boucon

BOUCON

(bou-kon) s. m.
Mets ou breuvage empoisonné. Donner le boucon à quelqu'un, l'empoisonner.
D'Effiat se détourne, va à l'armoire, l'ouvre, jette son boucon, puis, entendant quelqu'un, s'arme de l'autre pot d'eau commune [SAINT-SIMON, 94, 245]
Ce mot a vieilli.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Or ces villains, pour loyer de leurs gestes, Baillent boucons, ou leur couppent les testes [J. MAROT, V, 70]
    Voudroit-il bien à bailleurs de bouccons Donner lui-mesme à garder ses flaccons ? [MAROT, II, 318]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. bocon, morceau ; ital. boccone, bouchée ; de bocca, bouche (voy. BOUCHE).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • BOUCON. - ÉTYM. Ajoutez : Le sens propre de boucon est bouchée, morceau, sans aucune signification malfaisante. La signification malfaisante est venue par une spécialisation semblable à celle qui, de poison, boisson (lat. potionem), a fait poison, substance délétère. Aussi trouve-t-on boucon au sens de morceau et même de morceau préféré dans cet exemple de Brantôme : Il [François 1er] ne s'y arresta pas tant qu'il n'en aymast d'autres ; mais celle là estoit son principal boucon, Henri II.

boucon

BOUCON. s. m. T. emprunté de l'italien. Mets ou breuvage empoisonné. Donner le boucon à quelqu'un, L'empoisonner. Prendre, avaler le boucon. Il est vieux et bas.

boucon

Boucon, Venenum, Toxicum.

Empoisonner et bailler boucons, Spargere venena, Miscere toxicum.

Bailleur de boucon et empoisonneur, Veneficus, Venenarius.

boucon


BOUCON, s. m. Terme pris de l'Italien. Morceau. Il ne se dit que du poison. Doner le boucon; Empoisoner; st. famil.