bercer

(Mot repris de berçassent)

bercer

v.t.
1. Balancer d'un mouvement doux et régulier de va-et-vient : Bercer un bébé dans ses bras. Se laisser bercer par les flots.
2. Procurer un sentiment de bien-être, de calme : Nous étions bercés par la douce musique de l'orchestre
3. (de) Pousser par des paroles trompeuses à des espoirs vains : Le candidat berce l'opinion de promesses fallacieuses
Être bercé de,
être imprégné durablement de : Elle a été bercée de musique et de poésie
elle en a entendu dès l'enfance

se bercer

v.pr.
(de) Se tromper soi-même en s'attachant à une idée qui nous flatte : Elle s'est bercée d'illusions.

bercer


Participe passé: bercé
Gérondif: berçant

Indicatif présent
je berce
tu berces
il/elle berce
nous berçons
vous bercez
ils/elles bercent
Passé simple
je berçai
tu berças
il/elle berça
nous berçâmes
vous berçâtes
ils/elles bercèrent
Imparfait
je berçais
tu berçais
il/elle berçait
nous bercions
vous berciez
ils/elles berçaient
Futur
je bercerai
tu berceras
il/elle bercera
nous bercerons
vous bercerez
ils/elles berceront
Conditionnel présent
je bercerais
tu bercerais
il/elle bercerait
nous bercerions
vous berceriez
ils/elles berceraient
Subjonctif imparfait
je berçasse
tu berçasses
il/elle berçât
nous berçassions
vous berçassiez
ils/elles berçassent
Subjonctif présent
je berce
tu berces
il/elle berce
nous bercions
vous berciez
ils/elles bercent
Impératif
berce (tu)
berçons (nous)
bercez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais bercé
tu avais bercé
il/elle avait bercé
nous avions bercé
vous aviez bercé
ils/elles avaient bercé
Futur antérieur
j'aurai bercé
tu auras bercé
il/elle aura bercé
nous aurons bercé
vous aurez bercé
ils/elles auront bercé
Passé composé
j'ai bercé
tu as bercé
il/elle a bercé
nous avons bercé
vous avez bercé
ils/elles ont bercé
Conditionnel passé
j'aurais bercé
tu aurais bercé
il/elle aurait bercé
nous aurions bercé
vous auriez bercé
ils/elles auraient bercé
Passé antérieur
j'eus bercé
tu eus bercé
il/elle eut bercé
nous eûmes bercé
vous eûtes bercé
ils/elles eurent bercé
Subjonctif passé
j'aie bercé
tu aies bercé
il/elle ait bercé
nous ayons bercé
vous ayez bercé
ils/elles aient bercé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse bercé
tu eusses bercé
il/elle eût bercé
nous eussions bercé
vous eussiez bercé
ils/elles eussent bercé

BERCER

(bèr-sé ; le c prend une cédille devant un a ou un o : je berçai, nous berçons) v. a.
Balancer dans un berceau. On berce les enfants pour les apaiser et les endormir.
Comme nos citoyens, de race désireux, Qui bercent les enfants qui ne sont pas à eux [RÉGNIER, Sat. II]
Par extension.
Comme de vieux nochers dont la couche mobile est suspendue aux mâts, plus ils [les corbeaux] sont bercés par les orages, plus ils dorment profondément [CHATEAUB., Génie, I, V, 3]
L'eau berce.... La tente des matelots [LAMART., Harm. I, 3]
Fig. Endormir, adoucir.
On m'a conté qu'au bord du Gange assis, Des exilés, gais enfants de la Seine, à mes chansons, là, berçaient leurs soucis, [BÉRANG., Couplets à des habit. de Maurice]
Le songe d'un enfant que berce un vague amour [V. HUGO, Odes, V, 4]
Amuser d'espérances. On le berçait de vaines promesses. Un espoir frivole le berça longtemps.
Je ne regarde la vie que comme un songe ; mais, de toutes les idées flatteuses qui peuvent nous bercer dans ce rêve d'un moment.... [VOLT., Lett. Mme du Deffant, mars 1765]
Fig. et familièrement. J'ai été bercé de cela, de ces contes-là, j'en ai ouï parler mille fois dès mon bas âge. Le diable le berce, se dit d'un homme inquiet et agité, et aussi d'un homme qu'une passion captive en une sorte d'extase.
Les vers sont donc durs, raboteux ? non, rapportez-vous-en à ce diable qui m'a bercé [VOLT., Lett. D'Argental, 19 nov. 1766]
Amour me berce, je ne puis plus sommeiller [, Ancienne chanson du Comte Ory]
, replacée par SCRIBE dans l'opéra de ce nom, II, 10, sous cette forme : Amour me berce, et ne puis sommeiller.
Terme de gravure. Bercer une planche, la préparer avec le berceau.
Se bercer, v. réfl. Il se berçait dans son hamac. Fig. Se repaître vainement de. Dès lors il se berça d'un vain espoir.
Cependant, à le voir, plein de vapeurs légères, Soi-même se bercer de ses propres chimères [BOILEAU, Sat. VIII]
En termes de manége, on dit qu'un cheval se berce lorsque, pendant ses allures, son corps éprouve un balancement latéral très prononcé.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    À Jehan Parchet, peintre, pour deux biers à berser, l'un grant et l'autre petit, par lui peins [DE LA BORDE, Émaux, p. 164]
    À Jehan le huchier, pour un berseil de bois d'Illande avec la bersouere faits par lui et livré, pour bersier Madame Jehanne de France, fille de Madame la Royne [ID., ib.]
  • XVe s.
    Une petite fille qui berçoit ung petit enfant aagé d'un an ou environ [DU CANGE, berciolum.]
  • XVIe s.
    Et quoique la douleur lui aidast à crier, mardi gras avoit si bien bersé les habitans que le corps de garde fut deffait sans secours [D'AUB., Hist. II, 117]
    Tu m'en bailles bien ; je suis tout bersé [rebattu] de telles matieres [DES PÉRIERS, Cymbal. 169]
    Dequoy les Flamands ont fait un proverbe, qui dit que, quand le François dort, le diable le berce [, Sat. Mén. p. 171]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. breussé ; wall. bilsi, bilzî ; provenç. bursar, bressar (voy. BERCEAU).

bercer

BERCER. v. tr. Balancer dans un berceau. Bercer un enfant.

Par analogie, il signifie Remuer comme dans un berceau. Bercer dans ses bras, sur ses genoux.

Fig. et fam., J'ai été bercé de cela, de ces contes-là, Mon enfance a été bercée de ces récits, J'en ai ouï parler mille fois, dès mon plus jeune âge.

Il signifie au figuré Amuser d'espérances fausses ou éloignées. Il y a longtemps que vous me bercez de cette assurance. On les berçait d'un espoir qu'on ne pouvait réaliser. Bercer quelqu'un de vaines promesses. Se bercer d'espérances frivoles, d'idées chimériques.

bercer

Bercer, Ventilare, B.

Je suis tout bercé de cela, Illud mihi pernotum est.

Tu estois celuy qui m'avois bercé, Cunarum fueras motor mearum.

bercer


BERCER, v. a. [Bèrcé, 1re ê ouv. 2e é fer.] Remuer le berceau d'un enfant pour l'endormir. Bercer un enfant. — Figurément, amuser par de vaines promesses. Il régit la prép. de. "Il y a long-tems qu'il me berce de vaines espérances. "Il se berce de mille chimères. Être bercé d'une chôse, en avoir entendu parler souvent. "J'ai été bercé de cela. Acad.
   On dit, proverbialement, d'un homme toujours inquiet et agité, que le Diable le berce.

Synonymes et Contraires

bercer

verbe bercer
1.  Tromper par de belles paroles.
détromper -littéraire: désabuser.
2.  Ramener au calme.

bercer (se)

verbe pronominal bercer (se)
Se faire des illusions.
Traductions

bercer

wiegen, schaukelnrock, lull, cradle, nursewiegen, schommelen, kalmeren, misleiden, paaien, verzachten, wiegelenנדנד (נפעל)apaivagar, bressar, bressolar, gronxarluliacunar, cunear, mecertuutiaembalar, ninaradormi, legănaбаюкатьβαυκαλίζωcullare, dondolare, ninnare (bɛʀse)
verbe transitif
balancer doucement bercer un bébé

bercer

[bɛʀse] vt
[+ bébé] → to rock; (dans ses bras) → to cradle
[musique] → to lull
(fig) bercer qn de [+ promesses] → to string sb along with