braire

(Mot repris de brairaient)

braire

v.i. [ mot gaul. ]
1. Crier, en parlant de l'âne.
2. Dans le nord de la France et en Belgique, pleurer.

braire

(bʀɛʀ)
verbe intransitif
1. âne pousser un cri L'âne brait.
2. crier, pleurer fort Arrête de braire !

braire


Participe passé: brait
Gérondif: brayant

Indicatif présent
il/elle brait
ils/elles braient
Passé simple
Imparfait
il/elle brayait
ils/elles brayaient
Futur
il/elle braira
ils/elles brairont
Conditionnel présent
il/elle brairait
ils/elles brairaient
Subjonctif imparfait
Subjonctif présent
il/elle braie
ils/elles braient
Impératif
Plus-que-parfait
j'avais brait
tu avais brait
il/elle avait brait
nous avions brait
vous aviez brait
ils/elles avaient brait
Futur antérieur
j'aurai brait
tu auras brait
il/elle aura brait
nous aurons brait
vous aurez brait
ils/elles auront brait
Passé composé
j'ai brait
tu as brait
il/elle a brait
nous avons brait
vous avez brait
ils/elles ont brait
Conditionnel passé
j'aurais brait
tu aurais brait
il/elle aurait brait
nous aurions brait
vous auriez brait
ils/elles auraient brait
Passé antérieur
j'eus brait
tu eus brait
il/elle eut brait
nous eûmes brait
vous eûtes brait
ils/elles eurent brait
Subjonctif passé
j'aie brait
tu aies brait
il/elle ait brait
nous ayons brait
vous ayez brait
ils/elles aient brait
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse brait
tu eusses brait
il/elle eût brait
nous eussions brait
vous eussiez brait
ils/elles eussent brait

BRAIRE

(brê-r')
V. n. Crier, en parlant de l'âne. L'âne se mit à braire. Fig. et familièrement. Cet homme ne chante pas, il brait.
Et puis viens-t'en me braire, Viens me conter ta faim et ta douleur [LA FONT., Jum.]
Il faut hurler avec les loups, d'autres disent braire avec les ânes [P. L. COUR., Lett. II, 83]
Substantivement.
Il [l'homme] traite notre rire et nos discours de braire [LA FONT., Fabl. XI, 5]
Le prince de Conti avait un rire qui eût tenu du braire dans un autre [SAINT-SIMON, 220, 211]

REMARQUE

  • D'après l'Académie, ce verbe est usité seulement à l'infinitif : braire ; aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif : il brait, ils braient ; du futur : il braira, ils brairont ; et du conditionnel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère. D'abord un fabuliste, faisant parler des ânes, pourrait employer sans hésiter les autres personnes : je brais, tu brais, nous brayons, vous brayez ; de même au futur et au conditionnel. Puis rien n'empêche de se servir de l'imparfait : il brayait ; et des temps composés : il a brait, il avait brait, etc.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Et homes braire, contre terre mourir [, Ch. de Rol. CCLV]
    Cil d'Ociant i braient et henissent [, ib. CCLVII]
  • XIIe s.
    Mort [il] le trebuche sans braire et sans crier [, Ronc. p. 62]
    Que que li felun l'unt feru e detrenchié, E del ferir se sunt durement esforcié, N'aveit brait, ne groni, ne crié, ne huchié, Ne pié ne main n'aveit à sei trait ne sachié [, Th. le mart. 150]
  • XIIIe s.
    Au temps que les cornoilles braient, Qui por la froidure s'esmaient.... [RUTEB., II, 66]
    Cil qui de chanter se fait cointe, commence de rechief à brere [, Ren. 7283]
    Quant les enfans aus Sarrasines breoient, elles leur disoient : tai toy, tai toy, ou je irai querre le roy Richart qui te tuera [JOINV., 275]
    Grant pitié estoit d'oïr brere les gens parmi l'ost, auxquiex l'en copoit la char morte [ID., 237]
  • XIVe s.
    Du car [char] le [la] piour roe [plus mauvaise roue] ot-on bien souvent braire [, Baud. de Seb. I, 10021]
  • XVe s.
    Si fut il bien en la porte, toudis huyant et brayant et faisant signe, bien une heure [FROISS., II, III, 43]
    Tantost fist.... les arbalestriers tirer druement sur cele chiennaille, qui là brayoient comme enragés [, Bouciq. II, ch. 21]
  • XVIe s.
    J'ay icy longuement repeu mes yeulx, mais mon estomach brait de male raige de faim [RAB., Pant. V, 31]
    Les Papistes, contre la defense de l'Apostre, chantent et brayent de langue estrange et incognue, en laquelle le plus souvent ils n'entendent pas euxmesmes une syllabe [CALV., Inst. 712]
    Mais comme ilz ne cessassent point pour cela de crier et de braire contre luy, il se meit à leur faire ce compte [AMYOT, Phoc. 12]
    Ils brament comme les cerfs, ils brayent comme les asnes [PARÉ, Anim. 25]

ÉTYMOLOGIE

  • Normand, picard, wallon, braire, crier, pleurer ; provenç. braire, crier. Il y a dans le bas-latin bragire, hennir, d'où braire aurait été fait, comme l'ancien français muire de mugire, bruire du bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l'irlandais breas, cri, bragain, crier ; le bas-breton breûgi, braire ; le kymri bragal, crier ; le gaél. bragain, crier. À côté de bragire, Diez propose de considérer plutôt braire comme raire (voy. RAIRE) fortifié par un b : b-raire. On remarquera que dans l'ancien français, dans le provençal et dans nos patois, braire a le sens général de crier, sens qui ne s'est limité que tardivement au cri de l'âne.

braire

BRAIRE. v. intr. Il se dit d'un Âne qui pousse le cri particulier à son espèce. On ne l'emploie guère qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif. du futur et du conditionnel. Cet âne brait, braira, brairait.

braire

Braire, verb. neutr. penac. Est faire un son aspre et rude par voix inarticulée, et est proprement dit des Asnes, Rudere, mais par metaphore est usurpé pour crier rudement et sans mesure, qui est ce que l'Espagnol et le Languedoc disent Bramar, et s'applique à l'animal, rendant voix articulée comme l'homme. Ainsi on dit, Il ne fait que braire, Vsque vociferatur. Aucuns le veulent tirer de ce verbe Grec brakhô, qui signifie resonner, en ayant Hesiode usé en cette signification. Et Homere mesmes du preterit ébrakhé, pour êkhêsé, Vociferatus est, mais c'est de bien loing. Il est aussi nom, comme, Pour ton grand braire, je ne feray rien, Quantum vis vocifereris, non ea re magis impetrabis. l'Espagnol Villageois dit aussi Bradar, plus pres de la signification de Braire, que quand il dit Bramar.

Braire comme font les petis enfans, Vagire, Obuagire.

Braire et crier de douleur et ennuy qu'on a, Lamentari.

Chose qui incite à braire et crier, Lamentabilis.

Cesser de braire, Parcere lamentis.

braire


BRAIRE, v. n. [Brère; 1er è moy. et long.] Il ne se dit que dans les temps simples et aux 3es persones; et encôre est il peu usité hors du présent et du futur: il brait, il braira. — Il ne se dit que pour exprimer le cri de l'âne.
   On dit figurément, (st. plaisant) de tout homme, et sur-tout d'un Orateur qui crie beaucoup et qui a la voix rude et désagréable, qu'il ne fait que braire: "Cet Avocat ne fait que braire: et ne dit rien, qui serve à sa cause. — On dit aussi, proverbialement, qu'un âne paré ne laisse pas de braire; pour dire qu'un sot se décèle toujours par quelque endroit.

Traductions

braire

bray, sing

braire

נהק (פ'), נער (פ'), נָעַר, נָהַק

braire

ragliare

braire

[bʀɛʀ] vi → to bray