céder

(Mot repris de cédâtes)

céder

v.t. [ du lat. cedere, s'en aller ]
1. Renoncer à qqch qu'on a, dont on bénéficie, qu'on occupe, au profit de qqn : Céder sa place assise à une personne âgée. Je vous cède la parole abandonner, laisser ; conserver, garder
2. Vendre : Il souhaiterait céder son commerce pour prendre sa retraite acheter, acquérir
Céder le pas à qqn,
Litt. s'effacer devant lui pour le laisser passer ; fig., reconnaître sa supériorité.
Ne le céder en rien à,
Sout. être l'égal de : Ce film ne le cède en rien à une production hollywoodienne.
v.t. ind. (à)
1. Se plier à la volonté de qqn, ne pas lui opposer de résistance : Le réalisateur du film a cédé à tous les caprices de la vedette se résigner à, se soumettre à ; s'opposer à
2. Ne pas résister à : Céder à l'envie de manger une glace succomber à
v.i.
1. Ne pas résister à une force, à une action ; se rompre : La ficelle qui retenait le tableau a cédé casser, craquer, lâcher ; tenir
2. Cesser d'opposer une résistance physique ou morale : Devant la pression des syndicats, la direction a cédé capituler, s'incliner ; résister
3. Cesser de se manifester ; diminuer : La fièvre a cédé baisser, tomber ; augmenter, monter

CÉDER

(sé-dé ; la syllabe cé prend l'accent grave devant une syllabe muette, je cède, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est conservé, je céderai : mauvaise et inutile contradiction) v. a.
Laisser une chose à quelqu'un. Céder le haut du pavé à quelqu'un. Il céda la victoire à l'ennemi.
Que cédé-je à mon frère en cédant vos États ? [CORN., Nicom. IV, 3]
Sans regret il vous quitte, il fait plus, il vous cède [ID., Poly. IV, 5]
J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste [RAC., Baj. III, 1]
Elle lui céderait une indigne victoire [ID., Mithr. I, 1]
Le parti le plus sûr, c'est de respecter fort les procureurs du roi et leurs clercs, de fuir toute rencontre avec eux, tout démêlé, de leur céder non-seulement le haut du pavé, mais tout le pavé s'il se peut [P. L. COUR., I, 174]
Terme de commerce et de jurisprudence. Transporter la propriété d'une chose à une autre personne. Céder un magasin, un fonds, un cheval, une créance, un bail, ses droits, ses prétentions.
V. n. Plier, fléchir sous le poids, sous la pression. La porte céda sous nos efforts. Le plancher surchargé a cédé. Cette voûte cédera. Des tumeurs molles et qui cèdent à la pression du doigt. Ses greniers cédaient sous le poids du grain.
Fig. En parlant des personnes, ne pas s'opposer, ne pas résister. Ne cède pas à l'adversité. Céder aux circonstances. J'ai cédé à mon penchant. Les autres cédèrent à l'habitude. Je cédais au sommeil. Cédant à la crainte, à la colère.
Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages [MALH., II, 12]
Nous n'avons point d'amis qui ne cèdent au nombre [CORN., Sert. V, 5]
On dira que je cède à la difficulté [MOL., l'Étour. III, 1]
Un homme dont le corps a cédé aux tourments [BOSSUET, Hist. II, 12]
Prince, sans l'irriter, cédons à cet orage [RAC., Brit. III, 8]
Je suivais mon devoir et vous cédiez au vôtre [ID., Andr. IV, 5]
Son téméraire orgueil, que je vais redoubler, Croira que je lui cède et qu'il m'a fait trembler [ID., Iph. IV, 8]
Le roi de son pouvoir se voit déposséder, Et lui-même au torrent est contraint de céder [ID., ib. V, 3]
Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat [BOILEAU, Lutr. III]
Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori sut céder au temps et s'éloigner de la cour [BOSSUET, le Tellier.]
Poussin, rappelé de Rome à Paris, y céda à l'envie et aux cabales ; il se retira [VOLT., Louis XIV, Peintres.]
Absolument. A la fin il céda.
Tu céderas, ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté [BOSSUET, Marie-Thér.]
Du moins s'il faut céder.... [RAC., Mithr. III, 1]
L'univers a cédé ; cédons, mon cher Zamore [VOLT., Alz. II, 4]
Dans le même sens, en parlant des choses. Tout cède à un travail opiniâtre.
Comme j'ai fait céder mon amour au devoir [CORN., Cid, V, 6]
Je sais ta passion et suis ravi de voir Que tous ses mouvements cèdent à ton devoir [CORN., Cid, II, 2]
Enfin ma bonté cède à ma juste fureur [ID., Poly. V, 3]
Leur vaine amitié cède à leur politique [ID., Nic. IV, 6]
Ma générosité cède enfin à sa haine [ID., ib. III, 4]
Peu savent, comme vous, s'appliquer ce remède [la patience], Et dans leur intérêt [affliction], toute leur vertu cède [ID., Hor. V, 2]
La constance du pape Libère cède aux ennuis de l'exil [BOSSUET, Hist. I, 11]
Je vois que la raison cède à la violence [RAC., Phèd. II, 2]
Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux ! à l'horreur de vous voir expirer à mes yeux [ID., ib. I, 3]
Dont la beauté ne cédait qu'à celle d'Achille [FÉN., Tél. XX]
Que l'éclat de l'ancien temple céderait à la majesté du nouveau [MASS., Myst. Nouvelle vie.]
Ce nom si redoutable à qui tout autre cède [VOLT., Tanc. II, 1]
Dès sa première jeunesse, tout cédait aux lumières de son esprit [BOSSUET, le Tellier.]
Tout devait céder à ses désirs fougueux [FÉN., Tél. II]
Se reconnaître au-dessous de quelqu'un, et aussi être au-dessous de quelqu'un.
Et comme ses rivaux lui cèdent en mérite [CORN., D. Sanch. I, 1]
Les Gaulois ne leur cédaient pas en courage [BOSSUET, Hist. III, 6]
Le roi ne cédait à personne ni pour la taille ni pour la mine [HAMILT., Gramm. 6]
Elle ne cède point à la reine pour communier souvent [SÉVIG., 411]
Il aurait été tenté de nous regarder comme des intelligences supérieures, s'il n'avait éprouvé combien nous lui cédions à d'autres égards [DIDER., Lett. s. l. aveugles.]
On dit aussi le céder, dans le même sens. Il le cède en habileté à son frère. Il ne le cède à personne en vertu. L'Académie ne donne pas cette tournure ; mais elle est continuellement employée, et, à l'historique, on voit qu'Amyot s'en est servi.
tre diminué, en parlant d'un mal physique, cesser. La violence du mal ne cédant pas aux remèdes. Quand la douleur vient à céder. Le mal paraissait céder.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Je luy cede la mestairye de la pomardiere, à perpetuité [RAB., Gar. I, 32]
    Si les ennemis ne cedent et viennent à accord [MONT., I, 25]
    En presence, toutes choses luy cedent ; mais.... [ID., II, 80]
    La commodité particuliere doibt ceder à la commune [ID., II, 87]
    Ces ouvrages montrent qu'ils ne nous cedoient non plus en l'industrie [ID., IV, 18]
    Ilz refuserent tous le tripié, et le cederent en tour les uns aux autres par une honneste humilité [AMYOT, Solon, 7]
    Il ne le cedoit en bonté d'entendement à nul d'eulx [ID., Sertor. 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Espagn. ceder ; ital. cedere ; du latin cedere, proprement, aller, puis s'en aller, et, finalement, céder.

céder

CÉDER. (Je cède; nous cédons). v. tr. Laisser, abandonner une chose à quelqu'un. Céder sa place, son tour à un autre. Céder le pas, le haut du pavé. Céder la victoire. Je vous cède la parole, Je vous permets de parler avant moi. De telles choses ne se cèdent pas facilement.

Figurément Le céder, et elliptiquement Céder à quelqu'un signifie Être inférieur à lui en quelque chose, lui céder l'avantage. Il le cède à son frère en habileté. Il ne le cède à personne en courage. Il lui cède en mérite, en expérience.

Il signifie aussi, en termes de Commerce et de Jurisprudence, Transporter la propriété d'une chose à une autre personne, lui en donner la propriété. Il a cédé son magasin, son fonds, son étude. Céder un bail.

Il est souvent aussi verbe intransitif et signifie, en parlant des choses matérielles, Ne pouvoir résister à l'action de telle ou telle force. Cette poutre ne tardera pas à céder. La voûte est trop chargée, elle commence à céder. On dit dans un sens analogue L'aile gauche de l'armée commençait à céder.

Il signifie figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, Se soumettre, ne pas s'opposer, ne pas résister. Il faut céder à nos supérieurs. Céder à la force, à la raison. Céder au nombre. Céder aux larmes, aux prières de quelqu'un. Céder à des préventions. Céder à son penchant. Céder à la nécessité. Tout cède à ce redoutable conquérant. Les intérêts privés doivent céder à l'intérêt général. Par extension, La violence de la fièvre ne céda pas aux remèdes. Absolument, Cédons, puisqu'il le faut. Le mal paraissait céder. La douleur céda.

ceder

Ceder, et transporter quelque heritage, Fundum alicui transcribere.

Ceder à aucun, Je te cede, Tibi priores partes tribuo, Cedo tibi, Concedo tibi.

céder


CÉDER, v. a. [2e é fer.; mais devant l'e muet, la 1re se change en è moy. Je cède, tu cèderas, il cèderait. Devant la syll. masc. l'e redevient fer.; cédant, je cédois, il céda, etc.] 1°. Laisser, abandoner à; "Céder sa place, céder le pas, le haut du pavé. — 2°. Transporter à: céder ses droits, ses prétentions, une dette, un bail. — 3°. Neutre, ou sans régime; il faut céder, il vaut mieux céder que de disputer; ou avec la prép. à: céder au temps; au mal, à la force, à la raison. — 4°. Il est neutre, lors même qu'il est précédé du pron. le indéclinable, dans le sens de, se reconoître inférieur: il ne le cède à persone. Le Rich. Port. met, ne pas céder sans le: l'emporter sur: l'Acad. met aussi: "Il lui cède en mérite, en expérience, sans le; et le céder à quelqu'un en science, en vertu. Je crois que le est nécessaire, ou du moins plus régulier, sur-tout dans la phrâse négative. Le n'est pourtant là qu'une particule explétive, qui n'ajoute rien au sens.
   * Rem. M. Guys, Académicien de Marseille, Auteur du Voyage Littéraire de la Grèce, met en à la place de le: "Mes attraits n'en cedoient point à ceux d'aucune de mes compagnes. Cette façon de parler n'est point échapée à l'Auteur, et il la répète dans d'autres ocasions. Il faut dire, ne le cédaient point, etc. — M. Formey a dit aussi d'un Académicien de Berlin: "Il remarqua que les chiens avoient hurlé cette nuit-là: nouvel indice de superstition, qui montre qu'en ce genre, notre Savant n'en cédoit point à Cardan. Il falait dire, ne le cédait point, etc.

Synonymes et Contraires

céder


céder

verbe transitif céder
1.  Abandonner quelque chose à quelqu'un.

céder

verbe transitif indirect céder
Traductions

céder

(sede)
verbe transitif
1. donner céder sa place à qqn
2. vendre céder un terrain

céder

nachgeben, abtreten, weichen, überlassen, einräumen, übertragen, zedieren, zurückweichencede, yield, give in, give way, give up, relinquish, accommodate, assign, grantafstaan, toegeven, wijken, zwichten, overdoen, overdragen, hetveldruimen, afstand doen (van), bezwijken [dijk, toegeven (aan), touw], verkopen [juridisch], wijken (voor), meegeven, opgevenציית (פיעל), צִיֵּתcedirgive efter, give opcediceder, renunciarväistyä, antaa periksiengedcedere, mollare, piegare, arrendersiabdicar, alhear, ceder, submeter-se, transigir, render-secedere, ge sigteslim etmek, yenilgiyi kabullenmekيَسْتَسْلِمُvzdát seυποχωρώpopustiti屈服する항복하다overgi (seg)poddać sięсдаватьсяยอมแพ้đầu hàng让步
verbe intransitif
ne plus s'opposer à céder à qqn céder à la tentation

céder

[sede]
vt
(= donner, passer) → to give up
"bail à céder" → "lease for sale"
céder qch à qn → to let sb have sth
céder sa place à qn → to give up one's seat to sb
céder du terrain (fig) → to lose ground
(par une vente) → to sell
Il se refuse à céder son terrain → He refuses to sell his land.
céder qch à qn → to sell sth to sb
vi
[pont, barrage] → to give way
[personne] → to give in
Elle a tellement insisté qu'il a fini par céder → She went on so much that he eventually gave in.
céder à → to give in to, to yield to
Je ne veux pas céder à ses caprices → I'm not going to give in to her whims.