cassé, ée

CASSÉ, ÉE

(kâ-sé, sée) part. passé.
Mis en deux ou plusieurs fragments. Un bras cassé. Le mât cassé par la violence du vent.
Cette nuit j'ai songé de poissons morts et d'œufs cassés, et j'ai appris du seigneur Anaxarque que les œufs cassés et le poisson mort signifient malencontre [MOL., Am. magn. I, 2]
Fig. et familièrement. Avoir le nez cassé, échouer dans une affaire.
Annulé. Un arrêt cassé par la cour supérieure.
Renvoyé de son emploi, de son grade. Un sergent cassé par ses supérieurs.
Affaibli par l'âge.
Tout cassé que je suis, je cours toute la ville [CORN., Cid, III, 5]
Ulysse entre sous la figure d'un mendiant et d'un vieillard fort cassé [FÉN., XXI, 458]
Le pape [Jules II], cassé de vieillesse, était sous les armes [VOLT., Mœurs, 113]
Ton noir Domingue est bien cassé ; Marie est infirme [BERN. DE ST-P., Paul et Virg.]
À l'instant même je vis paraître un homme cassé de vieillesse [CHATEAUBR., Mart. 371]
Voix cassée, voix usée qui se fait à peine entendre.
Ce Paris, à la voix cassée, Bourdonne encor trop près de moi [V. HUGO, F. d'aut. XXXV, 3]
Terme de marine. Vaisseau cassé, vaisseau dont les extrémités sont abaissées et font paraître le milieu relevé.
Substantivement. Sucre au cassé, sucre cuit de manière qu'une goutte projetée dans l'eau froide s'y fige et en sort cassante.

PROVERBE

    Il en payera les pots cassés, il subira les mauvaises conséquences de l'affaire.