berlue


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berlue

n.f. [ de l'anc. fr. belluer, éblouir ]
Avoir la berlue,
Fam. être le jouet d'une illusion, d'une erreur de jugement : J'ai la berlue ou il se laisse pousser la barbe ? je me trompe

berlue

(bɛʀly)
nom féminin
voir des choses qui n'existent pas Il porte une cravate aujourd'hui ou j'ai la berlue ?

BERLUE

(bèr-lue) s. f.
Lésion de la vue, dans laquelle on perçoit des objets qui ne sont pas réellement devant les yeux, tels que des insectes, des mouches, des toiles d'araignée, etc. Fig. Avoir la berlue, mal voir ; se faire une fausse idée d'une chose.
Ceux qui la verront croiront avoir la berlue [SÉV., 9]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Mès quant fame a fol debonere, Et ele a riens de lui afere, Ele li dist tant de bellues, De truffes et de fanfelues, Qu'ele li fet à force entendre Que le ciel sera demain cendre [RUTEB., 295]
  • XVe s.
    Me voulez vous guerir de la berlue ? En un verre bien net Faut seulement mettre devant ma vue Ce joli vin clairet [BASSELIN, XXXVII]
  • XVIe s.
    Et en nos maulx nous avons la barlue par ignorance à tout propos [AMYOT, De la curios. 3]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. brelue, ebrelue ; beurlu, qui a mauvaise vue ; Berry, erbelutes, illusion de la vue ; berlu, berluquin, louche ; berluter, éblouir, chatoyer ; norm. berluette, bluette ; provenç. beluga, bluette ; du préfixe ber ou bar qui a un sens péjoratif (voy. BER.... préfixe), et lue, forme dérivée de lucere, luire (voy. LUIRE) ; ce qui assure l'étymologie, c'est l'italien barlume, faible lueur. Berlue signifie donc proprement fausse lueur.

berlue

BERLUE. n. f. Sorte d'éblouissement, ordinairement passager, qui empêche de voir les choses telles qu'elles sont. On ne l'emploie guère que dans l'expression Avoir la berlue.

Fig., Avoir la berlue, Juger mal de quelque chose, s'en faire une idée fausse. Il faut avoir la berlue pour juger comme vous faites. Vous ne voyez pas qu'on vous joue; il faut que vous ayez la berlue.

berluë

Berluë, f. penac. Oculorum caligo.

berlûe


BERLûE, s. f. [1re ê ouv. 2e lon.] Sorte d'éblouissement passager. Il n'est que du style familier, et ne se dit qu'en ces phrâses: avoir la berlûe. "Vous ne voyez pas cela: vous avez donc la berlûe. On emploie plus souvent berlûe au figuré qu'au propre. "Quand vous avez avancé cette proposition, vous aviez la berlûe. Trév.
   Un papillon naissant faisoit le fanfaron,
   Et se préféroit, sans façon,
   À~ tous les animaux qui s'offroient à sa vûe.
   Qui pourroit, disoit-il, sans avoir la berlûe,
   À~ mes brillans attraits comparer sa beauté.
       L'Ab. Reyre.
Rem. On écrivait et on prononçait autrefois barlue. Il est à remarquer que bar ou ber marque quelque chôse de courbe, d'oblique, de travers. Ainsi barguigner, c'est ne pas guigner ou viser droit. Barlong, c'est ce qui est inégalement long. Bertauder, c'est tondre inégalement. On prononce bretauder; (on l'écrit même de la sorte.) Quelques-uns prononcent brelue, ajoute La Monnoie; mais cette prononciation n'est pas la bonne.

Traductions

berlue

berlue

berlue

berlue

berlue

berlue

berlue

berlue

berlue

[bɛʀly] nf
avoir la berlue
J'ai la berlue → I must be seeing things.