battant, ante

BATTANT, ANTE1

(ba-tan, tan-t') adj.
Qui bat, qui aime à battre.
Je ne suis point battant de peur d'être battu [MOL., Sgan. 17]
Mener battant, poursuivre sans relâche l'ennemi qu'on a vaincu. Les Français repoussèrent les ennemis et les menèrent battant jusque dans la place.
Cette mousqueterie nous mena battant jusqu'à notre grand' garde [HAMILT., Gramm. 8]
Fig. Mener battant, presser son adversaire, avoir un continuel avantage. Dans la discussion il eut le dessous et fut mené battant par celui qui argumentait contre lui. Nous n'avons pas gagné un coup ; il nous a toujours menés battant. La locution mener battant est abrégée et pour mener en battant. S. m. Celui qui bat. Les battants et les battus.
Métier battant, métier en activité.
Pluie battante, forte pluie.
Familièrement. Habit tout battant neuf, habit qu'on met pour la première fois.
Elle fut mariée avec un M. de Vaubecourt tout battant neuf [SÉV., 462]
Porte battante, porte qui se referme d'elle-même. Porte battante, porte qui s'ouvre et se ferme au gré du vent.
Tambour battant, au son du tambour. Sortir tambour battant, sortir avec les honneurs de la guerre. Fig. Mener quelqu'un tambour battant, le presser vivement, le traiter sans ménagement. Faire une chose tambour battant, la faire vite, la faire publiquement.
Vaisseau de guerre battant, bien battant, vaisseau bien disposé pour le service de l'artillerie.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Dunc vint uns messages batanz à Saül [, Rois, 92]
  • XIIIe s.
    Le samedi matin, avant que li assaus commençast, vint uns messages batant en Constantinoble [VILLEH., CLXX.]
  • XVe s.
    [Le duc] envoya battant ferant devers elle [G. CHAST., Chron. des D. de Bourg. II, ch. 14]
  • XVIe s.
    Il les repoussa si vigoureusement qu'il les mena battant jusqu'à Valognes [, Mém. s. du G. ch. 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Battre. Battant ferant est une locution pléonastique, puisque ferir veut dire battre.