braies

braies

[ brɛ] n.f. pl. [ mot gaul. ]
Pantalon ample des Gaulois.

BRAIES1

(brê) s. f. plur.
Culotte, caleçon.
Tous ces barbares [les Francs] portaient de longues braies [CHATEAUB., Mart. 191]
Vieux en ce sens. Fig. et populairement. Il en est sorti, il s'en est tiré les braies nettes, il s'est tiré heureusement d'une mauvaise affaire.
Moi, je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes [saines et sauves] [MOL., les Préc. 12]
Au sing. Une braie, couche ou lange qu'on met aux petits enfants pour les empêcher de se salir.
Terme de marine. Morceau de grosse toile goudronnée que l'on cloue en certains endroits, pour empêcher l'eau d'entrer dans le bâtiment.
Terme de métier. Traverse de bois qu'on met sur le pailler d'un moulin à vent. Morceau de papier dont les typographes garnissent la frisquette de leur presse.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Après aveit la haire près de la char vestue, Einsi apareillie que ne fust pas veüe, E les braies de haire plus près de la char nue, Blanches braies desus de teile chier vendue [, Th. le mart. 156]
    Car les brais de sa haire lui firent si grant mal [, ib. 114]
    Cele a ses braies avalées Qu'ele avoit à son cul fermées [, Ren. 7159]
    Et puis que n'i ot braies traites, Ne huis brisiez, ne portes fraites, S'ele m'a chier et ele m'aime, Cil faus jalous de coi se claime ? [, ib. 10997]
    Et li drois fu tel selonc les usages du païs, que le serjant vint en ma herberje deschaus et en braies [JOINV., 288]
    Par la menaison [diarrhée] qu'il avoit, il li convint le soir couper le fonz de ses braies [ID., 192]
  • XVe s.
    Il cueillit en si grand haine son compagnon que, pour lui faire plus grand blasme, il le fit prendre par ses varlets et le fit mener et courir tout nud en ses braies parmi la ville [FROISS., II, III, 17]
    Et se devestirent là ces six bourgeois [de Calais] en leurs braies et leurs chemises [ID., I, I, 321]

ÉTYMOLOGIE

  • Wall. brâie, bandage passant autour du ventre ; provenç. braia, braga ; espagn. bragas ; ital. brache ; du latin braca, mot gaulois d'après le dire des auteurs, qui se retrouve encore aujourd'hui dans le celtique : bas-bret. bragez, braies, brôz, jupe ; gaél. brigis, briogais, braies. On a là, dans nos textes, un exemple de brais écrit sans e et monosyllabe, tandis que braie était toujours de deux syllabes.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. BRAIES. - HIST. Ajoutez :
  • XVIe s.
    Platon dict que qui eschappe, brayes nettes, du maniement du monde, c'est par miracle qu'il en eschappe [MONT., IV, 132]