bateleur, euse


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BATELEUR, EUSE

(ba-te-leur, leû-z') s. m. et f.
Faiseur de tours de force et d'escamotage.
Sorciers, bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où venez-vous ? [BÉRANG., Bohém.]
Bouffon de société. Cet homme est un vrai bateleur.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il n'est flabeur [faiseur de fables] ne batelleur, Ne joueur d'apertise.... [, Dit des Peintres]
  • XVe s.
    Tous quelx bastelleurs fussent venus en la ville de St Moris sur Vigenne pour jouer des basteaux [DU CANGE, bastaxius.]
    Un basteleur qui aloit parmi la ville jouer d'apertesse [CHRIST. DE PISAN, Charles V, part. III, chap. 20]
  • XVIe s.
    Les singeries que les basteleurs apprennent à leurs chiens [MONT., II, 172]
    Un plaisant bateleur, assez bien reçu en plusieurs des bonnes maisons d'Italie [DES PÉRIERS, Contes, CX.]

ÉTYMOLOGIE

  • Il y avait dans l'ancien français basteau, avec le sens d'instrument d'escamoteur, comme on le voit par l'exemple pris à Du Cange et par celui-ci qui est du XIVe siècle :
    L'autre dit que sa femme avoit respondu qu'elle n'estoit venue ne yssue d'enchanteurs ne de sorciers, et qu'elle ne savoit jouer des basteaulx de nuit ne des balais [, Ménagier, I, 6]
    Si l'on prend en considération le bas-latin bastaxius, qui veut dire crocheteur et jongleur, on admettra que basteau a le même radical, et qu'il signifie non un gobelet, mais un petit bâton, une baguette magique (les joueurs de passe-passe et de gobelets ont d'ordinaire en main un petit bâton), de bastellus, diminutif de bastus (voy. BÂTON). On avait au XVIe siècle le verbe basteler pour dire faire le sot :
    Il me faut ordinairement basteler par compaignie à traicter des subjects et contes frivoles que je mescrois entierement [MONT., III, 11]
    Il estoit bien aise de faire bateler monsieur le juge [DES PÉRIERS, Contes, LXVIII]