bien

1. bien

adv. [ lat. bene ]
1. Conformément à une morale, à l'idée qu'on se fait de ce qui est juste : Elle a bien agi
2. Conformément à l'idée qu'on se fait de la perfection ; de manière satisfaisante : Il a bien parlé
admirablement ; maladroitement : Elle a bien vendu son appartementAller bienVous arrivez bienCette robe lui va bien, mais elle t'irait mieux.
avantageusement ; médiocrement : Aller bienVous arrivez bienCette robe lui va bien, mais elle t'irait mieux.
être en bonne santé : Vous arrivez bienCette robe lui va bien, mais elle t'irait mieux.
au moment opportun : Cette robe lui va bien, mais elle t'irait mieux.
3. Indique l'intensité, le degré élevé : Merci bien
beaucoup : Je suis bien contente de vous voir
4. Renforce une affirmation ou répond à une mise en doute : Elle habite bien ici
réellement : Nous sommes bien le 15 ?Je sais bien que vos chances sont faibles
véritablement : Je sais bien que vos chances sont faibles
5. Indique une estimation minimale ; au moins : Elle a bien cinquante ans. Vous en aurez bien pour mille euros
au bas mot
6. Entérine ce qui vient d'être dit ou fait : Vous avez compris ? Bien, maintenant passons à l'étape suivante
dans ce cas
Bien de (+ n. sing.) ou bien des (+ n. pl.),
beaucoup de : Elle s'est fait bien du souci. Bien des gens pensent comme vous.
C'est bien fait,
c'est une punition méritée.
Eh bien
Faire bien de (+ inf.),
avoir raison de : Tu fais bien de me prévenir.
Il faut, il fallait bien,
c'est, c'était nécessaire : Il fallait bien en passer par là !
on ne pouvait pas faire autrement

bien que

loc. conj.
(Suivi du subj., du part. présent, du part. passé, d'un adj. ou d'un n.) Marque la concession : Bien que je n'approuve pas entièrement sa démarche, je le soutiendrai
encore que, quoique : Bien qu'étant fatiguée ou bien que fatiguée, je t'accompagneBien que chimiste, il apprécie la poésie.
malgré, en dépit de ma fatigue : Bien que chimiste, il apprécie la poésie.

si bien que

loc. conj.
(Suivi de l'ind.) Marque la conséquence : Il n'a pas suffisamment réfléchi, si bien que son projet n'a pas abouti

2. bien

adj. inv.
1. Conforme à l'idée qu'on se fait du bien, de la justice, de la morale : Elle a été très bien
elle s'est comportée comme il le fallait : Des gens bien
2. Qui satisfait en s'approchant de l'idée que l'on se fait de la perfection : C'est bien, très bien
Bien de sa personne,
se dit d'une personne agréable à regarder, belle.
Être ou se sentir bien,
être à l'aise, dans un état de confort physique ou psychologique.
Être bien avec qqn,
être en bons termes avec lui.
Faire bien,
faire bon effet : Ce tableau fait bien sur le mur.
Ne pas être bien ou ne pas se sentir bien,
ressentir un malaise, être malade : Certains enfants ne se sentaient pas bien après le déjeuner.
Nous voilà bien,
nous sommes dans une situation difficile, embarrassante.

3. bien

n.m.
1. Ce qui est conforme à un idéal, à la morale, à la justice : Discerner le bien du mal. Faire le bien
2. Ce qui procure un avantage moral, matériel ou physique : C'est pour ton bien que je te dis cela
c'est dans ton intérêt ; profit ; préjudice : Ce médicament me fait du bienDire du bien, parler en bien de qqnLa santé, la liberté sont des biens précieuxLe bien public, le bien commun
me soulage : Dire du bien, parler en bien de qqnLa santé, la liberté sont des biens précieuxLe bien public, le bien commun
en parler favorablement : La santé, la liberté sont des biens précieuxLe bien public, le bien commun
bienfait ; malheur : Le bien public, le bien commun
l'intérêt général
3. (Souvent au pl.) Chose que l'on possède : Dilapider son bien
capital, fortune, patrimoine, richesse : Elle a des biens en province
4. En économie, toute chose créée par le travail et correspondant à un besoin individuel ou collectif : Les biens de production
les usines, les machines, l'outillage : Les biens de consommation courante
les aliments, les vêtements
Biens nationaux,
ensemble des biens confisqués par l'État pendant la Révolution et revendus à de nouveaux propriétaires.
En tout bien tout honneur,
avec des intentions honnêtes : Il l'a invitée à dîner en tout bien tout honneur
sans arrière-pensée
Grand bien te, lui, vous fasse !,
Iron. se dit quand qqn s'intéresse à une chose que soi-même on dédaigne.

BIEN1

(biin ; l'n ne se lie jamais : ce bien est à moi, dites : ce biin est à moi, en donnant à biin la nasalité qui est dans in-digne, et non ce biin-n est à moi) s. m.
Ce qui est juste, honnête. Le bien et le beau. Le bien et la justice régnaient alors. Faire le bien. Se porter au bien. Il pratiqua le bien toute sa vie. Puissance pour le bien comme pour le mal.
Des superbes mortels le plus affreux lien, N'en doutons pas, Arnauld, c'est la honte du bien [BOILEAU, Épître, III]
Cette sagesse timide qui ne veut pas assurer que le bien soit bien [BALZ., Livr. VI, lett. 3]
J'imagine à peine quelle sorte de bonté peut avoir un livre qui ne porte point ses lecteurs au bien [J. J. ROUSS., Hél. II, 18]
Homme de bien, gens de bien, homme. gens d'une probité éprouvée, d'une véritable vertu. Femme de bien, femme dont la fidélité conjugale est irréprochable. Terme de métaphysique. Le souverain bien, le bien absolu, celui qui est infini en prix et en durée, et aussi Dieu.
À moins que de traiter de l'immortalité de l'âme ou du souverain bien [VOIT., Lettr. 51]
Ce qui est dans la règle ou dans la convenance. Il y a du bien, il y a du mal dans cet ouvrage. L'ignorant ne trouve rien de bien que ce qu'il fait lui-même.
Ce qui est utile, avantageux, agréable.
Pays fertile et abondant en toutes sortes de biens [VAUGEL., Q. C. 287]
Un homme auquel vous avez fait tant de biens et à qui vous en avez enseigné encore davantage [VOIT., Lettr. 43]
La vie est courte et ennuyeuse ; elle se passe toute à désirer ; l'on remet à l'avenir son repos et ses joies, à cet âge souvent où les meilleurs biens ont déjà disparu, la santé et la jeunesse [LA BRUY., 11]
Il est si ordinaire à l'homme de n'être pas heureux, et si essentiel à tout ce qui est un bien d'être acheté par mille peines, qu'une affaire qui devient facile se rend suspecte [ID., ib.]
Cet hyménée Était un bien suprême à mon âme étonnée [VOLT., Zaïre, III, 6]
C'est le premier des biens pour mon âme attendrie [ID., Fanat. II, 5]
Le trépas est un bien qui finit nos misères [ID., Dés. de Lisbonne.]
Nous rendre dans le bien, de plaisirs incapables [LA FONT., Fabl. II, 13]
Et le bien d'être libre aisément vous console De ce qu'a d'injustice un manque de parole [CORN., Nicom. I, 2]
Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir L'unique allégement qu'elle eût pu recevoir [ID., Cid, III, 4]
Si le bien de vous voir m'était moins précieux [ID., Nicom. II, 2]
Pour rendre à l'Aragon le bien de sa présence [ID., D. San. V, 3]
Je ferais exprès ce voyage pour avoir le bien de vous embrasser [BALZ., liv. VI, lett. 2]
Le dessein qu'a pris notre société pour le bien de la religion est de ne rebuter personne [PASC., Prov. 6]
Il serait utile au bien de la paix de représenter ces actes [BOSSUET, Aut. eccl.]
En leur donnant [aux rois] sa puissance, il [Dieu] leur commande d'en user comme il fait lui-même, pour le bien du monde [ID., Reine d'Anglet.]
J'ai le bien d'être de vos voisins [MOL., Éc. des mar. I, 5]
M. de Noyon n'en eut que le bien devant Dieu [de s'être réconcilié avec M. de Caumartin] et l'honneur devant le monde [SAINT-SIMON, 24, 27]
Avoir le bien, locution de politesse, en place de laquelle on dit plutôt aujourd'hui avoir l'avantage.
Il s'est dit grand chasseur et nous a priés tous Qu'il pût avoir le bien de courir avec nous [MOL., Fâch. II, 7]
Le bien public, l'utilité générale.
Point de bien public auquel il ne se sacrifie [MASS., Confér. Sacerdoce.]
L'amour du bien public empêchait le repos ; Les chefs encourageaient chacun par leur exemple [LA FONT., Captivité de St. Malc.]
Les biens du corps, la santé, la force. Les biens de l'âme, les vertus. Les biens de l'esprit, les talents. Les biens temporels, les biens de ce monde, se dit par opposition aux biens éternels, c'est-à-dire ceux dont on jouit pour toujours dans une autre vie. Les biens de la terre, les productions du sol. Ce temps est contraire aux biens de la terre. Sentir son bien, avoir des sentiments dignes de sa naissance.
Et Rominagrobis même ne saurait avoir meilleure mine et ne sentirait pas mieux son bien [VOIT., Lettr. 153]
Locution qui a vieilli. Faire du bien à quelqu'un, le secourir, lui rendre service.
Il est en votre pouvoir de faire du bien à une personne qui vous en demande [VOIT., Lettr. 60]
Comme nous nous affectionnons de plus en plus aux personnes à qui nous faisons du bien.... [LA BRUY., 4]
Il ne cesse de faire du bien à ses citoyens [BOSSUET, Hist. II, 6]
Et qui fait bien à tous peut dormir sûrement [ROTR., Bélis. II, 7]
C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt, De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font [CORN., Cinna, II, 1]
Votre Majesté ne se ferait pas grand tort, si elle me faisait un peu de bien [SCARRON, Don Japhet, Épître au roi.]
Faire du bien à quelque chose, en procurer le développement, la prospérité. La paix fera du bien au commerce.
Ce manquement de liberté ne ferait pas de bien à leur censure [PASC., Prov. 3]
Faire du bien, ayant pour sujet un nom de chose, être utile. Ce voyage lui a fait beaucoup de bien, a été utile à sa santé. Cette action lui a fait du bien, lui a donné de la considération, du crédit. Dire du bien de quelqu'un, d'un ouvrage, en parler avec éloge.
Cela est assez ridicule que je dise tant de bien de ma fille [SÉV., 2]
Son frère lui a dit du bien de votre style [ID., 141]
J'avais dit beaucoup de bien de son cœur [ID., 364]
On m'a dit cent mille biens de vous [ID., 27]
Des gens qui lui en ont dit des biens [ID., 450]
On disait à Diogène du jeune homme tous les biens imaginables [FÉN., Diog.]
Vouloir du bien à quelqu'un, vouloir le bien de quelqu'un, être bien disposé en sa faveur.
Vous voulez du bien à ceux qui prennent ce soin [MOL., Sicilien, 7]
Il faut briguer la faveur de ceux à qui l'on veut du bien, plutôt que de ceux de qui l'on espère du bien [LA BRUY., 4]
On dit qu'une dame veut du bien à quelqu'un, quand elle a pour lui un sentiment tendre.
À bien, loc. adv. D'une façon qui réussit. Mener une entreprise à bien, faire qu'elle réussisse. Aller à bien, venir à bien, se terminer à bien, réussir.
Puisse cette action se terminer à bien [MOL., le Dép. III, 4]
La chose allait à bien par son soin diligent [LA FONT., Fabl. VII, 10]
Moyennant Dieu, l'enfant viendrait à bien [ID., Herm.]
Mettre à bien, s'est dit quelquefois ironiquement pour séduire, en parlant d'une femme.
Encor faut-il du temps pour mettre un cœur à bien [LA FONT., Joc.]
En bien, locut. adverb. Avec honnêteté.
On ne trompe point en bien, et la fourberie ajoute la malice au mensonge [LA BRUY., 11]
En bien, d'une façon favorable. Prendre en bien, interpréter favorablement. Changement en bien. Ne citer ni en bien ni en mal. Ce mot peut être pris en bien comme en mal. En tout bien, tout honneur, c'est-à-dire à bonne fin, à bonne intention. Pour le bien, locution familière signifiant à bonnes intentions. Il a fait cela pour le bien.
Toute feinte est sujet de scrupule à des saints ; Ce qu'ils font pour un bien leur semble être une offense [LA FONT., Captivité de St-Malc.]
Bienfait.
Pour tant de biens il commande qu'on l'aime [RAC., Athal. I, 4]
Le bien qu'on croit caché sort de la nuit obscure, Et le ciel tôt ou tard le paye avec usure [DUCIS, Abufar, III, 6]
Ce qui appartient en propre à quelqu'un, tout ce qu'on possède. Bien patrimonial. Les biens meubles et immeubles.
On convie, on invite, on offre sa maison, sa table, son bien et ses services : rien ne coûte qu'à tenir parole [LA BRUY., 4]
Le prodigue de l'Évangile, qui veut avoir son partage, qui veut jouir de soi-même et des biens que son père lui a donnés [BOSSUET, Anne de Gonz.]
Lorsque l'on a du bien [MOL., Éc. des mar. I, 2]
Clitie avait aussi beaucoup de bien [LA FONT., Fauc.]
Telles je les croirai quand ils auront du bien [RÉGNIER, Sat. IX]
L'embarras était le bien ; j'en avais grand besoin pour nettoyer le mien [SAINT-SIMON, 15, 168]
Un rival odieux, Seigneur, vous enlevait le bien de vos aïeux [VOLT., Tancr. III, 3]
Les saints recommandent aux riches de partager avec les pauvres les biens de la terre, s'ils veulent posséder avec eux les biens du ciel [PASC., Prov. 16]
Par extension.
L'Attique est votre bien.... [RAC., Phèd. II, 2]
Ma vie est votre bien [ID., Baj. II, 1]
Rome est à vous, seigneur, l'empire est votre bien [CORN., Cinna. II, 1]
Nos libertés, nos jours ne sont pas votre bien [M. J. CHÉN., Œdipe roi, III, 2]
Bien de campagne, ou, absolument, bien, propriété rurale.
Clitie à cinq cents pas de cette métairie Avait du bien [LA FONT., Fauc.]
Familièrement. Avoir du bien au soleil, avoir des terres, des biens-fonds, des maisons. En termes de mer, le navire a péri corps et biens, c'est-à-dire la cargaison et les hommes ont péri.

PROVERBES

  • Nul bien sans peine.
  • Le mieux est l'ennemi du bien, c'est-à-dire on risque de gâter un ouvrage, une situation, en essayant trop de l'améliorer.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Serez ses hom [son homme] par honur et par ben [, Ch. de Rol. III]
    Ne ben ne mal [il] ne respont [à] son neveu [, ib. X]
    Deus, se lui plaist, à bien nous le mercie [, ib. XXXVIII]
    Ensemble [nous] aurons et le ben et le mal [, ib. CLVII]
  • XIIe s.
    Par amistié et par bien, [je] vous commande [, Ronc. p. 130]
    Puisqu'en vous sont tout mal estaint Et tout bien à droit alumé [, Couci, III]
    Les biens d'amour que j'ai atendus tant [, ib. XII]
    Douce dame, d'orgueil vous defendez, Ne trahissez vos biens [qualités] ne vos beautez [, ib. XI]
    Quant plus me truis [je me trouve] pensis et esgaré, Plus [je] me confort as biens dont ele est pleine [, ib.]
    Un petiz biens vaut mieux, si Diex me voie, Qu'on fait courtoisement Que cent greignor fait envieusement [, ib. XVI]
    S'avec ces biens [beauté et courtoisie] [vous] acueilliez felonie [, ib. XX]
    [Je] N'en oi [ouis] nului parler qui moult de bien n'en die [, Sax. VII]
    El tuen bien plaisir sera exalced li notre corz [corne] [, Liber psalm. p. 127]
  • XIIIe s.
    Et de faire tout bien [elle] fu en grant convoitise [, Berte, VI]
    Qui de bien est venus, drois est qu'à bien retraie [, ib. VIII]
    Dame, ce dist Tybers, grans biens vous est venus [, ib. XXIV]
    Et qu'à force [elle] leur tout [enlève] leur biens et leur richoise [, ib. LXII]
    Quant [elle] parti de ma terre, de tous biens [qualités] estoit pleine [, ib. LXXIV]
    [Dieu] Qui vous rende les biens que vous fais nous avez [, ib. CXXXII]
    Car, amis, [je] ne prise une prune Contre ami les biens de fortune [, la Rose, 8111]
    En tele maniere se pot on entremetre d'autrui service, tout n'i pensast on fors qu'à bien [BEAUMANOIR, XXIX, 12]
    Pour ce que il cuidoient avoir bien [récompense], il descendirent à pié, et l'alerent saluer là où il chaçoit aus bestes sauvages [JOINV., 235]
  • XIVe s.
    Instruments desquex l'on se peut aidier et en user en bien [ORESME, Eth. 21]
    Jà soit ce que les biens de fortune ont aucune foiz mestier ; et s'en aide l'en en aucunes nobles operacions [ID., ib. 24]
    Bien est ce que toutes choses desirent [ID., ib. 2]
    Ainsi doit dire cuer qui à bien veult penser, Et c'est toute la fin où li hons doit penser [, Guesclin. 15178]
  • XVe s.
    L'endemain il fit faire et appareiller instruments et engins, pour plus fort assaillir le chastel, et bien dit qu'il ne s'en partiroit pour bien ni pour mal, si l'auroit à sa volonté [FROISS., I, I, 149]
    Sainte Marie, dis-je au chevalier, que vos paroles me sont agreables et que elles me font grand bien [ID., II, III, 12]
    De celle chose s'enfelonna le duc de Berry sur le comte de Foix, et n'en pouvoit le dit duc ouïr parler en bien devant lui [ID., ib.]
    Grant bien me fait à m'y mirer, En actendant bonne esperance [CH. D'ORL., Bal. 35]
    Qui bien fera, bien trouvera [ID., Rondeau.]
    Il voloit [voulait] du bien beaucoup au dict leur roy, nonobstant qu'ennemy feust à son cousin germain le roy Henry [CHASTEL., Chron. des ducs de Bourg. II, ch. 46]
    Lequel, comme je croy, le fait pour vostre bien, et pour maintenir sa maison vive [ID., ib. II, ch. 27]
    Et certes, on ne peut trop honorer ne faire de bien à un vaillant homme d'armes ; car moult en est le mestier perilleux [, Bouciq. II, ch. 19]
    Il fault dire du bien le bien [COQUILL., Plaid. de la simple.]
    À tout quarante ou cinquante gentilz hommes de Savoye, gens de bien [COMM., I, 3]
    Les hommes de bien et vertueux de cette avant-garde se tindrent ensemble [ID., II, 10]
    Tous deux avoient autreffois receu bien du roy [ID., I, 12]
  • XVIe s.
    J'ay ung merveilleux regret d'avoir perdu le bien de les voir si tost que je le desirois [MARG., Lett. 84]
    La plupart des hommes attendent à faire des biens [aumônes, bonnes œuvres], lorsqu'ils se sentent assaillis de la mort [ID., Nouv. LV]
    Se servir d'une chose au bien de sa cause [MONT., I, 19]
    Ses biens furent confisqués [ID., I, 39]
    Perdre son bien [MONT., I, 64]
    [Par sa mort] donner reputation en bien ou en mal à toute sa vie [ID., I, 67]
    Des gents de bien [MONT., I, 128]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. ben, be ; espagn. bien ; portug. bem ; ital. bene. Bien ne peut pas venir de bonum ; à la vérité, dans le dialecte normand, bonus avait donné buen, comme homo, huem, et comes, cuens ; mais il n'y a aucun exemple que cet u y ait été changé en i. Il vient donc de bene, adverbe, mais adverbe transformé par les langues romanes en un substantif et même, comme dans un exemple du XIIe siècle (bien plaisir), en un adjectif.

BIEN2

(biin ; devant une voyelle ou une h muette, l'n se lie : bien honorable, bien écrire, dites : biè-n honorable, biè-n écrire ; quelques-uns disent : biin-n honorable, biin-n écrire, en donnant à biin le son nasal de in dans indigne ; cela n'est pas bon ; la règle générale de ces prononciations, sauf exception, est donnée par vinaigre, vinai-gre, qui n'a pas souffert du mauvais usage) adv.
De la bonne manière. Très bien, bien, à merveille ! Très bien, pour encourager. Voyageur bien vêtu. Il a bien employé son temps. Vous ferez bien de venir. En cela, je crois avoir bien vu. Vivre bien. Cet habit lui va bien. Champ bien cultivé. Bien écrire. Statue fort bien faite. Homme bien né. Cet acteur dit fort bien. Il ne discerne pas bien la vérité. Bien agir avec quelqu'un. Se bien conduire. Une chose bien ou mal faite.
Surtout il est instruit en l'art de bien régner [CORN., Nicom. II, 3]
S'il est si bien instruit en l'art de commander [ID., ib.]
Bien camper, bien choisir à chacun son emploi [ID., Sertor. III, 2]
Le monarque des dieux s'avisa pour bien faire.... [LA FONT., Fab. II, 8]
Nous faisons donc bien de nous écrire [SÉV., 210]
Est-ce à moi que l'on parle ? ai-je bien entendu ? [VOLT., Zaïre, III, 7]
L'affaire est d'importance, et, bien considérée, Mérite en plein conseil d'être délibérée [CORN., Cid, II, 9]
Cet ordre, à bien parler, n'est que ce qu'il lui plaît [ID., Nic. IV, 5]
Ceux qui font bien mériteraient seuls d'être enviés, s'il n'y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieux [LA BRUY., 4]
Les hommes sont comme les plantes, qui ne croissent jamais heureusement, si elles ne sont bien cultivées [MONTESQ., Lett. pers. 122]
C'est bien fait, c'est-à-dire il a eu ce qu'il méritait. On l'a puni, c'est bien fait. Aller bien, se bien porter. Le malade ne va pas bien. Aller bien, prospérer, réussir. Le commencement va bien pour vous. Les affaires vont fort bien. Tout va-t-il bien ? Tourner bien, réussir. Suivant que cela tourne bien ou mal. Venir bien, en parlant des plantes, croître et se développer. La vigne viendra bien à cette exposition.
Beaucoup, fort, très , entièrement, tout à fait. Une lettre bien longue. Encore bien jeune. Cela est bien désirable pour nous. Chemin bien meilleur. Je suis bien malheureux. Il a parlé bien sévèrement. Ceux qui m'aiment bien. Connaître bien quelqu'un. Ce qu'il veut, il le veut bien. J'ai bien peur que.... Ils payeraient bien pour obtenir cela.
Parmi les choses que j'ai à vous dire, vous saurez bien démêler ce qui vous est propre [BOSSUET, La Vallière.]
Rappelez bien plutôt ce cœur qui tant de fois M'a fait de mon devoir reconnaître la voix [RAC., Bérén. IV, 5]
Je songe bien plutôt à me percer moi-même [ID., Mithr. V, 4]
Quand ils vous accusaient, je les croyais bien moins [CORN., Nicom. III, 8]
Y va-t-il de l'honneur ? y va-t-il de la vie ? - Il y va de bien plus [ID., Poly. I, 2]
Êtes-vous pleinement content de votre gloire ? Avez-vous bien promis d'oublier ma mémoire ? Mais ce n'est pas assez expier vos amours : Avez-vous bien promis de me haïr toujours ? [RAC., Bérénice, V, 5]
Bien vendre, vendre à prix élevé. C'est bien lui, c'est lui en effet, véritablement. Vous voilà bien, le voilà bien, on vous reconnaît, on le reconnaît à cela. Il a donné son argent à ce pauvre ; le voilà bien ; c'est un si bon cœur. Il a cru ce que lui disait un charlatan ; le voilà bien ; il est si crédule.
Environ, à peu près. On marcha bien quinze jours. Ces places étaient bien au nombre de trente. Étant bien âgé de vingt ans.
À la vérité, en effet, formule de concession ; quelquefois dans un sens ironique, et quelquefois rédondant. Ce sont bien là de bons philosophes, mais.... J'avais bien entendu dire.... J'ai bien dit que.... Je voudrais bien être clément, mais.... Je voudrais bien que.... Je sais fort bien que.... Je ne sais pas bien si.... Je vois bien que.... Je comprends bien cela. Le ciel a bien ce souci ! Le peuple s'inquiète bien de cela ! C'était bien à moi de venir les trouver ! C'était bien la peine de.... Je le veux bien. Dites bien à votre roi.... As-tu bien pu craindre que... ? Quand bien même il l'avouerait.
Le dieu qu'il [Moïse] vous a montré a bien une autre puissance [BOSSUET, Hist. II, p. 163]
Ne voyais-tu pas bien, quand je l'allais trouver Que j'allais avec lui me perdre ou me sauver ? [RAC., Baj. IV, 7]
De ce trait généreux serait-il bien capable ? [VOLT., Zaïre, V, 10]
Le fameux Scipion le fut bien [lieutenant] de son frère [CORN., Nicom. II, 3]
Elle [Rome] peut bien souffrir en son libérateur Ce qu'elle a bien souffert en son premier auteur [ID., Hor. V, 3]
....La première, Qui, de le voir s'aventurant, Osa bien quitter sa tanière [LA FONT., Fabl. II, 4]
Cas où bien peut précéder son verbe. Comme bien vous savez. Bien lui a pris de s'être retiré en toute hâte, heureusement pour lui il a eu l'idée de se retirer.
Bien lui prit de son indifférence [HAMILT., Gramm. 8]
Cette tournure a cela de particulier qu'elle est obligatoire et qu'on ne peut dire : il lui prit bien de son indifférence.
Bien, dans le style élevé, se met parfois en tête de la phrase, et alors le sujet se place après le verbe. Cette tournure a un peu vieilli ; cependant elle est encore usitée, et, quand on l'emploie bien, elle fait bon effet.
Bien sais-je que.... Bien semble être la mer une barre assez forte.... [MALH., II, 12]
Bien est-elle un soleil, et ses yeux adorables.... [ID., II, 8]
Dans le bien, conformément au bien. Ici bien a un emploi mixte, moitié substantif, moitié adverbe, emploi résultant de son origine commune avec bien substantif. Cela est bien. Croyez-vous que cela soit bien, ou croyez-vous cela bien ? Ah ! cela n'est pas bien ! On trouve ceci bien et cela mal. C'est bien, c'est fort bien, exprime l'adhésion, le consentement. C'est bien, je n'en veux pas savoir davantage. C'est bien, on fera ce que vous désirez. On s'en sert aussi ironiquement et par reproche : c'est bien, ne vous gênez pas. C'est bien à vous de parler ainsi, à parler ainsi, il vous convient bien de.... Se dit par ironie et par reproche. Impersonnellement, il est bien de ou que, il est juste, il est bienséant. Il est bien de garder le silence. Il n'est pas bien que cette jeune fille sorte seule. Tout est bien, les choses du monde sont ordonnées parfaitement.
Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable ! Philosophes trompés qui criez : tout est bien ! [VOLT., Dés. de Lisbonne.]
Le vautour acharné sur sa timide proie De ses membres sanglants se repaît avec joie ; Tout semble bien pour lui.... [ID., ib.]
Cette personne est bien, elle est distinguée, d'une figure agréable. Il est bien, il est en bonne santé. Depuis son séjour à la campagne, il est bien, il est très bien. Il est bien dans ses affaires, ou, simplement, il est bien, il a de la fortune. Ironiquement. Nous voilà bien, le voilà bien, c'est-à-dire nous sommes, il est dans une situation embarrassante, fâcheuse. Se trouver bien, être dans un bon état. Il s'est trouvé très bien chez moi. Se trouver bien, être dans un bon état de santé. Se trouver bien de.... avoir à se louer, gagner à....
S'il se trouve bien d'un homme opulent.... [LA BRUY., 13]
Être bien, vivre bien avec quelqu'un, en bonne intelligence, en faveur.
Il aura su qu'Alcippe était bien avec vous [CORN., le Ment. III, 3]
[Il] L'avait vu plein de gloire et fort bien à la cour [ID., D. San. v.]
J'apprends un bruit.... que nous ne sommes pas bien ensemble [BOSSUET, Lett. abb. 54]
Timocrate commence à n'être plus si bien avec Protésilas [FÉN., Tél. XII]
Il fit tout ce qu'il fallait pour me persuader qu'il était trop bien avec lui [ID., ib.]
Vous êtes bien avec les puissances [LA BRUY., 9]
C'est là le secret d'être bien auprès d'eux [MOL., D. Garc. II, 1]
Vous êtes bien auprès des deux princesses [ID., les Am. I, 1]
Il [Léopold de Lorraine] a eu la prudence d'être toujours bien avec la France [VOLT., Louis XIV, 17]
Être bien avec soi-même, avoir la conscience tranquille.
L'essentiel est d'être bien avec soi-même [VOLT., Lett. Richelieu, 25 mars 1775]
Être bien ensemble, se dit, en un sens particulier, de deux personnes de sexe différent qui ont un commerce de galanterie. Substantivement.
On dit qu'avec Bélise il est du dernier bien [MOL., Misanth. II, 5]
Bien de avec l'article le, la, les, beaucoup de. Bien des gens. Avec bien du travail. Avec bien de l'esprit. Achever quelque chose avec bien de la peine.
On mande à votre mari qu'il ait bien du soin de moi et qu'il m'enveloppe dans de la soie et du coton [VOIT., Lett. 24]
On hasarde de perdre en voulant trop gagner, Bien des gens y sont pris.... [LA FONT., Fab. VII, 4]
On fait sur ce sujet bien des récits bizarres ; Il s'en faut défier ; les esprits sont fort rares [ANDRIEUX, les Étourdis, III, 4]
Nous pouvons nous flatter avec bien de l'apparence [FLÉCH., I, 51]
Il y a des causes générales qui ont mis bien des fois le genre humain à deux doigts de sa perte [MONTESQ., Lett. pers. 113]
De tant de mariages, il naissait bien des enfants que l'on cherche encore en France, et que la misère, la famine et les maladies en ont fait disparaître [ID., ib. 122]
Bien, en ce sens, suivi de la préposition de et d'un adjectif, avec un substantif exprimé ou sous-entendu, rejette l'article défini. Bien d'autres périls l'ont assailli. Vous verrez dans ce voyage bien de riches campagnes. Bien d'autres vous diront....
Bien et beau, loc. adv. Proprement, dans l'état où la chose se trouve, et, par une extension facile à comprendre, aussitôt, sur-le-champ.
Un dogue de qui l'ordinaire Était un pain entier ; il fallait bien et beau Donner cet animal au seigneur du village [LA FONT., Fab. VIII, 18]
Le lacs était tout prêt ; il n'y manquait qu'un homme ; Celui-ci se l'attache et se pend bien et beau [ID., ib. IX, 16]
Le fermier vient, le prend, l'encage bien et beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amusette [ID., ib. II, 16]
Cependant arrivé, vous sortez bien et beau, Sans prendre de repos ni manger un morceau [MOL., Sgan. 7]
Je démêlai d'abord la tromperie, Et me tins coi ; je jurai bien et beau De m'en venger avant Pâques fleurie [CHAULIEU, Madrigal sur L.]
10° Hé bien, loc. interjective, qui exprime l'exhortation ou l'interrogation. Hé bien, que vous en semble ? Hé bien, qu'y a-t-il ? que dites-vous ? Hé bien, travaillez donc ! Eh bien, s'emploie dans les mêmes circonstances. Eh bien, qu'en ditesvous ? Eh bien, que faites-vous ?
11° Bien que, loc. conj. gouvernant toujours le subjonctif. Quoique.
Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse [CORN., Cid, II, 8]
Bien que l'occasion moins haute ou moins brillante.... [ID., Hor. V, 3]
Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme [ID., Cinna, IV, 7]
Bien que je te préfère aux grandeurs d'un empire [ID., Poly. I, 1]
Bien qu'aucun Romain Du sang que vous pleurez n'ait vu rougir sa main [ID., Pomp. V, 3]
Bien qu'avec plaisir et l'un et l'autre espère.... [ID., Rod. III, 3]
Bien que leur naissance au trône les destine [ID., Nicom. II, 1]
Mais bien qu'il l'abandonne, il l'adore dans l'âme [ID., Sertor. IV, 2]
Et bien qu'on soit, à ce qu'il semble, Beaucoup mieux seul qu'avec des sots [LA FONT., Fabl. VIII, 10]
On peut sous-entendre le verbe. Bien que renversé à terre, il se défendait encore.
12° Bien plus, loc. adv. En outre.
Bien plus ce même jour je te donne Émilie [CORN., Cinna, V, 1]
Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour [ID., Nicom. III, 4]
13° Si bien que, loc. conjonct. gouvernant l'indicatif lorsque l'action est présente ou passée. De sorte que, au point que.
Si bien qu'enfin, outré de tant d'indignités Je m'allais emporter dans les extrémités [CORN., Pomp. II, 4]
Si bien qu'Antiochus, percé de mille coups, Lui voulut dérober les restes de sa vie.... [ID., Rod. I, 4]
Si bien que le sénat prenant un juste ombrage [ID., Nicom. I, 5]
[La grenouille] s'enfla si bien qu'elle creva [LA FONT., Fabl. I, 3]
Le lacs était usé ; si bien que de son aile, De ses pieds, de son bec, l'oiseau le rompt enfin [ID., ib. IX, 2]
Et ce qui plus le gêne et le rend misérable, Il vient de découvrir un rival redoutable : Si bien que, pour savoir si ses soins amoureux Ont sujet d'espérer quelque succès heureux, Je viens vous consulter.... [MOL., l'Étour. I, 4]
Si bien que gouverne le subjonctif lorsque l'action est future. Faites si bien que vous réussissiez. Si bien que, avec quelque force que ; on met le subjonctif.
Je ne puis m'empêcher, si bien que je résiste, De croire à ces derniers qui n'ont rien que de triste [MAIR., Soph. II, 3]
14° Aussi bien, en tout état de cause....
Et finir lui-même sa misère, Puisqu'aussi bien sans lui la faim le viendrait faire [LA FONT., Fabl. IX, 16]
Aussi bien, que ferais-je en ce commun naufrage ? [RAC., Théb. II, 2]
15° Aussi bien que, autant que, comme. L'or aussi bien que le cuivre. Faire périr les bons aussi bien que les méchants. Le vin aussi bien que le blé est cher cette année. Avec aussi bien que, le verbe, quoique se rapportant à un seul nom singulier, peut s'accorder avec les deux et se mettre au pluriel : le vin aussi bien que le blé sont chers cette année.
16° Un peu bien, ironiquement, beaucoup trop. Cette locution a vieilli.
Vous montrez cependant un peu bien du mépris [CORN., Pomp. II, 3]
J'y trouverai comme elle un joug un peu bien rude [ID., Othon, III, 3]

REMARQUE

  • 1. Si l'on compare bien adverbe avec mal adverbe, on verra que ces deux mots se comportent souvent de la même façon, et que par conséquent ils doivent avoir même origine, c'est-à-dire provenir, l'un et l'autre, d'un nom substantif ou adjectif ; et une étymologie exacte fait reconnaître que, de bene, les langues romanes ont tiré à la fois un substantif et un adverbe ; d'où l'usage fréquent de cet adverbe comme substantif.
  • 2. Bien, dans le sens de beaucoup, veut après lui l'article défini du, de l', de la, des, tandis que beaucoup veut simplement le partitif de : il m'a fait bien de l'honneur, il m'a fait beaucoup d'honneur ; bien des gens pensent, beaucoup de gens pensent ; voilà bien de la viande. La raison de cette construction est facile à donner. Beaucoup, malgré son emploi adverbial, est un substantif ; et l'on dit beaucoup d'hommes, beaucoup de vin, comme on dit un grand nombre d'hommes, une grande quantité de vin. Au contraire bien est un adverbe, et ne peut avoir une pareille construction ; aussi ne l'a-t-il pas et il laisse au verbe toute son action. J'ai bien de l'argent, est : j'ai de l'argent bien ; j'ai connu bien des gens qui.... est : j'ai connu des gens bien.... Puis, par assimilation : bien des gens peuvent ; tournure qui n'est plus susceptible de l'explication par le verbe, mais qui résulte d'une assimilation irrégulière. À cette assimilation survient une exception. si le substantif est précédé d'un adjectif, ou si bien de est suivi d'autres pris substantivement, on se sert de la préposition de sans article : cette contrée renferme bien de fertiles prairies ; bien d'autres vous en feront le récit. Il faut admettre ici, par une irrégularité qui n'a rien d'étrange, que l'assimilation avec beaucoup (car bien d'autres est l'équivalent exact de beaucoup d'autres) l'a emporté et a influé sur la construction.
  • 3. Bien avec un participe présent. Le participe s'accorde lorsque bien est devant, et reste invariable lorsque bien est après : des personnes bien pensantes, des personnes pensant bien.
    Soyons bien buvants, bien mangeants : Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans [LA FONT., Fabl. VI, 19]
    La raison de cette différence, c'est que bien, se mettant comme très et fort devant des adjectifs, semble transformer en adjectif le participe, et dès lors l'oreille exige l'accord.
  • 4. Des grammairiens ont prétendu qu'il ne fallait pas dire : il m'a bien ennuyé, mais m'a fort ennuyé ; il est bien malade, mais il est très malade ; à cause que l'idée de bien faisait contradiction avec les idées d'ennui et de maladie. Cette observation ne vaut rien, et l'usage proteste contre elle, bien, en plusieurs cas, s'étant confondu avec beaucoup.
  • 5. Nous ne sommes pas encore arrivés ; bien s'en faut. Cette phrase est condamnée par des grammairiens qui veulent : il s'en faut bien. Cette locution est familière, mais n'est point incorrecte ; bien peut se mettre, comme on a vu, en tête de la phrase ; et la suppression de il se fait ici comme quand on dit elliptiquement : suffit.
  • 6. Avec le que exclamatif, l'adverbe bien ne se joint pas à l'adjectif, et l'on ne dit pas : ô qu'il est bien sage ! ô que notre destinée est bien étrange ! mais on dit : ô qu'il est sage ! ô que notre destinée est étrange ! Il en est autrement avec un verbe ; et l'on dit : ô qu'il a bien travaillé ! ô qu'il a bien réussi !

SYNONYME

  • BIEN, BEAUCOUP. Il a bien de l'argent ; il a beaucoup d'argent. En quoi ces deux phrases diffèrent-elles ? La nuance est très faible ; cependant elle existe. Il a beaucoup d'argent signifie simplement une grande quantité sans aucune idée accessoire. Il a bien de l'argent, signifie non-seulement une grande quantité, mais exprime de plus une sorte de surprise ou de satisfaction. Ainsi l'on emploiera beaucoup dans le cas où l'on ne veut qu'exprimer la quantité ; et bien, quand on y joindra quelque sentiment relatif à soi ou à autrui.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Bien [il] en pourrat louer ses soudoiers [, Ch. de Rol. III]
    Là où cist furent, des autres i ot bien [, ib. VIII]
    Li archevesque est bien bon chevalier [, ib. CLII]
  • XIIe s.
    Ben a set ans [, Ronc. p. 2]
    Poez bien retorner [, ib. p. 7]
    Bien le savez [, ib.]
    Bien est de France [il est réellement de France] [, ib. p. 22]
    Bien l'avez fait, mout [je] vous en doi amer [, ib. p. 33]
    Bien [il] semble prince de bataille aduré [, ib. p. 36]
    Mais d'une chose soiez vous ben certis [certains] [, ib. p. 72]
    Et sont o lui bien cent mil conquirant [, ib. p. 122]
    Baron, dist Charles, ben devons Deu servir [, ib. p. 155]
    Par foi, bele Aude, bien est que je'l vous die [, ib. p. 167]
    Dex, je croi bien que fustes fils Marie [, ib. p. 173]
    Vous poez bien savoir par ma chanson [, Couci, II]
    Bien [je] cuidai vivre sans amour Dès ore en pais tout mon aé [âge] [, ib.]
    [Trois messagers] qui fassent vo [votre] besogne bien et hardiement [, Sax. XX]
  • XIIIe s.
    Et li bien entendant en seront esjoui [, Berte, I]
    Bien savez qu'on ne peut pas trestous jours durer [, ib. III]
    Il fait mout bon bien faire, plus n'en peut-on porter [emporter] [, ib.]
    [Ils] Surent près d'aussi bien le françois de Paris Que ceus de St Denis.... [, ib. v]
    Bien parut puis à Charle qui fu rois poestis.... [, ib.]
    Aliste, se je puis, très bien [je] marierai [, ib. VII]
    Avoec Constance [elle] fu bien neuf ans et demi [, ib. LIX]
    Bien treise compaignons avec lui [il] amena [, ib. CVIII]
    Et se il le peut prover par deus leaus garens de la lei de Rome, homes ou femes, bien baste [, Ass. de J. 112]
  • XIVe s.
    Et celui est bien né qui a telle disposicion en soy bien née et bien entée de sa nativité et de nature [ORESME, Eth. 76]
  • XVe s.
    Puis s'en partit atant ; bien peut estre qu'il perdit aucuns de ses gens à se retraire, mais ce ne fut mie grandement [FROISS., I, I, 43]
    Or dit le comte vous parlez bien ; mais je vous dirai qu'il vous aviendra de ce voyage [ID., II, III, 18]
    Messire Roger de Mortimer qui tenoit grand terre en Angleterre, bien sept mille livres de revenu [ID., I, I, 28]
    [Une porte de la ville fut livrée aux assiégeants] Et voulurent bien dire aucunes gens que ce fut fait assez de l'accord et pourchas ou consentement de messire Hervey de Leon ; or ne sais-je pas si ce fut voir ou non [ID., I, I, 157]
    Si en devenoient les aucunz [brigands] qui se faisoient maistres par dessus les autres, si riches que c'estoit merveille. Et en y eut bien un entre les autres, que on appeloit Croquart, qui.... [ID., I, I, 325]
    Par quoi les preux aient exemple d'eux encourager en bien faisant [ID., Prol.]
    Pourtant n'y entendez que bien ; Autrement je ne le desire [CH. D'ORL., Chanson, 22]
    Et pour ce le feirent prendre et mectre en prison, et faisoit trop bien la maniere d'estre innocent [JUVÉN., Charles VI, 1385]
    Tout estoit si bien pillé qu'il n'y avoit plus de fourraige pour les chevaux [ID., ib. 1414]
    Bien peu de jours après [COMM., I, 2]
    Il [Édouard] estimoit ne estre pas bien de ses subjects et par especial des grans [ID., IV, 1]
    Chascun des leurs loue leur langage, au moins ceulx qui veulent estre bien d'eulx [ID., V, 18]
    Aussi, à bien faire, ung prince doit estre bien sage quant il va en pays estrange [ID., VI, 3]
    Et luy dit : mon cas va très bien ; Mon procès est ce jourd'hui jugé [VILLON, 2e repue franche.]
    En bataille, le moins de nombre assez tost desconfit le plus grand, quant ils sont bien avecques Dieu [, Jehan de Saintré, ch. 18]
  • XVIe s.
    Et pour l'escouter mieux, Servir voudrois d'oreilles tous mes sens, Bien qu'à tant d'heur trop foible je les sens [ST GELAIS, 184]
    Bien qu'en pourtraict ne vous deust faire envie, Quand vous avez le personnage en vie.... [ID., 190]
    Bien que de tant les restes soyent petites [ID., 196]
    Où Dieu veult bien, le diable ne peut nuire [J. MAROT, V, 23]
    Et bien qu'encor cest espoir la deçoit, Un autre après et un autre en reçoit [LA BOÉT., 486]
    Il ne mesprisera pas celui auquel il fait bien pour son indigence [CALV., Instit. 545]
    Bien que je sçay que ce qu'on estime bonnes nouvelles ne vous ont esté celées, si faut il que je vous die que.... [MARG., Lett. 24]
    Les affaires de bien en mieulx vont en amendant par la bonne et briefve delivrance de Messieurs [ID., ib. 81]
    Quant bien elle le voudroit, elle ne sauroit endurer la litiere [ID., ib. 142]
    Scipion, en bien mourant [MONT., I, 67]
    Ou bien c'est que.... [ID., I, 69]
    Les femmes produisent bien toutes seules des.... [ID., I, 31]
    J'ay veu des recits bien plaisants devenir très ennuyeux [ID., I, 35]
    Une troupe de bien dix mille hommes [ID., I, 62]
    Les plus parfaictz se sont bien contentez de.... [ID., I, 70]
    Eh bien ! quand ce seroit la mort ! [ID., I, 76]
    Bien qu'à la verité la pluspart de nos actions ne soient que masque et fard [ID., I, 269]
    Et quand bien le corps s'en esmouveroit.... [ID., I, 303]
    Ceux qui enseignent à estre bien à cheval, à jouer des armes et à voltiger [LANOUE, 129]
    Il nous faut confesser que bien nous prend, de quoy Dieu veille pour nous, et nous sert de rempar [ID., 389]
    Il estoit bien mal aisé de trouver la sepulture ; et quand bien on l'eust trouvée, encore estoit il plus difficile d'en emporter les OS [AMYOT, Thés. 44]
    Profiter de bien en mieulx [ID., Lyc. et Num. 10]
    Il fut taillé en pièces bien quinze mille hommes [ID., Fab. 6]
    La paix fut bien faitte pour lors, mais incontinent après.... [ID., Marcel. 6]
    Ilz n'estoient pas bien l'un de l'autre, à cause de quelque different, que le pere de Eumenes avoit à l'encontre de cestuy Hecataeus [ID., Eumènes, 15]
    Dont ne sont par après les chandelles trop faciles à fondre, bien qu'elles sont vieilles, gardées de long temps [O. DE SERRES, 879]

ÉTYMOLOGIE

  • Bressan, bin ; Berry, bin ; picard, ben, prononcé bin ; bourguig. bé, ben ; normand, bé ; provenç. et catal. ben, be ; anc. espagn. ben ; espagn. mod. bien ; portug. bem ; ital. bene, be ; du lat. bene. Marg. Buffet (Observ. p. 54, 1668) dit que bien que pour quoique est une vieille façon de parler qu'on doit éviter, spécialement en écrivant. Cependant bien que était dès lors employé par les meilleurs auteurs, et il est resté en bon usage. D'après l'historique ci-dessus, cette locution ne paraît s'être établie qu'à partir du XVIe siècle.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. BIEN, adv. - REM. Ajoutez :
  • 7. À la REM. 2, il est noté qu'on dit : bien de fertiles prairies, au pluriel. Mais au singulier comment faut-il dire ? Mme de Sévigné a mis l'article défini : Mme de Guitaut a bien du bon esprit, Lett. 16 août 1677 Cela n'est pas fautif ; mais on dirait aussi : a bien de bon esprit.

bien

BIEN. n. m. Ce qui est utile, avantageux, agréable au sens physique et au sens moral. Bien solide. Bien imaginaire. Bien durable. Quel bien nous en est-il revenu? Cela fit plus de mal que de bien, ne fait ni bien ni mal. C'est un grand bien que telle chose soit arrivée. Ce que j'en fais, c'est pour votre bien. Il ne régna que pour le bien de ses peuples. Il n'y a pas de bien sans quelque mélange de mal. C'est un petit mal pour un grand bien. Ce philosophe prétend que les biens et les maux se compensent. La santé est le bien le plus précieux, est le plus précieux des biens. Ce sont là les vrais biens.

Les biens du corps, La santé, la force. Les biens de l'esprit, Les talents. Les biens de l'âme, Les vertus.

Les biens terrestres, les biens passagers, les biens temporels, Les biens de ce monde; par opposition aux Biens éternels, La béatitude éternelle.

Les biens de la terre, Les récoltes, dans la langue de l'Église. Implorer la bénédiction de Dieu pour les biens de la terre.

Le bien public, le bien général, L'avantage, le bien-être, l'intérêt de tous. Travailler au bien public. On a souvent abusé de cette maxime, que le bien particulier doit céder au bien général.

Prov., Nul bien sans peine, Tout ce qui est avantageux coûte à acquérir.

Vouloir du bien à quelqu'un, Avoir le désir de l'obliger. On dit quelquefois familièrement, en plaisantant, Cette femme vous veut du bien, Elle paraît être pour vous dans des dispositions favorables.

Faire du bien à quelqu'un, procurer du bien à quelqu'un, Le secourir dans le besoin, dans l'infortune; ou Contribuer à son bien-être, à son bonheur, lui procurer quelque avantage. Il aime à faire du bien à tout le monde. On dit dans le même sens, Rendre le bien pour le mal.

Faire du bien, faire grand bien, se dit des Choses qui procurent quelque avantage ou quelque soulagement. Cette pluie fera du bien, fera grand bien aux prairies, aux blés, à la vigne.

Donner à quelqu'un des avis, des conseils pour son bien, Les lui donner pour son avantage, selon ses intérêts. Écoutez les conseils de ce vieillard; ce qu'il vous dit, c'est pour votre bien.

Dire du bien de quelqu'un, parler en bien de quelqu'un, Parler avantageusement de quelqu'un, louer son caractère, ses qualités, ses talents, etc. On dit beaucoup de bien de cet ouvrage, de ce poème, etc., On le vante beaucoup. Il ne m'a parlé de vous ni en bien, ni en mal, Il ne m'a rien dit de vous, ou m'en a parlé en termes qui n'indiquent ni la louange, ni le blâme. On m'a dit de lui tout le bien du monde, On m'a fait son éloge sous tous les rapports.

Prendre, interpréter quelque chose en bien, L'interpréter d'une manière favorable.

Mener une affaire, une entreprise à bien, Faire qu'elle réussisse, qu'elle ait une heureuse issue. Cet ouvrage arrive à bien, vient à bien, Il s'améliore, il se perfectionne.

Prov., Le mieux est l'ennemi du bien, On peut gâter ce qui est bien, en voulant le perfectionner.

BIEN signifie aussi Ce qui est juste, honnête, louable. La science du bien et du mal. Cet homme fait le bien sans ostentation. Il entreprit de le ramener au bien. Le souverain bien. Le vrai bien. Le bien suprême. C'est un pas vers le bien. C'est un homme de bien, une femme de bien. Ce sont des gens de bien. Il a fait en cela une action d'homme de bien.

Fam., En tout bien et en tout honneur, en tout bien et tout honneur, À bonne fin, sans mauvaise intention.

Il signifie encore Ce qu'on possède en argent, en fonds de terre, ou autrement. Bien patrimonial. Les biens paternels. Les biens maternels. Riche en biens de toute sorte. Augmenter son bien. Il ne faut pas toucher au bien d'autrui. Être sans bien. Le bien mal acquis ne profite jamais. Dépenser son bien. Manger son bien. Partager son bien. Amasser du bien. Il le combla de biens. Le navire a péri corps et biens. Un mari et une femme séparés de corps et de biens. Séparation de biens. Être en communauté de biens. Faire cession de ses biens. Il lui a légué tous ses biens. Les biens de la succession, qui composent la succession. Les biens meubles et immeubles. Les biens nationaux. Les biens communaux.

Il se dit quelquefois absolument d'un Bien de campagne, d'une propriété rurale. Il a un petit bien à quelques lieues de la ville. Il vit dans son bien, sur son bien.

Fam., Avoir du bien au soleil, Avoir des biens-fonds, des terres, des maisons.

bien

BIEN. adverbe. D'une manière convenable, avantageuse, agréable, satisfaisante. Il se conduit bien. Il se porte bien. Il va aussi bien qu'il est possible. Il parle bien. Il dit bien. Il écrit bien. Il joue bien de cet instrument. Il fait bien, il a bien fait de le renvoyer. Il s'est fort bien acquitté de sa mission. C'est bien dit. Voilà qui est bien pensé, bien imaginé. J'avais bien jugé cet homme-là. L'art de bien vivre. Tout va bien, tout est bien. Je me trouve bien de ce nouveau régime. Je me trouve bien d'avoir été là. Il se trouve bien dans son lit. Il est bien dans ses affaires. Il est bien à l'aise, bien en cour. Il est bien auprès de chacun, auprès de ses chefs. Il y est aussi bien qu'on y puisse être. Un ouvrage bien fait. Un jeune homme bien né. Être bien fait, bien pris dans sa taille. Être bien mis, Être habillé de bon goût.

Bien lui a pris de sortir, Il a eu raison, il a bien fait de sortir.

Tant bien que mal, À moitié bien, à moitié mal.

Être bien, se dit d'un Malade sur l'état duquel on est rassuré. Le malade est bien, est fort bien maintenant.

Cette jeune personne se tient bien, Elle a un bon maintien.

Ironiq., Nous voilà bien, se dit pour exprimer qu'on est dans une position fâcheuse, embarrassante. On dit de même Vous voilà bien, le voilà bien, etc.

Fam., Être bien ensemble se dit de Deux personnes de sexe différent qui ont un commerce de galanterie. Cela se dit aussi de Deux personnes qui ont simplement entre elles des rapports d'intimité. Vivre bien ensemble, Vivre en bonne intelligence. On dit de même Être bien, vivre bien avec quelqu'un.

Dans cette acception, BIEN a quelquefois après le verbe Être la valeur d'un adjectif attribut. Cette femme est bien, Elle a une figure agréable. Il a deux filles qui sont fort bien. Il est bien de garder une certaine dignité. Il serait bien que vous lui fissiez des excuses. C'est bien, c'est fort bien; ou elliptiquement, Bien, fort bien, se disent pour marquer Adhésion, assentiment, approbation. Bien, fort bien, je n'y vois aucun empêchement. Nous partirons, c'est fort bien; mais qui nous remplacera? Ces locutions s'emploient quelquefois ironiquement et par reproche. Bien, fort bien, ne vous gênez pas. Elles servent aussi à exprimer qu'on a bien compris un avis, une explication, un éclaircissement, ou qu'on ne veut pas continuer l'entretien sur l'objet dont il s'agit; et alors Bien peut être répété. Fort bien, je vois maintenant ce que j'ai à faire. Bien, bien, j'entends ce que vous voulez dire. Bien, bien, nous reparlerons de cela.

Il signifie aussi Beaucoup, fort, très. Bien mieux. Il est déjà bien loin. Il mange bien. Il boit bien. Il s'est levé bien matin. Il est arrivé bien à propos. Elle a si bien caché cela que je ne puis le trouver. Une femme qui aime bien son mari. Je désire bien qu'il réussisse. Il s'en faut bien que... La chose s'est passée bien autrement que vous ne le dites. Il est bien savant. C'est un homme bien malheureux. Il est bien malade. Il est bien mal. Je suis bien aise de vous rencontrer. Il part? j'en suis bien aise. Il a été bien attrapé. Je suis bien sûr du contraire. Ce sont là de bien faibles raisons. Bien fou qui se fie à de telles promesses.

Il s'emploie en quelque sorte comme nom : Bien de l'argent, bien de la peine, bien du monde, bien des hommes, etc., Beaucoup d'argent, de peine, de monde, etc. On dit Bien d'autres. Il en est venu bien d'autres et non Bien des autres.

Il en a vu bien d'autres... Il a vu des dangers, des difficultés, souffert des fatigues, etc., bien autres que celles dont il est question.

Il signifie dans quelques cas Formellement, expressément. Il est bien entendu que... Cela est bien établi dans le contrat. Vous voilà maintenant bien averti. Il est bien et dûment investi de cette magistrature.

Il s'emploie aussi dans la signification d'À peu près, environ. Il y a bien trois ans que je ne l'ai vu. Il y a bien deux lieues d'ici là.

Il s'emploie souvent par redondance et pour donner plus de force à ce qu'on dit. Auriez-vous bien l'assurance de le nier? Vous aviez bien raison. Je le savais bien. Je m'en doutais bien. Il faut bien y consentir. Il le faut bien. Je vous l'avais bien dit. Je vous entends, je vous comprends bien. Il est bien en chemin, mais il n'est pas arrivé. Il est bien vrai que cela est, mais... C'est être bien prompt, un peu bien prompt. Allez-y, ou bien j'irai moi-même. Vous auriez bien pu venir. Je le veux bien. Je le vois bien. Nous verrons bien. Voilà bien le langage d'un ami. Ironiquement, C'est bien à vous, il vous sied bien de censurer les autres.

BEL ET BIEN, loc. adv. Voyez BEAU.

BIEN LOIN DE, loc. prép. Voyez LOIN.

BIEN QUE, loc. conj. Encore que, quoique. Bien que je le souhaite de tout mon coeur, je ne le puis pas. On lui donna une gratification, bien qu'il ne l'eût guère méritée.

SI BIEN QUE, loc. conj. Tellement que, de sorte que. La nuit nous surprit, si bien qu'il fallut nous arrêter en route.

bien

Bien, Monosyllabe, tantost est nom masculin, et signifie ores, ce que chacun possede à luy appartenant, Bona. Comme c'est mon bien, Meum est patrimonium, Et se divise en meuble et immeuble, qu'on dit plus usitéement au pluriel, biens meubles, et immeubles. Ores plaisir, Beneficium. Comme vous m'avez fait ce bien, isthoc me affecisti beneficio, Et c'est de vostre bien que j'ay cecy, Hoc tuo beneficio habeo. Tantost est adverbe, et signifie ores positivement, comme c'est bien fait, Benefactum, Dont le comparatif est mieux fait, et le superlatif est tresbien fait, ores superlativement, Il est bien-heureux et malheureux, Valde fortunatus, valde calamitosus, Il est bien riche, Valde diues, Tantost est particule d'octroy en affirmant, comme tu viendras, à quoy est respondu, Et bien, ou bien. Tu accedes, Sane quidem, ou accedam. Tantost est excitative, comme, Et bien veux-tu demeurer là, Heus tu istuc ne commanere, sententia est. Et a de l'interrogation, soit suivie d'autres propos, ou non, comme quand aucun a proposé à un autre quelque chose à faire, ou à dire, ou à penser, Il luy dit, Et bien? Quid animi ad haec habes? Quid sentis? quaenam tua mens est.

Fort bien, et à l'aise, Percommode, Perbene.

Tu pourras fort bien et aisément estre avec moy, Belle esse poteris mecum.

Non pas si bien, Non aeque bene.

Bien de par Dieu Age sane.

Bien de par Dieu qu'il die, j'en suis content, Age dicat, sino.

Bien de par Dieu, ainsi soit fait, qu'on l'ameine, Age, age, traducatur.

Bien de par Dieu, prenons qu'il soit ainsi, Agite vero, verum esto.

Acquerir de grands biens, Is cui res tanta facta est, Liu. lib. 23.

Bien de par Dieu, qu'il ait, Habeat sane.

Bien de par Dieu, qu'ainsi ne soit, Ne sit sane.

Bien pour Dieu, que le Prince ne nous donne rien, Atque adeo nihil largiatur Princeps.

A bien vienne tout, Deus bene vertat. B. ex Terent.

¶ Bien te soit, Pax.

Bien autrement, Multo aliter.

Il va bien autrement, Longe secus est.

Je le croy bien, Satis credo.

Ce seroit un grand bien pour les hommes, Bene cum rebus humanis ageretur. B. ex Suetonio.

C'est bien avisé à toy, Recte admones.

T'en vas-tu d'icy aux champs? A. c'est bien dit, il est ainsi, Tu rus hinc abis? A. Recte.

C'est bien dit, ouy vrayement que je le te pardonne, Scilicet equidem istuc factum ignoscam. Par moquerie.

C'est bien dit, par moquerie, comme qui diroit, Vous-vous moquez, Sane bene.

C'est bien dit à toy, Lepide memoras, recte dicis.

Qui scavent que c'est de bien et d'honneur, Qui vita et humanitate perpolita sunt. B. ex Cic.

Tu ne diras jamais si bien que, etc. Nunquam dices tam commode, etc.

Dire tout bien, Bona dicere.

C'est bien fait à vous, Bene facis, Bene agis.

O que c'est bien fait, O factum bene.

Tu parles bien autrement que tu ne faisois auparavant quand je te la bailloye, etc. Orationem longe aliam praebes, nunc atque olim cum dabam.

Il parle bien, Loquitur laute.

Bien mentir, ou richement, Ampliter mentiri.

C'est bien souvenu à toy, Recte meministi.

Il est bien chargé, Recte oneratus.

Bien instruit et enseigné, comme ont accoustumé gens de bonne maison, Liberaliter eruditus.

Je puis bien ne m'en soucier point, Non curare pulchre possum.

Se porter bien, Recte valere.

Il se porte bien, Recte ei est.

Si la chose se portoit bien, Si recte esset.

Prendre en bien, Accipere aequo animo, Boni consulere.

Je scay bien, Sat scio.

Bien et mal, Recte et perperam.

Soit bien, soit mal, soit proffitable ou non, ils n'en font qu'à leur fantasie, Melius peius, prosit obsit, nihil vident, nisi quod lubet.

Estre bien traitté, Laute diuersari.

Il va bien. Optime est.

Il ne va que bien, Recte.

Pourquoy ne pourroy-je aussi bien estre icy que Marcel, Qui minus autem ego istic recte esse possim, quam Marcellus.

Veux-tu bien faire? Vin'tu lepide facere.

Y a-il rien que bien? Satin'saluae? B. ex Liuio.

Devenir homme de bien, se remettre à bien vivre, Redire in rectam semitam, siue in viam, Se ad frugem bonam recipere.

Il a fait ce qu'un homme de bien devoit faire, Hominis frugi functus officium.

Bien faire à aucun, Recte alicui facere, Augere commodis aliquem. B. ex Cicerone.

Je te feray beaucoup de biens, Tibi multa bona instant a me. Plautus.

Qui fait quelque bien à un autre, Promerens.

Ne vouloir guere de bien à quelqu'un, Leuiter bene velle alicui.

¶ Bien que, signifie autant que posé le cas, Encore qu'ainsi soit, Combien- que. Esto, Quamuis, Quanquam Tametsi.

Bien, ou Biens, Le bien que le pere delaisse à ses enfans apres son trespas, Patrimonium, Bona patria.

Les biens et successions qu'un chacun a à soy, meubles ou immeubles, Familia, Res familiaris, Fortunae, Pecuniae, Substantia.

Tous biens exterieurs, Bona, bonorum.

Grands biens, ou beaucoup, Fortunae amplissimae.

N'avoir pas grands biens en sa maison, Familiari pecunia tenuis esse.

Les biens que nous avons serrez en nos coffres, Relictae sine haerede sarcinae.

Bien tenant, Bonorum possessor,

¶ Plein de biens et riche, Plenus, Opulentus.

Il a des biens, Res salua est. B. ex Plauto.

Les biens d'un qui a respondu pour celuy qui s'obligeoit, pour tel affaire concernant le public, lesquels sont obligez, et hypotequez à la chose publique, Praedes.

Biens obligez, et hypotequez, Bona praedialia.

Biens saisis, regis et gouvernez sous la main du Roy, Bona publice possessa.

Biens appliquez au Roy, Bona caduca.

Biens vacans, Haereditatis patrimonium.

Acquerir ou amasser biens, Rem facere.

Despendre et gaster ses biens, Rem familiarem corrumpere, Funditare rem.

Laisser ses biens à l'abandon de la justice pour les confisquer, Pigneranda poenae, praebere bona.

Selon les biens que tu avois, Pro re tua.

bien


BIEN, s. m. [Monosyllabe: en n'y a pas le son d'an. Un Auteur très-moderne fait rimer bien avec chagrin et avec refrein. Il prononce donc bein, comme font plusieurs: Je le veux bein. Cette prononciation ne vaut rien; ou comme prononcent les mêmes persones, ne vaut rein: prononciation normande.] 1°. Ce qui est bon, utile, avantageux, convenable. Le souverain bien; le bien public; rendre le bien pour le mal; il faut aler au bien de la chôse. — Faire du bien, se dit des persones et des chôses. "Il aime à faire du bien à tout le monde: "Cette saignée lui a fait du bien: "Cette succession a fait grand bien à ses afaires. = 2°. Religion, vertu, probité. Homme de bien, femme de bien, gens de bien. Aimer le bien, se porter, se tourner au bien. "Narbal déplora en homme de bien le malheur de Pigmalion. "Il se hâta de ralier tous les gens de bien, pour s'oposer à Adherbal. Télém. Voy. Honête homme, au mot HONNêTE. = 3°. Ce qu'on possède en argent, en fonds de terre, ou autrement. Avoir du bien; aquérir du bien; manquer de bien; être sans bien. Autrefois on l'employait pour bonheur, avantage: "J'ai le bien de vous conoître, écrit M. Arnaud à N. Perraut.
   On apèle, en style didactique, biens du corps, la santé, la force; biens de l'esprit, les talens; biens de l'âme, les vertus. "Les biens de l'âme sont préférables aux biens de l'esprit, et ceux-ci le sont aux biens du corps. L'Ab. Prévôt, dans l'Hist. des Voy. met souvent biens pour marchandises. "Ce qu'on apèle les biens secs, l'ivoire, l'or, la cire, etc. C'est un anglicisme. Voy. Dict. Angl. de Boyer, au mot GOOD.
   Vouloir du bien à... Aimer: "Alexandre Sévère, dans le temps qu'Héliogobale ne lui vouloit pas de bien; Font. — Dire du bien de... Louer: "Mde. de la Fayette vient de me mander que son fils est arrivé, qu'il lui a dit mille biens du vôtre. Sév.Sentir son bien; avoir l'air noble: "On ne cessoit de dire qu'il sentoit son bien, et qu'il ressembloit à Mde sa mère. Marm. Cette locution sent un peu le jargon moderne. — On dit, dans le style familier: grand bien vous fasse: "Prenez-en tant que vous voudrez, et grand bien vous fasse. Volt. — On dit, faire du bien, en parlant des chôses, ou faire grand bien: on l'a vu plus haut. Mde. de Sévigné dit, en ce sens: faire bien.: "Les eaux lui font très-bien depuis six jours. Cela n' est pas aussi conforme à l'usage. — Faire bien, signifie mieux, ce qui est dans l'ordre, et convenable. "Ce morceau fait bien dans cet endroit; cette figûre dans ce tableau. "Cet adjectif fait très-bien devant le substantif, etc. Il est-là adverbe.
   En bien, adv. Changement en bien. Parler en bien de tout le monde. Cela ne me touche ni en bien, ni en mal.

bien


BIEN, adv. Qui sert à marquer un certain degré de perfection, d'avantage, de bonheur, etc. "Il se porte bien, il parle bien; tout va bien, etc. — Il signifie aussi, beaucoup, fort, extrêmement; il travaille bien, il mange bien; il y avait bien du monde, etc.
   Rem. 1°. BIEN est le seul adverbe de comparaison après lequel on mette l'article du, de l', ou des. On dit: beaucoup de monde, et bien du monde; peu d'argent, et bien de l'argent; plus ou moins de gens; et bien des gens, etc.
   2°. BIEN se met toujours après le verbe dans les temps simples, mais avec l'infinitif et les temps composés, il est mieux de le placer devant cet infinitif et le participe. "Il chante bien; il a bien chanté; il faut le bien faire, et non pas le faire bien; il a chanté bien.
   3°. BIEN, devant les adjectifs, régit quelquefois de et l'infinitif: "Vous êtes bien bon de vous gêner: "Tu es bien foible de t'afliger à cet excès.
   4°. BIEN, au comencement de la phrâse. Vaugelas le condamnait dans la prôse, mais il trouvait qu'il avait bone grâce en vers. On ne l'emploie plus que dans le style marotique.
   Bien est-il vrai qu'il parloit comme un livre.
       Ververt.
  Bien est-il vrai que par le temps mûri,
  D'autres leçons mon esprit s'est noûrri. Rouss.
  Bien le savez, Marot, mon maître cher.        Id.
  BIEN avec en et prendre, régit le datif, et est suivi de la conjonction que, ou de la prép. de. C'est la seule ocasion où il se mette à la tête de la phrâse dans la prôse. "Bien nous en prit qu'ils eussent saisi le bon moment. Voy. à la Mer du Sud. "Bien vous en a pris sur tout cela, de prendre les devans. Tart. Epist.
   Être bien, être joli; néologisme, qui a assez bien pris. "Je vous proteste que persone n'est moins avantageux que moi, et que si je suis bien, c'est sans le savoir. Marm.
   Lisidor, à la fin, a quité Doralise:
   Elle est bien, mais ma foi d'une horrible bêtise.
       Méchant.
Venir à bien; Réussir. "La natûre est prodigue en semences de plantes: il lui sufit que, sur un grand nombre de perdûes, il y en ait quelqu'une qui viène à bien.
   BIEN, à peu près, environ: "Il y a bien trois mois qu'il est parti. — Quelquefois il ne s' emploie que pour doner plus de force à ce qu'on dit. "Je le savois bien: "Aurez-vous bien la hardiesse de le soutenir?
   Bel et bien, adv. du style familier.
   Leur Avocat disoit qu'il faloit bel et bien
   Recourir aux Arrêts~, etc.        La Font.
* On dit: Il s'en faut de beaucoup, mais on ne doit pas dire, il s'en faut de bien, comme on dit en Provence; et c'est une nouvelle preuve que bien ne peut pas toujours se mettre à la place de beaucoup.
   * Quand bien et quand bien-même, sont vieux: "Il y a bien des persones, à qui je n'en voudrois pas dire autant, quand bien elles me tiendroient l'épée sur la gorge; Voit. On dit à présent, quand même.
   Trop bien pour fort bien, est du style marotique.
   Ta plume baptise
   De noms trop doux gens de tel acabit;
   Ce sont trop bien maroufles que Dieu fit.
       Rouss.
Le même Poète l'emploie ailleurs dans son sens naturel.
   Tu sais trop bien que le sage,
   De son loisir studieux
   Doit faire un plus noble usage.
   On dit, dans le Dict. Gramm. que bien que, pour quoique, encôre que, a fort vieilli. Nous ajoutons ici qu'il serait à souhaiter que l'usage le rapelât. L' Acad. le met sans remarque. On doit lui apliquer tout ce qu'on dit de quoique. Voy. ce mot. — On peut le mettre également bien, ou au commencement de la phrâse, ou au milieu, après le membre de la phrâse, auquel il répond. "Bien qu'il soit paûvre, il est honête homme, ou bien; il est honête homme, bien qu'il soit paûvre.
   Si bien que, De sorte que, est vieux aussi. Vaugelas blâmait ceux, qui ne voulaient pas s'en servir. Il n'est usité aujourd'hui que dans le style familier.
   Bien entendu que. Voy. ENTENDU.
   BIEN, beaucoup, fort (synon.) Voy. TRèS.

Synonymes et Contraires

bien

adjectif invariable bien
3.  Conforme à une norme morale.

bien


bien

nom masculin bien
Traductions

bien

(bjɛ̃)
adverbe
1. d'une manière convenable, satisfaisante bien travailler Tu vas bien ?
2. très, beaucoup servir bien frais bien s'amuser
3. vraiment Il arrive bien demain ?
4. accepter de Je veux bien t'aider.

bien


adjectif
1. satisfaisant, bon Le film était bien.
2. en bonne forme physique se sentir bien
3. dans un état agréable On est bien chez toi.
4. avoir de bonnes relations avec qqn
5. moral Ce n'est pas bien de mentir.
6. beau Il est encore bien pour son âge.

bien

Gut, doch, Bauernhof, Besitzung, ja, Landgut, sehr, schön, viel, wohl, direkt, tadelloswell, estate, farm, property, ranch, very, good, right, okay, quite, very much, yes, a lot of, commodity, fortune, finegoed, erg, heel, zeer, mooi, bezitting, bijster, bijzonder, boerderij, ja, jawel, landgoed, nugoed, terdege, (het) goede, bezit(ting), echt, fatsoenlijk, heel veel, ruimschoots, veel, vermogen, wel(nu)!, welzijn, werkelijk, knap, zegen, lekker, wel, bestwil, degelijk, deugdelijk, recht, heerlijk, flink, schoon, juist, op de juiste manier, primaבכי טוב, בסדר, היטב (תה״פ), טוב (ת), יפה (ת), יפה (תה״פ), כן (תה״פ), מקנה (נ), רכוש (ז), טוֹב, רְכוּשׁ, כֵּן, בְּסֵדֶר, יָפֶהbien, mucho, muy, correctamente, sanobem, direitoαγαθό, καλά, καλό, καλώς, περίφημα, σωστά, υγιήςимущество, отлично, правильно, хороший, хорошоbene, molto, perbene, proprioبِالإضَافَةِ إِلَى, عَلَى حَقّ, عَلَى ما يُرَامdobře, správně, výborně, zdravýfint, godt, rask, rigtigthienosti, hyvin, oikein, tervedobro, ispravno, zdrav正しく, 申し分ない, 申し分なく, 見事に건강한, 옳게, 잘godt, riktig, utmerket, veldobry, dobrze, piękniebra, fint, rätt, välดี สุขสบาย, สบายดี, อย่างชำนาญ, อย่างถูกต้องdoğru olarak, iyi, pekalađúng, khỏe mạnh, tốt健康的, 唔,这个,噢, 很好, 正当地 (bjɛ̃)
nom masculin
1. ce qui correspond à la morale le bien et le mal
2. ce qui est bon, agréable vouloir du bien à qqn Ce médicament m'a fait du bien. dire du bien de qqn
3. chose matérielle, argent qu'on possède avoir des biens

bien

[bjɛ̃]
nm
(= avantage) faire du bien à qn → to do sb good
il n'y a pas de mal à se faire du bien → there's nothing wrong with doing oneself a bit of good
Ses vacances lui ont fait beaucoup de bien → His holiday has done him a lot of good.
ça fait du bien de faire → it does you good to do
dire du bien de → to speak highly of
Jean m'a dit beaucoup de bien de toi → Jean told me a lot of good things about you., Jean spoke very highly of you to me.
c'est pour son bien → it's for his own good
changer en bien → to change for the better
le bien public → the public good
vouloir du bien à qn (= vouloir aider) → to have sb's best interests at heart
un ami qui vous veut du bien → a well-wisher
(= possession) → possession, property (= patrimoine) → property
son bien le plus précieux → his most treasured possession
avoir du bien → to have property
bien immobilier → property
(moral) le bien → good
faire le bien → to do good
le bien et le mal → good and evil
distinguer le bien du mal → to tell good from evil biens
nmpl
les biens et services → goods and services
adv
(= de façon satisfaisante) → well
Elle travaille bien → She works well.
aller bien, se porter bien → to be well
croyant bien faire, je ... → thinking I was doing the right thing, I ...
faire bien de ... → to do well to ...
Tu ferais bien de faire attention → You'd do well to pay attention.
(concession) vouloir bien
Je veux bien le faire → I'm quite willing to do it.
il faut bien le faire → it has to be done
peut-être bien → it could well be
on verra bien → we'll see
il y a bien 2 ans → at least 2 years ago
Il semble bien que → It really seems that ...
Paul est bien venu, n'est-ce pas? → Paul HAS come, hasn't he?
Où peut-il bien être passé? → Where on earth can he have got to?
(valeur intensive)quite
bien jeune → quite young
bien assez → quite enough
bien mieux → much better
J'espère bien y aller → I very much hope to go.
bien du temps → quite some time
bien des gens → quite a number of people
aimer bien → to like
(autres locutions) bien fait!
C'est bien fait pour toi! → It serves you right!
C'est bien fait pour elle! → It serves her right!
C'est bien fait pour lui! → It serves him right!
bien sûr!, bien entendu! → certainly!, of course!
si bien que → with the result that
excl → right!, OK!, fine!
eh bien! → well!
adj inv
(= en bonne forme) je me sens bien → I feel fine, I feel well
je ne me sens pas bien → I don't feel well
je suis bien → I'm fine
je ne suis pas bien → I don't feel well
(= à l'aise)
On est bien dans ce fauteuil → This chair is very comfortable.
(= à son avantage)
Tu es bien dans cette robe → You look nice in that dress.
(= satisfaisant) → good
Ce restaurant est vraiment bien → This restaurant is really good.
Elle est bien, cette maison → It's a nice house.
Elle est bien, cette secrétaire → She's a good secretary.
c'est très bien comme ça → that's fine
Ce n'est pas si bien que ça → It's not as good as all that., It's not all that great.
C'est bien? → Is that all right?
(moralement) ce n'est pas bien de ... → it's not right to ...
Ce n'est pas bien de dire du mal des gens → It's not right to say nasty things about people.
Elle est bien, cette femme → She's a nice woman.
des gens bien → respectable people
(= en bons termes) être bien avec qn → to be on good terms with sb
bien-aimé [bjɛ̃neme]
adjbeloved
nm/fbeloved
bien-être [bjɛ̃nɛtʀ] nmwell-being
une sensation de bien-être → a sense of well-being