bouline

BOULINE

(bou-li-n') s. f.
Terme de marine. Nom de longues cordes, qui tiennent la voile de biais, lorsqu'on fait route avec un vent de côté. Vent de bouline, vent de biais qui n'est pas favorable à la route. Aller à la bouline, se servir d'un vent de biais qui n'est pas favorable à la route.
Les cygnes ont l'art de tourner ce plumage du côté du vent, et d'aller comme les vaisseaux, à la bouline, quand le vent ne leur est pas favorable [FÉN., Exist. 19]
Courir la bouline, se dit d'un châtiment consistant à faire passer le condamné entre deux haies de matelots qui le frappent avec des garcettes ou boulines.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Estuins ferment et escotes, Et font tendre les cordes totes, Utages laschent, tresavalent, Boelines sachent et halent [, Brut, t. II, p. 141]
  • XVIe s.
    Ils se mettent à la bouline, et courans bande sur bande viennent aux canonades [D'AUB., Hist. II, 293]
    Un calme l'arresta premierement, et puis une demi tourmente, laquelle pourtant, au dire des matelots, le pouvoit porter à la bouline dedans les Asnes [ID., ib. 296]

ÉTYMOLOGIE

  • Angl. bowline ; dan. bugline ; holland. boelijn ; de bug, bow, boe, proue, et line, corde.

bouline

BOULINE. n. f. T. de Marine. Cordage amarré par le milieu de chaque côté d'une voile carrée pour lui faire prendre le vent de côté. La bouline de la grande voile, de la misaine, etc. Haler la bouline.

Aller à la bouline, Tenir le plus près du vent, recevoir le vent de biais en mettant les voiles de côté par le moyen des boulines.

bouline

Bouline, f. penac. Velum nauis obliquatum. Aller à la bouline, entre nautonniers est lors que venant un vent par flanc de la droite route, on met comme en escharpe les voiles pour obeïr au vent et ne perdre chemin. Virgil. lib. 5. AEneid. Obliquatque sinus in ventum. Et peu apres. Mutati transuersa fremunt, et vespere ab atro Consurgunt venti.

bouline


BOULINE, s. f. Terme de Marine. Il n'a d'usage qu'en cette phrâse: aler à la bouline; aler sur le côté par le vent de travers. Suivant le Rich. Port., on apèle vent de bouline celui qui est éloigné de cinq points ou aires de vent du vent de la route.