bon

1. bon, bonne

adj. [ lat. bonus ]
1. Qui convient, qui possède les qualités requises : Il veut un bon ordinateur
correct ; mauvais : Avoir une bonne raison de ne pas assister à une réunionIl est bon en anglaisC'est un bon professeur
convaincant, valable ; inacceptable, irrecevable : Il est bon en anglaisC'est un bon professeur
doué, fort ; mauvais : C'est un bon professeur
2. Qui procure du plaisir : Il nous prépare un bon repas
délicieux : J'ai passé de très bonnes vacances
3. Dont l'effet est bénéfique pour le corps ou l'esprit : Il prend un bon petit déjeuner avant de faire du sport
copieux, substantiel : Il aurait besoin d'un bon massage pour se décontracter
4. Qui fait le bien ; qui manifeste de la bonté : Il est très bon avec ses amis qui sont dans le besoin
charitable, généreux : Un père trop bon avec ses enfants
5. Se dit de ce qui est juste, conforme à une norme : Le compte est bon
exact ; faux : C'est écrit en bon françaisLibérer un prisonnier pour bonne conduite.
correct ; incorrect : Libérer un prisonnier pour bonne conduite.
6. Qui marque un degré important, une intensité élevée : J'ai un bon rhume
gros : Courir dix bons kilomètres sans s'arrêter.
7. En sports, se dit de la balle, du ballon tombés dans les limites du jeu : Les balles de ce joueur de tennis sont toujours bonnes.
8. S'emploie dans des formules de souhait : Bon courage ! Je te souhaite un bon anniversaire.
À quoi bon ?,
à quoi cela servirait-il ?
Avoir qqn à la bonne,
Fam. l'estimer, le trouver sympathique.
Bon à (+ inf.),
dans les conditions voulues pour : Sa veste est bonne à jeter.
Bon à rien,
se dit d'une personne qui ne réussit rien : Un bon à rien
un incapable
Bon pour,
formule dont on fait précéder sa signature sur un écrit qui n'est pas de sa main : Bon pour accord.
C'est bon,
c'est d'accord ; ça m'est égal ; ça suffit : C'est bon, j'accepte ta proposition.
Elle est bien bonne !,
se dit d'une histoire drôle ou d'une nouvelle inattendue, incroyable.
En avoir de bonnes,
exagérer ; exiger trop de qqn : Tout finir pour ce soir, elle en a de bonnes !
En dire ou en raconter de bonnes,
raconter des choses drôles ou surprenantes.

bon

n.m.
1. (Surtout au masc. pl.) Personne juste, vertueuse : Les bons et les méchants
2. Ce qui est bon, agréable : Il y a du bon et du mauvais dans sa proposition
des avantages

bon

adv.
Il fait bon,
le temps est doux, agréable.
Il fait bon (+ inf.),
il est agréable de : Il fait bon rentrer chez soi.
Il est bon de (+ inf.), il est bon que (+ subj.),
il est souhaitable, convenable de, que : Il serait bon de le mettre au courant. Il est bon qu'elle sache la vérité.
Pour de bon,
réellement, sérieusement : Il est parti pour de bon
Sentir bon,
avoir une odeur agréable.
Tenir bon,
ne pas lâcher prise ; résister.

bon

interj.
Marque une approbation, une conclusion, une constatation : Bon, d'accord ! Tu peux regarder la télévision.
Ah bon,
exprime le soulagement, l'étonnement : Ah bon ? Elle est d'accord ?

2. bon

n.m. [ de l'express. bon [pour] ]
Document qui autorise à recevoir qqch, à toucher de l'argent : Ce commerçant offre un bon d'achat de dix euros à ses meilleurs clients.
Bon du Trésor,
titre émis par l'État représentant un emprunt à court terme.

BON1

s. m.
Ce qui est bon. Il a préféré le bon à l'utile.
La France, où les connaissances ont été portées aussi loin que partout ailleurs ; seulement est-il à craindre que l'on n'y prenne à la fin un bizarre mépris du bon devenu trop familier [FONTENELLE, Czar Pierre]
En termes de philosophie, le bon, l'ensemble des dispositions qui rendent l'homme un être moral.
Que le bon soit toujours camarade du beau, Dès demain je chercherai femme [LA FONT., Fab. VII, 2]
Au sein de ses amis répandre mille choses, Et, recherchant de tout les effets et les causes, Raisonner avec eux sur le bon, sur le beau [ID., Lettres, XIX.]
Bonnes qualités soit dans une personne, soit dans une chose. Cet homme a du bon. Il y a du bon chez cet enfant. Tirer d'un sujet tout ce qu'il y a de bon.
La critique a du bon, je l'aime et je l'honore [VOLT., Ép. 104]
Tout fut secret, et quiconque eut du bon Par devers soi le garda sans rien dire [LA FONT., Berc.]
.... Ces malheureux rois, Dont on dit tant de mal, ont du bon quelquefois [ANDRIEUX, Meunier de Sans-Souci.]
Du bon, de bon vin. Hier, à un grand dîner, nous avons bu du bon. Avoir du bon, l'emporter, obtenir l'avantage.
Il y eut plusieurs rencontres où les uns et les autres avaient tantôt du bon et tantôt du pire, selon les diverses occurrences [PERROT D'ABL., Tacite, 362]
Prendre son bon, saisir son avantage.
Harcourt sut être ami de Barbésieux et s'en faire respecter, plus encore de Chamillart, jusqu'à ce qu'il trouvât son bon à le culbuter [SAINT-SIMON, 116, 15]
Du bon du cœur, cordialement.
Et du bon de mon cœur à cela je m'engage [MOL., Mis. III, 1]
Le bon, c'est-à-dire ce qu'il y a d'effectif, de plaisant, de surprenant, de piquant. Le bon de l'affaire, c'est que, croyant attraper son voisin, il s'est attrapé.
Enfin le bon de tout c'est qu'à d'autres qu'à lui On ne peut vous lier que vous ne disiez oui [MOL., Tart. II, 4]
Vraiment oui, c'est là le bon de l'affaire [VOLT., Dial. 27]
Gasparin à Gulphar les prêta, Ce fut le bon [LA FONT., F. avare.]
Le bon est qu'en courant il a perdu sa botte [REGNARD, Distrait, I, 6]
Le mari ne se doute point de la manigance ; voilà ce qui est de bon [MOL., Georg. D. I, 2]
Ce qui donne du bien-être, du plaisir ; ne se dit guère qu'avec jour, heure, moment. L'accès de fièvre passé, on a deux jours de bon. Quelques jours de bon, des jours où l'on a de la satisfaction, du repos.
Du moins on ne perdrait pas tout, on aurait du moins quelques moments de bon [MASS., Profession relig. sermon 1]
Il fait bon, c'est-à-dire il fait un bon temps, la température est agréable. Il fait bon, il est utile, agréable. Il fait bon se promener, le temps est favorable à la promenade. Il ne fait pas bon avoir affaire à cet homme, il est désagréable d'avoir affaire à lui.
Choses qu'il ne ferait pas bon tirer en exemple [CORN., Ex. d'Hér.]
.... En de certains temps il fait bon s'expliquer [ID., Othon, II, 3]
Il ne faisait pas bon s'attaquer à eux [BOSSUET, Déf.]
Il nous faisait bon voir tous deux bien étonnés [RÉGNIER, Sat. X]
Il fait bon l'entendre là-dessus [SÉV., 135]
Il y fait bon, l'occasion est favorable.
La friponne Veut dire : il y fait bon [LA FONT., Coupe.]
Je vous avertirai quand il y fera bon [REGNARD, le Joueur, III, 6]
Il fait bon ici, on y est bien.
Vous avez peut-être dit en certains moments de plaisirs, d'excès, de fureur : il fait bon ici [MASS., Avent, Bonheur des justes.]
Il ne fait pas bon ici, on y court des dangers.
Je viens vous avertir qu'il ne fait pas bon ici pour vous [MOL., Fest. II, 8]
S. m. plur. Les bons, les gens de bien. Tous les bons, tous les hommes de bien. Les bons imposent aux méchants. Tenir compte des bons et des méchants.
Montrez-lui comme il faut régir une province, Remplir les bons d'amour et les méchants d'effroi [CORN., Cid, I, 7]
.... Sévère aux méchants et des bons le refuge [RAC., Athal. IV, 3]
S. m. Le gros bon, le petit bon, nom de deux espèces de pommes.
Tout de bon, loc. adv. Véritablement, sérieusement. Quoi ! tout de bon ? Se quereller tout de bon. Pleurer tout de bon.
L'huis s'était presque ouvert, tout de bon le guet vint [RÉGNIER, Sat. II]
Elle dit en montant sur l'échafaud : C'est donc tout de bon [SÉV., 299]
C'est tout de bon que vous devriez venir à Paris [ID., 518]
Il vit bien qu'elle lui parlait tout de bon [HAMILT., Gramm. 4]
L'histoire dit qu'il ne parlait jamais tout de bon, et son siècle l'appelle le moqueur [BALZ., Liv. VI, lettre 5]
Ainsi en bouffonnant et en alléguant les fables ils persuadent tout de bon au prince qu'il n'est point obligé à sa parole [ID., 7e Disc. sur la cour.]
Si dur que d'avoir fait out de bon le sévère [LA FONT., Court.]
Comment ! c'est tout de bon ? - Il le faut laisser faire [RACAN, Bergeries, Lucidas, II, 4]
Je ne reconnais point, pour moi, quand on se moque ; Parlez-vous tout de bon ? [MOL., Éc. des f. II, 6]
J'ai douté fort longtemps que ce fût tout de bon [ID., Tart. IV, 7]
J'entendais tout de bon que lui seul héritât [ID., l'Étour. IV, 1]
Je ne le disais pas tout de bon [PASC., Prov. 8]
Tout de bon, votre doctrine est bien commode [ID., Prov. 5]
Quelquefois en faisant semblant d'avoir compassion, elles l'ont tout de bon [PASC., dans COUSIN]
Prenez-vous tout de bon des mesures pour commencer une nouvelle vie ? [MASS., Carême, Communion.]
Vous vous disiez à vous-même que vous mettriez, tout de bon, ordre à votre conscience [ID., Carême, Samaritaine.]
Me trouvé-je plus disposé à commencer tout de bon l'ouvrage de mon salut ? [ID., Carême, Parole de Dieu.]
Tout de bon, ne pouviez-vous plus rire, après que vous eûtes descendu dans l'antre de Trophonius ? [FONTEN., Parménisque, Théocrite.]
Au lieu de tout de bon, seul consacré par le bon usage, le peuple dit pour de bon : jouons pour de bon.
Coûter bon, c'est-à-dire coûter un bon prix ; coûter cher, au propre et au figuré.
Oh ! que la complaisance que j'ai eue pour ses folies me coûte bon ! [SCARR., Rom. com. I, 13]
Il en coûta bon au père du comte de la Marck pour se faire réhabiliter à la succession de son père [SAINT-SIMON, 76, 248]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1.BON, s. m. Ajoutez :
    10° Populairement et très incorrectement. Pour de bon, sérieusement, véritablement.
  • V. Jacquemont a dit : pour le bon. Dites si ce n'est pas là de la couleur locale pour le bon, Lettres, t. I. p. 123, édit. in-12, 1841.
  • 11° Tout à bon, ancien synonyme de tout de bon.
    Tout à bon, je pense que... [Mlle DE SCUDÉRY, [1644], p. 153, édit. Rathery et Boutron, Paris 1873]

BON2

adv.
De la bonne manière, bien. Sentir bon, avoir une odeur agréable.
Tenir bon, résister, se soutenir.
Comment tenir bon Contre ce dernier adversaire ? [LA FONT., Coupe.]
Le seul Mathatias tint bon contre les autels étrangers [MASS., Vices.]
Les autres six chevaux ont tenu bon jusques ici [SÉV., 56]
Oui, partout de son nom chaque place munie Tient bon contre le vers, en détruit l'harmonie [BOILEAU, Ép. IV]
Terme de fauconnerie. Voler bon, être bien dressé ou affaité, en parlant des oiseaux de proie.
Bon ! bon ! exclamation qui exprime la surprise et, en plus, l'approbation ou le désappointement. Bon ! vous arrivez bien. Allons bon ! je me suis encore trompé. Ne parlez pas ainsi. Bon ! vous voulez m'en faire accroire.
Bon ! bon ! il a de l'argent de reste pour se tirer d'affaire [LESAGE, Turc. V, 16]

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Buona pulcella fut Eulalia [, Eulalie]
  • XIe s.
    Dist Blancardins : mout bon plait en avrez [, Ch. de Rol. VI]
    Franceis sont bon, si ferront vassalment [, ib. LXXXIII]
    Après [il] escrie : cil sont bon à confondre [, ib. CXV]
  • XIIe s.
    Une bone cité [, Ronc. p. 19]
    Ainc n'ot [il n'y eut] si buen [haume] [, ib. p. 30]
    Nos bons Franzois n'ont cure de fuïr [, ib. p. 60]
    Bon sont à vaincre, de verté le sachez [, ib. p. 70]
    Sempres sera son bon droit desrainiez [soutenu] [, ib. p. 12]
    Les deux boens pailes gentement [elle] raloua [, ib. p. 174]
    Ma seror te donai par bone volonté [, ib. p. 198]
    Mais à dame de valor, Bele et bone et acesmée [parée] [, Couci, I]
    Amer [aimer] toute la meillor Qui soit par les bons louée [, ib.]
    [Cela] Me fait ressouvenir De là où tuit mi bon desir Sont et seront jusqu'au mourir [, ib. XVIII]
    Merci [je] lui cri, qu'onc ne fis vilenie ; Car vilains fait bone amour desevrer [, ib. XXII]
    De ce [je] sui en bone atente Que je son homage [amoureux] pris [, DAME DE FAIELE, dans Couci]
    Beaus services ne sera jà peris à fin amant qui en bon lieu l'emploie [, Couci, p. 124]
    Se vous ma volonté et mon bon voulez faire [AUDEFR. LE BAST., Romancero, p. 22]
    Car s' [si] un seul jour à mon bon [je] vous avoie [avais] [, ib. p. 28]
    Puis [elle] lui a son vouloir et son bon enchargé [l'a chargé de ses intentions] [, ib. p. 33]
    [Les deux statues] Si disoient par nigromance De tout leur bon, de leur enfance [, ib. p. 59]
    Et s'eles [les dames] font, par mal conseil, folage, à lasches gens et mauvais le feront ; Car tuit li bon iront en cest voiage [croisade] [QUESNES, Romancero, p. 94]
    Nuls ne pourroit de mauvaise raison Bone chanson ne faire ne chanter [, ib. p. 100]
    On ne connoit boin servise, Tant qu'on ait autre esprouvé [AUBOINS DE SEZANNE, ib. p. 127]
    Li dux Miles le voit, ne lui fu mie bon [, Sax. VIII]
    Quant li cuens les i sut, moult lui fu bel et bon [, ib. XXII]
    Et s'il dit que jo ne li plais, prest sui, face de mei tut sun bon [, Rois, 176]
    Alsi com ce est grevalz pechiez nient estre bon entre les bons, alsi est-ce granz los estre bon entre les malz [, Job, 441]
    Cume bons est li rois d'Israel à icels chi sunt de dreit cuer [, Liber psalm. p. 95]
  • XIIIe s.
    Conquise [la reine Blanche] en a la justice romaine [la cour de Rome], Si qu'ele fait les bons pour maus [mauvais] tenir [HUES DE LA FERTÉ, Romancero, p. 184]
    Il furent bon ami sans mal et sans envie [, Berte, II]
    L'un ot nom Carloman, qui fu de bonne vie [, ib. II]
    Il fait moult bon bien faire, plus n'en puet on porter [emporter] [, ib. III]
    Fille, dist la roÿne, bon gré [je] vous en saurai [, ib. VII]
    [Il étoit] Preus et loiaus et sages et de bon escient [, ib. IX]
    Car de li [elle] honorer a chascuns bon talent [, ib.]
    Seigneur, ce dist Tybers, cist conseil est mout bons [, ib. XXIII]
    Elle ert [était] sage et courtoise et de bone maniere [, ib. X]
    De bone part [elle] lui sembla, si en a grant pitié [, ib. XLV]
    Bone gent [ils] sont et sage et de grant renommée [, ib. XLVI]
    De bon lieu [famille] [elle] est venue, par amour pensez ent [, ib. XLVII]
    [Dieu] Lui a cestui lundi envoié bone estraine [, ib. L]
    Mout souvent [elle] prie Dieu qu'il envoit bone fin [à] Celui qui.... [, ib. LV]
    Et ses filles andeus [toutes deux], Diex leur doint bon destin [, ib. LV]
    Bon se feroit garder, qui pourroit, de mesfaire [, ib. LXIX]
    Bon fust que gehesist [elle avouât] [ce] que Berte est devenue [, ib. XCI]
    Le bon roy de Hongrie, qui le poil ot chenu [, ib. CXXIII]
    Vilain, fait Renart, je n'ai cure De tes poucins, tuit soient ton ; Mès se tu veus faire mon bon, J'auré le coc que je demant [, Ren. 5332]
    Oïl, dam le Deu le vos mire ; C'est bon gré Deu et maugré vostre [, ib. 21691]
    Moult me delite en ma pensée, Et me resbaudissent li membre, Quant de mon bon tems me remembre [, la Rose, 13140]
    Ce ne di-ge pas por les bonnes [femmes], Qui sor vertus fondent lor bonnes [bornes, règles], Dont encor n'ai nules trovées, Tant les aie bien esprovées [, ib. 9950]
    Si est bon qu'on sace, quant on veut faire demande, à quel segneur on en doit traire [BEAUMANOIR, VI, 33]
    Or veons, après ce que noz avons parlé des degrés de lignage, de cix qui tiennent heritages par cause de bone foi [, ib. XX, 1]
    Ne ce n'est pas bon à soufrir que li povre paient l'aisement que li rice ont es chozes communes [, ib. XXV, 17]
    On doit croire que chascuns est bons, dusqu'à tant que li contraires est provés [, ib. VI, 29]
    Mais tous voirs [vérité] n'est pas bon à dire [, Contenance des femmes]
  • XIVe s.
    Par aventure n'est-ce pas une meisme chose estre bon home et estre bon citoien [ORESME, Eth. 145]
    Ainssin fasoit Girars, es bons prenoit exemple [, Girart de Ross. 2996]
    Avec Bertran estoit de Beaumont sire Alain, Et Jehan de Beaumont qui fu bon de la main [, Guesclin. 18352]
    Bertrans vint à Henry le riche roi de non, Les nouvelles lui dit du noble roi Charlon ; Et quant Henry le sceut, ne lui vint mie à bon [, ib. 16939]
    Ains a dit à Bertran : nous recommenceron. Je le vueil, dit Bertran, j'en ferai vostre bon [, ib. 1816]
  • XVe s.
    Si firent leur fete par trois jours des bourgeois de Nantes et de bonnes gens de là entour, au mieux qu'ils purent [FROISS., I, I, 148]
    Ainsi gist la ville d'Audenarde ; il n'y fit oncques si bon [pour la surprendre] qu'il fait maintenant [ID., II, II, 213]
    Et le meilleur et le plus bon conseil que on vous puist donner, c'est que vous fassiez bien garder vos cités et bonnes villes [ID., III, IV, 20]
    Et entendirent [les Anglois] à emplir leurs malles de tout bon et de tout bel, dont ils avoient grant foison [ID., II, II, 215]
    Si se rafreschirent, et puis s'en partirent [de la ville], quand bon leur sembla [ID., II, II, 220]
    Le bon doit amer et affecter le bon, le noble le noble, le vertueux le vertueux, par la consemblableté de mesure qui est entre eux [G. CHASTELAIN, Exposition sur vérité mal prise.]
    Rien ne m'est bon ; n'autre bien n'assaveure, Fors seulement l'attente que je meure [AL. CHARTIER, Compl. contre la mort.]
    Et se de mes biens je despens Souventeffoiz à grant largesse, Quant bon me semble, les suspens [CH. D'ORL., Bal. 90]
    C'est beau debat que de deux bons [ID., Rondeau.]
    Puisqu'il vous plait que je die de bon [tout de bon], Je le feray à vo commandement [E. DESCH., Conseils aux dames.]
    Après furent desnués et devestus grande partie des morts, et fut pris ce qu'il y avoit de bon [MONSTREL., Liv. II, ch. 20]
    Les gens d'armes firent leurs monstres au long de la dite ville, ce qui faisoit bien bon à voir [J. DE TROYES, Chron. 1465]
    Ma femme se dict mal porveue, Que je perts les byens et la veue, à force de boire du bon [BASSELIN, Vau de Vire, 38]
    Et en ce montra bien son bon sens et advis et grande bonté [, Bouciq. I, ch. 30]
    Quand le grand maistre de Rhodes vit que c'estoit à bon [, ib. II, ch. 14]
    Entre les conseilliers se trouvent tousjours largement de bons et notables personnages [COMM., I, 6]
    Pour tout ce fournir et parfaire, J'ordonne mes executeurs Ausquelz faict bon avoir affaire Et contentent bien leurs debteurs [VILLON, Gd Testam. Rond.]
    Finalement en escrivant, Ce soir seullet estant en bonne, Dictant ces laitz [chansons] et descripvant, Je ouyz la cloche de Sorbonne [ID., Petit Testam.]
    Et voudroit qu'il lui eust cousté bonne chose, et qu'il eust trouvé homme qui bien lui sust oster [LOUIS XI, Nouv. LXIV]
  • XVIe s.
    Vous ne poviez à heure venir plus opportune, nostre maistre est en ses bonnes : nous ferons tantoust bonne chiere [RAB., Pant. IV, 12]
    Je pense que il luy coustera bon, dont il se passast bien en la paourté où il est [ID., Épi. 1]
    Bonne [grande] partie de la ville [MONT., I, 27]
    Si la memoire m'eust tenu bon [si j'eusse eu bonne mémoire] [ID., I, 34]
    Une bonne peur [MONT., I, 64]
    Comme lorsqu'il va de bon [qu'on joue sérieusement] [ID., I, 108]
    Un jeune homme d'une bonne maison [ID., I, 128]
    Tenir bon à [lutter contre] [ID., 125]
    Ô le bon homme [vir probus] ! [ID., I, 142]
    Le bon homme [il parle de son père] [ID., I, 196]
    Sentir bon [MONT., I, 391]
    Elle se donnoit de bons coups de poinçon dans le bras [ID., I, 309]
    Il faict bon traduire les aucteurs comme celuy là [ID., II, 137]
    Quand on est attainct d'une bonne fiebvre [ID., IV, 67]
    Afin de leur vendre bon les plaisirs qu'ils se promettent [YVER, p. 578]
    Les collecteurs ne doivent estre tenus de faire le mauvais bon [de payer pour les contribuables insolvables] [LOYSEL, 914]
    Lucullus y renvoya encore un autre de ses lieutenans, Adrianus, avec une bonne troupe [AMYOT, Lucull. 30]
    Ilz estoient fort bons et grands amis [ID., ib. 84]
    Les deux premiers jours Caesar teint bon pour Ciceron, mais le troisieme il se laissa aller, et l'abandonna [ID., Cicéron, 58]
    La joye d'un roy en prosperité ne se cache point, ny son rire quand il est en ses bonnes [ID., De la curios. 8]
    Vous n'allastes plus connillant, ny à cachettes ; vous vous declarastes tout à bon [, Sat. Mén. p. 125]
    J'ay trouvé bon la censure de l'Escole de Medecine de Paris.... [édit. orig. les autres édit. mettent bonne] [PARÉ, XX, Préf.]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, boin ; Berry, boun, boune ; provenç. bon ; catal. bo ; espagn. bueno ; portug. bom ; ital. buono ; du latin bonus, anciennement buonus, qu'on dit être le même que fonos dans les Tables Eugubines. On remarquera, dans l'historique, le mot bon employé substantivement pour signifier ce qu'on désire ; il n'est pas sûr que ce soit l'adjectif bon détourné de son sens et de son emploi ; il se pourrait que ce fût un mot germanique : anglo-sax. bén ; ancien scand. bôn, boen ; suéd. et dan. bön, demande, prière ; anglais, boon, don, faveur.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. BON. Ajoutez :
    Bons à trois cinq, à cinq dix, etc. bons non remboursables pendant trois ou cinq ans, et remboursables, à la volonté du gouvernement, pendant les deux années pour le bon trois cinq, ou les cinq années pour le bon cinq dix, restant à courir.
    Je ne suis point du tout l'inventeur ni l'importateur en France du système américain dont il a parlé, c'est-à-dire les bons à trois cinq et les bons à cinq dix.... il s'agissait d'emprunter cinq cent millions pour pourvoir aux premières nécessités de la guerre ; ces mots un peu barbares de trois cinq et de cinq dix ne furent pas compris par le public [MAGNE, Journ. offic. 17 juin 1873, p. 3937, 3e col.]

BON3

(bon) s. m.
Autorisation de payer pour le compte de celui qui l'a signée. Bon d'un banquier. Bon de caisse. Bon sur le trésor.
Le roi crut les faire [les fonctions de surintendant] par les bons et les signatures dont Colbert l'accabla [SAINT-SIMON, 365, 71]
On met sur les billets à ordre : bon pour (la somme de....). Fig. Mettre son bon à tout, être d'une extrême facilité.
Billet qui autorise à recevoir une certaine chose ; garantie écrite. Bon de pain, bon pour une certaine quantité de pain.

ÉTYMOLOGIE

  • Bon, adj.

bon

BON, ONNE. adj. (Voir pour le comparatif MEILLEUR.) Il se dit, tant au sens physique qu'au sens moral, de Ce qui a les qualités convenables à sa nature, à sa destination, à l'emploi qu'on en doit faire, au résultat qu'on en veut obtenir, etc. Une bonne terre. De bon blé. De bon pain. Cette viande a un très bon goût. Des marchandises de bonne qualité. Ce mur est encore très bon. Ce meuble est de bon goût. De bonne musique. Un bon livre. Il n'y a rien de bon dans cet ouvrage.

Il se dit même des Choses nuisibles, mais qui sont propres à produire l'effet qu'on en attend. De bon arsenic. De bonne ciguë.

Prov. et fig., À bon vin il ne faut point d'enseigne, ou plus ordinairement, À bon vin, point d'enseigne. Voyez ENSEIGNE.

Fam., Faire bonne bouche. Voyez BOUCHE.

Trouver tout bon, S'accommoder presque également de tout. On dit de même Tout lui est bon.

Fam., Choisir une vie courte et bonne, se dit d'un Homme qui mène joyeuse vie, qui mange sa fortune et ruine sa santé.

Fam., Avoir bon temps, se donner du bon temps, prendre du bon temps, Se divertir, se récréer.

Fig. et fam., Avoir bon pied, bon oeil, Être vigoureux, se porter bien. Il ne se dit guère que d'une Personne qui commence à n'être plus jeune. Cet homme est un peu âgé, mais il a bon pied, bon oeil. Cette phrase signifie aussi Être vigilant, se tenir sur ses gardes. Il faut avoir bon pied, bon oeil avec cet homme-là. On dit quelquefois par ellipse Bon pied, bon oeil, Prenez garde à vous.

Jouer bon jeu, bon argent, Jouer sérieusement et avec obligation de payer sur-le- champ. Fig. et fam., Y aller bon jeu, bon argent, Agir tout de bon, sérieusement, sans arrière-pensée. On le dit surtout de personnes qui se battent, qui plaident, qui disputent. J'ai cru d'abord qu'ils plaisantaient, mais ils y vont bon jeu, bon argent.

Pour les expressions suivantes : Ce calcul est bon, ce compte est bon. Les bons comptes font les bons amis. C'est un homme de bon compte. Soyez de bon compte. Rendre bon compte de sa conduite. Son compte est bon. À bonnes enseignes, à bon escient. Être de bonne famille. Faire une bonne fin. Être de bonne foi. Cette nouvelle vient de bonne main. En bonnes mains. Avoir une bonne maison. Un bon mot. Savoir une chose de bonne part. Aller de bon pied dans une affaire. Une bonne plaisanterie. Avoir une bonne plume. Tenir une chose de bonne source. Un bon tour. Voyez CALCUL, COMPTE, ENSEIGNE, FAMILLE, FIN, FOI, MAIN, etc.

Elliptiq. et fam., La bailler bonne à quelqu'un, Vouloir se jouer de lui, lui en faire accroire. La lui garder bonne, Conserver du ressentiment contre lui, avec dessein de se venger dans l'occasion.

Elliptiq. et fam., Il m'en a dit de bonnes, Il m'a dit des choses singulières, extraordinaires, peu vraisemblables.

Elliptiq., Bon cela, se dit pour approuver une chose, après en avoir désapprouvé une autre.

C'est bon, ou elliptiquement Bon, se dit pour marquer approbation, satisfaction, ou pour mieux exprimer que l'on a compris, entendu. Vous lui avez remis ma lettre? c'est bon. Vous avez fait telle démarche? bon. Bon, j'entends. Bon, bon, cela suffit. On s'en sert quelquefois par antiphrase et pour se plaindre. Vous me refusez une chose si simple? c'est bon, je m'en souviendrai.

Par exclamation, Bon! exprime l'étonnement, le doute, l'incrédulité, l'insouciance. Il est parti? bon! vous voulez rire. Vous dites qu'il est fâché contre moi? bon!

BON se dit particulièrement de Ce qui est conforme à la raison, à la justice, à la morale, au devoir, à l'honnêteté. Faire un bon usage de sa fortune. La bonne cause. Le bon droit. Une bonne action. De bonnes oeuvres. Les bonnes moeurs. Avoir une bonne conduite. Cet enfant a de bonnes qualités. Être animé de bons sentiments. Il l'a fait à bonne intention. Le calme d'une bonne conscience. En récompense de ses bons et loyaux services.

Y aller à la bonne foi, tout à la bonne foi, à la bonne franquette. Voyez FOI, FRANQUETTE.

BON se dit aussi des Personnes qui excellent en quelque chose, en quelque profession. Bon marcheur. Bon nageur. Bon danseur. Bon père. Bonne mère. Bon fils. Bon mari. Bon maître. Bon juge. Bon administrateur. Bon médecin. Bon écrivain. Bon peintre. Bon musicien. Bon acteur. Bon ouvrier. On l'applique, dans une acception analogue, à certains animaux et à certaines choses. Un bon cheval de trait. Un bon chien de chasse. Cette poule est une bonne couveuse.

Bonne société, bonne compagnie, Société composée de personnes distinguées par leur éducation, leur politesse, leur bon ton. Il reçoit chez lui très bonne société. Voir la bonne société, la bonne compagnie. On dit dans un sens analogue Un homme de bonne société, de bonne compagnie.

Une bonne caution, un bon garant, etc., Une caution sûre, un garant sûr, etc. On dit de même, dans le langage commercial, Ce négociant est bon, cette maison est bonne, Ce négociant, cette maison est en état de faire honneur à ses engagements.

Fam., À bon entendeur, salut. Voyez ENTENDEUR.

Prov. et fig., À bon chat, bon rat. Voyez CHAT.

Par injure ou par plaisanterie, C'est un bon coquin, une bonne pièce, une bonne langue. On dit de même, par exclamation, La bonne pièce! la bonne langue, etc.

Faire le bon apôtre. Voyez APÔTRE.

Fig., C'est une bonne épée, une bonne lame, C'est un homme habile dans l'art de l'escrime, dans l'art d'écrire.

BON signifie aussi Qui est clément, miséricordieux, et c'est dans ce sens qu'on dit Dieu est bon. Dieu est tout bon, est souverainement bon. Aimer le bon Dieu. Prier le bon Dieu. S'il plaît au bon Dieu.

Bon ange, Ange gardien. Se recommander à son bon ange. Fig., Vous serez mon bon ange, Vous me préserverez de malheur.

Bon Dieu! se dit par exclamation pour marquer la surprise où l'on est de quelque chose. Bon Dieu! l'aurait-on jamais pu croire?

Il signifie également, en parlant des personnes, Qui est humain, qui aime à faire du bien ou Qui est indulgent, affectueux, facile à vivre. Il n'est ni bon ni méchant. Un femme bonne et charitable. Elle n'est pas jolie, mais elle est bonne. C'est une bonne personne, une bonne fille, une bonne femme. Elle est belle et bonne, aimable et bonne. Il faut être bien bon pour souffrir, pour permettre cela. Vous êtes trop bon. Ce fut un prince pieux et bon. Il est bon pour tous. Ce sont de bonnes gens. On dit de même Avoir le coeur bon. Avoir un bon coeur. Avoir un bon caractère. Être d'un bon commerce. Être de bonne composition, etc.

Bon homme se dit, par éloge, d'un Homme plein de droiture, de candeur, d'affection. C'est un homme de mérite et un très bon homme. C'est un si bon homme!

Au pluriel, il est généralement remplacé par Bonnes gens, qui signifie des Personnes qui ont de la bonté, de la simplicité. Ces bonnes gens nous ont offert tout ce qu'ils avaient.

Fig. et fam., Se montrer bon prince, Agir avec condescendance.

Fam., C'est un bon compagnon, un bon vivant, un bon enfant, un bon garçon, un bon diable, C'est un homme de bonne humeur, de bon caractère et commode à vivre.

Fig. et fam., Il est bon comme le bon pain, comme du bon pain, C'est un homme extrêmement bon et doux. On dit dans le même sens C'est une bonne pâte d'homme, c'est une bonne âme; et parfois C'est une bonne bête.

Fam., Il est bien bon de croire cela, Il faut qu'il soit bien crédule pour croire cela. Que vous êtes bon d'ajouter foi à ses paroles, de penser qu'il veut vous servir!

Ironiq., Il est bien bon, je le trouve bon de prétendre, de dire, de faire, etc., Il n'a nulle raison, il ne lui sied pas de prétendre, de dire, de faire, etc. Je vous trouve bon de venir me reprocher cette action, vous qui me l'avez conseillée.

Mon bon ami, Ma bonne amie, ou simplement Mon bon, Ma bonne, Termes d'amitié ou de bienveillance qu'on emploie surtout entre égaux, ou de supérieur à inférieur.

Bon ami et Bonne amie se disent familièrement pour Amant, maîtresse. Elle a un bon ami. Il va voir sa bonne amie.

BON, suivi des prépositions à, pour, signifie Qui est propre à. C'est un homme bon à tout, bon à employer, bon pour le conseil, bon à consulter. Je m'estime heureux de vous être bon à quelque chose. Conscrit bon pour le service. Un cheval bon pour la charrue. Une viande bonne à manger. Du vin bon à boire. Ce bois n'est bon qu'à brûler. À quoi cela est-il bon? Cela n'est bon à rien.

Fig. et fam., N'être bon ni à rôtir ni à bouillir, N'être propre à rien. Il se dit des Choses et des Personnes.

Fig. et fam., Si un autre avait dit, avait fait cela, il ne serait pas bon à jeter aux chiens, se dit pour faire entendre que ce qui a été bien reçu venant de quelqu'un aurait été très mal reçu venant d'un autre.

Prov., Ce qui est bon à prendre est bon à rendre. Manière de s'excuser d'avoir pris une chose sur laquelle on croit avoir des droits, en disant que le pis aller sera de la rendre. On dit aussi Ce qui est bon à prendre est bon à garder.

Prov., À quelque chose malheur est bon, Quelquefois une infortune nous procure des avantages que nous n'aurions pas eus sans elle.

Par mépris, Cela est bon pour les petites gens, pour les sots, etc., Cela ne peut convenir, ne peut plaire qu'aux petites gens, qu'aux sots, etc.

C'est bon à vous, à lui, etc., C'est à vous, à lui qu'il appartient, qu'il convient de faire, de dire cela. Je n'oserai jamais entreprendre cela : c'est bon à vous. Elliptiquement, Bon pour vous de vous divertir, mais pour moi, non!

Par ellipse, en termes de Typographie, Bon à tirer, Ce que l'on écrit sur une épreuve pour permettre de tirer la feuille. On en fait très souvent une espèce de nom. L'auteur n'a pas encore donné son bon à tirer. Mettre le bon à tirer.

En termes de Commerce, Bon pour telle somme, Formule qu'on met au bas de certains effets de commerce pour rappeler la somme mentionnée dans le corps de l'écrit. Bon pour cinq cents francs, pour mille francs. On écrit, dans un sens analogue, sur certains billets d'entrée, Bon pour une personne, pour deux personnes, etc.

Il signifie encore Qui est avantageux, favorable, utile, convenable. Cela est de bon augure. Cela ne présage rien de bon. De bonnes nouvelles. Jouir d'une bonne réputation. Le temps est bon pour semer, pour planter. L'occasion est bonne. Vous arrivez au bon moment. Avoir bon vent. Prendre la bonne route. C'est un bon métier, un bon commerce. C'est une bonne affaire pour vous. J'ai eu ce livre à bon marché. Si j'agis ainsi, je vous prie de le trouver bon. Trouvez bon que je me retire. À quoi bon le lui dire? À quoi bon?

Il s'applique, dans une acception analogue, à l'humeur, à la disposition d'esprit, aux manières d'une personne. Être en bonne humeur, de bonne humeur. Il faut profiter de ses bonnes dispositions, de ses bonnes intentions pour vous. J'ai bonne opinion de cet homme-là. Il l'a fait de bonne volonté, de bon gré, de son bon gré, de bon coeur. Il s'y est prêté de bonne grâce. Être dans les bonnes grâces, obtenir, posséder les bonnes grâces de quelqu'un. Faire bon visage à quelqu'un, lui faire bonne mine, bon accueil.

Bon plaisir. Voyez PLAISIR.

Prov. et fig., Faire bonne mine à mauvais jeu, Dissimuler adroitement et cacher le mécontentement qu'on éprouve ou le mauvais état où l'on est.

Fig. et fam., Faire contre mauvaise fortune, contre fortune bon coeur, S'armer de constance dans le malheur. On dit dans un sens analogue Faire bonne contenance devant l'ennemi.

Faire quelque chose de bonne grâce, avoir bonne grâce à le faire. Voyez GRÂCE.

Interpréter, expliquer, prendre quelque chose en bonne part. Ce mot se prend en bonne part. Voyez PART.

Sur Bonne aventure. Bonne fortune. Bonne feuille. Bonne année. Bon an, mal an. Voyez AVENTURE, FORTUNE, FEUILLE, ANNÉE, AN.

La journée, la nuit de ce malade a été bonne, Il l'a bien passée.

Donner, souhaiter le bon jour, le bon soir à quelqu'un, Le saluer en lui disant Bon jour ou Bon soir, en lui souhaitant une heureuse journée, etc. : dans ces phrases, Bon jour et Bon soir s'écrivent en un seul mot. On dit de même Souhaiter une bonne nuit, un bon voyage. Souhaiter la bonne année à quelqu'un, etc. Voyez NUIT, VOYAGE, ANNÉE, AN.

Adverbialement, De bonne heure. De bon matin. Voyez HEURE, MATIN.

Bon pied. Voyez PIED.

Il signifie aussi Qui est grand, considérable dans son genre, et qui sert à donner plus de valeur et d'énergie aux noms avec lesquels il se joint. Il y a une bonne lieue d'ici là. Marcher d'un bon pas. Il gagne de bonnes journées. Il a fait de bons profits. Il a un fort bon revenu. Nous aurons une bonne récolte. Ayez bon espoir, bon courage. Donner un bon soufflet. Infliger une bonne correction. Avoir une bonne fièvre.

Une bonne pluie, une bonne gelée, Une pluie abondante, une forte gelée, dont l'effet est favorable aux productions de la terre.

Fam., Une bonne fois, Nettement, catégoriquement, de manière à n'y plus revenir. Au lieu de le bouder, dites-lui une bonne fois ce que vous avez contre lui.

Fig., Tout cela est bel et bon. Voyez BEAU.

Il se dit encore comme nom masculin de Ce qui est bon. Le beau et le bon. Le bon et l'honnête.

Il signifie particulièrement Bonnes qualités, ce qu'il y a de bon dans la personne ou dans la chose dont il s'agit. C'est un homme qui a du bon et du mauvais. Un fils qui n'a pris de son père que le bon. Faire l'extrait d'un livre et en tirer tout le bon, en prendre tout le bon.

Prov., Aux derniers les bons, Ce qui reste de quelque chose après que les autres ont choisi est souvent le meilleur.

Il signifie aussi Ce qu'il y a d'avantageux, d'important, de principal en quelque chose. Le bon de l'affaire est que...

Le bon de l'histoire, le bon du conte, Ce qu'il y a de plaisant dans un conte, dans une histoire. Le bon de l'histoire est qu'il ne s'aperçut de rien.

Avoir du bon dans une affaire, dans un traité, Y trouver du gain, du profit.

Il se dit encore comme nom, surtout au pluriel, des Gens de bien : on l'oppose souvent à Méchants. Récompenser les bons et punir les méchants.

BON s'emploie aussi adverbialement dans diverses phrases. Sentir bon, Avoir une odeur agréable. Tenir bon, Résister avec fermeté. Coûter bon, Coûter extrêmement cher.

Il fait bon marcher, se promener, courir, etc., Le temps est favorable à la marche, à la promenade, etc. On dit quelquefois absolument Il fait bon, La température est douce, agréable. Il fait très bon aujourd'hui.

Fig., Il fait bon dans cet endroit, On y est agréablement et à son aise. Il fait bon sous ce berceau pendant la chaleur du jour. Dans le sens contraire, Il n'y fait pas bon, On y est désagréablement, on y est exposé à quelque chose de fâcheux, à quelque danger. J'étais à cette bataille, il n'y faisait pas bon.

Fam., Il ne fait pas bon avoir affaire à cet homme, Il y a des désagréments, des dangers à craindre pour ceux qui ont affaire à lui. On dit dans un sens analogue, Il ne fait pas bon s'y frotter.

Prov., Il fait bon vivre, on apprend toujours, Les plus habiles, les plus expérimentés ont encore quelque chose à apprendre.

TOUT DE BON, loc. adv. Sérieusement. Jusqu'ici, il ne faisait que plaisanter, mais pour cette fois il a menacé tout de bon.

bon

BON. n. m. Ordre, autorisation par écrit adressée à un fournisseur, à un caissier, à un correspondant, à un employé, de fournir ou de payer pour le compte de celui qui l'a signée. Bon sur le Trésor. Bons du Trésor. Bon de caisse. Bon sur la poste. Bon de poste. Un bon de mille francs. Distribuer des bons aux indigents pour du pain, pour du bois, pour des médicaments, etc. Signer un bon.

En termes de Typographie, Bon à tirer. Voyez BON, adjectif.

bon

Bon, m. Se rapporte tantost aux moeurs et conditions de l'homme, et selon ce on dit, Voila un bon homme, Eccum tibi virum probum, et tantost à la robusteté, vaillance et force du corps, selon ce on dit, Il est bon chevalier, bon homme d'armes, c'est à dire, vaillant et hardy. Et une bonne robe, un bon soulier, c'est à dire, de bonne et durable estoffe, et ainsi d'autres choses. Mais en pluriel Bons, se prenoit anciennement pour ce qu'on dit preud'hommes. Ainsi en plusieurs lettres passées en l'an 1200. se trouvent ces manieres de parler, au dire et estimation des bons. Et, de chasque partie a esté esleu un bon. Et, eu sur ce l'advis des bons du pays, c'est à dire, preud'hommes. Les Rois d'Espagne és addresses de leurs lettres patentes, nomment los hombres buenos, mais ils entendent par là, les opulents du pays. La raison de la signification ancienne dudit mot François peut despendre de ce que ces mots vir bonus importent envers les Latins, comme Ciceron le descrit au troisiesme livre des offices, et de l'amitié.

Fort bon, Perbonus, Perbellus.

¶ Trouver bon ce qu'on fait, Sibi plaudere, vel applaudere.

Chose qui est trouvée bonne du commun, Plausibilis res.

Faire trouver bon, Probare alicui. B.

Vivre comme les bons, Instituto bonorum viuere.

¶ Tenir bon, Estre ferme et constant, Firmum stare, Substare.

Faire bon de quelque chose, Fidem suam interponere.

Il luy a baillé bonne, Plagam homini inflixit grauem, vel Homini mulctam inflixit grauem.

¶ Sentir bon, Recte olere.

Bonne, f. penac. Se prend és mesmes deux sortes que Bon, voyez Bon.

bon


BON, BONNE ou BONE, adj. En parlant des chôses. 1°. Qui a toutes les qualités convenables à sa natûre: de bon vin, de bonne eau, de bon blé, etc. = 2°. Il a diverses autres significations: il se dit pour excellent; ces vers sont fort bons; pour vigoureux, une bone preuve, un bon coup de poing; pour utile ou nécessaire; cela n'est bon à rien: il eut été bon de le faire; pour grand, excessif; une bonne lieûe, une bonne heure, etc. = 3°. En parlant des persones, qui excelle en quelque chôse, en quelque profession. Bon Général, bon Capitaine, bon Soldat; bon Juge, bon Poète, bon Peintre, etc. etc. = 4°. Indulgent, humain, facile et comode à vivre. Il faut être bien bon pour soufrir cela: "Il est d'un bon comerce. — Remarquez que quand il est joint à homme ou à femme, il se prend, dans le discours familier, en bone ou en mauvaise part, selon le ton qu'on lui done; et aussi, suivant qu' il précède ou qu'il suit. Un bon homme, une bonne femme, signifie le plus souvent un homme et une femme de peu d'esprit. Un homme bon et compâtissant; une femme bone et charitable, est toujours un éloge; avec fort, très, bien, il précède en bone part: un fort bon homme, une très-bonne ou bien bone femme.
   Bon Seigneur, signifie, en conversation et en style simple, un petit génie; et alors, Seigneur ne se dit qu'au figuré. Bouh. On dit de même, suivant le Dict. de l'Acad., un bon Prince, une bonne Princesse. "C'est un bon Prince que cet homme-là: c' est une bonne Princesse que cette femme-là.
   BON, se dit aussi en contre-sens: bon Apôtre, bone pièce, bon coquin, bon drôle. Dans bon diable, bon enfant, il signifie complaisant, acomodant.
   Rem. 1°. Le comparatif de bon, est meilleur, et non pas plus bon: son superlatif est très-bon et le meilleur, et non pas le plus bon, comme dit le peuple. "Maman, c'est donc la plus bonne qu'on va couroner. Th. d' éduc. La Rosière.
   2°. BON, quand il est seul, se met toujours devant le substantif: un bon homme, de bon vin; et non pas un homme bon, du vin bon, etc. Mais quand il est accompagné de quelqu'autre adjectif, ou joint à quelque adverbe, on peut, assez ordinairement, le mettre après: un homme bon et complaisant; du vin fort bon, très-bon, bien bon, extrêmement bon, etc.
   3°. Être bon à, et être bon envers, ont des sens diférens. Le premier veut dire être utile; le second, signifie être plein de bonté. Marivaux a mis l'un pour l'aûtre: "Pourquoi m'avez-vous été si bonne? Il veut dire, pourquoi avez-vous eu tant de bonté pour moi? Mais, vous m'avez été bonne, signifie, vous m'avez été utile. Ainsi, l'on dit tous les jours: je voudrais vous être bon à quelque chôse. — Être bon à.... se dit sur-tout des chôses. À~ quoi cela est-il bon? Cela sera bon à beaucoup de chôses; à faire un habit, etc.
   4°. BON, avec le verbe être, régit à ou de, suivant que ce verbe est impersonel ou non. On dira d'un homme: il est bon à entendre; il est bon de l'entendre. Ces deux manières ne sont pas indiférentes; car, dans la première, bon signifie agréable; et dans la seconde, convenable.
   BON, adv. Sentir bon. Coûter bon, coûter extrêmement cher. Tenir bon; être ferme. Allez voir mon oncle; tenez bon, et soyez sûr que nous serons heureux. Marm.Revenant bon; au pluriel, revenans bon, et non pas bons, parce que bon étant là adverbe, est indéclinable.
   Tout de bon; sérieusement. "Un Turc, voyant des tournois du temps de Charles VII, dit que si c'était tout de bon, c'était trop peu; et que si c'était par jeu, c'était trop. Le Gendre.
   C'en est trop, si c'est badinage,
   Et trop peu, si c'est tout de bon.       Vaudeville.
Tout de bon! À~ la tête de la phrâse est interjection. "Tout de bon! vous ne pouviez pas vivre? c. à. d. Est-il vrai que vous ne pouviez pas vivre? — Dans le cours de la phrâse, il est adverbe, et signifie réellement. "Elle prit tout de bon du goût pour moi.
   BON, s. m. Le bon et le mauvais; le bon de l'afaire, etc.
   Rem. BON, adjectif, entre dans plusieurs expressions du style familier. — Faire bonne mine à mauvais jeu, et contre fortune bon coeur, cacher ses déplaisirs et s'armer de constance. — Avoir bon pied, bon oeil; être alerte et vigoureux. — Mettre quelqu'un sur le bon pied; le bien établir, ou bien, l'acoutumer à obéir, lui faire prendre bon pli. — Parler bon Français; s'expliquer avec franchise et sans déguisement. — Si je faisais cela, je ne serais pas bon à donner aux chiens; on me lapiderait; j'exciterais l'indignation publique. — On dit, de celui qui n'est bon à rien, qu'il n'est bon qu'à noyer; qu'il n'est bon ni à rotir, ni à bouillir, etc. Voy. CHAT, COMPTE, MALHEUR, MEILLEUR.

Synonymes et Contraires

bon

adjectif bon
1.  Qui a les qualités pour.
6.  Qui marque un degré important.
8.  Familier. Qui est naïf.
bonasse, bonhomme, brave, gentil -familier: chic -littéraire: débonnaire, paterne.
-familier: sale.
Traductions

bon

(bɔ̃)

bonne

(bɔn)
adjectif
1. qui convient, qui est bien une bonne idée être bon pour la santé
2. réussi, agréable Le repas était très bon. de bonnes vacances Bon anniversaire ! Bonne année !
3. généreux, gentil être bon avec qqn faire une bonne action
4. qui fait bien qqch un bon médecin être bon en dessin
5. ça suffit !
6. indique l'intensité, la quantité trois bons kilomètres
7. réellement Il est parti pour de bon.

bon


adverbe
1. avoir une odeur agréable
2. la température est agréable

bon


nom masculin
1. personne généreuse, gentille les bons contre les méchants
2. avoir des avantages

bon

gut, gütig, Gutschein, ausgezeichnetgood, nice, okay, right, fine, coupon, good-for-nothing, no good, sound, Bn, good guy, kind, voucher, warrantgoed, okee, bon, (het) goede, afgesproken!, bewijs, goed mens, nou, nu, mooiאנושי (ת), טוב (ת), ערב לחך, שובר (ז), תלוש (ז), טוֹב, אֱנוֹשִׁי, תְּלוּשׁ, שׁוֹבֵרgaaf, goedbodobrý, hodný, pěknýgod, finαγαθός, καλός, γερός, καλό, περίφημοςbonabuenohyvä, hienobagus, baik, bajikgóðurbuono, bello, bravo良い, いい, うまい, 見事な좋다, 잘 하는, 좋은bonusgod, bra, fin, flinkdobry, świetnybom, agradávelbunдобрый, хороший, хорощий, мастерский, очень хорошийbra, god-ema, -zuriiyi, güzel, 优良的, 好的, 擅长的جَيِّد, مَاهِر, مـُمْتَازdobar, lijepเก่ง, ดีgiỏi, tốt (bɔ̃)
nom masculin
papier qu'on échange contre qqch un bon de commande

bon

[bɔ̃, bɔn]
adj
[repas, restaurant] → good
un bon repas → a good meal
un bon restaurant → a good restaurant
Le tabac n'est pas bon pour la santé → Smoking isn't good for your health.
(dans une matière)good
être bon en maths → to be good at maths
(= correct) → right
le bon numéro → the right number
le bon moment → the right moment
Il est arrivé au bon moment → He arrived at the right moment.
Ce n'est pas la bonne réponse → That's not the right answer.
avoir tout bon (= faire un sans faute) → to get everything right
(= bienveillant, généreux) → kind
être bon envers → to be good to, to be kind to
vous êtes trop bon → you're too kind
(= valable, utilisable) être bon [ticket] → to be valid; [lait, yaourt] → OK to eat, OK
Est-ce que ce yaourt est encore bon? → Is this yoghurt still OK to eat?, Is this yoghurt still OK?
(= approprié) bon pour → fit for
bon à jeter → fit for the bin
C'est bon à savoir → That's good to know.
à quoi bon? → what's the point?, what's the use?
à quoi bon faire ...? → what's the point of doing ...?, what's the use of doing ...?
(formules de souhaits) bon anniversaire → happy birthday
bon courage → good luck
bon séjour → enjoy your stay
bon voyage → have a good trip
bon week-end → have a good weekend, have a nice weekend
bonne année → happy New Year
bonne chance → good luck
bonne fête → happy holiday
bonne nuit → good night
bonne journée! → have a nice day!
(intensif)
Ça m'a pris 2 bonnes heures → It took me a good 2 hours.
un bon nombre de → a good number of
(autres locutions) de bonne heure → early
pour faire bon poids ... → for good measure ...
nm
(= billet) → voucher
un bon d'achat → a voucher
un bon cadeau → a gift voucher
avoir du bon → to have its good points
Il y a du bon dans ce qu'il dit → There's some sense in what he says.
nm/f
C'est le bon → It's the right one.
C'est la bonne → It's the right one.
adv
il fait bon → it's nice, The weather is nice.
Il fait bon aujourd'hui → It's nice today.
sentir bon → to smell good, to smell nice
tenir bon → to stand firm
juger bon de faire ... → to think fit to do ...
pour de bon → for good
Cette fois, c'est pour de bon → This time it's for good.
excl → right!, good!
ah bon? → really?
Je pars aux États-Unis la semaine prochaine. - Ah bon? → I'm going to the States next week. - Really?
J'aimerais vraiment que tu viennes! - Bon, d'accord → I'd really like you to come! - OK then, I will.
Bon, je reste → Right, I'll stay.
voir aussi bonne
bon à rien nm/fgood-for-nothing