brocher

(Mot repris de brochais)

brocher

v.t.
1. Plier, assembler, coudre et couvrir des feuilles imprimées pour en faire un livre.
2. Tisser une étoffe de fils d'or, de soie, pour faire apparaître des dessins en relief sur un fond uni : Du satin broché d'argent.
Et, brochant sur le tout,
Litt. et en plus, et pour comble : Elle n'avait pas de parapluie et, brochant sur le tout, elle ne trouva aucun abri.

brocher


Participe passé: broché
Gérondif: brochant

Indicatif présent
je broche
tu broches
il/elle broche
nous brochons
vous brochez
ils/elles brochent
Passé simple
je brochai
tu brochas
il/elle brocha
nous brochâmes
vous brochâtes
ils/elles brochèrent
Imparfait
je brochais
tu brochais
il/elle brochait
nous brochions
vous brochiez
ils/elles brochaient
Futur
je brocherai
tu brocheras
il/elle brochera
nous brocherons
vous brocherez
ils/elles brocheront
Conditionnel présent
je brocherais
tu brocherais
il/elle brocherait
nous brocherions
vous brocheriez
ils/elles brocheraient
Subjonctif imparfait
je brochasse
tu brochasses
il/elle brochât
nous brochassions
vous brochassiez
ils/elles brochassent
Subjonctif présent
je broche
tu broches
il/elle broche
nous brochions
vous brochiez
ils/elles brochent
Impératif
broche (tu)
brochons (nous)
brochez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais broché
tu avais broché
il/elle avait broché
nous avions broché
vous aviez broché
ils/elles avaient broché
Futur antérieur
j'aurai broché
tu auras broché
il/elle aura broché
nous aurons broché
vous aurez broché
ils/elles auront broché
Passé composé
j'ai broché
tu as broché
il/elle a broché
nous avons broché
vous avez broché
ils/elles ont broché
Conditionnel passé
j'aurais broché
tu aurais broché
il/elle aurait broché
nous aurions broché
vous auriez broché
ils/elles auraient broché
Passé antérieur
j'eus broché
tu eus broché
il/elle eut broché
nous eûmes broché
vous eûtes broché
ils/elles eurent broché
Subjonctif passé
j'aie broché
tu aies broché
il/elle ait broché
nous ayons broché
vous ayez broché
ils/elles aient broché
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse broché
tu eusses broché
il/elle eût broché
nous eussions broché
vous eussiez broché
ils/elles eussent broché

BROCHER

(bro-ché) v. a.
Passer, en tissant, des fils sur le fond uni d'une étoffe, pour y former des dessins. Brocher une étoffe d'or et d'argent. En termes de blason, brochant sur le tout, se dit des pièces qui, brochées sur d'autres, passent d'un côté de l'écu à l'autre. Il porte d'azur au lion d'or, à la fasce de gueules brochant sur le tout. Fig. Brochant sur le tout, en outre, de plus, comme complément. Il a mal parlé de vous, et, brochant sur le tout, il vous a desservi auprès du ministre.
Coudre ensemble les feuilles d'un livre préalablement pliées, puis y mettre une couverture de papier.
Familièrement, faire sans soin, ou, simplement, faire à la hâte. Cet écolier broche ses devoirs.
J'ai broché un sous-seing comme j'ai pu ; il fallait bien signer quelque chose [P. L. COUR., Lett. II, 197]
Et qui vous dit, mes divins anges, que je brochais un drame ? [VOLT., Lettr. d'Argental, 13 juillet 1763]
Terme de maréchal. Enfoncer à coups de brochoir les clous à travers les trous du fer et la corne, pour fixer le fer du cheval et du bœuf. Enfiler les épingles dans les anneaux qui en forment les têtes. Terme de boucherie. Pratiquer des trous dans la peau du bœuf assommé, afin de le souffler. Terme de couvreur. Brocher la tuile, la passer entre les lattes pour que le couvreur l'ait sous la main.
Donner un léger binage à la vigne.
V. n. Pousser, en parlant d'un arbre nouvellement planté. Cet arbre commence à brocher. Peu usité.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Son cheval [il] broche [pique], et monte en un larriz [, Ch. de Rol. LXXXVII]
  • XIIe s.
    Le destrier [il] broze [pique], il cort par tel randon.... [, Ronc. p. 52]
    Il broche le cheval, de lui ferir s'atire [, Sax. X]
    De l'ost se partent trois glouton pautonnier, De ci al borc ne finent de broichier [, Raoul de C. 87]
  • XIIIe s.
    Mere, de quoi me chastiez ? Est-ce de coudre ou de taillier ? Ou de filer ou de broissier ? Ou se c'est de trop sommeillier ? [, Romancero, p. 54]
    Atant ès vous un message broçant à espourons qui descendi as degrés de la sale, et monta amont et demanda le roi [, Chr. de Rains, p. 65]
  • XVe s.
    [On vit] les deux chevaliers partir de leur lez, et brocher leurs chevaux des eperons rudement, et porter leurs lances arréement [FROISS., III, IV, 12]
    Lors se retourna-t-il le glaive au poing devers ses ennemis ; aussi firent les deux freres et plusieurs autres compagnons, et brocherent aux premiers venans [ID., I, I, 177]
  • XVIe s.
    Qu'ils debridassent leurs chevaux et brochassent à toute force des esperons [MONT., I, 367]
    Le cheval du tyran, qui estoit courageux et fort, et d'avantage se sentoit broché des esperons d'une part et d'autre jusques au sang, se hazarda de vouloir franchir le fossé [AMYOT, Philop. 17]
    Ilz brocherent leurs chevaux des esperons l'un contre l'autre, les espées aux poings, avec grands cris [ID., Eum. 13]
    Et estoit vestu de robbes de pourpre brochées d'or [ID., Démétr. 57]
    Puis en brossant [éperonnant] les flancs de son bayard [RONS., 650]

ÉTYMOLOGIE

  • Broche ; provenç. brocar, brochar ; ital. broccare. On remarquera dans l'historique que le ch est souvent remplacé par ss ; probablement par une confusion avec brosse, brossailles (voy. ces mots). On y verra aussi que tous les sens de brocher se rapportent sans peine à piquer avec une pointe ou broche.

brocher

BROCHER. v. tr. T. d'Arts. Garnir de fils d'or ou de soie qui forment des dessins. Brocher une étoffe; la brocher d'or et d'argent; la brocher de soie.

En termes de Blason, Brochant sur le tout, se dit des Pièces qui passent tout entières d'un côté de l'écu à l'autre, en couvrant une partie des pièces dont l'écu est chargé. Les anciens ducs de Bourbon portaient de France à la bande brochant sur le tout. Figurément et familièrement, il se dit, par plaisanterie ou en dérision, de Ce qui est ajouté à une quantité, à un nombre déjà trop considérable, d'un surcroît de mal, d'importunité, de ridicule, etc. Ils sont une demi-douzaine plus ennuyeux les uns que les autres, et un tel brochant sur le tout. Il a la fièvre, la goutte et un gros rhume brochant sur le tout. Il vient de faire une nouvelle sottise brochant sur le tout.

Il signifie aussi Assembler et plier les feuilles d'un livre de manière que les pages se suivent, puis les coudre ensemble avec de la ficelle ou du fil passé dans la marge intérieure, et les couvrir d'un papier de couleur ou autre. Faire brocher un livre, un manuscrit. Il n'est pas nécessaire de relier ces cahiers, il suffit de les brocher.

Il signifie, figurément et familièrement, Façonner à la hâte. Il ne prend pas le temps nécessaire, il ne fait que brocher la besogne. Il a broché ce mémoire en quatre heures. Cet écolier broche ses devoirs.

brocher

Brocher, Literas vestibus intexere.

Brocher un cheval des esperons, Piquer, Equo calcaria addere, adhibere, admouere, subdere, Concitare calcaribus.

Robbes brochées d'or, ou autre chose couverte de passement, Vestes segmentatae.

brocher


BROCHER, v. a. 1°. Passer la soie, l'or, etc. de côté et d'aûtre dans une étofe: brocher une étofe d'or, d'argent, de soie. = 2°. Brocher un livre; le coûdre légérement sans nervûre, avec une simple couvertûre de papier. "Ce livre n'est point relié, il n'est que broché. De là le mot de brochûre. = 3°. Ébaucher; faire, composer à la hâte. "Je n'ai fait que brocher ce Mémoire.

Traductions