bayer

(Mot repris de baieraient)

bayer

[ baje] v.i. [ var. de béer ]
Bayer aux corneilles,
regarder en l'air, bouche bée : Plutôt que de bayer aux corneilles, prends un livre rêvasser

bayer


Participe passé: bayé
Gérondif: bayant

Indicatif présent
je baye
tu bayes
il/elle baye
nous bayons
vous bayez
ils/elles bayent
Passé simple
je bayai
tu bayas
il/elle baya
nous bayâmes
vous bayâtes
ils/elles bayèrent
Imparfait
je bayais
tu bayais
il/elle bayait
nous bayions
vous bayiez
ils/elles bayaient
Futur
je bayerai
tu bayeras
il/elle bayera
nous bayerons
vous bayerez
ils/elles bayeront
Conditionnel présent
je bayerais
tu bayerais
il/elle bayerait
nous bayerions
vous bayeriez
ils/elles bayeraient
Subjonctif imparfait
je bayasse
tu bayasses
il/elle bayât
nous bayassions
vous bayassiez
ils/elles bayassent
Subjonctif présent
je baye
tu bayes
il/elle baye
nous bayions
vous bayiez
ils/elles bayent
Impératif
baye (tu)
bayons (nous)
bayez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais bayé
tu avais bayé
il/elle avait bayé
nous avions bayé
vous aviez bayé
ils/elles avaient bayé
Futur antérieur
j'aurai bayé
tu auras bayé
il/elle aura bayé
nous aurons bayé
vous aurez bayé
ils/elles auront bayé
Passé composé
j'ai bayé
tu as bayé
il/elle a bayé
nous avons bayé
vous avez bayé
ils/elles ont bayé
Conditionnel passé
j'aurais bayé
tu aurais bayé
il/elle aurait bayé
nous aurions bayé
vous auriez bayé
ils/elles auraient bayé
Passé antérieur
j'eus bayé
tu eus bayé
il/elle eut bayé
nous eûmes bayé
vous eûtes bayé
ils/elles eurent bayé
Subjonctif passé
j'aie bayé
tu aies bayé
il/elle ait bayé
nous ayons bayé
vous ayez bayé
ils/elles aient bayé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse bayé
tu eusses bayé
il/elle eût bayé
nous eussions bayé
vous eussiez bayé
ils/elles eussent bayé

BAYER

(ba-ié. Il faut se garder de le confondre avec bâiller, dont il se distingue par l'a bref et par l'absence des ll mouillées ; plusieurs prononcent béié, ce qui vaudrait mieux) , je baye, tu bayes, il baye ou il baie, nous bayons, vous bayez, ils bayent ou ils baient ; je bayais, nous bayions, vous bayiez, ils bayaient ; je bayai ; je bayerai, baierai ou baîrai ; je bayerais, baierais ou baîrais ; baye, bayez ; que je baye, que nous bayions, que vous bayiez, qu'ils bayent ; que je bayasse ; bayant ; bayé v. n.
Tenir la bouche ouverte en regardant quelque chose.
Je voulus aller dans la rue pour bayer comme les autres [SÉV., 20]
Il trouva sous sa main le comte de la Tour parmi une foule d'officiers qui étaient venus bayer là et faire leur cour à M. de Vaudemont [SAINT-SIMON, 346, 49]
Fig. et familièrement. Bayer aux corneilles, regarder en l'air niaisement.
Allons, vous, vous rêvez, et bayez aux corneilles [MOL., Tart. I, 1]
Fig. Désirer quelque chose avec une grande avidité.
Vanité.... Qui baye après un bien qui sottement lui plaît [RÉGNIER, Sat. V]
Ce verbe vieillit en ce sens. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

REMARQUE

  • Il serait à désirer que la prononciation de ce verbe fût bé-ier et non ba-ier, tant à cause de l'analogie avec payer et de l'ancienne orthographe et prononciation beer, que pour le distinguer de bâiller. Ces deux verbes en effet ont été souvent confondus, et le sont encore. La Fontaine a dit :
    C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères [LA FONT., Fabl. II, 13]
    ; et :
    Le nouveau roi bâille après la finance ; Lui-même y court pour n'être pas trompé [ID., ib. VI, 6]
    Les éditions données par la Fontaine lui même ont baailler (c'est-à-dire bâiller) ; mais c'est une faute de sa part (faute qui prouve qu'il prononçait ba-ier et non bé-ier), et que des éditeurs subséquents ont corrigée avec raison. On lit de même dans St-Simon : Les tables sans nombre et à tous les moments servies ; jusqu'aux bâilleurs les plus inconnus, tout était invité, retenu, 60, 2. Lisez bayeurs, et voy. ce mot.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mout [je] voi baïe celle gent d'orlenois [, Ronc. p. 137]
    Pinabel ont saisi, qui gist goule baée [, ib. p. 196]
    Et du douz lieu où mes cuers tent et bée [, Couci, XVII]
    N'est pas amours dont on se peut mouvoir, Ne cil amis qui en nule maniere La [l'amour] bée à decevoir [, ib. XVIII]
    .... Fins cuers qui bet à haute honeur, Ne se pourroit de tel chose desfendre [, ib. XXIV]
  • XIIIe s.
    Et que c'est pour noient que rois Flores i bée [, Berte, LXVIII]
    [Une ourse] qui vers lui s'en venoit courant gueule baée [, ib. XLVI]
    Pour qui ferai mais ne chançon ne chant, Quant je ne bé à nule amour ateindre ? [ANONYME, dans Couci.]
    Qui honeur cace [chasse, poursuit], honeur ataint ; Et ki à peu bée à peu vient [, Bl. et Jehan, 2]
    Endementieres que Brun [l'ours] bée, Renart a les coins empoingniez Et à grant peine descoigniez [, Ren. 10304]
    Mais qu'il ne puissent aparçoivre Que vous les beés à deçoivre [, la Rose, 7456]
    Vers le bouton tant me treoit Mes cuers, que aillors ne beoit [, ib. 1736]
    Et quant il sera resaizis, li sires pot propozer contre li ce qu'il bée à demander, en la presence de ses pers [BEAUMANOIR, 47]
    Je ne me bée pas à combatre pour vostre querele [ID., VI, 16]
    Or [elle] a quanques demandé a, Or a ce à qu'ele bea, Or a ele sa volonté [RUTEB., II, 185]
    Sire de Joinville, foi que doi vous, je ne bée mie si tost à partir de ci [JOINV., 304]
  • XVe s.
    Et si tost après diner ils revenoient devant son hostel, et beoient en la rue, jusques à donc qu'il vouloit aller aval la rue [FROISS., I, I, 65]
    Et quant je voy que creature humaine à repentir n'à bien faire ne bée [E. DESCH., Souffr. du peuple.]
    Et quant ce fut fait, il dit que les Turcs avoyent euxmesmes fait une partie de ce qu'il beoit à faire [, Bouciq. I, ch. 32]
    Nous avons beau coucher en raye, L'oreille au vent, la gueule baye [VILLON, Malle paye et Baillevent.]
    Elle s'avança de venir beyer et regarder par les crevances des fenestres [LOUIS XI, Nouv. C]
  • XVIe s.
    Ores des dieux les autelz elle adore, Et de presents chacun jour les honore ; Ores beant aux poitrines sanglantes, Regarde au fond des entrailles saillantes [DU BELLAY, IX, 8, recto.]
    Tu ne verras beer les portes grandes De la maison espouvantable à veoir, Si paravant tu n'as fait ton devoir [ID., IX, 41, verso.]
    Car c'est de là que vient la fine marchandise, Qu'en beant on admire, et que si hault on prise [ID., 83, verso.]
    Aller beant aprez les choses futures [MONT., I, 11]
    Qui ne bée point aprez la faveur des princes [ID., IV, 165]
    Nous ne voulons pour conseillers et medecins ceux de Lorraine, qui de long-temps béent après notre mort [, Sat. Mén. p. 177]
    Il acculoyt ses souliers, baisloyt souvent aux mousches [RAB., Gar. I, 11]
    Les gentilz hommes de Beauce desjeunent de baisler, et s'en treuvent fort bien [ID., ib. I, 16]
    On trouvoit les bestes par les champs, mortes la gueule baye [ID., Pant. II, 2]
    Ressemblans aux petits oysellets qui ne peuvent encore voler, et qui baillent toujours attendans la becquée d'autruy et voulans que l'on leur baille ja tout masché et tout prest [AMYOT, Comment il faut ouir, 28]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, beer et beyer ; Berry, baier et é-bader, ouvrir, élargir ; wallon, bawi ; namurois, bauï, bâiller et bayer ; rouchi, baier, être étonné ; provenç. badar ; ital. badare. Étymologie incertaine. Le bas-breton bada, être dans l'étonnement, est sans doute emprunté au roman. L'ancien irlandais báith, sot, imbécile, et l'ancien haut allemand beitôn, muser, tarder, n'ont pas le sens primitif de bayer, qui est être béant. Diez propose comme conjecture une onomatopée, ba, exprimant l'ouverture de la bouche, avec un suffixe itare : ba-itare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • BAYER. - ÉTYM. Ajoutez : Saintong. bader, ouvrir la bouche.

bayer

BAYER. (Il se conjugue comme BALAYER.) v. intr. Avoir la bouche grande ouverte. Il ne se dit plus guère que dans l'expression Bayer aux corneilles, Perdre son temps à regarder en l'air niaisement.

bayer

Bayer à la mamelle, Appetere mammam, C'est proprement ouvrir la bouche, mais pource que quant plusieurs regardent par grande affection quelque chose ouvrent la bouche, de la est que bayer signifie aucunesfois autant que Regarder.

Bayer et tascher à quelque somme d'argent, et la devorer par esperance, Alicui pecuniae incubare spe atque animo.

Ne bayer qu'à la proye, Imminenti auaritia esse.

Il baye vers la Grece, Graeciam spectat.

bayer


BAYER, v. n. BAYEUR, EûSE, s. m. et f. [Bé-ié, ieur, ieû-ze, 1re é fer. 2e é fer. au 1er, dout. au 2d, lon. au 3e.] Tenir la bouche ouverte, en regardant long-temps quelque chôse. On disait autrefois Béer. — Celui ou celle qui regarde avec avidité, comme les gens du peuple.
   On dit figurément, dans le style familier: bayer, (soupirer) après les richesses, les honeurs.

Traductions

bayer

gape

bayer

Bayer

bayer

باير

bayer

拜耳

bayer

拜耳

bayer

Bayer

bayer

Bayer

bayer

バイエル

bayer

Bayer

bayer

[baje] vi
bayer aux corneilles → to stand gaping