boire


Recherches associées à boire: prendre, savoir

1. boire

v.t. [ lat. bibere ]
1. Avaler un liquide ; se désaltérer : Boire de l'eau. Le bébé boit deux biberons de lait par jour.
2. Absorber un liquide, en parlant de qqch : La terre a bu toute l'eau pomper
Boire les paroles de qqn,
l'écouter très attentivement, avec admiration : Les élèves boivent les paroles de leur professeur.
Il y a à boire et à manger,
il y a dans cette affaire du bon et du mauvais, du vrai et du faux.
v.i.
Absorber de l'alcool avec excès : Il a trop bu au réveillon il s'est enivré

se boire

v.pr.
Devoir être consommé, bu : Ce vin se boit chambré.

2. boire

n.m.
Le boire et le manger,
le fait de boire et de manger ; les nécessités de la vie : Il travaille tellement qu'il en perd le boire et le manger.

boire


Participe passé: bu
Gérondif: buvant

Indicatif présent
je bois
tu bois
il/elle boit
nous buvons
vous buvez
ils/elles boivent
Passé simple
je bus
tu bus
il/elle but
nous bûmes
vous bûtes
ils/elles burent
Imparfait
je buvais
tu buvais
il/elle buvait
nous buvions
vous buviez
ils/elles buvaient
Futur
je boirai
tu boiras
il/elle boira
nous boirons
vous boirez
ils/elles boiront
Conditionnel présent
je boirais
tu boirais
il/elle boirait
nous boirions
vous boiriez
ils/elles boiraient
Subjonctif imparfait
je busse
tu busses
il/elle bût
nous bussions
vous bussiez
ils/elles bussent
Subjonctif présent
je boive
tu boives
il/elle boive
nous buvions
vous buviez
ils/elles boivent
Impératif
bois (tu)
buvons (nous)
buvez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais bu
tu avais bu
il/elle avait bu
nous avions bu
vous aviez bu
ils/elles avaient bu
Futur antérieur
j'aurai bu
tu auras bu
il/elle aura bu
nous aurons bu
vous aurez bu
ils/elles auront bu
Passé composé
j'ai bu
tu as bu
il/elle a bu
nous avons bu
vous avez bu
ils/elles ont bu
Conditionnel passé
j'aurais bu
tu aurais bu
il/elle aurait bu
nous aurions bu
vous auriez bu
ils/elles auraient bu
Passé antérieur
j'eus bu
tu eus bu
il/elle eut bu
nous eûmes bu
vous eûtes bu
ils/elles eurent bu
Subjonctif passé
j'aie bu
tu aies bu
il/elle ait bu
nous ayons bu
vous ayez bu
ils/elles aient bu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse bu
tu eusses bu
il/elle eût bu
nous eussions bu
vous eussiez bu
ils/elles eussent bu

BOIRE1

(boi-r') , je bois, tu bois, il boit, nous buvons, vous buvez, ils boivent ; je buvais ; je bus, tu bus, il but, nous bûmes, vous bûtes, ils burent ; je boirai ; je boirais ; bois, buvons, buvez ; que je boive, que tu boives, qu'il boive, que nous buvions, que vous buviez, qu'ils boivent ; que je busse, que tu busses, qu'il bût, que nous bussions, que vous bussiez, qu'ils bussent ; buvant ; bu v. a.
Avaler un liquide. Il boit du vin. Vous boirez de la tisane. Il but du poison. Buvez un verre d'eau.
Dépenser à boire.
Il [mon aïeul] but ainsi son héritage ; Que son âme soit en repos ! [BÉRANG., Enfant de b. maison.]
Buvons gaîment l'argent de mon tombeau [ID., Mon tomb.]
À boire ! locution pour demander qu'on verse à boire.
Fig.
Que tout seul, s'il se peut, je boive tout le fiel Que répandrait sur vous la colère du ciel [MAIR., Sophon. IV, 1]
Et d'enfants à sa table une riante troupe Semblait boire avec lui la joie à pleine coupe [RAC., Esth. II, 9]
La céleste troupe, Dans ce jus vanté, Boit à pleine coupe L'immortalité [J. B. ROUSS., Bacchus, cantate.]
Le germe des douleurs infecte leur repas ; Et dans des coupes d'or ils boivent le trépas [THOMAS, Ép. au peuple.]
Quand pourrai-je.... Boire l'heureux oubli des soins tumultueux [DELILLE, L'hom. des ch. IV]
Adieux, regrets, baisers.... Mon âme s'en troublait, mon oreille ravie Buvait languissamment ces prémices de vie [LAMART., Joc. I, 36]
Boire, dans le sens d'être obligé d'endurer.
Honorable défaite.... Encores derechef me la fallut-il boire [RÉGNIER, Sat. VIII]
Qui gai fait une erreur, la boit à repentance [ID., Sat. X]
Ayant bu la première honte [HAMILT., Gramm. 11]
Malheureux que je suis ! il faut que je boive l'affront [MOL., Préc. 18]
Mon frère, doucement il faut boire la chose [ID., Éc. des mar. III, 20]
Ils boivent les affronts comme l'eau [J. J. ROUSS., Ém. II]
Il boit, en expirant, le plus horrible affront : Les pieds d'un malheureux suspendu sur sa tête Renversaient sa couronne et lui battaient le front [MASSON, les Helvétiens, III]
Absolument, boire du vin. On buvait pendant des jours entiers. Boire beaucoup, boire avec excès, bien boire. Il avait bu copieusement. Aimer à boire.
Vous buviez sur son reste, et montriez d'affecter Le côté qu'à sa bouche elle avait su porter [MOL., l'Étour. IV, 5]
Soyons bien buvants, bien mangeants, Nous devons à la mort de trois l'un en dix ans [LA FONT., Fab. VI, 19]
J'ai soupé hier avec trois des plus jolies femmes de Paris ; nous avons bu jusqu'au jour.... [LESAGE, Turc. III, 5]
Boire son soûl, boire autant qu'on veut. Boire à la santé de quelqu'un, faire des vœux pour quelqu'un en buvant. Nous buvons à votre heureux retour.
Qu'on boive aux maîtres de la terre, Qui n'en boivent pas plus gaîment [BÉRANG., Trinquons.]
On dit aussi, boire la santé de quelqu'un, au lieu de boire à sa santé.
Je voudrais bien les remercier d'avoir bu ma santé ; la vôtre fut bue avant-hier chez la princesse de Tarente [SÉV., 441]
Boire sec. Cet homme boit sec, c'est-à-dire il boit beaucoup. Le roi boit ! la reine boit ! Acclamation usitée dans les repas du jour des Rois, lorsque le roi ou la reine de la fève boivent. Boire, être ivrogne. Cet homme a le défaut de boire. Donner à boire, tenir un cabaret. Chanson à boire, chanson de table.
Elle chanta vingt chansons à boire [SÉV., 407]
Chanter un air à boire [MOL., Bourg. IV, 1]
Donner pour boire, donner une gratification en outre du salaire.
Je lui donnerai de quoi boire [SÉV., 15]
Après boire, après avoir bu, à son aise.
Un poëte n'est bizarre et fâcheux qu'après boire [RÉGNIER, Sat. VIII]
Un beau jour, après boire [LA FONT., Mazet.]
Eh bien ! nous lirez-vous quelque chose aujourd'hui ? Me dit un curieux qui s'est toujours fait gloire D'honorer les neuf sœurs et toujours, après boire, Aime à dormir au bruit des vers psalmodiés [A. CHÉN., Ép. 2]
Fig.
Ils boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras au jour de ta fureur, à toute la race coupable [RAC., Ath. II, 9]
En langage poétique, boire à la source d'Hippocrène, faire des vers. Boire, courir risque de se noyer. On est allé à son secours ; il commençait à boire. Il faillit se noyer et but beaucoup. On dit dans le même sens, boire un coup. Terme de manége. Un cheval qui boit dans son blanc, est un cheval qui a le nez blanc ; un cheval qui boit la bride, a le mors trop enfoncé dans la bouche.
S'imbiber, s'imprégner de. L'éponge boit l'eau. La terre brûlée longtemps par le soleil, but la pluie. Absolument. Ce papier boit, il se laisse pénétrer par l'encre. Fig.
La terre humectée But à regret le sang des neveux d'Érecthée [RAC., Phèdre, II, 1]
Telle est Iris, quand un nuage obscur, Chargé de pluie, altéré de lumière, Boit le soleil, et vers notre paupière Réfléchit l'or et la pourpre et l'azur [MALF., Narcisse, III]
V. n.Terme de tannerie. Faire boire les peaux, les mettre à la rivière.
Terme de couturière. Faire boire du taffetas, du linge, une étoffe, tenir en cousant une pièce lâche contre l'autre tendue, de manière qu'avec des longueurs inégales elles arrivent au même point. Terme de marine. Faire boire la voile, tenir la voile lâche en la cousant à sa ralingue. En ces deux derniers emplois, boire se dit pour être béant, à demi ouvert, et cela se comprend, puisque boire exige que la bouche soit ouverte.
Se boire, v. réfl. Être bu. Ce vin se boit au dessert.

PROVERBES

  • Boire comme un templier, comme une éponge ; boire excessivement. Les chevaliers de l'ordre du Temple étaient accusés d'être ivrognes.
  • Boire le vin du marché, boire ensemble après la conclusion d'un marché.
  • Boire le vin ou le coup de l'étrier, boire un verre de vin quand on est près de partir.
  • À petit manger bien boire, c'est-à-dire lorsqu'on a peu à manger, il est bon de boire un bon coup.
  • Il y a à boire et à manger, c'est-à-dire l'affaire présente de bons et de mauvais côtés ; se dit aussi, au propre, d'un liquide trouble, par exemple du café mal filtré.
  • Qui bon l'achète, bon le boit, c'est-à-dire il ne faut point plaindre l'argent à bonne marchandise.
  • On ne saurait faire boire un âne s'il n'a soif, c'est-à-dire on ne saurait déterminer une personne entêtée à faire ce qu'elle n'a pas envie de faire.
  • Qui fait la faute la boit, on porte la peine des fautes qu'on fait.
  • On ne saurait si peu boire qu'on ne s'en sente, c'est-à-dire boire un peu trop expose toujours à quelque sottise.
  • Croyez cela et buvez de l'eau, se dit d'une chose qui ne mérite pas de croyance. On dit dans un sens à peu près analogue : buvez frais ; buvez du meilleur.
    Prononcez seulement ces mots in, cum, sub, et buvez du meilleur [VOLT., Dial. 10]
  • C'est la mer à boire, se dit d'une chose trop difficile, qui ne se peut faire. Ce n'est pas la mer à boire, se dit d'une chose qui ne présente pas de grandes difficultés.
    Si je pouvais remplir mes coffres de ducats ! Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire ! Tout cela c'est la mer à boire [LA FONT., Fab. VIII, 25]
  • Il n'y a pas de l'eau à boire, c'est-à-dire à ce travail, à ce métier, à ce marché, il n'y a rien à gagner.
  • Le vin est tiré, il faut le boire, c'est-à-dire il n'y a plus à hésiter, à reculer, et aussi, vous avez commencé, il faut achever.
  • Qui a bu boira, c'est-à-dire on ne se corrige pas de ses vieux défauts.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Li mieux gariz [protégés] en ont boüd [se sont noyés] itant [, Ch. de Rol. CLXXVI]
  • XIIe s.
    S'il en bevoit, ne fust mort erramment [, Ronc. p. 105]
    Onques Tristans, cil qui but le brevage, Plus loiaument n'ama sans repentir [, Couci, XI]
  • XIIIe s.
    Et quant il lui donnoit à boire et à manger [, Berte, XI]
    Volentiers [elle] en beüst, mais trouble ert [était l'eau] com godale [sorte de bierre] [, ib. XXVII]
    À son plaisir elle a et mangié et beü [, ib. LI]
    Illuec [il] eüst esté noiiés ; Mais li peschieres à esploit S'en vint au comte qui buvoit [, Bl. et Jeh. 2711]
    Si ot non li legas de France maistre Robiers de Crescon et estoit englois, preudomme, mais volentiers buvoit ; par Dieu ! ainsi sont maint preudome [, Chron. de Rains, p. 87]
    Il convient que il [le fripier] doint au roy pour le mestier XXV deniers de la haubanerie, et XII deniers à boivre aus compaignons [, Liv. des mét. 202]
    Il est bien raison que l'anui Que je ai porchacié reçoive ; Droiz est que ma folie boive [, Ren. 15748]
    Je ne sui mie encore morz ; Moult avez tost le duel beü Que vos avez de moi eü [, ib. 12775]
    À ce sunt cil bien cognoissant Qui vont les dames traïssant, Qui dient por eus [els, elles] losengier Qu'il ont perdu boivre et mengier [, la Rose, 2566]
    Et quant il vint à la fontaine Que li pins de ses rains [branches] covroit, Il se pensa que il bevroit [, ib. 1488]
    Il n'est nus qui de celi boive, Boive en neïs plus qu'il ne doive [même s'il en boit plus qu'il ne doit], Qui sa soif en puisse estanchier, Tant a le boivre dous et chier [, ib. 6012]
    S'il fist folie, si la boive [RUTEB., 79]
    Et li dit que il looit [conseillait] qu'il se traïsist [retirât] à main destre sur le flum, pourceque ses serjans eussent à boire [JOINV., 226]
    Ses chevaliers sarrazins se mistrent en la ville et comencerent à boivre des vins, et furent maintenant touz ivres [ID., 248]
  • XIVe s.
    Et semblablement ne desirent pas touz unes meismes viandes ou boires [ORESME, Eth. 95]
  • XVe s.
    Et usent grand foison d'espices, par especial de sucre et aussi de lait de chevres ; ce sont les communs boires des Turs et des Sarrazins [FROISS., III, IV, 58]
    Pensez à vos besognes, car jamais je ne buverai ni ne mangerai tant que vous soyez en vie [ID., II, III, 76]
    [Les Anglais naufragés sur la côte d'Irlande] burent assez [ID., II, II, 59]
    L'endemain, après messe et après boire, les traiteurs [les négociateurs] vinrent ensemble en la dite chapelle.... [ID., I, I, 143]
    Puisqu'il est trait [tiré], il le faut boire [CH. D'ORL., Rép. à Fred.]
    Il lui falloit adviser necessairement comment il pourroit mieulx boire ce qu'il avoit brassé, car boire le luy falloit [G. CHASTEL., Chron. du duc Philippe, Introd.]
    En l'an de mon trentieme eage, Que toutes mes hontes j'eu beues, Ne de tout fol encor ne sage [VILLON, Gr. Test.]
  • XVIe s.
    Plus tost beuront [boiront] les Partes Araris [MAROT, IV, 6]
    [Les rivières] Qui d'une part en la terre se boivent : Autres plusieurs en la mer se reçoivent [ID., IV, 13]
    Je boiray par Dieu et à toy, et à ton cheval [RAB., Garg. I, 39]
    Ils en perdent le boire, le manger et le repos [MONT., I, 64]
    Boire chaud, boire froid [ID., I, 164]
    Qui fait la faute, il la boit [LOYSEL, 825]
    Les premiers harquebusiers qu'on avoit poussez beurent seuls quelque fumée, et firent la pluspart du meurtre en attendant les autres [D'AUB., Hist. I, 153]
    Premier que de joindre, il lui fallut boire la volée de 14 canons [ID., ib. I, 167]
    Parmi les pleurs et la tristesse, ce prince beut les remonstrances des pasteurs et des amis [les accueillit], et rompit les mauvaises esperances de la cour, en espousant la sœur du duc de Longueville [ID., ib. I, 198]
    Si peu de pieces qu'ils menoient n'eussent peu passer du costé du Vivarets, d'où les montagnes vont boire dans la riviere [ID., ib. I, 320]
    Ceux qui firent cette sortie, et qui en beurent le premier peril sont en cette compagnie [ID., ib. II, 305]
    En mesme temps commença la tranchée, qui vint percer la contr'escarpe et boire dans le fossé [ID., ib. III, 29]
    Un Allemand de la garde s'estoit fort beu [PARÉ, IX, 1er disc.]
    La terre les eaux va boivant, L'arbre la boit par sa racine, La mer salée boit le vent, Et le soleil boit la marine ; Le soleil est beu de la lune, Tout boit soit en haut ou en bas : Suivant ceste reigle commune, Pourquoy donc ne boirons-nous pas ? [RONS., 507]
    Point ne parle à celui qui boit [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 247]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. borre ; Berry, bere, beuvre ; provenç. beure ; catal. beurer ; espagn. beber ; ital. bevere ; du latin bibere ; rattaché au grec, boire, par le sanscrit pâ, boire, dans les védas pib, d'où, par assimilation de la consonne, la réduplication bib. Boire est régulièrement formé, ayant l'accent tonique sur la même syllabe que bíbere.

BOIRE2

(boi-r') s. m.
Ce qu'on boit à ses repas.
....N'eussent pas au marché fait vendre le dormir Comme le manger et le boire [LA FONT., Fabl. VIII, 2]
Fig. et familièrement. Il en oublie, il en perd le boire et le manger, c'est-à-dire il est tout à une occupation ; sa passion l'absorbe.
Il en perdit le boire et le manger [HAMILT., Gramm. 9]

ÉTYMOLOGIE

  • Boire ; norm. bére, cidre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. BOIRE. Ajoutez :
    Opération par laquelle on remplit les viviers, au bord de la mer, en levant la vanne à marée montante, [H. BOUT, Rev. Britann. avril 1871, p. 428]

BOIRE3

(boi-r') s. f.
Nom donné, dans les départements de Maine-et-Loire et de la Loire-Inférieure, aux anses ou petits golfes de la Loire.
Il y a près de notre village une belle boire [LEGOARANT, ]
Terme de pêche. Communications que les mares, fossés ou chantepleures ont avec les rivières, ou bien fosses pratiquées sur les bords des rivières. La pêche ne peut être affermée au profit de l'État dans les boires creusées de main d'homme.

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-lat. borra, creux plein d'eau ; ital. borro, fosse creusée par les torrents de montagnes. Sauf ces rapprochements, on ne sait rien sur l'origine de ce mot.

boire

BOIRE. (Je bois; nous buvons. Je buvais. Je bus. Je boirai. Bois. Que je boive. Que je busse. Buvant. Bu.) v. tr. Avaler un liquide. Boire de l'eau, du vin, de la bière, etc. Absolument, Boire frais. Boire chaud. Boire à la fontaine. Boire dans le creux de la main. Boire dans un verre. Boire d'un trait. Boire à longs traits, à la régalade. Par extension, Boire un verre, une bouteille de cidre.

Donner à boire, Tenir cabaret, vendre du vin en détail à tout venant. Il y a au coin de la rue un homme qui donne à boire. Donner à boire et à manger.

Vin prêt à boire, Vin qui a acquis sa maturité, qui est en état d'être bu.

Chansons à boire, Chansons faites pour être chantées à table. On dit dans le même sens Air à boire.

Cet homme boit bien, il boit sec, Il boit beaucoup. Boire d'autant, Boire beaucoup. Boire à sa soif, Ne boire que quand on en a effectivement besoin. Boire son soûl, tout son soûl, Boire autant qu'on veut et au-delà du besoin.

Pop., Boire à tire-larigot, boire comme un templier, boire comme un trou, comme une éponge, Boire excessivement.

Boire à la santé de quelqu'un, Exprimer des voeux pour la santé de quelqu'un en buvant. On dit aussi Boire une santé, des santés. On dit de même Boire à quelqu'un. Boire au retour, au prompt retour, à l'heureux voyage, aux succès de quelqu'un, etc.

Boire au bon retour de quelqu'un signifie aussi Boire en signe de joie de son arrivée.

Boire à la ronde, Boire tour à tour, les uns après les autres.

Après boire, Après avoir bu.

Donner pour boire à des ouvriers, à un commissionnaire, à un cocher. Voyez POURBOIRE.

Fig., Boire le vin de l'étrier, ou le coup de l'étrier, Boire un verre de vin quand on est prêt à partir.

Fig. et fam., C'est la mer à boire, se dit d'une Entreprise qui présente des difficultés extrêmes, des obstacles insurmontables. On dit dans le sens contraire, Ce n'est pas la mer à boire.

Il se dit encore de Quelqu'un qui court le risque de se noyer. Quand on vint à son secours, il commençait à boire.

Il y a à boire et à manger, se dit proprement d'un Liquide, vin, bouillon, café, trouble et épais. Fig. et fam., il se dit d'une Affaire qui peut avoir à la fois de bons et de mauvais résultats, d'une question qui présente plusieurs aspects, d'un ouvrage où il y a du bon et du mauvais.

Prov., Qui bon l'achète, bon le boit, se dit en parlant d'un Bon vin. Fig. et fam., il signifie Il ne faut point plaindre l'argent à de bonne marchandise.

Prov. et fig., On ne saurait faire boire un âne s'il n'a soif, qui n'a pas soif. Voyez ÂNE.

Prov. et fig., Le vin est tiré, il faut le boire, se dit pour exprimer qu'on est trop engagé dans une affaire pour reculer.

Fig., Boire le calice, Se soumettre à faire ou à souffrir ce qu'on ne saurait éviter. Boire le calice jusqu'à la lie, Souffrir une humiliation complète, une douleur longue et cruelle, un malheur dans toute son étendue.

Fig., Boire un affront, Souffrir une injure sans en témoigner de ressentiment. Avoir toute honte bue, N'avoir plus honte de rien.

Prov. et fig., Qui fait la faute, la boit, Celui qui a fait une faute en doit porter la peine.

Le roi boit! ou La reine boit! Acclamation usitée dans les repas le jour des Rois, lorsque le roi ou la reine de la fève boit.

Il signifie aussi Boire avec excès, s'enivrer. Il est sujet à boire. Il a le défaut de boire. Elle a renvoyé son chauffeur, parce qu'il buvait.

Prov. et fig., Qui a bu boira, se dit en parlant d'un Défaut dont on ne se corrige jamais.

Il signifie aussi, en parlant des choses, S'imbiber, s'imprégner. Ce papier boit, L'encre passe au travers. La terre boit l'eau. L'éponge boit.

BOIRE s'emploie aussi comme nom masculin dans cette locution figurée et familière, Il en oublie, il en perd le boire et le manger, Il est entièrement absorbé par une occupation, par une passion.

boire

Boire, Bibere, Inbibere, Potare.

Ne boire gueres, Subbibere.

Il ne boit gueres, Exiguo potu indiget.

Bailler à boire, Miscere mulsum, Miscere pocula.

Toute maladie venant de trop boire, Crapula.

Noise venuë par trop boire, Per vinum exortum dissidium.

Toute chose qui est bonne à boire, Poculentus.

¶ Boire ensemble et banqueter, Combibere, Compotare.

Boire à quelqu'un, Propinare, Poculis aliquem inuitare.

Boire l'un à l'autre à grands traits, Poscere maioribus poculis.

Boire à lut, Bibere more Graeco.

Compagnon à boire et à yvrongner, Compotor, Combibo, combibonis.

Avoir quelqu'un à boire et à manger avec soy, Aliquem mensa sua communicare.

Boire avantageusement, Adbibere.

Boire d'avantage qu'on n'a accoustumé, Vino largiore vti.

Boire de surcrest, Superbibere.

Boy si tu veux boire, despeche toy de boire si tu veux, Bibe si bibis. Plaut. Id est bibe actutum si vis. B.

A boire d'autant, Acratoposiae certamen vel agon. Bud.

Boire l'un à l'autre, Graeco more bibere. B. ex Cicerone.

Boire tout à fait, Epotare, Interbibere, Obbibere, Perbibere.

Bailler à boire du vin aux malades, Vinum aegrotis adbibere.

Faire boire de la poison à quelqu'un, Venenum alicui infundere.

¶ Il ne les faut point laisser boire d'eauë, sinon bien peu, Nec potestas aquae, nisi quam parcissime, facienda est.

Garder de boire par trois jours, Prohibere potione per triduum.

¶ Qui boit vin pur et sans eauë, Merobiba, merobibae.

Qui ne boit point de vin, Abstemius, Carens vino.

Qui ne boit gueres souvent, Rarus in potu.

Qui boit beaucoup, Multibibulus.

Qui boit volontiers, Bibulus.

¶ On boit, Bibitur.

En beuvant, In vino, Ad vinum.

¶ Qui a bien beu, Appotus.

¶ J'avoye bien beu, et si estoye revenu tard, Domum bene potus, seroque redieram.

Il a un petit beu, Paulum subbibit. Suet.

Quand ils ont bien beu, Ad vinum diserti. Bud. ex Cic.

Il avoit fort beu, In multum vini processerat.

Il y a ja long temps que j'ay beu premierement, Iamdudum factum est quum primum bibi.

boire


BOIRE, v. a. [Boâ-re, 1re lon. 2e e m.] Je bois, tu bois, il boit; nous buvons, vous buvez, ils boivent. Je buvais; je bus, j'ai bu; je boirai. Bois; que je boive, nous buvions, vous buviez, ils boivent; je boirais; que je busse, que tu busses, qu'il bût, que nous bussions, etc. Buvant, bu.
   Rem. Les badauds de Paris disent, je burai, tu buras, il bura, etc. Il faut dire, je boirai, tu boiras, il boira, etc. Les Provinciaux disent, en boivant; il faut dire, en buvant. Mén.
   BOIRE, avaler une liqueur. Boire de l'eau, du vin, de la bierre, des liqueurs, etc. Boire frais, boire à la glace. Boire un grand coup, un grand trait; boire à longs traits; doner, verser à boire.
   On dit, proverbialement, boire comme un trou, boire en templier, en chantre, en soneur; à tire larigot, ou en tire larigot, boire excessivement. On dit aussi qu'un homme boit bien, qu'il boit sec, qu'il boit d' autant, pour dire qu'il boit beaucoup. — Boire à sa soif, ne boire que quand on en a éfectivement besoin. — Boire un doigt de vin; un petit coup; une rasade, un rouge bord; un verre tout plein jusqu'au bord.
   BOIRE la santé, ou~ à la santé de; boire à quelqu' un, façon de parler, dont on se sert à table, en buvant les uns aux aûtres. "On ne but point à votre santé... Je ne voudrois pas que la postérité prît une chôse pour l'autre, et que d'ici à deux mille ans, on crût qu' on a bu à vous, cela n'ayant point été. Voiture.
   À~ petit manger bien boire, boire beaucoup, quoiqu'on mange peu. Qui a bu boira, les habitudes nous suivent jusqu'au tombeau. — En parlant du vin, qui bon l'achète, bon le boit; ce qui s'aplique au figuré, pour dire, qu' il ne faut pas plaindre l'argent à de bonne marchandise. — On ne peut faire boire un âne s'il n'a soif; on ne peut pas persuader à de certaines gens de faire ce dont ils n'ont nullement envie. — Le vin est tiré, il faut le boire, ou, qui fait la folie doit la boire; quand on est si fort engagé, on ne peut plus reculer; et quand on a fait une folie, il faut en suporter les fâcheuses suites.
   2°. BOIRE, signifie quelquefois s'ennivrer. "Il est sujet à boire, il boit. — Le papier boit, l'encre perce à travers; la terre boit l'eau, elle s'en abreûve. En ce sens, on dit que l' éponge boit.
   3°. BOIRE se dit figurément, pour signifier soufrir avec patience quelqu'infortune qu'on ne peut éviter, faire une chôse par une force majeûre. "Il falut boire la râillerie. D'Abl. "Faut-il que je boive cet afront. Mol. Il faut boire le calice, le boire jusqu'à la lie.
   Qui fait une erreur la boit à repentance.
       Reg.
"Qui fait la faute la boit. — Hors de là, boire ne se dit point au figuré. L'Ab. Desfontaines blâme la Motte d'avoir dit:
   La nuit se passe aux camps, où cependant les troupes
   Boivent dans les festins l'espoir à pleines coupes.
   Je pense qu'il n'aurait pas plus épargné Mde. Dacier, qui dit aussi: "Elle écoute leurs discours, les boit avec avidité. Odyssée. — Boire des discours, et boire l'espoir, sont des expressions bizarres. — Racine et Rousseau, employant des expressions pareilles, les adoucissent~ par des correctifs.
   Et d'enfants, à sa table, une riante troupe,
   Semble boire avec lui, la joie à pleine coupe.
       Racine.
  De ces vautours de la société,
  Qui, comme l'eau, boivent l'iniquité.
      Rouss.
Cette dernière expression est consacrée. — Mais M. Roucher, plus hardi, dit crument et sans correctif, qu'un oeil boit les doux pavots du someil; qu'un coeur boit un long amour, etc. Dans cette dernière expression, il a voulu luter contre ces vers de Virgile.
   Nec non et vario noctem sermone trahebat
   Infelix Dido, longumque bibebat amorem.
Mais les goûts des langues sont diférens, et ce qui réussit dans l'une, déplait souvent dans l'aûtre.
   BOIRE, s. m. Le boire et le manger: "On m'aprête, on m'aporte mon boire et mon manger. " Il est si apliqué à cette afaire, qu'il en quitte, ou qu'il en perd le boire et le manger.

Synonymes et Contraires

boire

verbe boire
2.  Absorber avec excès de l'alcool.
3.  S'imprégner d'un liquide.
Traductions

boire

trinken, saufendrink, boozedrinken, gebruiken, opzuigenגימא (פיעל), גמא (פ'), גמע (פ'), לגם (פ'), שתה (פ'), גָּמָא, גָּמַע, שָׁתָה, לָגַםdrinkbeuredrikkeπίνωtrinkibeberjuodaiszikminumdrekkabere, sbevazzare飲むbiberedrikkepić, wypićbeber, libarbeaпить, выпитьiçmek, 饮用يَشْرَبُpítpiti(음료를) 마시다drickaดื่มuống (bwaʀ)
verbe transitif
1. avaler un liquide boire du thé boire un verre d'eau
2. absorber Le sol a bu toute l'eau.

boire

[bwaʀ]
vt
[+ boisson, breuvage] → to drink
boire un verre → to have a drink
boire un coup → to have a drink
donner à boire à qn → to give sb a drink
À boire, par pitié! → Give me a drink, for pity's sake!
à boire et à manger (fig) (= du bon et du moins bon) → good and bad, a curate's egg
Sur internet, il y a à boire et à manger → On the Internet, you have to pick and choose., The Internet can be a curate's egg.
(fig) boire les paroles de qn → to lap up everything sb says
(= s'imprégner de) → to soak up
vi
(= se désaltérer) → to drink
boire au goulot → to drink from the bottle
(= être alcoolique) → to drink
Son mari boit → Her husband drinks.