bohème ou bohémien, ienne

BOHÈME ou BOHÉMIEN, IENNE

(bo-ê-m' ou boé-miin, miè-n') s. m. et f.
Nom de bandes vagabondes, sans domicile fixe, sans métier régulier, et se mêlant souvent de dire la bonne aventure : on leur donne aussi le nom d'Égyptiens et de Zingaris (voy. ZINGARI).
On pensait que ce fût des bohèmes [SÉV., 69]
Sorciers, bateleurs ou filous, Reste immonde D'un ancien monde, Sorciers, bateleurs ou filous, Gais bohémiens, d'où venez-vous ? [BÉRANG., Boh.]
Par extension, vagabond, qui est de mœurs déréglées. Mener une vie de bohème. Foi de bohème, foi que les escrocs et les filous se gardent entre eux. Maison de bohème, maison où règne le désordre.
Albéroni se mit si bien avec lui [Vendôme] qu'espérant plus de fortune dans une maison de bohèmes et de fantaisies qu'à la cour de son maître, il fit en sorte de se faire débaucher d'avec lui [SAINT-SIMON, 156, 41]
C'est une bohémienne, se dit d'une femme adroite et intrigante, et surtout d'une femme dévergondée.
S. f. La bohème, l'ensemble des gens qui mènent une vie de bohème.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Pis suis que boesme n'yndien [CH. D'ORL., Rondeau, p. 337]
    Pour ce qu'il y avoit des sarrazins ou boesmiens ou [au] pays [DU CANGE, Aegyptiaci.]

ÉTYMOLOGIE

  • Bohèmes, ainsi dits parce qu'on croyait qu'ils venaient de la Bohème. Bohème a aussi signifié marchand de vieux habits :
    Soit qu'au boesme il te revende, Soit que, pour servir d'une offrande, Tu sois en Italie porté [, Satyre sur le pourpoint d'un courtisan par SIGOGNE, le Cabinet satyrique, 1634, p. 429]