bras

bras

n.m. [ lat. brachium ]
1. Partie du membre supérieur de l'homme située entre l'épaule et le coude (par opp. à avant-bras) ; le membre supérieur en entier (par opp. à jambe) : Ses gros bras lui permettent de porter de lourdes charges. Avoir les bras ballants.
2. Région du membre antérieur comprise entre l'épaule et le coude, chez le cheval.
3. Tentacule de la seiche, du calmar, de la pieuvre : Les huit bras de la pieuvre.
4. Pince de certains crustacés : Les bras de l'écrevisse.
5. Objet, partie d'objet dont la forme évoque un bras : Bras d'une platine. Les bras d'un fauteuil accotoir, accoudoir
6. Division d'un fleuve, d'une mer : Les oiseaux se réfugient sur un îlot situé entre les deux bras du fleuve.
À bout de bras,
au-dessus de soi, les bras tendus : Porter un carton à bout de bras ; fig., par ses seuls efforts : Elle a porté tout le projet à bout de bras.
À bras,
mû par la force des bras : Voiture à bras.
À bras raccourcis,
avec violence : Se jeter sur qqn à bras raccourcis.
À tour de bras,
de toutes ses forces ; en grande quantité : Frapper qqn à tour de bras. Ils lui ont distribué des compliments à tour de bras.
Avoir le bras long,
avoir de l'influence.
Avoir qqn, qqch sur les bras,
avoir qqn à sa charge, être chargé de qqch.
Baisser les bras,
renoncer, abandonner : Baisser les bras devant l'ampleur de la tâche.
Bras armé,
partie d'une organisation chargée de l'exécution de tâches souvent brutales ou illégales : Le bras armé de la Mafia.
Bras de fer,
jeu où deux adversaires, coudes en appui, mains empoignées, essaient chacun de rabattre le bras de l'autre sur la table ; fig., épreuve de force : Un bras de fer entre deux hommes politiques.
Bras dessus, bras dessous,
en se donnant le bras.
Bras d'honneur,
geste de mépris effectué avec l'avant-bras, qu'on replie en serrant le poing.
Couper bras et jambes,
ôter toute force ; frapper d'étonnement.
Gros bras,
Fam. personne qui étale sa force.
Jouer petit bras,
Fam. ménager ses efforts ; agir sans conviction.
Le bras droit de qqn,
son principal assistant.
Les bras m'en tombent,
je suis stupéfait.
Recevoir qqn à bras ouverts,
le recevoir avec chaleur, avec amitié.
Se croiser les bras,
ne rien faire, refuser de travailler.

BRAS

(l's se lie : un bras arrondi, dites : un bra-z arrondi) s. m.
Nom, dans le corps humain, du membre supérieur et tenant à l'épaule. De la grosseur du bras. Qui a de bons bras. Être emporté dans les bras.
Il le prend entre ses bras [FÉN., Tél. VII]
Mentor tenait Télémaque serré entre ses bras [ID., Tél. XI]
Il vous tend les bras pour vous embrasser [FÉN., Tél. XI]
Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre [CORN., Nicom. I, 1]
Donner le bras, arrondir le bras pour qu'une autre personne s'y appuie. Donner le bras, mettre son bras au bras de quelqu'un.
Viens aux champs fouler la verdure, Donne le bras à ton amant [BÉRANG., Champs.]
Se donner le bras, se dit de deux personnes qui ont le bras passé l'un dans l'autre. Prendre le bras, passer son bras autour du bras d'une autre personne. Offrir son bras, se dit d'un homme qui demande à une dame si elle veut prendre son bras pour passer d'une pièce dans une autre, pour faire une promenade, une course, etc. Avoir les bras retroussés jusqu'au coude, avoir la manche du vêtement retroussée. Familièrement. Gros comme le bras, se dit pour exprimer une flatterie qui consiste à donner à quelqu'un avec affectation, en lui parlant, un titre qu'il a ou qu'il n'a pas. Dans la conversation il le traita de comte, gros comme le bras. Avoir des bras, en termes de danse, c'est les porter, les remuer avec grâce. Familièrement. Les bras m'en tombent, ma surprise est extrême. Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever ses moyens de réussir, ou encore lui ôter tout courage. Demeurer les bras croisés, rester sans rien faire.
Mais je le laisse aller après un tel indice, Et demeure les bras croisés comme un Jocrisse [MOL., Coc. imag. 16]
Faire les beaux bras, se donner de grands airs. Faire les grands bras, affecter un crédit, une importance qu'on n'a pas. Fig. Tendre les bras à quelqu'un, lui offrir secours et protection ; l'inviter à approcher.
Rome tend les bras à César [BOSSUET, Hist. I, 9]
La Sicile De là nous tend les bras [BOILEAU, Épît. I]
Par cette conduite accommodante ils tendent les bras à tout le monde [PASC., Prov. 5]
Ainsi je tends les bras à mon libérateur [ID., Juifs, 19]
Tendre les bras, implorer du secours.
Le pape, à qui Charles Martel était nécessaire, lui tendait les bras [MONTESQ., Esp. XXXI, 11]
Arrêter, retenir le bras de quelqu'un, à quelqu'un, l'empêcher de frapper ; et, figurément, arrêter sa colère, sa vengeance. S'appuyer sur le bras de quelqu'un, être soutenu par son bras ; et, figurément, avoir son appui. S'appuyer sur un bras de chair, dans le langage mystique, mettre son espoir aux choses temporelles. Recevoir quelqu'un à bras ouverts, le recevoir avec empressement, avec amitié.
Elle fut reçue à bras ouverts de son mari [SÉV., 422]
Cette flatterie m'est si agréable que je la reçois à bras ouverts [ID., 142]
Un oncle qui la chérissait lui fut enlevé au moment où elle l'attendait, les bras ouverts, à son retour d'Égypte [DIDER., Ess. s. Claude, liv. II]
Avoir quelqu'un sur les bras, en être embarrassé ou chargé.
Au diantre tout valet qui vous est sur les bras, Qui fatigue son maître et ne fait que déplaire à force de vouloir trancher du nécessaire [MOL., Fâch. I, 1]
Il y a des gens pressants qu'on a sur les bras [SÉV., 221]
Tu m'as abandonné dans un grand embarras ; Un malheureux neveu m'est tombé sur les bras [REGNARD, le Légat. III, 4]
Avoir beaucoup d'affaires, de grandes affaires sur les bras, en être accablé.
Nous n'aurions plus qu'une affaire sur les bras [BALZ., Liv. I, lett. 7]
Il fallut songer aux grandes affaires qu'il avait sur les bras [SÉV., 211]
Il se trouve que j'ai le gouvernement de Provence sur les bras [ID., 116]
Je me trouvai une violente affaire sur les bras [VOLT., Scarmentado.]
Se mettre sur les bras, s'attirer sur les bras, c'est-à-dire s'attirer l'inimitié.
Voudriez-vous, madame, vous opposer à une si sainte pensée, et que j'allasse, en vous retenant, me mettre le ciel sur les bras ? [MOL., D. Juan, I, 3]
Qui en choque un se les attire tous sur les bras [ID., ib. V, 2]
Et je me jetterais cent choses sur les bras [ID., Mis. V, 1]
Embrassement, sein, giron. Il le prit dans ses bras. Quand il vous pressait dans ses bras.
Appelez votre frère, oubliez dans ses bras.... [RAC., Brit. IV, 3]
Fig. Il se jeta dans les bras de l'armée. Tirer quelqu'un des bras de la mort. Il s'arrachait des bras du sommeil.
Tel qu'au soir on voit le soleil Se jeter aux bras du sommeil [MALH., VI, 16]
Le dieu que vous servez vous adopta pour fille, Vous êtes dans ses bras, il parle à votre cœur [VOLT., Zaïre, IV, 1]
Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas, Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras [RAC., Athal. III, 3]
Hippias se jette entre les bras de Darius [BOSSUET, Hist. I, 8]
Rome est contrainte de se jeter entre les bras des Français [ID., ib. III, 7]
J'ai horreur de mes péchés ; je me jette entre les bras de votre infinie miséricorde [FÉN., XVIII, 183]
Dieu, appuyant les fausses religions par des miracles, jetait l'univers entre les bras de ses ennemis [VOLT., Mœurs, Oracles.]
Fig. et poétiquement, amour, mariage, union.
Vous veniez de mon front observer la pâleur Pour aller dans ses bras rire de ma douleur [RAC., Andr. IV, 6]
Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre ! [CORN., Poly. II, 2]
.... Voir tout ce que j'aime entre les bras d'autrui [ID., Sertor. III, 2]
On l'allait mettre entre les bras d'un rustre [LA FONT., Mandr.]
Personne qui travaille. Campagnes qui manquent de bras. Ne vivre que de ses bras, ne vivre que de son travail.
Ce qui agit, par opposition à ce qui conçoit. Il n'a été que le bras d'un autre. Le bras droit de quelqu'un, celui qui agit, travaille pour lui.
.... L'un est votre cœur si l'autre est votre bras [ROTR., Vencesl. I, 1]
Il serait désormais le bras droit de notre monarque [BOSSUET, Honn. 3]
Les conseillers d'État se portèrent à chasser la Berlips et le prince de Darmstadt, de haine pour la reine et pour ses deux bras droits [SAINT-SIMON, 81, 55]
Fig. Force, courage guerrier. Un bras victorieux.
.... Je n'ai point de bras Quand il faut conserver ce qui ne vous plaît pas [CORN., Cid, V, 1]
Trois sceptres à son trône attachés par mon bras [ID., Nicom. I, 1]
Remettez à leurs bras les communs intérêts [ID., Cinna, I, 2]
S'il avait comme lui son bras à mon service [ID., D. Sanche, II, 4]
Je vous offre mon bras [RAC., Andr. I, 4]
Pouvoir, puissance. Toutes les choses humaines sont sous le bras de Dieu. Un tyran appesantissait sur la ville un bras de fer.
Les prières devraient arrêter le bras du Seigneur [MASS., Temples.]
Sion, le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater l'appui [RAC., Esth. I, 1]
Le bras séculier, la puissance, l'autorité temporelle par opposition à l'autorité ecclésiastique, et aussi la justice temporelle par opposition à la juridiction ecclésiastique.
Dérober un coupable au bras de la justice [CORN., Hor. V, 3]
Fig. et familièrement. Avoir les bras longs, avoir beaucoup de crédit, d'influence.
Un des courants d'un fleuve. La Meuse reçoit un bras du Rhin. Se diviser en beaucoup de bras. La rivière ayant réuni ses deux bras. Bras de mer, détroit. Ils sont séparés par un bras de mer.
Sorte de chandelier à une ou plusieurs branches qu'on applique au mur. Un bras doré. Deux bras d'argent.
10° Dans le langage anatomique, région du membre antérieur ayant pour base l'humérus. Membre thoracique des animaux invertébrés, ou seulement son premier article. Terme de vétérinaire. Partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou. Les bras d'une baleine, ses nageoires. Bras du polype, ses tentacules. Bras de l'écrevisse, ses pinces. Les bras du Scorpion, constellation.
11° Ce qui est configuré en forme de bras. Les bras d'une machine. Les bras d'une équerre. Bras de fauteuil. Siége à bras. Les bras d'un fauteuil, d'une civière, d'un brancard, d'une vergue. Le bras d'un aviron. Bras de la vigne. Bras de balance, les deux parties qui sont de chaque côté du point. Bras de levier, la portion du levier comprise entre le point d'appui et le point d'application des forces. Terme de charpentier. Bras de chèvre, les deux longues pièces qui portent le treuil.
12° Terme de géognosie. Rameau de montagne qui, dépassant le pied général de la chaîne, s'avance dans la plaine.
13° À bras, loc. adv. Avec les bras seuls, et sans machine.
Les cabestans enlèvent des fardeaux que les hommes n'auraient pas pu remuer à bras [VOLT., Dial. IV]
On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre [ID., Mœurs, 152]
Il fallait porter la caisse à bras jusqu'à une certaine distance [J. J. ROUSS., Conf. III]
À force de bras, même sens. Ils montèrent le canon à force de bras. À tour de bras, loc. adv. De toute sa force. Il frappait à tour de bras. À bras raccourci, sans quartier. Frapper à bras raccourci.
14° À bras-le-corps, loc. adv. Par le milieu du corps. Il le prit à bras-le-corps.
15° Bras dessus, bras dessous, loc. adv. En se donnant le bras.
Monseigneur descendit, le roi voulut descendre aussi ; monseigneur lui embrassa les genoux ; le roi lui dit : ce n'est pas ainsi que je veux vous embrasser ; et sur cela bras dessus, bras dessous, avec tendresse de part et d'autre [SÉV., 488]
Bras dessus et bras dessous, S'en vont Colin et Colette [BÉRANG., Bon ménage.]
Fig. Être bras dessus, bras dessous, être dans une grande intimité. S'embrasser bras dessus, bras dessous, s'embrasser avec beaucoup d'intimité.
Je commence par vous embrasser bras dessus, bras dessous [MONTESQ., Lettre 51]

PROVERBE

    Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, c'est-à-dire il n'a point de discrétion, il abuse.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Donc perdreit Charles le destre braz du cors [, Ch. de Rol. XLIV]
    À bras se prenent ambedeus pour luter [, ib. CLXXXI]
  • XIIe s.
    S'il aveient talent [désir] de guerre, Dès or en unt toz pleins les braz [BENOÎT, II, 8723]
    Entre ses bras nulle fois ne gisrez [, Ronc. p. 82]
    Sur la jointe du bras où il l'a assené [, ib. p. 195]
    Et ses beaus bras et son cors bel et gent [, Couci, v]
    Mais [ils] n'i voient riens qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton [, ib. II]
    Ses deus fils [il] vit ocire as bras de sa moillier [, Sax. X]
    Quant il furent caeit [tombés] andui el brac [, Gerard de Ross. p. 360]
  • XIIIe s.
    Et pristrent port devant le palais l'empereour Alexis, qui ert apelés Calcidoines, et fu encontre Constantinoble de l'autre part du bras devers la Turkie [VILLEH., LXII]
    La duchoise, sa suer, entre ses bras la prent [, Berte, IX]
    Nus boutonier ne puet faire boutons qu'il ne soient bien soudé et loialment, c'est à savoir li dui bras de la queue, et li boutons en milieu oniement [, Liv. des mét. 185]
    Et se apostume avient, si convera tantost sainier de l'autre brac [ALEBRANT, f° 12]
    Une ewe ki desuz cureit ; Braz fu de mer, hafne [havre] i aveit [MARIE, Gugemer.]
    Au tierc jor devant l'avesprer, [ils] Parvinrent à un brac de mer [, Fl. et Bl. 1501]
    Assez près de Damiete trouvames un flum qui issoit de la grant riviere ; et fut ainsi acordé que l'ost sejourna un jour pour boucher le dit braz, par quoy en peust passer [JOINV., 219]
    Là le rescourent le connestable de France et plusieurs des serjans le roy avec li, qui le ramenerent par les bras jusques à son paveillon [ID., 218]
  • XIVe s.
    [Celui qui porte le faucon] doit tenir son brach et son poing ferme [, Modus, f° LXXVIII, verso]
  • XVe s.
    Et saillent de terre, et embrassent un homme par derriere, et le tirent jus ; car ce sont trop fortes gens de bras [FROISS., III, IV, 42]
    Et en pensant mainteffoiz m'est advis Que je vous tiens entre mes bras, m'amye [CH. D'ORL., Ball. 12]
    Bel Acueil print Jeunesse par le bras [ID., ib. 1]
    Puis passeront Gauloys le bras marin ; Le poure Anglet destruiront si par guerre [E. DESCH., Ball. sur la proph. de Merlin.]
    Voyant soy estre l'ung des bras principaux du royaulme [G. CHASTEL., Chron. du duc Philippe, Introd.]
    Girard et Conrard se prindrent à bras, et s'en vont voir leurs chevaux [LOUIS XI, Nouv. XXVI]
    Il en avoit tout au long du bras et autant qu'on en pourroit entasser à toute force au cœur d'un amoureux [ID., ib. XXXIII]
    Si se tourna tost devers lui et le print à bons bras de corps [ID., ib. XLIV]
  • XVIe s.
    Elle passa un lacet de sa robe dans l'un des bras de sa chaize [MONT., III, 153]
    Comme les galeres des Barbares eussent environné les isles tout à l'entour, et l'issue du bras de Salamine [AMYOT, Arist. 21]
    Il se feit porter par ses serviteurs dedans une littiere à bras, jusques au senat. Ses gendres et ses enfants, le prenant par dessoubz les bras, le conduisirent au dedans [ID., Pyrrh. 39]
    Pionniers, charpentiers et autres telles gens de bras [ID., Lucull. 49]
    Comme nous avons dit en la fracture du petit bras [avant-bras] l'os qui demeure entier sert à son compagnon [PARÉ, XIII, 23]
    Comme l'on fait es boutiques des marchands, par l'aune, la cane, le bras, et semblables [O. DE SERRES, 11]
    Et à grands tours de bras forcez moy la marine, Bandez vous au travail [RONS., 844]
    Il jette la pierre et cache le bras [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. brai ; picard, bros ; wallon, bres' ; provenç. bratz ; catal. bras ; espagn. brazo ; portug. braço ; ital. braccio ; du latin brachium. Dans l'ancien français, le nominatif est bras, le régime est brac. C'est le nominatif qui a formé le mot actuel ; de là vient l's que nous y mettons.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    BRAS.
    11° Ajoutez :
  • Bras ou genou de l'aviron, la partie depuis le point d'appui jusqu'à la main du rameur.

bras

BRAS. n. m. Membre du corps humain qui tient à l'épaule. Bras droit. Bras gauche. Bras nerveux. Bras long. La force du bras. Lever, hausser, étendre, plier le bras. Être blessé au bras. Elle portait un enfant sur ses bras, entre ses bras, dans ses bras. Lever un fardeau à bras tendu. Se jeter dans les bras, entre les bras de quelqu'un. Jeter les bras, ses bras au cou de quelqu'un. Un enfant qui tend les bras à sa nourrice. Saisir quelqu'un par le bras.

On le dit proprement, en termes d'Anatomie, de la Portion du bras qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au coude; celle qui va du coude au poignet se nomme Avant-bras.

Donner le bras à une femme, L'accompagner et lui présenter le bras pour qu'elle s'y appuie en marchant. Il se dit également de la Personne qui s'appuie sur le bras de l'autre. Elle donnait le bras à son mari. On dit dans le même sens Elle était au bras de son mari.

Donner, offrir, tendre le bras à quelqu'un, Lui prêter le bras de façon qu'il s'en aide et s'appuie dessus, soit pour se relever, s'il est tombé, soit pour marcher plus facilement. On dit dans un sens analogue Prendre le bras de quelqu'un et S'appuyer sur le bras de quelqu'un en marchant. On dit aussi dans le sens réciproque Se donner le bras, en parlant de Deux personnes dont l'une a le bras passé dans celui de l'autre. Ils marchaient en se donnant le bras.

Fam., Avoir le bras retroussé jusqu'au coude, Avoir ses manches retroussées de manière que le bras soit nu jusqu'au coude.

Être en bras de chemise, se dit d'un Homme qui, pour être plus à l'aise, n'a pas mis ou a retiré habit, veste ou blouse.

Fig. et fam., Avoir les bras rompus, Avoir les bras fatigués par l'excès du travail.

Fig., Ne vivre que de ses bras, Ne vivre que du travail de ses bras.

Fig. et fam., Demeurer les bras croisés, Demeurer sans rien faire.

Fig. et fam., Couper bras et jambes à quelqu'un, Lui retrancher beaucoup de ses prétentions, de ce qu'il garde comme ses droits. Cet arrêt nous a coupé bras et jambes. Il signifie plus ordinairement Ôter à quelqu'un le moyen d'agir, d'arriver à ses fins, de réussir. La perte de son protecteur lui a coupé bras et jambes. Cette disgrâce, ce malheur lui a coupé bras et jambes. Il signifie encore Frapper d'étonnement, de stupeur. Cette nouvelle me coupa bras et jambes. On dit, dans une acception analogue à ce dernier sens, Les bras m'en tombent.

Fig. et fam., Traiter quelqu'un de monsieur, de monseigneur, gros comme le bras, Lui donner ces titres fréquemment et avec emphase.

Fig., Tendre les bras à quelqu'un, L'aider, lui offrir ses secours, son appui; s'il a des torts, être prêt à les lui pardonner. Je lui ai tendu les bras dans sa disgrâce. On dit quelquefois dans ce sens Ouvrir ses bras à quelqu'un.

Tendre les bras à quelqu'un peut signifier aussi figurément Implorer son secours. On dit également Tendre les bras vers quelqu'un.

Fig., Se jeter dans les bras, entre les bras de quelqu'un, Se mettre sous sa protection, recourir à lui pour en avoir du secours. Se voyant ainsi persécuté, il se jeta entre les bras d'un tel. Se jeter entre les bras de Dieu, dans les bras de sa miséricorde.

Fig., Recevoir quelqu'un à bras ouverts, Le recevoir avec grande joie.

Fig. et fam., Avoir quelqu'un sur les bras, En être chargé ou importuné. Cette pauvre veuve a cinq enfants sur les bras. Que cet homme-là est importun! je l'ai toujours sur les bras. Fig., Avoir l'ennemi, avoir une armée entière sur les bras, Avoir à se défendre contre l'ennemi, contre une armée entière. Avoir beaucoup d'affaires sur les bras, En être accablé, surchargé.

Fig., Tirer quelqu'un d'entre les bras de la mort, des bras de la mort, Le guérir d'une maladie qui semblait mortelle. Ce médecin m'a tiré des bras de la mort.

Fig. et poétiq., Être dans les bras du sommeil, de Morphée, Dormir.

Fig., Arrêter, retenir le bras à quelqu'un, L'empêcher de punir, de se venger.

Fig. et fam., Si on lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, Il abuse de la liberté, il étend la permission qu'on lui accorde.

BRAS signifie par extension la Personne même qui travaille, qui agit ou qui peut travailler, agir. Avoir plusieurs bras à son service. Cette terre exige un grand nombre de bras pour son exploitation. Souvent après les longues guerres, les bras manquent à l'agriculture. Des bras inutiles. Mille bras se sont armés pour le défendre.

Fig., Être le bras droit de quelqu'un, Être son principal agent en toutes choses.

Par extension, il désigne le Pouvoir, la puissance. Le bras de Dieu. Le bras du Tout- Puissant. Un bras protecteur. Un bras puissant. La puissance de son bras.

Fig., en termes d'Écriture sainte, S'appuyer sur un bras de chair, Mettre sa confiance dans les hommes, au lieu de la mettre en Dieu.

Le bras séculier, La puissance temporelle, par opposition à la puissance ecclésiastique. Implorer le bras séculier. Livrer un ecclésiastique au bras séculier.

Fig. et fam., Avoir le bras long, Avoir un crédit, un pouvoir qui s'étend bien loin.

Il se dit aussi figurément en parlant de la force et du courage guerrier, des exploits militaires. Tout cède à l'effort de son bras. La patrie a besoin de ton bras.

Par analogie, il se dit de Plusieurs autres choses qui ont avec le bras de l'homme un certain rapport de forme ou de destination. Les bras d'une baleine, Ses nageoires. Les bras d'un polype, Ses tentacules. Siège à bras, Siège aux deux côtés duquel il y a de quoi s'appuyer les bras. Fauteuil à bras. Il y a de petites chaises à bras pour les enfants. Les bras d'un fauteuil. Les bras d'une civière, d'un brancard, Les deux bâtons parallèles qui se prolongent à chaque extrémité d'une civière, d'un brancard, et qui servent à le soulever et à le porter. En termes de Marine, Le bras d'un aviron, La partie par laquelle on le tient, on le manie, pour ramer. Les bras d'une vergue, Les manoeuvres ou cordages amarrés à l'extrémité d'une vergue pour la gouverner ou la mouvoir selon le vent. En termes d'Arts, Bras de balance, Chaque moitié de la verge transversale qui est posée en équilibre sur le point d'appui et aux deux extrémités de laquelle pendent les bassins de la balance. En termes de Mécanique, Bras de levier, La partie du levier comprise entre le point d'appui et celui auquel est appliquée la puissance ou la résistance. En termes de Géographie, Bras de mer, Partie de la mer qui passe entre deux terres assez proches l'une de l'autre. L'Italie est séparée de la Sicile par un bras de mer.

À FORCE DE BRAS, ou simplement À BRAS, loc. adv. qui se disent en parlant de Travaux, de transports pour lesquels on n'emploie que la seule force des bras. Ils montèrent le canon à bras, à force de bras. Tirer, traîner, transporter à bras, à force de bras. On dit dans un sens analogue Moulin à bras, civière à bras, charrette à bras.

À TOUR DE BRAS, loc. adv. De toute sa force. Frapper à tour de bras.

À BRAS RACCOURCIS, loc. adv. En employant toute sa force. Il tomba sur son adversaire à bras raccourcis. Frapper à bras raccourcis.

À BRAS-LE-CORPS, loc. adv. Il ne s'emploie guère que dans cette phrase, Saisir, prendre, tenir, porter quelqu'un à bras-le-corps, Le saisir le prendre, le tenir, le porter au moyen du bras ou des deux bras passés autour du corps. Il prit l'enfant à bras-le-corps et, le tenant ainsi, le porta jusqu'à sa mère.

BRAS DESSUS, BRAS DESSOUS, loc. adv. et fam. En se donnant le bras avec amitié. Ils marchaient bras dessus, bras dessous.

bras

Bras, Brachium, Et en matiere de navires, Bras en pluriel, sont deux cordes deliées, qui passent chacune par un bout de la verge du beaupre, et vont le long du navire, et servent pour tirer et serrer ledit beaupré dedans le navire quand mestier est, Cheruchus, braco d'antena Esp.

Qui a les bras hors, Exertus.

Le lieu creux sous les bras de l'homme, où croit du poil, Axilla.

Appartenant au bras, Brachialis.

Il s'est rompu le bras, Brachium fregit.

La Rep. fuit entre tes bras, te demandant secours, Confugit in sinum tuum concussa Resp.

Bras de mer, est une course où excurssion d'eauë que la mer fait ou devers la terre, ou entre deux terres fermes ou Isles, comme s'eslanceant, et partant de la haute mer, Brachium maris, aestuarium. On dit le bras sainct George, Hellespontus, Le d'estroit ou estroit de Gallipoli, on dit aussi le bras d'une riviere quand elle se fend en deux ou plusieurs courants, Brachium fluminis, Liu. lib. 22.

Le bras seculier, Magistratus ciuilis.

brâs


BRâS, s. m. [Brâ, long, et devant une voyelle brâz.] 1°. Partie du corps humain, qui tient à l'épaule. "Lever, hausser, étendre le brâs. — Au figuré, Puissance, le brâs de Dieu n'est pas racourci: Brâs séculier; puissance temporelle; implorer le brâs séculier; livrer un Ecclésiastique au brâs séculier: ou Vaillance: Tout céde à l'éfort de son brâs. = 2°. Canal, division d'une rivière; Le Rhin se sépare en plusieurs brâs. — On dit en ce sens, brâs de mer; partie d'une mer entre deux terres assez proches l'une de l'aûtre. = 3°. Brâs d'un fauteuil, d'une chaise; chaise à brâs; qui a des deux côtés de quoi apuyer les brâs. = 4°. Chandeliers qu'on atache aux murailles: on les apèle de ce nom, parce que d' abord ils avaient la figûre d'un brâs. = 5°. Brâs d'une balance, d'un levier; les deux parties qui sont de côté et d'aûtre du point d'apui.
   Rem. 1°. On dit, avoir les brâs retroussés jusqu'au coude; et cela est mieux que de dire, avoir la manche retroussée, etc. quoique ce soit la manche qu'on retrousse, et non pas le brâs.
   2°. On dit, figurément: s'apuyer sur un brâs de chair; c'est une expression ascétique, et consacrée. Bossuet a dit, dans le même sens: "une Église, qui s'apuye sur l'homme, et sur le brâs de la chair. Dans l'usage actuel, ce serait un barbarisme. Il faudrait dire: et sur un brâs de chair.
   3°. Se jeter dans les brâs, ou entre les brâs: le 1er est mieux dit dans le sens propre et naturel; le 2d, dans le sens figuré, pour signifier, se mettre sous la protection, implorer le secours. Cette expression peut prêter à des sens peu honêtes, et être peu décente, quand on parle d'un sexe à l'égard de l' aûtre. M. Moreau, parlant de Frédegonde, après la mort de Chilperic: elle se sauve à Paris, dit-il, se jète dans les brâs de l'Évêque, et se réfugie dans l'Église de Notre-Dame. — Cet illustre Auteur n'a pas fait atention au manque de décence de cette expression, qui est dailleurs moins propre: c'est entre les brâs qu'il aurait falu dire.
   4°. Tendre les brâs à quelqu' un, lui ofrir, lui doner du secours, est encôre une expression figurée, qui est de tous les styles. — Avoir sur les brâs: "Ils ne s'atendoient pas à avoir une armée sur les brâs. Le P. du Cerceau dit, dans le même sens: tomber sur les bras. "Les Tyrans n'eurent pas de peine à se persuader que, dès qu'il se verroit assez fort, il (Rienzi) leur tomberoit sur les brâs. Je doute que l'usage admette cette locution.
   5°. On dit encôre métaphoriquement, les brâs du sommeil, les brâs de la mort. "Un instant les fera passer des brâs du someil dans les brâs de la mort.
   6°. BRâS entre dans plusieurs phrâses du style famil. ou prov. — On dit à celui, qui étend la liberté, la permission qu'on lui done: "On vous en done un doigt, et vous en prenez long comme le brâs; ce qui peut s'apliquer aux exagérations de la médisance. — Avoir les brâs longs; avoir beaucoup de crédit, d'autorité. — Recevoir quelqu'un à brâs ouverts; le recevoir avec empressement, avec amitié. — On dit, à peu-près dans le même sens: Brâs dessus, brâs dessous. "Monseigneur (le Dauphin) lui embrassa les genoux. Le Roi lui dit: Ce n'est point ainsi que je veux vous embrasser: vous méritez que ce soit aûtrement; et sur cela, brâs dessus, brâs dessous, avec tendresse de part et d'aûtre. Sév.Être le brâs droit de quelqu'un: être bien auprès de lui, ou être son apui, ou son factotum. — Demeurer les brâs croisés; restez oisif. — Avoir les brâs rompus: refuser de travailler. = Traiter quelqu'un de Monsieur, de Monseigneur, etc. grôs comme le brâs; souvent et avec afectation. = Faire tomber les brâs; étoner. "Vous a-t-il lu son morceau sur les moeurs, et l'état politique des Anglois? — Oui: — Eh bien! — Inouï, incompréhensible.... Les brâs m'en sont tombés, je l'avoûe. Th.d' Educ.
   À~ BRâS, adv. À~ force de brâs: faire monter le canon à brâs. — À~ tour de brâs; de toute sa force. — À~ plein brâs; à la brassée.

Synonymes et Contraires

bras

nom masculin bras
1.  Appui pour les bras.
2.  Littéraire. Ce qui aide.
Traductions

bras

Arm, Oberarmarm, brancharm, (zee)engte, arbeider, armleuning, bras [aan ra], gezag, handvat, macht, schaar, vin, voorpoot, werkkracht, zwengelזרוע (נ)brakobrazobraccio, bracci, bracciolo, ramo, sprangaarmbraçoarmμπράτσο, βραχίοναςрукаذِرَاعpažearmkäsivarsirukaramięแขนkolcánh tayрамо (bʀɑ)
nom masculin
1. partie du corps qui est entre l'épaule et la main se casser le bras serrer qqn dans ses bras
2. partie d'un siège sur laquelle on appuie son coude les bras d'un fauteuil
3. personne qui aide qqn dans sontravail

bras

[bʀɑ]
nm
(= membre) → arm
[fleuve] → branch
(autres locutions) bras dessus bras dessous → arm in arm
accueillir qn à bras ouverts → to welcome sb with open arms
rester les bras croisés → to sit idly by
dans les bras de Morphée → in the arms of Morpheus
à bras raccourcis → with fists flying
à tour de bras → with all one's might
baisser les bras → to give up
en bras de chemise → in shirt sleeves bras
nmpl (= travailleurs) → manpower sg, hands
manquer de bras → to be short-handed, to be short of manpower
On manque de bras → There's a shortage of manpower.
bras de fer nm
(= jeu) → arm-wrestling
(fig)trial of strength
engager un bras de fer avec qn → to engage in a trial of strength with sb
une partie de bras de fer (= jeu) → an arm-wrestling contest (fig) → a trial of strength
bras de levier nmlever arm
bras de mer nmsound
bras droit nm (= personne) → right-hand man