bourrelet ou bourlet

BOURRELET ou BOURLET

(bou-re-lè ou bour-lè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au plur. l's se lie : des bou-re-lè-z épais ; bourrelets rime avec traits, succès, jamais) s. m.
Coussinet rempli de bourre, qui est fait en rond, avec un vide au milieu. Bourrelet pour porter un fardeau. Bourrelet à bassin. Bourrelet d'enfant, coiffure rembourrée qui protége la tête des enfants quand ils tombent.
Émile n'aura ni bourrelets ni lisières [J. J. ROUSSEAU, Ém. II]
Des sceptres étaient mes hochets ; Mon bourlet fut une couronne [BÉRANG., Deux cousins.]
Sorte de gaîne en toile qu'on remplit de bourre ou de crin, et qu'on adapte aux portes et aux fenêtres pour empêcher l'air extérieur de venir refroidir les appartements.
Terme de marine. Cordes tressées autour des mâts pour les fortifier, pour tenir les vergues.
Renflement circulaire qui se forme en certaines circonstances à la tige d'une plante.
Le chêne, dans son nœud la retenant [la hache] de force, Et recouvrant le fer de son bourlet d'écorce, Grandissait.... [LAMART., Joc. IX, 354]
Excroissance au bord ou à la surface d'une coquille. Terme de vétérinaire. Partie renflée de la peau de l'extrémité inférieure du membre, au point où commence le sabot.
Partie arrondie qui règne autour de la bouche d'un canon, de la douille d'une baïonnette. Bord d'une plaque de plomb roulé.
Rond d'étoffe mis au haut du chaperon qui est porté sur l'épaule par les docteurs, les licenciés et certains magistrats.
Terme de blason. L'ancienne chevalerie était dans l'usage de porter, aux tournois, sur le casque, un tour de livrée de la couleur qui était propre au chevalier. Ce tour de livrée, conservé dans les ornements de l'écu, est dit bourrelet.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Li bourelier puet enplir ses coliers de boure ou de poil ; mais se l'enplist de l'un, il ne le puet parenplir de l'autre ; et se il le feroit, li bouriaus seroit ars et li bourelier seroit en l'amende le roi [, Liv. des mét. 221]
    Face tant que l'en li aporte Cheveus de quelque fame morte, Ou de soie blonde borriaus [, la Rose, 13499]
  • XVe s.
    Dames à rebrassez colletz, De quelconque condicion, Portant attours et bourrelets Mort saisit sans exception [VILLON, Gd Test.]
    La quelle herbe le suppliant fena et amassa en petiz burelez [DU CANGE, burellus.]
  • XVIe s.
    Les compagnons du bourlet [les mignons] esclatent leur lamentations ; mais d'O, Manou, son frere, Antragues, Chasteauvieux murmurent [D'AUB., Hist. III, 183]
    Un fou à bourlet nommé Briandas [CARL., I, 25]
    Il n'y a ni bonnet quarré, ny bourlet [au parlement-ailleurs : à l'université] que je ne fasse voler s'ils m'eschauffent trop les oreilles [, Sat. Mén. p. 100]
    Pareillement me faisois mettre un bourrelet sous mes fesses, de figure ronde, rempli de duvet [PARÉ, XIII, 27]
    Est aussi necessaire d'avoir un fonds de corbeille d'une torce ou borlet, approprié à recevoir la casse, pour la tenir droitement et fermement [O. DE SERRES, 870]

ÉTYMOLOGIE

  • Diminutif de l'ancien français bourrel, qui signifie amas de bourre (voy. BOURRE 1) ; lequel diminutif ne se montre, ici dans l'historique, qu'au XVe siècle ; auparavant, c'est bourel, bouriaus.