bruyant, ante

BRUYANT, ANTE1

(bru-ian, ian-t' ; plusieurs disent brui-ian) adj.
Qui fait du bruit. Musique bruyante.
Agrippine jouit de leur bruyant hommage [M. J. CHÉN., Tib. I, 4]
Ainsi, bruyante abeille, au retour du matin, Je vais changer en miel les délices du thym [A. CHÉN., Élég. 4]
Loin de ce médisant infâme, Qui de l'imposture et du blâme Est l'impur et bruyant écho [GRESSET, Chartreuse.]
Terme de chasse. Vol bruyant, se dit du vol de la colombe.
Où il se fait du bruit.
.... J'ai fui la ville aux muses si contraire ; Sur les pavés poudreux d'un bruyant carrefour Les poétiques fleurs n'ont jamais vu le jour [A. CHÉN., Élég. 14]
Fuyons leurs dieux, leurs mœurs et leurs bruyantes villes [VOLT., Minos, III, 1]
Un homme bruyant, un homme qui parle beaucoup ou qui parle d'une voix retentissante.
Tous ces galants de cour dont les femmes sont folles, Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles [MOL., Tartufe, III, 3]
C'est un des bons convives que nous ayons ; son humeur est douce et vive, sa gaieté n'est point bruyante [VOLT., l'Homme aux 40 écus, Grande querelle]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et li bruiant [les torrents] de felenie me troblerent ; ce furent li Jui, qui, ausi comme aigue rade, couroient entour [, Psautier, f° 23]
    Et comencierent à gieter grosses pierres et bruians qui confondoient quanques elles ataignoient [, Chron. de Rains, 37]
    De l'ost s'en est issus tout soavet amblant, Tout selon la riviere qui moult estoit bruiant [, Ch. d'Ant. III, 632]
  • XIVe s.
    Il furent si espris du tonnoirre bruiant [, Guesclin. 10433]
  • XVe s.
    Une très belle, gente et jeune dame, et du quartier du pays où elle se tenoit, la plus bruyante, la plus mignonne et plus renommée [LOUIS XI, Nouv. LXXXI]
  • XVIe s.
    Le diable vostre ennemi circuit comme un lyon bruyant, cerchant quelcun à devorer [CALV., Instit. 115]

ÉTYMOLOGIE

  • Participe présent du verbe bruire.