boueux, euse

BOUEUX, EUSE

(bou-eû, eû-z') adj.
Plein de boue. Un chemin boueux.
Ce funeste lac dont les eaux nous sont représentées si noires et si boueuses [BALZ., le Prince, Av. propos.]
Le juste ici-bas ressemble à ce feu sacré que les Juifs retrouvèrent caché dans les entrailles de la terre ; il ne leur parut d'abord, dit l'Écriture, qu'une eau épaisse et boueuse [MASS., Carême, Resp. humain.]
Impression boueuse, celle dont l'encre s'étend et tache le papier. Estampe boueuse, estampe mal venue et tirée sur une planche où il était resté du noir entre les hachures. Écriture boueuse, écriture qui répand l'encre au delà du trait et tache le papier. Maçonnerie boueuse, maçonnerie mal ragréée. Menuiserie boueuse, menuiserie mal profilée. Terme de marine. Ancre boueuse ou de toue, la plus petite des ancres.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Jusqu'à tant qu'il se fust bouté Droit au chemin de povreté, Qui tant par est boueux et ort [BRUYANT, dans Ménagier, t. II, p. 34]
  • XVe s.
    La terre estoit boueuse et mauvaise [FROISS., II, II, 184]
  • XVIe s.
    Puis passant le marets le dernier de tous avec grande difficulté à travers de l'eau boueuse et fangeuse, partie à nage, et partie à pied, il feit tant à la fin qu'il gaigna l'autre rive [AMYOT, Cés. 20]
    L'urine estant boueuse, on cognoist le malade avoir ulcere aux reins, ou vessie, ou autre partie [PARÉ, Introd. 23]
    Je me jecte dans le battu, le plus boueux et enfondrant [MONT., III, 47]

ÉTYMOLOGIE

  • Boue

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • BOUEUX. Ajoutez : - REM.
    Pour ancre boueuse ou de toue, qui est une faute, voyez, pour la rectification [TOUEUSE, au Supplément.]