bestial, ale

BESTIAL, ALE

(bè-sti-al, a-l') adj.
Qui tient de la bête. Un homme d'une physionomie bestiale. Des penchants bestiaux.
C'est ainsi que devaient naître ces âmes vivantes d'une vie brute et bestiale, à qui Dieu ne donne pour toute action que des mouvements dépendants du corps [BOSSUET, Hist. II, 1]
Et, contents de ce qu'ils ont de commun avec les bêtes, ils mènent aussi une vie bestiale [ID., Connaiss. V, 6]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Lur bestials cors nun [non] estables [il] Voleit faire à Deu covenables [MARIE, Purgatoire, 203]
    Se li hons est si bestiaus Qu'il n'ait de nul mestier science Et en desire l'ignorance [, la Rose, 11632]
  • XIVe s.
    Et donques sont telles delettacions et semblent estre serviles et bestiaux, et sont les delettacions qui sont en touchier et en gouster [ORESME, Eth. 94]
    Et sont pluseurs qui semblent du tout en tout bestialx [ID., ib. V, (9)]
    Ces gens ci sont bestiaux, ils ne sont pas dignes d'ouïr telles choses, [, Bouciq. III, ch. 14]
  • XVIe s.
    L'injustice rend leur vie bestiale et sauvage [AMYOT, Arist. 15]
    Tant est malsociable, cruelle et bestiale la nature de l'ambition et la convoitise de dominer [ID., Pyrrh. 18]
    Lui, qui n'avait amour que bestial [MARG., Nouv. II]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. bestial ; ital. bestiale ; de bestialis, de bestia (voy. BÊTE). Dans l'ancien français, au nominatif singulier, bestials ou bestiaus, pour les deux genres ; au régime singulier, bestial.