bravé


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brave

BRAVE. adj. des deux genres. Qui a beaucoup de valeur, beaucoup de courage. Brave soldat. Brave capitaine. Il est fort brave, brave comme son épée.

Il n'est brave qu'en paroles, il est brave jusqu'au dégainer, Ce n'est qu'un fanfaron.

Il signifie familièrement Qui est honnête, bon, obligeant. C'est un brave homme. Vous êtes un brave homme d'être venu ici. C'est une brave femme.

Il s'emploie souvent comme nom et signifie Homme courageux, vaillant. C'est un brave. Se battre, se conduire en brave. Une armée de braves. Il fait le brave et ne l'est pas. C'est un faux brave.

Fam. et par plaisanterie, C'est un brave à trois poils, C'est un homme d'une bravoure éprouvée.

Il s'emploie aussi familièrement en s'adressant à des gens de condition inférieure. Bonjour, mon brave.

brave

Brave, com. gen. penac. Est dit celuy ou celle qui s'habille pompeusement, Qui splendido ornatu vtitur, Il vient de ce mot Grec brabês, qui vient de brabéuô, signifiant aussi porter le signe de victoire au poing, parce que comme les mieux faisans aux jeux gymniques, ausquels le prix estoit distribué, s'en retournoient en pompe et haute contenance, comme honorez dudit prix: ainsi ceux qui sont pompeusement vestus, marchent en fiere contenance, et le François les appelle Braves, soient hommes, soient femmes. Et parce que celuy qui est ainsi pompeusement vestu, regarde coustumierement en fierté ceux qui l'approchent, tant le François que l'Espagnol, l'Italien et les Languedocs et Provençaux, usent de ce mot en cas de ferocité, appellant le François un homme brave aussi, celuy qui met bien la main aux armes et ne se laisse surmarcher: et Braverie, ou Bravade, un insult fait à aucun avec escorne, et Braver quelqu'un, pour fierement luy faire une honte; usant de l'adverbe Bravement pour vaillamment et en homme accort et advisé. Et tant l'Espagnol que l'Italien Bravo, ce que le Latin dit Ferox, et particulierement l'Espagnol Braveza, Feritas, Ferocia, et Bravamente, Fere, ferociter: Et lesdits Languedocs et Provençaux disans, Un bouou brau, pour un boeuf furieux et de mauvaise rencontre.

Marcher bravement, ou Faire le brave, Speciose ingredi, Primum locum sibi velle ascribere, Aliis se praeferre, Semble qu'il vienne de brabéuô, id est, Prior sum Palmam fero, Supero, Vinco.

¶ Brave aucunesfois signifie superbe et hautain.

Brave chevalier, Summus eques, Liu. lib. 23.

brâve


BRâVE, adj. [1re longue, 2e e muet.] 1°. Vaillant, courageux, brâve Soldat, brâve Capitaine. — s. m. Il fait le brâve; c' est un faux brâve. Tous nos brâves se distinguèrent dans cette occasion. = 2°. Devant le substantif, il signifie, honête: "Vous êtes un brave homme; c'est une brâve femme. = 3°. Vêtu, paré de beaux habits. "Vous voilà bien brâve.
   Rem. 1°. Autrefois, brâve, se disait plus des habillemens que du courage; et Ménage remarque comme une nouveauté dans Malherbe, d'avoir dit: Est-il courage si brâve? Et ailleurs: les Muses hautaines et brâves. — Aujourd'hui c'est tout le contraire, et il n'y a guère plus que le peuple qui s'en serve pour propre, bien mis, endimanché. Madame de Sévigné a dit encôre; mais il paraît que c'est en plaisantant: "Vous prenez des peines infinies pour nos habits; vous me faites plus brâve que je ne voulois. — L'Académie dit seulement, qu'il est du style familier.
   2°. BRâVE, subst. S'emploie le plus souvent au pluriel, et il se prend presque toujours en mauvaise part.
   Il est de faux dévots, comme il est de faux brâves.
       Molière.
  Je crains peu, direz-vous, les brâves du Parnasse.
      Boileau.
Il est toujours entouré de brâves, c. à. d., de bréteurs, de spadassins.
   On dit, d'un homme vaillant, brâve comme César, brâve comme son épée; et d'un poltron, brâve comme un lapin.
   J. J. Rousseau dit: téméraires en paroles, et brâves de la langue. C'est la traduction de: nimii verbis, lingu feroces; de Tacite. L'expression est peu noble.