camp

camp

[ kɑ̃] n.m. [ du lat. campus, champ ]
1. Lieu aménagé pour le stationnement ou l'instruction d'une armée ; l'armée elle-même : Un camp militaire destiné à la formation des recrues
cantonnement : Le camp tout entier est à la manœuvre
2. Lieu où l'on campe ; bivouac : Les alpinistes ont établi un camp de base
3. Espace clos et gardé, sommairement équipé, où des personnes sont regroupées dans des conditions précaires et au mépris des droits fondamentaux : Ce dictateur envoie les opposants politiques dans des camps.
4. Dans certains sports ou jeux, terrain défendu par une équipe ; cette équipe : Les défenseurs restent dans leur camp. Le camp adverse domine.
5. Groupe de personnes défendant une idée et opposé à un autre groupe : Le camp des défenseurs de la nature s'élargit
Camp de concentration
Camp d'extermination
Camp retranché,
terrain entouré d'une enceinte fortifiée où campe une armée.
Ficher le camp,
Fam. s'en aller
Lever le camp,
Litt. partir, se retirer.

CAMP

(kan ; le p ne se lie pas : le camp ennemi, dites : le kan ennemi ; du temps de Chifflet, XVIIe siècle, ce p se liait, il en fait la remarque ; au pluriel l's se lie : les camps ennemis, dites : les kan-z ennemis) s. m.
Espace de terrain où une armée dresse ses tentes. Déterminer l'emplacement d'un camp, établir ou asseoir son camp. Il leva le camp sans bruit. Forcer le camp ennemi, s'emparer du camp de l'ennemi.
Rome est dans notre camp, et notre camp dans Rome [CORN., Hor. I, 3]
Familièrement. Lever le camp, partir, déguerpir.
L'armée campée. Le camp prit les armes.
Abandonner mon camp en est un [crime] capital [CORN., Nicom. II, 2]
D'un camp prêt à partir vous entendez les cris [RAC., Mithr. III, 5]
Vois comme tout le camp s'oppose à notre fuite [ID., Iph. V, 1]
En son camp on ne connaît pas les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Mettre l'alarme au camp, donner l'alerte à une troupe campée ; et, figurément, inquiéter un parti, une coterie, etc.
Oh ! dit-il, j'en fais faire autant Qu'on m'en fait faire ! ma présence Effraye aussi les gens ! je mets l'alarme au camp ! Et d'où me vient cette vaillance ? [LA FONT., Fables, II, 14]
Camp volant, troupe légère qui tient la campagne pour observer l'ennemi. Fig. Être en camp volant, n'être pas casé d'une manière définitive. Camp de manœuvre, camp établi pour l'instruction des troupes. Lit de camp, petit lit qui se démonte et que l'on transporte où l'on veut.
Je reviens aux petites choses, des toilettes, des lits de camp, des services de vaisselle de vermeil doré et d'argent [dons de Louis XIV pour l'expédition de Jacques II en Irlande] [SÉV., 525]
En un autre sens, lit de camp, lit de corps de garde, c'est-à-dire plancher élevé et incliné, sur lequel on met des matelas, et où l'on couche l'un à côté de l'autre.
Une armée quelconque.
J'ai rejoint de mon camp les restes séparés [RAC., Mithr. II, 3]
Au plur. Armes, guerre. Homme plus utile dans les camps. La vie des camps.
Fig. Parti, faction. Se partager en deux camps. Il avait été dans notre camp. Nous nous sommes jetés dans le camp d'Aristote.
Il sépare sans balancer sa sœur du camp du Seigneur [MASS., Panég. Saint Bernard.]
Maréchal de camp, anciennement, maréchal des camps et armées du roi, officier du grade immédiatement supérieur à celui de colonel ; aujourd'hui, maréchal de camp, général de brigade qui commande un département. Aide de camp, officier d'ordonnance attaché à un officier général.
Lice, champ clos. Demander le camp. Donner le camp. Juge du camp. Familièrement. Prendre le camp, déguerpir.
Dans certaines parties de l'Asie, quartier assigné aux étrangers qui viennent faire le commerce.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Servez le bien, l'onor dou camp aurez [, Ronc. 41]
  • XVIe s.
    Une heure après le camp partit [LANOUE, 567]
    Le camp du roy se mit à le suyvre [ID., 591]
    Il attendit que les fruicts et les raisins y eussent mis la maladie de camp [D'AUB., Hist. I, 236]
    Il lui envoia sur les bras un camp volant.... [ID., ib. II, 201]
    Quoi qu'on die, il n'y a pas aultre vaillance sur le pavé, et aultre au camp [MONT., II, 7]

ÉTYMOLOGIE

  • Prononciation picarde pour champ (voy. ce mot), laquelle a pris dans la langue commune une acception spéciale : ce qui est arrivé souvent.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CAMP.
  • 1° Ajoutez : Camp retranché, camp destiné à protéger une place forte, ou à être occupé par une armée chargée de la défense d'une position importante.
  • 9° Néologisme. Un camp-volant, un homme qui est comme en camp volant, sans demeure fixe, un coureur, un vagabond.
    Je vous assure qu'on a heurté à la porte, reprit le jeune homme, qui s'était levé. - Sans doute quelque camp-volant qui prend ma maison pour une auberge.... sois tranquille, je vais l'expédier [A. THEURIET, Rev. des Deux-Mond. 15 mai 1876, p. 259]

REMARQUE

  • Le titre de maréchal de camp n'est plus usité. Il est d'après le texte des lois et règlements remplacé par celui de général de brigade. Le maréchal de camp (de même que le général de brigade qui lui a succédé) ne commandait pas toujours une brigade ou un département, par exemple dans les armes spéciales (état-major, artillerie, génie). C'était, comme est le général de brigade, un officier général dont le grade est supérieur à celui de colonel et inférieur à celui de général de division.

camp

CAMP. n. m. Espace de terrain où une armée dresse des tentes ou construit des baraques pour s'y loger en ordre ou pour s'y retrancher. Camp retranché, fortifié. Dans tous les quartiers du camp. Il a mis, il a posé, assis son camp en tel endroit. La garde du camp. Se retrancher dans un camp. Il força les ennemis dans leur camp. Lever le camp.

Il se prend aussi pour Armée campée. Le camp était tranquille. Tout le camp fut alarmé. Donner l'alarme au camp.

Par extension, il se dit quelquefois, au pluriel, des Armées en général. Vivre dans les camps. Il fut élevé dans les camps. Les habitudes des camps.

Camp volant, Petite armée composée surtout de cavalerie, qui tient la campagne pour faire des courses sur les ennemis ou pour les observer. Il commandait un camp volant. Fig. et fam., Être en camp volant, N'être qu'en passant dans un endroit, y demeurer peu de temps sans y avoir son domicile.

Camp de manoeuvres, Celui où l'on rassemble des troupes pour les instruire en les faisant manoeuvrer. Le camp de Châlons.

Aide de camp. Voyez AIDE.

Il se dit par extension, en termes de Jeux, des Deux groupes opposés de joueurs. Aux barres, à la paume, on se constitue en deux camps.

Figurément, il se dit aussi d'un Parti politique, religieux ou autre. Ce pays est partagé en deux camps. Dans le camp de nos adversaires. Passer dans le camp ennemi.

camp

Camp, Castra, castrorum, Praesidia, praesidiorum, Statiua castra. B. ex Liuio, voyez Champ de bataille.

Un camp arresté, Un fort, Statiua, statiuorum: vel Statiuae, statiuarum.

Asseoir le camp, Castra facere, Castra metari, Castra ponere.

J'ay assis le camp devant la ville, Castra ad vrbem locaui.

Qui choisissent le lieu pour asseoir le camp, comme font les mareschaux du camp, Metatores.

Ils ont mis le camp à deux mille pas pres, deux moins, A millibus passuum minus duobus, castra posuerunt.

Changer de camp, Conuertere castra.

Planter ou asseoir son camp à la teste et veüe des ennemis, Castra, castris conferre.

Remuer le camp, Mouere castra.

Retenir dedans le camp, Retinere exercitum castris.

Retourner au camp, Castra repetere.

Qui suivent le camp, pour laver ou cuire le potage des gens de guerre, Lixae, lixarum.

Au camp, Sub pellibus.

Pendant que Cesar avoit son camp, ou campoit devant la ville, Quum Caesar ad oppidum castra haberet.

Quand ceux du camp ouyrent dire cecy, Cum persuasisset castra hic rumor.

Tout lieu qui est hors le camp, Paganicum.

Labeur appartenant au camp, Castrensis labor.

Couronne qu'on donnoit à celuy qui estoit entré au camp des ennemis, Castrensis corona.

Camps descouverts, Nudata castra.

camp


CAMP, s. m. [On ne pron. pas le p: Kan, long.] 1°. Le lieu, où une armée se loge en ordre. Fortifier un camp; se retrancher dans un camp; lever le camp, etc. — On dit figurément (st. famil.), l'alarme est au camp; on est alarmé; on est dans l'apréhension de quelque malheur, de quelque disgrace. = 2°. Il se dit de l'armée campée: "Le camp étoit tranquille: tout le camp fut alarmé.

Synonymes et Contraires

camp

nom masculin camp
1.  Lieu de stationnement militaire.
2.  Parti opposé à un autre.
Traductions

camp

Lager, Campingplatz, Zeltlager, Zeltplatzcamp, camp of tents, camping ground, camping site, tented camp, sidekamp, camping, kampeerterrein, kampement, tentenkamp, kampeerplaats, legerplaats, partij, legerkamp, -plaatsמחנה (ז), מַחֲנֶהκαταυλισμός, κατασκήνωσηattendamento, campo, campeggioمُعَسْكَرkemplejrcampamentoleirikampキャンプ야영지leirobózacampamentoлагерьlägerค่ายkamptrại露营地лагер (kɑ̃)
nom masculin
1. lieu où sont regroupées des personnes camp de prisonniers camp de concentration
2. sport groupe opposé à un autre le camp adverse
3. parti politique changer de camp

camp

[kɑ̃] nm
(vacances, campeurs)camp
partir en camp → to go to a holiday camp
(réfugiés, prisonniers)camp
un camp de prisonniers → a prison camp
(expédition, militaire)camp
camp de base → base camp
(fig) (= partie) → side
changer de camp → to go over to the other side