brûler

(Mot repris de brûlons)

brûler

v.t. [ du lat. ustulare, avec infl. de l'anc. fr. bruir, brûler ]
1. Détruire par le feu ; consumer : Brûler des mauvaises herbes. Tout l'immeuble a été brûlé incendier incinérer
2. Endommager, altérer par le feu ou des produits chimiques : Le dermatologue lui brûle une verrue à la neige carbonique. Brûler un rôti calciner, carboniser corroder
3. Causer une sensation de brûlure, de forte chaleur : L'eau de la piscine lui brûle les yeux piquer
4. Consommer comme source d'énergie pour le chauffage, l'éclairage : Brûler du charbon, de l'électricité.
5. Dépasser sans s'arrêter un signal d'arrêt : Brûler un feu rouge.
6. Soumettre à l'action du feu : Brûler du café griller, torréfier
Brûler la cervelle à qqn,
le tuer d'un coup de feu dans la tête, tiré de très près.
Brûler la politesse à qqn,
Litt. passer devant lui ou le quitter brusquement.
Brûler les étapes,
se précipiter vers le but que l'on s'est fixé sans respecter les façons de faire ni les délais.
v.i.
1. Se consumer sous l'action du feu : Ce bois brûle bien. Feu qui brûle dans la cheminée flamber
2. Être détruit, endommagé par le feu : La forêt brûle. Le gâteau a brûlé se calciner
3. Se consumer en éclairant : La lampe a brûlé toute la nuit est restée allumée
4. Être très chaud, brûlant : Le fer à repasser brûle. Brûler de fièvre.
5. Dans certains jeux, être sur le point de trouver l'objet caché, la solution.
6. (de) Désirer ardemment ; éprouver un sentiment très vif : Je brûle de vous revoir griller de [litt.]

se brûler

v.pr.
Se causer une brûlure : Je me suis brûlée avec un fer à souder.
Se brûler la cervelle,
se tirer une balle dans la tête.
Se brûler les ailes,
subir un préjudice en agissant sans réfléchir pour obtenir ce qu'on désire.

BRÛLER

(bru-lé) v. a.
Consumer par le feu. Les Romains brûlèrent Carthage.
Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise ; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils nous brûlent [VOIT., Lett. 74]
Brûlons ce Capitole où j'étais attendu [RAC., Mithr. III, I]
Lisez ce qu'il cite d'Aristote, et vous verrez qu'après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce prince des philosophes ou être de notre opinion [PASC., Prov. 4]
Fig. Brûler ses vaisseaux, s'engager dans une affaire de manière à ne pouvoir reculer. Brûler ses livres, tout faire pour réussir. Locution tirée de l'alchimiste, qui, ayant tout tenté, brûle ses livres, désespéré de ne pas réussir, ou, ayant tout dépensé, brûle jusqu'à ses livres pour chauffer ses fourneaux.
J'y brûlerai mes livres ou je romprai ce mariage [MOL., Pourc. I, 3]
J'y brûlerai mes livres [RAC., Plaid. I, 7]
Je vous la rendrai saine et entière, ou j'y brûlerai mes livres [SÉV., 1]
Fig. Mille convoitises le brûlent.
Mais quelque ambition, quelque amour qui me brûle [RAC., Baj. II, 5]
Vous me connaissez mal, la même ardeur me brûle [CORN., Poly. I, 1]
N'imputez qu'à ce feu qui brûle encor mon âme.... [VOLT., Zaïre, IV, 6]
Si ton ardeur est extrême, Même ardeur vient me brûler [BÉRANG., Chatte.]
Terme de métier. Brûler les métaux, leur ôter leurs qualités en les laissant trop chauffer.
En parlant de quelques substances chimiques, corroder, consumer. Les acides concentrés brûlent la peau comme le fer rouge. Brûler la terre, en parlant d'engrais, la rendre trop chaude et l'empêcher par là de produire ; en parlant des plantes, l'épuiser rapidement. En parlant du froid, causer un effet assez semblable à celui de la brûlure. La gelée brûle la racine des arbres. La neige brûle les souliers.
Employer comme combustible. Brûler du bois, du charbon de terre, de la tourbe. Se servir d'une chose pour s'éclairer. Brûler de la chandelle, de la cire, de l'huile. Fig. Brûler la chandelle par les deux bouts, c'est-à-dire compromettre sa fortune par des dépenses de tout genre, ou sa santé par des excès de tout genre.
Faire subir le supplice du feu. On a longtemps brûlé les hérétiques.
On prétend qu'il y a un conflit de juridiction, entre le Parlement et le Châtelet, à qui fera brûler le livre et l'auteur [VOLT., Lett. Morellet, 23 fév. 1776]
Brûler des parfums.
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens [RAC., Phèd. I, 3]
Fig. Brûler de l'encens devant quelqu'un, le flatter avec de grandes démonstrations de respect. Brûler de l'eau-de-vie, mettre le feu à de l'eau-de-vie, faire du punch. Brûler du vin, distiller du vin pour en faire de l'eau-de-vie. Brûler du café, le torréfier avant de le moudre. Brûler l'amorce d'un fusil, d'un pistolet, y mettre le feu. Sans brûler une amorce, sans tirer un seul coup de fusil. La ville fut prise sans brûler une amorce. Brûler la cervelle à quelqu'un, le tuer d'un coup de feu tiré dans la tête et de très près. Se brûler la cervelle, se tirer un coup de feu dans la tête.
Échauffer beaucoup, dessécher par un excès de chaleur. Un soleil ardent brûlait la campagne. Par extension. Il a une fièvre qui le brûle. La soif les brûlait. Fig. Brûler le pavé, courir, marcher très vite. Brûler le papier, écrire avec beaucoup de verve et une grande chaleur. Brûler les planches, jouer un rôle d'une manière vive et entraînante. Brûler les yeux, faire mal aux yeux par une excessive lumière.
La première fois que je lus votre ouvrage, je fus frappé d'une lumière qui éclairait mes yeux et qui devait brûler ceux des sots et des fanatiques [VOLT., Lett. Chatellux, 7 déc. 1772]
Brûler la politesse à quelqu'un, le quitter brusquement, rompre une affaire. Brûler l'étape, brûler un gîte, ne pas s'y arrêter. Nous brûlâmes ce village, et allâmes coucher plus loin.
Je pris la résolution de brûler l'étape de *** et de passer tout droit [J. J. ROUSS., Conf. VI]
À certains jeux, brûler une carte, la mettre de côté. En un sens analogue.
Peu à peu elle [la duchesse de Bourgogne] en brûla [quelques-uns de ses cercles], et à la fin ils cessèrent sans qu'ils aient été rétablis depuis [SAINT-SIMON, 41, 67]
10° V. n. Être consumé par le feu. Quand la maison du voisin brûle. La bûche continuait à brûler. Fig.
Il était indécent qu'il [le duc de Bourgogne] languît dans l'oisiveté à son âge, tandis que sa maison brûlait [périclitait] de toutes parts [SAINT-SIMON, 195, 104]
Flamber, être allumé. Le feu brûle. Flambeaux qui brûlent. Une lampe brûlait dans le sanctuaire. Donner du feu, de la lumière. Ce bois brûle bien. Cette lampe brûle mal.
11° Être brûlant ou très chaud. La tête lui brûle.
Je m'en sens tour à tour et brûler et glacer [TRISTAN, Mort de Chrispe, I, 1]
Je sentis tout mon corps et transir et brûler [RAC., Phèd. I, 3]
Fig. Les pieds lui brûlent, il est impatient de sortir, de s'en aller.
12° En termes de cuisine, être frappé par un feu trop vif ; ce qui se connaît par l'odeur désagréable qui s'exhale. Le rôti brûle. Cette crème brûle. Fig. Le rôti brûle, c'est-à-dire il n'y a pas de temps à perdre, pas de négligence à se permettre.
13° Fig. Être possédé d'une passion violente. Brûler d'amour.
Et si Rome savait de quels feux vous brûlez [CORN., Nicom. I, 2]
Un juste courroux dont je me sens brûler [ID., Cinna, V, 2]
Déjanire brûla de jalousie [FÉN., Tél. X]
Je brûle, je l'adore.... [RAC., Mithrid. IV, 5]
Mon époux est vivant, et moi je brûle encore.... [ID., Phèd. IV, 6]
Mais quelque noble ardeur dont ils puissent brûler [ID., Athal. I, 2]
Il n'en faut point douter, vous aimez, vous brûlez, Vous périssez d'un mal que vous dissimulez [ID., Phèd. I, 1]
Mon frère, ayez pitié d'une sœur égarée. Qui brûle, qui gémit, qui meurt désespérée [VOLT., Zaïre, III, 4]
Près d'un amant qu'elle aime et qui brûle à ses pieds [ID., Zaïre, IV, 3]
Je crois sentir les étincelles De l'amour dont Renaud brûla [BÉRANG., Éducation.]
Brûler pour, se dit de l'amour qu'on éprouve pour une personne.
De la même ardeur dont je brûle pour elle, Elle brûle pour moi [MALH., V, 21]
Mais quoique je l'aimasse et qu'il brûlât pour moi [CORN., Cinna, V, 2]
14° Désirer ardemment.
Il brûle d'être à Rome, afin d'en recevoir Du maître qu'il s'y donne et l'ordre et le pouvoir [CORN., Sertor. I, 2]
Elle brûle d'envie de revenir à Paris [SÉV., 13]
C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûle de répandre [RAC., Iphig. II, 5]
.... Vous brûlez que je ne sois partie [ID., ib. II, 5]
Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre [ID., Athal. IV, 3]
Il brûlait d'impatience de retrouver Mentor [FÉN., Tél. XXII]
Voici cet étranger Que vos tristes soupçons brûlaient d'interroger [VOLT., Mérope, II, 1]
Et du peuple et des grands la colère insensée Brûlait de le punir de sa faveur passée [ID., Œdipe, I, 3]
Peuple accablé de ta tristesse, Tu n'as plus celui qui sans cesse Brûlait de zèle pour ta loi [MALFIL., Ode, Élie enlevé aux cieux.]
Oui, mon cœur au mérite aime à rendre justice, Et je brûle qu'un nœud d'amitié nous unisse [MOL., Mis. I, 2]
15° Le tapis brûle, se dit à certains jeux de cartes pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu. À certains jeux d'enfants, brûler, se dit pour être tout près de l'objet qui est caché et que l'un des joueurs cherche. Perdre la partie pour avoir fait trop de points. J'ai brûlé, j'ai deux points de trop.
16° Se brûler, v. réfl. Sardanapale se brûla lui-même avec ses femmes. Fig. Se brûler à la chandelle, se jeter dans le péril en s'abandonnant à de trompeuses apparences. Locution prise des papillons qui le soir viennent effectivement se brûler à la chandelle. Se brûler à la jambe, au pied, être atteint par un corps très chaud.
17° Se dessécher.
Si on néglige ce premier âge, les enfants deviennent ardents et inquiets pour toute leur vie ; leur sang se brûle, les habitudes se forment [FÉN., XVII, 13]

PROVERBE

    Graissez les bottes d'un vilain, il dira qu'on les lui brûle, c'est-à-dire il y a des gens qui ne veulent pas reconnaître les bons offices qu'on leur rend.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Sicume fus [feu] chi brulle la selve, e sicume flamme brullant les monz [, Liber psalm. p. 118]
  • XIIIe s.
    Brulle mes reins et mon cuer de la flambe du Saint esprit [, Psautier, f° 33]
  • XIVe s.
    Mucius ha mis sa destre dedens le feu, et, comme se il eust le courage hors du sens, il la brula, ardi et grailla [BERCHEURE, f° 32, recto.]
  • XVe s.
    Et de grace que le poure brullé [le pauvre homme dont la maison avait été brûlée] Retenue ait et confirmacion [de sa pension] [E. DESCH., Supplication au roi.]
  • XVIe s.
    [Il] Rendoit ma muse lente, Bien qu'elle fust bruslante De s'offrir à vos yeux [DU BELLAY, III, 12, recto.]
    Didon se brusle, et de son mal enclos Jà la fureur luy saccage les os [ID., IV, 9, recto.]
    Ô la fureur d'une bruslante rage, Qui maintenant transporte mon courage ! [ID., IV, 17, recto.]
    Qui contrefaict ce Tantale mourant Bruslé de soif au milieu d'un torrent [ID., VII, 27, verso.]
    Nous brulons le vilage, c'est à dire que nous faisons semblant d'estre fourriers ; nous nous mettons de deux ou trois logis tout en un pour avoir argent des autres [D'AUB., Faen. III, 1]
    De trop près se chauffe qu se brusle [COTGRAVE, ]
    Les criminels se viennent bruler à la chandelle, comme on dit en commun proverbe [H. EST., Apol. d'Hér. p. 147, dans LACURNE SAINTE-PALAYE]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. brelai ; provenç. bruslar ; ital. brustolare. Il y a dans l'ancien espagnol uslar, brûler, qui suppose un bas-latin ustulare, fréquentatif formé de ustum, supin de urere, brûler. Ustulare se retrouve dans l'italien br-ustolare, le provençal br-uslar, le français br-usler. Reste à expliquer br ; Diez le rattache au latin per, dans perustus, brûlé tout à fait, d'où perustulare contracté en brustulare. M. Chavée, voulant éviter le changement du p en b, y voit le préfixe ber, bar ou bre, qui a un sens péjoratif : brûler à mal, brûler tout à fait.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    BRÛLER.
    Ajoutez :
  • Au trésor et ailleurs, ne pas rappeler, écarter, mettre à néant les numéros qui ne répondent pas à l'appel, les articles dont on ne veut pas, etc.
    Il réclame à la compagnie [d'assurances contre l'incendie] le payement d'une série d'articles qu'il avait présentés à un Journal, et qui, n'ayant pas été jugés bons pour l'insertion, ont, selon la formule connue, été brûlés [P. VÉRON, Journ. amusant, du 18 mars 1876]
  • 10° Ajoutez :
  • On dit que le tabac brûle noir, quand la faculté combustible y est peu développée. Le tabac d'Algérie brûle noir.
  • ÉTYMOLOGIE

    • Ajoutez : Ce n'est pas seulement l'anc. esp. qui a la forme uslar ; elle est aussi dans l'anc. français : XIIe s.
      Un grant brandon de fu [il] geta, Qui bien ot deux toises de let ; Trestout a Piercheval urlet Et le sourcil et le grenon [, Perceval le Gallois, V. 39838]
      Urlet est pour uslet.

brûler

BRÛLER. v. tr. Consumer ou endommager par le feu. Brûler une maison. Brûler des papiers. Chez les Grecs et chez les Romains, on brûlait ordinairement les morts. Il fut brûlé vif, brûlé à petit feu. Ces étincelles ont brûlé le bas de ma robe. Brûler de l'encens devant une idole. Brûler des parfums, des pastilles pour répandre une bonne odeur. Ce tison m'a brûlé. Cette étincelle m'a brûlé à la main. Je me suis brûlé le bras.

Il signifie aussi Faire du feu de quelque matière. Dans ce pays, on ne brûle que du charbon de terre, que de la tourbe. Brûler du bois, de la paille. Bois à brûler. Mottes à brûler.

Fig., Brûler ses vaisseaux, S'engager dans une affaire, dans une entreprise, de manière à s'ôter tout moyen d'y renoncer ou de s'en désister. Par cette démarche hardie, il vient de brûler ses vaisseaux et il ne peut plus reculer.

Fig., Brûler de l'encens devant quelqu'un, L'aduler, le flagorner avec de grandes démonstrations de respect.

Brûler de la cire, brûler de la chandelle, brûler de l'huile, du pétrole, Se servir de bougie, de chandelle, d'une lampe à huile ou à pétrole pour éclairer. De l'huile à brûler.

Fig. et fam., Brûler la chandelle par les deux bouts. Voyez BOUT.

Brûler du vin, Mettre du vin sur le feu pour le distiller et en faire de l'eau-de-vie.

Brûler de l'eau-de-vie, de l'esprit-de-vin, Mettre le feu à une certaine quantité d'eau- de-vie, d'esprit-de-vin, contenue dans un vase.

Brûler du café, Donner aux grains du café le degré de cuisson nécessaire.

Ils s'emparèrent de la ville sans brûler une cartouche, Sans tirer un coup de fusil.

Brûler la cervelle à quelqu'un, Lui casser la tête d'un coup d'arme à feu tiré à bout portant. On dit de même Se brûler la cervelle.

Fig. et fam., Brûler l'étape, Passer outre sans s'arrêter à un gîte, à l'étape. Brûler les étapes, Faire un travail avec une rapidité exceptionnelle et sans s'arrêter.

Fig. et pop., Brûler la politesse à quelqu'un, Le quitter, s'en aller, partir sans lui dire adieu, sans le prévenir.

Fig., en termes de jeu de Cartes, Brûler une carte, La mettre de côté, parce qu'elle a été vue ou parce que le joueur à qui on la propose use du droit de la refuser. Cette carte a été vue, brûlez-la. Vous ne voulez pas de la première carte : je la brûle. Carte brûlée.

Il se dit également des Substances qui ont la propriété d'agir comme le feu, en consumant et corrodant les matières animales ou végétales. Les acides concentrés brûlent la peau. Brûler une excroissance de chair avec la pierre infernale. L'eau-forte brûle le linge.

Il signifie encore, par exagération, Échauffer excessivement, causer une violente chaleur, dessécher par une chaleur excessive. Cela me brûle, me brûle les mains. Cette liqueur me brûle le palais, le gosier, l'estomac. Il a une fièvre qui le brûle. Le soleil a brûlé toute la campagne. Le soleil lui a brûlé le teint. L'ardeur du soleil brûle les plantes.

Fig., Brûler le pavé, Aller à très vive allure.

Fig., Brûler les planches signifie, en termes de Théâtre, Jouer avec beaucoup de chaleur des scènes vives et animées.

Il se dit par analogie en parlant de l'Effet d'un froid excessif. La gelée a brûlé la racine des arbres. La neige brûle les souliers.

Il est aussi intransitif et signifie Être consumé par le feu. Voila une maison qui brûle. Le bois sec brûle mieux que le bois vert. Faire brûler des pastilles, des parfums.

Il se dit particulièrement d'une Bougie, d'une lampe, etc., qui est allumée. Il y a devant cet autel une lampe qui brûle toujours. Les cierges qui brûlaient autour du cercueil. On dit de même Le feu brûle bien, ne brûle pas, Le feu de la cheminée flambe, est animé, ou Il ne flambe pas, il n'est pas animé. Le feu sacré qui brûlait dans le temple de Vesta.

Il signifie aussi simplement Être fort chaud. Touchez ses mains, elles brûlent. Les mains lui brûlent.

Fig. et fam., Les mains lui brûlent, Il est impatient d'agir. Les pieds lui brûlent, Il est impatient de sortir, de s'en aller.

Fig., Le tapis brûle se dit, en termes de jeu de Cartes, pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu.

Il se dit aussi des Mets auxquels l'action trop vive ou trop prolongée du feu donne une couleur rousse ou noire et un goût désagréable. Vous avez laissé brûler ce rôti.

Fig. et fam., Le torchon brûle. Voyez TORCHON.

Il signifie, au figuré, Être possédé d'une violente passion. Il brûle du désir de se signaler. C'est un homme qui brûle d'ambition. Il brûle d'amour. Il brûle pour elle.

Il se dit encore pour exprimer simplement un Grand désir, une extrême impatience de faire quelque chose. Je brûle de vous revoir. Je brûle d'aller là. Il brûle d'en finir. Il brûle de se venger. Vous me faites brûler à petit feu, Vous excitez trop longtemps mon impatience.

Il se dit encore à certains jeux d'enfants, lorsque celui qui cherche l'objet qu'on a caché et qu'il s'agit pour lui de découvrir vient à s'en approcher. Vous n'y êtes pas encore, mais vous brûlez.

SE BRÛLER signifie Être brûlé; ou simplement Être atteint par le feu, par un corps très chaud. Les papillons viennent se brûler à la flamme. Se brûler en remuant un tison, en touchant un fer chaud. Se brûler à la main, à la jambe.

Prov. et fig., Se brûler, venir se brûler à la chandelle, S'engager, se jeter dans une situation embarrassante ou périlleuse, en parlant de quelqu'un qui est séduit par des apparences décevantes.

Son participe passé BRÛLÉ, ÉE, s'emploie souvent comme adjectif et signifie Qui a été soumis à l'action du feu.

Vin brûlé, Vin qu'on a mis sur le feu avec des épices. L'eau-de-vie brûlée, Eau-de-vie à laquelle on a mis le feu. Crème brûlée, Sorte de mets délicat qui se fait avec du lait, des oeufs et du sucre passé au feu. Alezan brûlé, Cheval alezan de couleur foncée ou noirâtre.

Fig. et fam., BRÛLÉ se dit de Quelqu'un qui a perdu tout crédit. Espion brûlé, Espion qui étant connu ne peut plus être employé.

Cerveau brûlé, cervelle brûlée. Voyez CERVEAU.

Il est aussi employé comme nom. Cette bouillie sent le brûlé, a un goût de brûlé.

brûler


BRûLER, v. act. et neut. [1re lon. 2e é fer. La 1re est encôre plus longue devant l'e muet; il brûle, il brûlera.] 1°. Consumer par le feu; brûler du bois: du charbon. Brûler un homme tout vif, le brûler à petit feu. = 2°. Échaufer excessivement; la fievre me brûle, le soleil brûle la campagne, lui a brûlé le teint; l'usage des liqueurs brûle le sang. = Brûler un gîte, une étape (st. fam.) les passer sans s' arrêter.
   BRûLER, neutre. Au propre, être consumé par le feu; maison qui brûle; ce bois brûle bien: ou, être chaud; les mains lui brûlent. = Au figuré, être possédé d'un violent désir. Il régit de et l'infinitif:
   Tout homme enfin brûle d'être estimé.
       Rouss.
  Quoiqu'il brûle de voir tout l'Univers soumis,
  On ne voit point d'esclâve au rang de ses amis.
      Rac. Alex.
  BRûLER entre dans plusieurs expressions du genre figuré familier. — Brûler à petit feu; vivre dans l'atente d'une chôse qu'on nous fait espérer et qui ne vient point. Voy. Mourir. — Se brûler à la chandelle, se dit de celui qui est sorti d'un lieu de sûreté pour se faire prendre dans un autre: allusion aux papillons. = On dit de celui qui est impatient d'aler en quelqu'endroit, que les pieds lui brûlent. — La chandelle brûle; le jour tombe, il faut se hâter pour arriver au gîte. — Le rot brûle: il ne faut pas perdre de temps. = Le tapis brûle, c. à. d. mettez au jeu. = On dit encôre: je viendrai à bout de cette afaire, ou j'y brûlerai mes livres. "J'espere que je vous la rendrai saine et entiere, avec un petit enfant de même, ou j'y brûlerai mes livres. Sév.

Synonymes et Contraires

brûler

verbe intransitif brûler
1.  Se consumer par le feu.
flamber -littéraire: s'embraser -populaire: cramer.
2.  Éprouver un désir très vif.

brûler

verbe transitif brûler
1.  Endommager par le feu.
2.  Abîmer quelque chose.
3.  Soumettre à l'action du feu.
4.  Causer une sensation de brûlure.
5.  Discréditer quelqu'un.
Traductions

brûler

(bʀyle)
verbe transitif
1. abîmer ou détruire par le feu brûler des feuilles mortes
2. faire ressentir une grande chaleur Ce produit brûle la peau.
3. ne pas s'arrêter brûler un feu rouge

brûler

brennen, glühen, sengen, verbrennenburn, glow, glow with heat, scald, smartbranden, gloeien, verbranden, aanzijn, blaken, ingloedstaan, (laten) aanbranden [spijzen], (ver)branden, (zonder te stoppen) voorbijgaan/-rijden, afbranden, branden (van), gloeien (van), heet zijn, warm zijn [spel], uitbranden, bijtenאיכל (פיעל), בער (פ'), דלק (פ'), הבעיר (הפעיל), העביר באש, יקד (פ'), להט (פ'), עלה באש, צרב (פ'), צרף (פ'), קדח (פ'), רשף (פ'), שרף (פ'), לָהַט, יָקַד, צָרַב, צָרַף, קָדַח, בָּעַר, שָׂרַף, דָּלַק, הִבְעִיר, רָשַׁףbruciare, ardere, scottare, ustionareκαίωquemar, arderbrennequeimar, arderيَحْرق, يُحْرِقُhořet, spálitbrændepolttaagorjeti, spaliti・・・を燃やす, 燃やす...을 불태우다, 태우다oparzyć, palićгореть, сжечьbrännaเผา, ไหม้ เผาไหม้yakmakđốt, đốt cháy, 烧掉燒傷
verbe intransitif
être en feu

brûler

[bʀyle]
vt
[feu, objet brûlant] → to burn; [eau bouillante] → to scald
(= consommer) [+ électricité, essence] → to use
[+ feu rouge, signal] → to go through
brûler les étapes → to make rapid progress (= aller trop vite) → to cut corners
vi
(= se consumer) → to burn
(jeu) tu brûles → you're getting warm
(= être impatient) brûler de faire qch → to be dying to do sth
brûler d'impatience de faire qch → to be dying to do sth [bʀyle]
vpr/vito burn o.s.; (avec de l'eau bouillante) → to scald o.s.
vpr/réfl
se brûler la cervelle → to blow one's brains out