broche

broche

n.f. [ lat. broccha, choses pointues ]
1. Bijou de femme muni d'une épingle permettant de l'agrafer sur un vêtement.
2. Tige de fer pointue sur laquelle on enfile une viande pour la faire rôtir : Cuire un agneau à la broche.
3. En chirurgie, tige qui permet d'immobiliser des os fracturés.
4. Partie mâle d'une prise de courant, d'un culot de lampe.

BROCHE

(bro-ch') s. f.
Longue verge de fer qu'on passe à travers les viandes pour les faire rôtir. Mettre un gigot à la broche.
Il vit des bergers pour leur rôt Mangeant un agneau cuit en broche [LA FONT., Fab. X, 6]
Six broches chargées de gibier devant le feu [HAMILT., Gramm. 11]
Des gens enfournent ; D'autres défournent ; Aux broches tournent Veau, bœuf et mouton [BÉRANG., Cocag.]
Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche [RAC., Plaid. I, 4]
Ils mirent un petit enfant à la broche [SÉV., 243]
Le mal n'est pas de les mettre à la broche [ses ennemis], le mal est de les tuer [VOLT., Lettr. Prusse, 31]
Nous risquons à tout moment d'être mis à la broche [ID., Cand. 17]
L'âme de l'empereur Antonin n'est point à la broche dans l'enfer [ID., L'homme aux 40 écus, grande querelle]
Un tour de broche, un tour que fait la broche mue par le tournebroche. Il faut encore un tour de broche à ce morceau de bœuf. Fig.
J'ai été à la mort ; un petit tour de broche de plus, on aurait dit : il est mort [VOLT., Lett. en vers, 158]
Fig. et familièrement. Faire un tour de broche, se mettre très près du feu pour se chauffer. Cela ne se dit que dans une compagnie où la politesse défend d'occuper longtemps le foyer ; on dit à celui qui a froid : Faites un tour de broche, c'est-à-dire chauffez-vous de tous les côtés, mais un instant seulement.
Petites verges de fer qui reçoivent la bobine. Filature à deux cents broches. Drap à double broche, drap épais, serré, solide, ainsi nommé parce qu'on le faisait autrefois en plaçant dans les intervalles des broches deux fils au lieu d'un.
Grosses aiguilles pour tricoter. Broches à tricoter.
Cheville pour boucher le trou qu'on fait au tonneau avec le foret, soit sur le sommet du tonneau pour introduire de l'air, soit dans le plein du tonneau pour tirer quelques gouttes du vin afin de le déguster. Fig. Couper broche à quelque chose, empêcher qu'elle ne continue, comme on interrompt le cours du vin quand on a coupé la broche du tonneau. Baguette de bois pour enfiler les harengs. La pointe de fer d'une serrure, qui entre dans le trou d'une clef forée. Petite verge de fer placée au milieu d'un carton où l'on tire au blanc. Long clou sans tête pour arrêter les lambris. Baguette sur laquelle le chandelier embroche les mèches. Petit bâton où pendent les chandelles. Ustensile de boucher pour parer la viande. Pivot de fer traversant la verge de la balance appelée romaine. Outil de cordonnier pour mettre des clous au talon.
Grosse épingle à l'usage des femmes. Bijou garni d'une longue épingle et dont les femmes se servent pour attacher les châles ou les cols et qu'elles mettent pour ornement au haut du corsage des robes.
Terme de chasse. Les broches, les défenses du sanglier. Les broches, la première tête du cerf et du chevreuil.
Terme de marine. Baguettes qui, représentant les divers diamètres des mâts d'assemblage, guident les ouvriers dans leur travail.
Terme de banque. Broches, billets de commerce de peu de valeur, inférieurs à 500 fr. ou 1000 fr.

PROVERBE

    Il ne faut pas mettre tout son rôt à une même broche, c'est-à-dire il ne faut pas mettre tout ce qu'on a sur une seule chance.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Li leus [loup] besa le heriçon ; Et cil s'ahert à son grenon, à ses lafres [lèvres] s'est atakiez, Et od ses brokes [piquants] afichiez [MARIE DE FRANCE, t. II, p. 264]
    De rechief il est ordené que quiconques ouverra à broche d'or que il couse de soie [, Liv. des mét. 381]
    Renart s'en va, pas ne sejorne, Si esperonne son cheval ; Par unes broches (voy. BROSSE) lez un val S'en va fuiant par une plaine [, Ren. 1910]
    Et deit aveir en l'escu deus broches de fer, l'une enmi l'escu et l'autre ou pié dessouz [, Ass. de J. I, 170]
    Et comme li chevaliers eust hiaume, el quel il avoit tout plain de broces par derriere, il requerroit que il li fu ostés [BEAUMAN., LXI, 63]
  • XIVe s.
    Un chandelier à trois broches, par maniere de lys [DE LABORDE, Émaux, p. 203]
    Un estuy de cuir boully, garny de trois pignes, un mirouer et d'une broche pour pigner le chief de la dite dame [ID., ib.]
  • XVe s.
    Un baston noullu [noueux] à pluseurs bros [pointes] [DU CANGE, broca.]
    Un broc ou fourche de fer à charger foing [ID., ib.]
    Il print la broche de son chariot, et s'en vint au devant du suppliant, auquel i donna tel cop de la dite broche qu'il le abatit [ID., ib.]
    [Pour les cuisines] Faut poz, paelles, chauderons, Broches de fer, hastes de fust [E. DESCH., Poésies mss. f° 497, col. 2]
    Elle chut en une dangereuse et deplaisante maladie que communement on appelle broches [hémorrhoïdes] [LOUIS XI, Nouv. II]
  • XVIe s.
    .... En telle sorte que la broche soit coupée à toutes tergiversations [CALV., Instit. 120]
    La mort peult, quand il nous plaira, coupper broche à tous aultres inconvenients [MONT., I, 71]
    Quand il fut mort, l'on ne trouva rien qui soit en sa maison, sinon une petite broche de fer [obole, monnaie] [AMYOT, Fab. 54]
    Ilz allerent en une rostisserie, où ils saisirent des broches, des coupperets et cousteaux de cuisine [ID., Crassus, 14]
    D'autre part seras tu tombé entre les mains d'un babillard, n'aye point de honte, mais romps luy tout court la broche, et t'en va ton chemin pour faire tes affaires [ID., Mauv. honte, 6]
    Le roi leur declara que tout ce qu'ils voioient estoit par son commandement, qu'il n'avoit eu autre moien pour couper broche à toutes les guerres et seditions [D'AUB., Hist. II, 19]
    À ceste cause on luy rompit alors la broche [on lui imposa silence] en luy remonstrant.... [M. DU BELL., 204]
    Tirer la broche devant que le rost soit prest [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 250]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, broke ; picard, broque, fourche en fer ; provenç. et espagn. broca, broche, pointe ; ital. brocca ; du latin brocchus ou broccus, dent saillante ; de là les significations pointe, crochet.

broche

BROCHE. n. f. Ustensile de cuisine que l'on passe au travers de la viande qu'on veut faire rôtir et qu'on tourne devant le feu, soit avec la main, soit à l'aide d'un mécanisme. Mettre de la viande à la broche. Mettre en broche. Tourner la broche.

Il faudrait encore un tour de broche, se dit lorsque la viande n'est pas assez rôtie.

Par analogie, il désigne, en termes d'Arts, Divers objets qui ont quelque ressemblance de forme avec une broche de cuisine : de Petites verges de fer qu'on adapte aux rouets, aux métiers à filer et sur lesquelles le fil, le coton, la laine se roulent à mesure qu'ils sont filés; de Petites verges de fer, de laiton ou de bois dur et poli dont on se sert pour former les mailles d'un tricot appelées plus ordinairement Aiguilles à tricoter lorsqu'elles sont de métal; de Petits fuseaux portant des fils de diverses couleurs et que l'on fait passer à la main ou mécaniquement à travers les fils de la chaîne d'une tapisserie, etc.

Broches de peigne se dit des Dents du peigne à tisser à travers lesquelles passent les fils de la chaîne.

Il se dit en outre d'une Baguette de bois dont on se sert pour enfiler divers objets comme des cierges, des chandelles ou des harengs, etc.

Il désigne le plus souvent un Bijou garni d'une longue épingle dont les femmes se servent pour attacher leurs châles ou pour orner le haut du corsage des robes. Une broche de diamants.

BROCHES, au pluriel, en termes de Chasse, se dit des Défenses du sanglier.

broche

Broche, Obelus, Veru.

Combien que la broche en fust rompue, Quanquam abscissa res erat, B. ex Liuio.

Les broches d'un cheval.

¶ Les broches espece de maladie au fondement, Haemorrhoides.

broche


BROCHE, s. f. 1°. Ustensile de cuisine, instrument de fer, long et pointu, où l'on passe la viande qu'on veut faire rôtir. Mettre à la broche, ou en broche. 2°. Il se dit, en termes d'Arts, de certaines verges de fer, qui servent à diférens usages. = 3°. On done aussi ce nom à une cheville de bois pointûe, dont on se sert pour boucher le trou d'un tonneau qu'on a percé.
   * Couper broche à quelque vice: empêcher qu'il ne se répande. Joubert a mis cette façon de parler parmi les mots vieux ou populaires.

Synonymes et Contraires

broche

nom féminin broche
Bijou que l'on fixe à un vêtement.
agrafe, fermail, fibule.
Traductions

broche

brooch, skewer, spit, pin, thornסיכה (נ), סיכת נוי (נ), פריפה (נ), שיפוד (ז), שִׁפּוּד, סִכָּהbroche, speld, (braad)spit, contactpen [elektriciteit], pen, pin, spil [spoel], stift, spit, spindelSpieß, Broscheβύσμα, σουβλί, φις, διακοσμητική καρφίτσαброшь, брошкаmandrino, spiedo, fermaglioبروشbrožbrochebrocherintakorubrošブローチ브로치brosjebroszkabrochebroschเข็มกลัดbroşghim hoa cài áo胸针 (bʀɔʃ)
nom féminin
1. tige pour griller des aliments Le poulet rôtit sur une broche.
2. bijou qu'on attache au vêtement attacher une broche au revers de sa veste

broche

[bʀɔʃ] nf
(= bijou) → brooch
une broche en argent → a silver brooch
(CUISINE)spit
à la broche → spit-roasted, roasted on a spit
un poulet à la broche → a spit-roasted chicken
(= fiche) → spike, peg
(MÉDECINE)pin