biez

BIEZ

(bié) s. m.
Fossé creusé à côté d'une rivière pour l'usage d'un moulin, et pris d'assez loin pour pouvoir ménager une chute d'eau ou au moins une pente qui augmente la rapidité de l'eau. Le conduit se nomme buse quand l'eau tombe sur la roue, et coursier quand elle passe au-dessous.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    De faire bieus, murs e fossés [BENOÎT, Chron. 26711]
    Tuz en jur [les paysans] sont semons de plaiz : Plaiz de forez, plaiz de moneies, Plaiz de biez et plaiz de moutes [moûtures] [WACE, Rou, 5975-6074]
  • XIIIe s.
    Sire, ce n'est marliere viez, Ne grant fousez, ne parfont biez, Ainz est abimes vraiement [, Ren. 20220]
    Que tute la grant ewe fait isir de sun bied [, Voyage de Charlemagne 774]

ÉTYMOLOGIE

  • Norm. bieu, ruisseau ; génev. bi ; wallon, bi ; rouchi, biéfe ; piém. bial ; génois, beo ; bas-lat. bedale, biale, beale, bedum, becium, byesium ; du germanique : angl. saxon, bed ; anc. nord, bedr ; anc. haut allem. betti ; allem. moderne, Bett, proprement lit, par suite lit d'une rivière, d'un fossé, conduit. Il y a bien dans le bas-breton béz, fossé, mais isolé et sans congénère dans les autres langues celtiques. Biez en deux syllabes, de Wace, vient de bedale ; biez monosyllabe vient de bedum.