badin, quand on laisse de côté le sens ancien, qui le rapproche de badaud, signifie celui qui, se plaisant aux choses légères, y met ou de l'esprit ou de la grâce. L'enjoué met de la gaieté aux choses qu'il dit. Le folâtre se livre à de petites folies qui ont leur charme, si la circonstance s'y prête, mais qui dépassent et le badinage et l'enjouement.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    On voit ez comedies italiennes tousjours un pedante pour badin [plastron] [MONT., I, 138]
    Quand je tanse avecques mon valet, quand je l'appelle un badin, un veau.... [ID., I, 270]
    J'ay veu aussi les badins excellents, vestus simplement [ID., II, 104]
    Pour rire un ris acheté à prix d'argent, qu'ils payent à des baladins et à des badins et joueurs de farces [AMYOT, Tranquill. d'âme, 40]
    Au reste ils sont si sots et si badins qu'ils craignent Les charmeurs dont les points et la voix les contraignent à leur faire service.... [RONS., 878]

ÉTYMOLOGIE

  • Le même radical que badaud.