bouché

bouché, e

adj.
1. Fermé par un obstacle : Une baignoire bouchée par des cheveux engorgé, obstrué
2. Fam. Qui comprend lentement, qui manque de finesse : Il est bouché, il n'a pas encore compris borné, obtus
Cidre bouché,
cidre conservé en bouteilles fermées d'un bouchon de liège.
Ciel, temps bouché,
ciel, temps couvert, sans visibilité.

bouche

BOUCHE. n. f. Orifice du visage de l'homme considéré comme organe de la respiration par où sort la voix et par où se reçoivent les aliments. Ouvrir, fermer la bouche. Le sang lui sortait par le nez et par la bouche. Se rincer la bouche. Avoir du mal dans la bouche. Avoir la bouche saine. Il sent mauvais de la bouche. Il a toujours la pipe à la bouche.

Il se dit particulièrement de Cet orifice considéré comme organe de la voix et de la parole. On recueillait jusqu'aux moindres paroles qui sortaient de sa bouche. Dieu a parlé par la bouche de ses Prophètes. La vérité sort de la bouche des enfants. Je l'ai appris de sa propre bouche. Il n'ouvrit pas la bouche de toute la soirée. Il n'osait ouvrir la bouche devant eux. Rester bouche close. Son coeur n'était point d'accord avec sa bouche. Les discours qu'un poète met dans la bouche de son héros.

Fig., Fermer la bouche à quelqu'un, Le faire taire d'autorité ou le réduire à ne savoir que répondre. Je ne souffrirai point qu'il s'oublie devant moi et je lui fermerai la bouche. Cette raison, cet argument lui ferma la bouche. On dit aussi Le respect me ferme la bouche, Le respect m'interdit de répondre, de parler.

Être, demeurer bouche béante, Être, rester étonné, très attentif, etc. Ils l'écoutaient tous la bouche béante, bouche béante. On dit maintenant Rester bouche bée.

Avoir toujours quelque chose à la bouche. Le répéter, l'employer continuellement. C'est un mot qu'il a toujours à la bouche. Avoir sans cesse l'injure à la bouche.

Elliptiq., Bouche close, Locution par laquelle on avertit qu'il faut garder le secret sur l'affaire dont il s'agit. On dit de même, figurément et familièrement, Bouche cousue.

Aller, passer, etc., de bouche en bouche, se dit de Ce qui devient public, de ce qui court et se transmet d'une personne à une autre par le moyen de la parole. Cette nouvelle va de bouche en bouche. Son nom volait de bouche en bouche. On dit à peu près de même Cette nouvelle est dans toutes les bouches. Son nom est dans toutes les bouches, etc.

Poétiq., La déesse aux cent bouches, La Renommée.

Fam., C'est saint Jean bouche d'or, un saint Jean bouche d'or, C'est un homme qui dit toujours sa pensée avec franchise et sans ménagement.

Il se dit aussi de cet Orifice considéré particulièrement comme destiné à recevoir et à goûter les aliments. Avoir la bouche pleine. Porter quelque chose à sa bouche. Mettre un morceau de pain, un morceau de viande dans sa bouche. Cela laisse à la bouche un goût fort agréable. Provisions, munitions de bouche.

Fam., À bouche que veux-tu, Avec profusion, en n'épargnant rien.

Avoir la bouche amère, sèche, mauvaise, pâteuse, etc., Y éprouver une sensation d'amertume, de sécheresse, etc. On dit de même Cela rend la bouche amère, pâteuse, etc.

Faire bonne bouche se dit de Ce qui laisse un bon goût à la bouche. Cette liqueur fait bonne bouche.

Fam., Laisser quelqu'un sur la bonne bouche, Terminer le repas qu'on lui donne par quelque chose d'exquis, et, figurément, Le laisser avec quelque espérance flatteuse ou avec quelque pensée agréable.

Fig., Rester, demeurer sur la bonne bouche, Cesser de manger ou de boire, après qu'on a bu ou mangé quelque chose qui flatte le goût. Il signifie, dans un emploi plus figuré, S'arrêter après quelque chose d'agréable, dans la crainte d'un changement, d'un retour fâcheux.

Fam., Garder quelque chose pour la bonne bouche, Réserver pour la fin quelque chose de très bon, d'agréable. Il se dit au propre et au figuré. Ironiquement, Il la lui gardait pour la bonne bouche, se dit de Celui qui, après avoir fait plusieurs mauvais tours à quelqu'un, lui en fait un dernier plus sanglant que les autres.

Prov., L'eau vient à la bouche; cela fait venir l'eau à la bouche, se dit d'une Chose agréable au goût et dont l'idée excite l'appétit quand on en parle ou qu'on en entend parler. Cela se dit aussi figurément de Tout ce qui peut exciter les désirs. Ce que vous avez dit sur les avantages de cette entreprise lui a fait venir l'eau à la bouche.

Fig., Prendre sur sa bouche, Épargner sur la dépense de sa nourriture. Il prend sur sa bouche les charités qu'il fait.

Fig. et fam., S'ôter les morceaux de la bouche, Se priver du nécessaire pour secourir ou obliger quelqu'un.

Fig. et pop., Être sur sa bouche, être porté sur sa bouche, Être gourmand.

La dépense de bouche, La dépense qu'on fait pour la nourriture.

Les officiers de la bouche, ou absolument La bouche, s'est dit des Officiers qui apprêtaient à manger pour le roi. On a dit dans un sens analogue Le service de la bouche. Les offices mêmes où l'on apprêtait à manger pour le roi s'appelaient également La bouche.

Il se dit aussi des Personnes mêmes, par rapport à la nourriture qu'elles consomment. Il a tous les jours dix bouches à nourrir. Les vivres commençant à manquer dans la place, on en fit sortir toutes les bouches inutiles, Toutes les personnes qui consommaient une partie des vivres sans être capables de contribuer à la défense.

Il désigne quelquefois la Conformation ou la Partie extérieure de la bouche. Avoir une grande bouche, une jolie bouche. Baiser à la bouche, sur la bouche. Sa bouche me souriait. Les coins de la bouche.

Fig., Faire la petite bouche, Faire le difficile, le dégoûté, le dédaigneux sur quelque chose.

Fam., Faire la bouche en coeur, Donner à sa bouche une forme mignarde, affectée. Il signifie figurément Manifester une amabilité extrême et affectée.

Il se dit encore en parlant des Chevaux et de quelques autres bêtes de somme et d'attelage. La bouche d'un cheval, d'un mulet, d'un âne.

Ce cheval est fort en bouche, il n'a point de bouche, Il n'obéit point au mors; et Il n'a ni bouche, ni éperon, Il est fort en bouche et dur à l'éperon.

Il se dit aussi en parlant de Certains poissons, des grenouilles et de certains autres animaux, etc. Bouche de saumon, de carpe.

Il se dit, par analogie, de Plusieurs sortes d'ouvertures. La bouche d'un volcan, d'un four, d'un tuyau, d'un puits, d'un égout, etc. La bouche d'un canon, d'un mortier.

Bouche à feu est le terme générique par lequel on désigne les Canons, mortiers, obusiers, etc. Il y avait tant de bouches à feu.

Bouche de chaleur, Ouverture pratiquée sur les côtés d'une cheminée, d'un poêle ou sur le parcours d'un calorifère, pour donner passage à l'air chaud.

Bouche d'eau, Bouche d'arrosage, Ouverture pratiquée dans une conduite d'eau et à laquelle on peut adapter un appareil d'arrosage.

Bouche d'incendie, Ouverture pratiquée dans une conduite d'eau pour servir à l'alimentation des pompes ou des tuyaux en cas d'incendie.

Il se dit encore, surtout au pluriel, des Embouchures par où de grands fleuves se déchargent dans la mer. Les bouches du Nil. Les bouches du Danube. Les bouches du Gange. Le département des Bouches-du-Rhône.

bouche

Bouche, Bucca, Os. L'Italien dit aussi Bocca, et l'Espagnol Boca.

La bouche d'une riviere, les lieux où les rivieres se rendent en la mer, Ostia, ostiorum.

Qui a trois bouches, Trifaux.

Bouche mesdisante, Improbum os.

Je n'ay non plus bouche de vilain que vous, Non minus ingenua est et mihi gula.

Avoir bouche à cour, c'est estre desfrayé de boire et manger, Ius rectae coenae habere, Ius contubernij in praetorio habere. B.

Avoir quelque chose souvent en la bouche, Vsurpare.

Clorre la bouche d'aucun en luy baillant argent pour ne dire mot, Astringere linguam mercede.

Clos luy la bouche, Os illi opprime.

Dire de bouche, Nuncupare, Pronuntiare.

Chanter ou dire de la bouche, Incinere.

Estre sur sa bouche, Duci ventre.

Homme qui a la bouche fort fendue, Homo sparso ore.

Par ce mot il m'a fermé la bouche, Responsiones omnes hoc verbo eripuit.

Moderer sa bouche, Gulae temperare.

Ouvrir la bouche, Diducere rictum.

Il n'y avoit personne qui osast pas seulement ouvrir la bouche, Ne hiscere quidem quisquam audebat.

Il ne faisoit point la petite bouche, Aperte ferebat. Bud. ex Liuio.

Ce sera pour faire bonne bouche, Hoc ferculum claudet conuiuium. B. ex Martiale.

Ouverture de la bouche, Hiatus.

Qui a grand bouche, Bucculentus. Plaut.

L'ouverture de la bouche, quand on rit, Rictus.

Tordre la bouche, comme fait une personne courroucée, Ringere, vel Ringi, deponens. Os distorquere.

¶ La bouche et les mains, en matiere de devoirs deus au Seigneur Feudal par le vassal, c'est la foy et hommage, sans payement d'aucuns droits et profits de fief. Selon ce on dit, Le fils donataire de ses pere, ou ayeul, mere ou ayeule, ne devoir au Seigneur Feudal que la bouche et les mains du fief à luy donné en advancement d'hoirie, Nuda fidei clientelaris professio. Et est cela dit ainsi, par ce que le vassal faisant son hommage, estant à genoux, et nuë teste devant son Seigneur de fief, met ses mains jointes entre celles de son-dit Seigneur, qui anciennement le baisoit à la bouche, et à present pour la pluspart le baise à la jouë, ou bien de ce, quant à la bouche, que ledit vassal ainsi estant, prononce de sa bouche tels mots, Je deviens vostre homme et vassal, à cause d'un tel fief que j'advoüe tenir de vous à foy et hommage. Ou bien, J'advoüe estre vostre homme et vassal, ou tenir de vous à foy et hommage tel fief, à cause de tel vostre fief, et autres clauses usitées en tel cas.

¶ Quand on a la bouche eslevée, Exulceratio oris.

¶ Cheval qui est fort en bouche, Tenax equus.

¶ Les bouches de la playe, Orae vulneris.

bouche

Petite bouche, Buccella.

bouche


BOUCHE, s. f. [Bou-che, 2e e muet.] 1°. Cette partie du visage de l'homme par où sort la voix, et par où se reçoivent les alimens. Grande bouche, petite bouche; ouvrir la bouche, fermer la bouche, etc. = 2°. Il se dit par raport à l'organe du goût. Cet aliment rend la bouche amère, pâteuse, mauvaise, sèche, etc. = 3°. Il se dit des persones mêmes, par raport à la nourritûre. "Il a vingt bouches à nourrir. "On a fait sortir de cette place, menacée d'un siège, toutes les bouches inutiles. = 4°. Il se dit des chevaux et de quelques aûtres bêtes de somme ou de voitûre. Cheval qui a la bouche bone, fine, tendre, délicate; mauvaise, forte, égarée; qui est fort en bouche, qui n'a point de bouche, etc. = 5°. Pièce d'artillerie, bouches à feu, canons et mortiers; la bouche du canon, l'ouvertûre par où sort le boulet. = 6°. Bouches, embouchûre des fleuves. Les bouches du Danube, du Nil, du Gange.
   Ce mot entre dans plusieurs expressions du style familier. Fermer la bouche à quelqu'un; lui imposer silence, le convaincre de manière qu'il ne puisse répliquer. — Bouche cousûe, ou bouche clôse! N'en parlez pas. "Chut: bouche clôse, voilà Mde. Durocher. Th. d'Educ. Ne pouvoir faire ouvrir la bouche à quelqu'un, ne pouvoir le faire parler — Avoir bouche à cour, c'est être nourri chez un Prince, et par extension, chez un particulier. — Prendre sur sa bouche, vivre avec épargne. — Faire venir l'eau à la bouche, exciter dans les aûtres l'envie de quelque chôse en la louant, ou simplement en la racontant. "Pour la description du dîné... l'eau en est venûë à la bouche de M. de... du Chev. et de nous aussi. Sév. Il me semble qu'il faut dire, en est venuë à la bouche à, et non pas de, etc. — Traiter quelqu'un à bouche que veux-tu; le régaler splendidement. — Faire la petite bouche, se dit, au propre, de ceux qui serrent les lèvres, pour paraître avoir une petite bouche. Il a soin de rire, pour montrer ses dents: Il fait la petite bouche. La Bruy. Au figuré, c'est ne pas parler d'une chôse, ou en faire le dégoûté, quoiqu'on en ait grande envie. — Laisser sur la bone bouche; se taire après un trait intéressant. * Leibnitz change cette expression, en l'employant d'une manière qui est contre l'usage. "En nous donant des remarques sur les traités que contiènent ces deux volumes, il finira aparemment par la bone bouche. Ce n'est pas par la bone bouche que l'on finit, mais par ce qui laisse sur la bone bouche.
   * À~ pleine bouche, est une expression suranée. Bossuet l'employait volontiers. "Jurieu reconoît à pleine bouche que, etc. Boss. "Cette lettre sur l'incrédulité sent à pleine bouche quelqu'un des bons Auteurs, qui ont écrit sur la Religion.
   * Un Auteur moderne a dit, que la Chananée pour prendre J. C. par sa propre bouche, lui représenta que les chiens mangeoient, au moins, les miettes qui tomboient de la table de leurs maîtres. — On ne prend point une persone par sa bouche, mais par ses paroles. Wailly.
   Par allusion aux chevaux, on dit d'un homme, qu'il est fort en bouche (ou en gueule) pour dire, qu'il parle avec beaucoup de véhémence et de hardiesse; qu'il n'a ni bouche, ni éperon; qu'il n'a ni parole; ni esprit; qu'il est stupide, insensible, et ne s'émeut de rien.
   DE BOUCHE, adv. De vive voix. Il vaut mieux consulter de bouche que par écrit. D'Abl. Tacite.

bouché


BOUCHÉ, ÉE; adj. [2e é fer. et long, au 2d.] Il se dit au propre et au figuré: ventre bouché. — Esprit bouché; qui a l'intelligence dure.

Synonymes et Contraires

bouché

Traductions

bouché


bouchée

blocked, stuckאטום (ת), מבוקבק (ת), סתום (ת), פקוק (ת), סָתוּם, אָטוּםverstopt, bekrompen, betrokken, bewolkt, dichtgestopt, dom, geslotenoccluso (buʃe)
adjectif
bloqué, fermé L'évier est bouché. avoir le nez bouché

bouché

[buʃe] adj
[tuyau, conduit] → blocked
avoir le nez bouché → to have a blocked nose
J'ai le nez bouché → My nose is blocked.
[flacon] → stoppered
[trompette] → muted
[temps, ciel] → overcast
[carrière] → blocked
(péjoratif) [personne] → dense, thick
bouche-à-bouche [buʃabuʃ] nmmouth-to-mouth resuscitation
faire du bouche-à-bouche à qn → to give sb mouth-to-mouth resuscitation, to give sb the kiss of life (Grande-Bretagne)
bouche d'aération nfair vent
bouche de chaleur nfhot air vent
bouche d'égout nfmanhole
bouche de métro nf (à Paris) → métro entrance; (ailleurs)underground entrance (Grande-Bretagne), subway entrance (USA)
bouche d'incendie nffire hydrant