cause

cause

n.f. [ lat. causa ]
1. Ce par quoi une chose existe ; ce qui provoque ou produit qqch : On ne connaît pas la cause de cette panne origine source ; conséquence
2. Ce pourquoi on fait qqch : Nous ignorons la cause de son refus motif, raison mobile
3. Affaire pour laquelle qqn comparaît en justice : Les causes célèbres procès cas, dossier
4. Ensemble d'intérêts, d'idées que l'on se propose de soutenir : Défendre la cause de l'enfance maltraitée parti
À cause de,
en raison de ; en considération de ; par la faute de.
Avoir ou obtenir gain de cause, donner gain de cause
En connaissance de cause
En désespoir de cause
En tout état de cause,
de toute manière ; quoi qu'il en soit.
Et pour cause,
se dit lorsqu'on ne veut pas préciser des motifs trop évidents ou qu'on souhaite les taire : Il n'ose rien demander, et pour cause !
Être cause de ou la cause de,
être responsable de, être la raison de ; causer, occasionner : Ses insolences répétées sont cause de son renvoi.
Être en cause,
faire l'objet d'un débat ; être incriminé, compromis : De gros intérêts sont en cause dans cette affaire sont en jeu sont accusés
Être hors de cause,
être lavé de tout soupçon.
Faire cause commune avec qqn,
unir ses intérêts aux siens.
La bonne cause,
celle qu'on considère comme juste (souvent iron.) : On l'a licencié pour la bonne cause.
La cause est entendue,
l'affaire est jugée ; par ext., se dit pour signifier que l'on a assez d'éléments pour se faire une opinion, que l'on sait à quoi s'en tenir.
Mettre en cause,
incriminer ; mettre en question qqch, exiger de qqn une justification.
Pour cause de,
en raison de : Le magasin est fermé pour cause de décès.
Prendre fait et cause pour qqn,
prendre son parti, le soutenir sans réserve.

CAUSE

(kô-z') s. f.
Ce qui fait qu'une chose est ou s'opère. Cause instrumentale, matérielle, formelle, efficiente, physique, morale, occasionnelle, prédisposante, occulte. Causes éloignées, prochaines. Point d'effet sans cause.
Le ciel règle souvent les effets sur les causes [CORN., M. de Pomp. V, 2]
Nos sens, étant eux-mêmes les effets de causes que nous ne connaissons point, ne peuvent nous donner des idées que des effets, et jamais des causes ; il faudra donc nous réduire à appeler cause un effet général, et renoncer à savoir au delà [BUFF., Théor. de la terre, 1er disc.]
L'homme aujourd'hui sème la cause, Demain Dieu fait mûrir l'effet [V. HUGO, Crép. 5]
Oh ! que ne puis-je, instruit des principes des choses, Connaître les effets, approfondir les causes [DELILLE, Géorg. II]
Cause première, cause des causes, Dieu. Causes secondes, celles qui sont dérivées de la cause première, les créatures. Causes finales, les causes pour lesquelles on suppose que chaque chose dans l'univers a été faite La doctrine des causes finales. Dans le langage général, cause finale, le but qu'on se propose, la fin en vue de laquelle on agit. Voilà quelle doit être la cause finale de nos actions.
Ce qui produit ou occasionne, en parlant des personnes ou des choses. Cet événement fut cause ou la cause de son bonheur. Mes affaires sont cause que je ne puis sortir. Être cause, ou la cause involontaire, innocente d'un malheur.
Il fut cause de la perte de tous les siens [BOSSUET, Hist. III, 5]
Elle en mourra, Phénix, et j'en serai la cause [RAC., Andr. II, 5]
La cause de nos maux doit-elle être impunie ? [CORN., Nicom. V, 7]
Raison, sujet, motif. Vous connaissez la cause qui m'a fait agir. Je désire savoir pour quelle cause.... Quelle était la cause de leur voyage ? Pour une cause légère. Sans cause. Non sans cause.
Assurez-vous sur lui qu'il en a juste cause [CORN., Poly. I, 3]
Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon [le malheur] à quelque chose [LA FONT., Fabl. VI, 7]
Mon malheur est parti d'une si belle cause ? [RAC., Mithr. IV, 2]
De sa mort en ces lieux la nouvelle semée Ne vous a pas vous seule et sans cause alarmée [ID., ib. V, 4]
En termes de jurisprudence, cause d'une obligation, avantage moral ou matériel que se propose le contractant : dans le contrat à titre onéreux, l'équivalent de l'obligation de l'autre partie ; dans le contrat à titre gratuit, la bienfaisance. Cause d'un billet, d'un effet de commerce, équivalent exprimé de l'engagement souscrit dans le billet. Pas d'obligation valable sans cause. Cause fausse, illicite. L'obligation dont la cause est contraire aux bonnes mœurs est nulle. Parler avec connaissance de cause, agir en connaissance de cause, parler, agir avec pleine connaissance des faits. En style de chancellerie. À ces causes, nous avons déclaré et déclarons.... en considération de ce qui vient d'être exposé, nous avons déclaré.... Familièrement et elliptiquement. Et pour cause, non sans motif, avec raison, se dit quand les motifs sont évidents ou qu'on veut les taire.
Or, ai-je dit un jeune homme, et pour cause, Car.... [LA FONT., Mandr.]
Venez, singe ; parlez le premier, et pour cause [ID., Fabl. I, 7]
Je laisse la distribution à votre discrétion et pour cause [BOSSUET, Lett. abb. 46]
La richesse que des frondeurs Dédaignent, et pour cause [BÉRANG., Él. de la rich.]
.... Laissez-moi passer entre vous deux, pour cause ; Je serai mieux en main pour vous conter la chose [MOL., Prince d'Él. I, 2]
Procès qui se plaide. Se charger d'une cause. Plaider une cause. Plaider sa cause. Gagner sa cause. Perdre sa cause. Il était déjà mis en cause. Il faut remettre cette cause à un autre jour. Mettre quelqu'un hors de cause.
Devant certaine guêpe on traduisit la cause.... Depuis tantôt six mois que la cause est pendante, Nous voici comme aux premiers jours [LA FONT., Fabl. I, 21]
Devant elle [la justice] à grand bruit ils expliquent la chose ; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause [BOILEAU, Ép. II]
Cause grasse, cause plaisante et sur un fait inventé, que les clercs de la basoche plaidaient autrefois pour se divertir le jour de mardi gras, et aussi quelque cause plaisante qui se plaide au palais. En tout état de cause, quel que soit l'état du procès. Dans le langage général, en tout état de cause, quoi qu'il en soit. Fig. Cela est hors de cause, il n'en est pas question, on ne le révoque pas en doute. En cette affaire, sa probité est hors de cause. Fig. Avoir, donner gain de cause, ou cause gagnée, obtenir, accorder l'avantage dans une discussion. Plaider la cause de quelqu'un, le défendre, le soutenir. Familièrement.
Cet avocat sans cause [sans clientèle], nommé Duménil [VOLT., Lett. à Cath. 143]
En droit canon, cause bénéficiale, cause dans laquelle il s'agit de bénéfices ecclésiastiques. Causes majeures, les grandes affaires de l'Église.
Parti, intérêt. La bonne cause. La fortune se déclara pour la bonne cause. Soutenir la cause du mensonge. Prendre en main la cause du peuple. Embrasser vivement la cause de la justice. Faire cause commune avec quelqu'un. Séparer sa cause de quelqu'un. Attirer à sa cause.
Laisse-les espérer, laisse-les entreprendre ; Il suffit que ta cause est la cause de Dieu, Et qu'avecque ton bras elle a pour la défendre Les soins de Richelieu [MALH., II, 12]
Sous la cause publique il vous cachait sa flamme [CORN., Cinna, III, 1]
Son trop d'amour pour la cause publique [ID., Hor. V, 2]
Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune ? [RAC., Ath. III, 6]
Grand Dieu, juge ta cause et déploie aujourd'hui Ce bras, ce même bras qui combattait pour lui [ID., Prol. d'Esth.]
Il entend plaider devant lui la cause des médecins [SÉV., 412]
Vous aviez soutenu une mauvaise cause [ID., 110]
Télémaque et moi nous combattrons pour la bonne cause [FÉN., Tél. X]
Je ne peux vous aimer, je ne peux à ce prix, Accepter un combat pour ma cause entrepris [VOLT., Tanc. II, 6]
S. Justin plaida la cause des chrétiens après Quadrat et Aristide [CHATEAUB., Gén. I, I, 1]
Prendre fait et cause pour quelqu'un, le soutenir, prendre son parti.
Vous faites trop d'honneur à Marie de Rabutin-Chantal de prendre son fait et cause [SÉV., dans le Dict. de DOCHEZ.]
Dans le même sens, prendre en main la cause.
Des auteurs décriés il prend en main la cause [BOILEAU, Ép. IX]
À cause de, locut. prép. Pour l'amour de, en considération de. À cause de lui. À cause de cela.
À cause que, locut. conj. Parce que.
D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite point et qu'un esprit boiteux nous irrite ? C'est à cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons, sans cela nous en aurions plus de pitié que de colère [PASC., Pens. I, 8]
Il est rare que les géomètres soient fins et que les esprits fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent traiter géométriquement les choses fines [ID., ib. I, 10]
Je parle ainsi à cause que je pensais que vous ne voulussiez plus que je fusse heureux [BALZ., I, 228]
Vous ne lui voulez mal, et ne le rebutez Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités [MOL., Tart. I, 1]
A cause qu'elle manque à parler Vaugelas [ID., Femm savantes, II, 7]
Ils ne découvrent pas la lumière à cause qu'ils détournent les yeux [BOSSUET, Serm. Quinq. 1]
Ceux qu'on nomme chercheurs à cause que, dix-sept cents ans après Jésus-Christ, ils cherchent encore la religion [ID., Reine d'Anglet.]
Une justice qui fait semblant d'être vigoureuse à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres [ID., le Tellier.]
Ce que le prince fit mérite d'être raconté à toute la terre non à cause qu'il est remarquable, mais à cause pour ainsi dire qu'il ne l'est pas [ID., Louis de Bourbon.]
Les images de Philippique, son successeur, ne furent pas reçues dans Rome, à cause qu'il favorisait les monothélites, et se déclarait ennemi du concile sixième [ID., Hist. I, 11]
Une fille sera heureuse d'ignorer les fables païennes toute sa vie, à cause qu'elles sont impures et pleines d'absurdités impies [FÉN., XVII, 41]
On n'est pas entendu à cause que l'on s'entend soi-même [LA BRUY., I]
Il lui cède même, à cause qu'il est plus âgé, l'honneur de faire porter devant lui les faisceaux des verges [VERTOT, Rév. rom. I, 62]
J'avais deux coupes de bois à vendre, à cause que je n'avais point coupé l'année précédente [P. L. COUR., I, 233]

REMARQUE

  • Des grammairiens ont voulu bannir la locution conjonctive à cause que ; elle doit être conservée, étant appuyée par de bons auteurs, et, dans certains cas, d'un emploi préférable à parce que.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Car ceus qui me contralioient Et sans caze mal me faisoient [, Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 264]
    Se priere ou mandemens est fes [fait] à aucun, et cil qui le [la] priere ou le mandement fist, muert en tant comme le [la] coze est encore entiere, li mandemens li est falis.... [BEAUMANOIR, XXIX, 10]
    Car on doit croire qu'il li ensegnast l'ostel Guillaume parce qu'il le creoit à bon et por cause de bone foi [ID., XXXVI, 6]
    Se les quases des barres [oppositions] sont especiaument devisées [exposées] [, Liv. de just. 94]
  • XIVe s.
    Felicité est de Dieu principalement causée qui est generalement cause de toutes choses [ORESME, Eth. 21]
    Et semblablement de ce que aucuns sont injustes ou incontinens, ils en sont en cause [ID., ib. 33]
    Car trois manieres de causes sont : c'est assavoir nature, necessité, fortune, entendement et tout ce qui est cause de ce qui est fait par homme, comme est volenté et les sens naturels [ID., ib. 66]
    Un homme est cause de ses enfans en voye de nature, et est cause de ses operacions en voye de meurs [ID., ib. 72]
  • XVe s.
    Et la cause pourquoi [ils] s'entreheoient, je le vous dirai [FROISS., II, II, 52]
    Quand Girauldon se vit ainsi attrapé, si fut tout esbahi et à bonne cause [ID., II, II, 214]
    Et l'eust volontiers sauvé s'il l'eust pu, pour cause de pitié [ID., I, I, 134]
    Car il se doubtoit, et non sans cause [JUVÉNAL DES URSINS, Ch. VI, 1392]
    Son maistre l'avoit batu, pour cause que un enfant s'estoit plaint [, Boucic. I, 3]
    .... dont il estoit prochain parent à cause de sa mere [COMM., III, 4]
    Pour lesquelles causes le roy soy trouvant chargé.... [ID., I, 1]
    Tant de maulx venir par luy et par sa cause [ID., I, 15]
    Le pauvre desolé, voyant sa bonne femme trop plus qu'il ne voulsist troublée, helas ! et à sa cause [par sa faute], ne savoit que dire [LOUIS XI, Nouv. I]
    Nul ne doit estre tesmoing en sa cause [LEROUX DE LINCY, Proverbes, t. II, p. 357]
    Tel a bonne cause qui est condamné [ID., ib. p. 419]
  • XVIe s.
    La cause efficiente de nostre salut est la misericorde de notre Pere.... la cause materielle est Christ avec son obeissance.... de la cause qu'on appelle instrumentale, quelle dirons-nous qu'elle est, sinon la foy ?... quant à la cause finale, l'apostre dit que ç'a esté pour demonstrer la justice de Dieu et glorifier sa bonté [CALV., Instit. 616]
    Ces nobles langues coustent beaucoup de temps et de peine à apprendre, à cause qu'elles sont mortes [AMYOT, Épit.]
    Nous reputons les dieux pour estre autheurs de tous biens, et cause de nulz maulx [ID., Péric. 74]
    A ceste cause ils vouloient.... [ID., Fabius, 8]
    Ceste vie dissolue fut cause de luy augmenter sa maladie [ID., Sylla, 73]
    La cognoissance des causes appartient seulement à celuy qui a la conduite des choses, non à nous qui n'en avons que la souffrance [la tolérance, l'usage] [MONT., IV, 178]
    Pour cette cause [motif].... [ID., I, 25]
    A cette cause [parce que].... [ID., I, 30]
    Tuer un homme sans connaissance de cause [ID., III, 195]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard keuse ; provenç. espagn. et ital. causa ; du latin causa. Voy. CHOSE.

cause

CAUSE. n. f. Ce qui fait qu'une chose est, agit, a lieu. Dieu est la cause des causes, la souveraine cause, la cause universelle, la cause première. Il y a différents genres de causes. Cause principale. Cause matérielle. Cause formelle. Cause efficiente. Cause physique. Cause morale. Cause occasionnelle. Cause occulte, etc. Enchaînement de causes et d'effets. Il n'y a pas d'effet sans cause. Il y a des effets dont les causes nous sont inconnues. Remonter à la cause. Rechercher, découvrir, reconnaître, indiquer une cause, des causes. À quelle cause attribue- t-on sa maladie?

Cause première, Celle au-delà de laquelle on n'en conçoit pas d'autre. Cause seconde, Qui tient d'une autre la faculté de produire certains effets. Dieu laisse agir les causes secondes.

Cause finale, Ce qu'on se propose pour but. La gloire de Dieu doit être la cause finale de toutes nos actions. Il se dit plus particulièrement de la Fin, du but pour lequel on suppose que chaque chose a été faite, créée. La doctrine des causes finales.

Être cause de, être cause que, Causer, occasionner. Vous êtes cause de mon bonheur. Il fut cause de la perte de tous les siens. Si je n'ai pas fait tout ce que je devais, c'est vous qui en êtes cause. Il est cause que je vous ai parlé. Cet événement est cause de tous les désordres qui sont arrivés. Les affaires qui me sont survenues sont cause que je n'ai pu aller vous voir. On dit aussi, dans le même sens, avec l'article, Être la cause. Elle peut mourir de douleur, et vous en serez la cause. Son humilité fut la cause de sa gloire.

Il signifie aussi Motif, sujet, raison. Cause légitime. Juste cause. Il n'a point fait cela sans cause. Il se formalise sans cause. Ce n'est pas sans cause qu'il agit de la sorte. Pour quelle cause les a-t-on arrêtés?

Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, du Motif pour lequel une personne se détermine à contracter. Il n'y a pas d'obligation valable sans cause. La cause n'a pas besoin d'être exprimée. Cause fausse.

Parler avec connaissance de cause, agir en connaissance de cause, Parler, agir avec pleine connaissance de ce qu'on dit, de ce qu'on fait.

Fam., Et pour cause, se dit quand les motifs sont évidents ou que l'on veut les taire. Je veux faire cela, je ne veux pas faire cela, et pour cause. Il ne partira pas, et pour cause.

En termes de Chancellerie, À ces causes, En considération de ce qui vient d'être exposé.

Il se dit encore d'un Procès qui se plaide et qui se juge à l'audience. Mettre une cause au rôle. Faire appeler une cause. Plaider une cause. Personne ne peut être juge dans sa propre cause. Obtenir gain de cause. Gagner sa cause. Perdre sa cause. Prendre le fait et cause. Prendre fait et cause. Cause appelée. Cause remise. Bonne, mauvaise cause. Cause douteuse. Cause embrouillée. Causes célèbres. En cause d'appel. La cause est en état, Elle est prête à être plaidée. La cause est entendue, Elle est prête à être jugée.

Être en cause, Être partie au procès. Mettre, appeler en cause, Rendre quelqu'un partie au procès. Mettre hors de cause, Déclarer qu'une personne ne doit point être partie au procès. Ces expressions s'emploient dans un sens analogue en langage ordinaire.

En tout état de cause, Quel que soit l'état du procès. La prescription peut être opposée en tout état de cause. Cette phrase s'emploie aussi dans le langage courant.

Fig., Avoir gain de cause, Obtenir l'avantage dans une discussion; et, dans le sens opposé, Donner gain de cause. Je mis fin à ce débat en donnant gain de cause à mon adversaire. On dit aussi Avoir, donner cause gagnée.

Ayant cause. Voyez AYANT.

CAUSE signifie, par extension, Intérêt, parti. La cause de Dieu. La cause du prochain. La cause des rois. La cause publique. La cause des pauvres. La cause de l'Église. La cause de l'État. La cause de l'humanité, de la religion, de la vertu, etc. Défendre, soutenir, favoriser la bonne cause. Abandonner une mauvaise cause. Embrasser une cause. Épouser la cause de quelqu'un. Cause désespérée.

Prendre fait et cause pour quelqu'un, Se déclarer pour quelqu'un, prendre son parti, le défendre.

Faire cause commune avec quelqu'un, Unir ses intérêts à ceux de cette personne, se liguer avec elle. Je ferai cause commune avec vous. Faisons cause commune.

À CAUSE DE, loc. prép. En conséquence de, en considération de, pour l'amour de. À cause de lui. À cause de cela.

À CAUSE QUE, loc. conj. Parce que. Il fut mis en jugement à cause qu'il conspirait contre l'État. Je vous cède le pas à cause que vous êtes mon aîné. Il a vieilli.

cause

Cause, qui fait faire quelque chose, Causa.

La meilleure cause et la pire, Superior causa et inferior. B. ex Cicerone.

Les causes durent tousjours et perseverent, Manent causae.

Tu as ouy les causes de mon conseil, Audisti consilij mei motus.

Par quelques causes cognues venir à cognoissance d'autres incognues, Ratiocinari.

Causes de trespeu de valeur, Leuissimae et infirmissimae causae.

Sans aucune cause antecedente, Sine praegressione causae. B.

¶ A cause, Propter.

A bonne et juste cause, Iure optimo.

A cause de moy, Meo nomine.

Nous sommes venues à cause de luy, Illius ergo venimus.

Qui sont à cause de la familiarité, His causis quae familiaritate et consuetudine tenentur.

A cause de quoy ils, etc. Qua de causa definitiones, etc.

A cause, ou au moyen de leur prosperité, Ab secundis rebus.

Menteurs à cause du lieu, Mendaces non genere, sed natura loci.

¶ Dire la cause, Rationem reddere.

Estre cause de la peine qu'on endure, Poenam sibi contrahere.

Estre cause de sa mort, Contrahere sibi causam mortis.

Estre cause du mariage d'aucun, Efficere nuptias alicui.

Estre cause que les autres n'estudient plus, Studia aliorum restringere.

J'en suis cause, Ortum est ex me.

Tu en es cause, Iniuria tua factum.

Il fut cause de l'allée, Author fuit profectionis.

Ta femme n'est point cause de tout cecy, Nullam de his rebus commeruit culpam vxor tua.

Aucuns sont cause de nos noises, Quidam faciunt aperte quod rixemur.

Qui est cause de la guerre, Author belli.

Quelle cause y a-il que, etc. Quid causae est quin, etc.

Il pense que tu es cause de tout son bien, Existimat patrimonium fore suum per te constitutum.

L'utilité est cause de l'amitié, et l'engendre, Constituit vtilitas amicitiam.

C'est la cause pourquoy etc. Hoc ecastor est, quod, etc.

¶ Pour quelle cause? Quam ad finem? Quam ob rem? Qua gratia? Quo nomine?

Pour cette cause, Ex ea causa, Hac gratia.

Pour cette seule cause, Hoc vno nomine.

Pour ces causes, Pro hisce rebus, Ob hasce res. B.

Je ne l'ay pas dit pour cette cause, Neque haec in eam sententiam dixi, Non hoc eo pertinet. B.

¶ Sans cause, Falso, Inaniter.

Se courroucer sans cause, De nihilo irasci.

Il n'eust point fait cela sans grand'cause, Id nisi graui de causa non fecisset.

Non sans cause, Haud immerito, Non sine causa, Non iniuria.

Non sans cause luy resistoy-je, Non imprudens aduersabar.

Ce n'est pas sans cause, Non de nihilo est. B. ex Terentio.

Ce n'est pas sans cause que, etc. Non nequicquam isti, etc.

Ce n'est point sans cause ou raison, Non pol temere est, quod tu tam times.

Tu cognoistras que je ne me suis pas teu sans cause, Scies mihi constare rationem silentij. B. ex Plin.

¶ Avoir cause et occasion, Causam habere.

Tu as cause de te resjouyr d'estre venu, etc. Est quod gaudeas te in ista loca venisse, vbi aliquid sapere viderere.

Il n'y a point cause de le, etc. Nihil est quod eum de prouincia deuocent.

Il y a bien cause que, etc. Est vero cur eorum authoritas tanti habeatur, Est plane cur quisquam putet, etc. B. ex Lactantio.

Si à Titius, ou à ses hoirs, et ayans cause, on ne satisfait, Si Titio eique ad quem ea res pertinebit satisfactum eo nomine non erit. B. ex Paulo.

¶ Cause se prend aussi pour proces, et le fait et droit qui sont debatus par proces entre le demandeur et le defendeur, Dica, actio persequutio rei alicuius in iudicio. Ainsi on dit, le demandeur à bonne cause, ou la cause du demandeur est bonne, Iuste litem persequitur. Et à l'audience de la cause, et la cause a esté appelée, Interea dum causa vltro citroque coram cognitore eoque audiente actitatur, causa a praecone ostiario inclamata est. Aussi les parties debatans par proces estoient anciennement appelées Causeurs ou Causateurs, comme appert au tiltre de Rachinburgiis, lx. de la loy Salicque.

Avoir une cause qui ne soit pas favorable, Causa laborare.

Pire cause, Deterior causa.

Cette cause en soy et principalement ne fut encore jamais debatue, Ista ipsa res suo nomine in iudicium numquam est vocata.

Plaider sa cause, Orare causam.

La cause a esté plaidée, Causa altercatione forensi disceptata est, vel actitata.

La cause a esté plaidée à fond de cuve, Causa acta est passis velis facundiae, copiaeque dicendi.

Une cause tres-mal plaidée, Causa ingenti frigore acta.

La cause a esté bien debatuë, Causa acriter acta est, atque defensa.

Cause plaidée à quelque mauvaise heure, Controuersia agitata maleuolente fori numine.

Cette cause sera traitée les premiers mois, Haec causa primos menses occupabit.

Defendre la cause d'aucun comme sienne, Litem suam facere.

Defens ta cause et ton droit, Partes defendas tuas.

Ne prendroye-je pas la cause de mon amy, etc. An ego non venirem contra alienum pro familiari et necessario, et domestico meo?

Gaigner sa cause, Tenere causam, Tenere causam apud iudices, Obtinere causam, Vincere causam.

Perdre sa cause, Cadere causa, Offendere apud iudices, Concidere in causa, Perdere causam.

Causes qui se vuident toutes les chambres assemblées, Causae comitiales.

Une cause ou procez qui ne peut aller avant: sinon à bien grand'peine, Causa offensatrix, et identidem restitans et intersistens.

Celuy qui scait bien qu'il a mauvaise cause, Causae inferioris conscius.

Une cause temerairement entreprinse, en laquelle n'y a propos ne apparence, Causa frontis perfrictae, vel frontis calumniosae.

Cause fort douteuse, Causa admodum ancipitis euentus.

Cause assez envelopée, impliquée et difficile, Causa aliquantulum perplexa.

Causes envelopées et embrouillées, et dont on ne se peut tirer, Controuersiae intractabiles, atque argumenti sinuosi, perplexi, et inexhausti, Controuersiae ambagiosae et sinuosae.

Faire d'une mauvaise cause une bonne, Ius ex iniuria facere.

Causes qui se traitent en la Cour en premiere instance, Causae quae primum iudicium in Curia sortiuntur.

Une cause clere et facile, Causa facilis et explicata.

Cause qui se doit vuider sur le champ, Causa prima actione terminanda, Causa disceptationis extemporalis.

Luy, ses hoirs, et ayans cause, Ipsum, haeredemve eius, eumve ad quem res tum pertinebit.

Grandes causes, et où il est question de grand'chose, Causae illustres.

Causes qu'on plaide à huis clos, Acroamaticae actiones.

Cause qu'on plaide à huis ouvert, Exotericae actiones, Causa palam ac publicitus actitata.

Cause fort malade, Causa labans.

Cause perduë, Lis perdita.

Cause quasi perduë, Causa siderata.

Cause remise à un autre jour, Die ad iudicium condicto causa peragi atque absolui non potuit, et rursus ampliata est.

Causes d'appel, Prouocationum causae, Controuersia prouocatoria, Certamen prouocatorium.

Causes mises au rolle, Causae in album editae, Causae voluminales.

Causes rayées du rolle, Causae cathalogo circumscriptae.

Adjourner pour dire causes d'opposition, Intercessionis edendae causa diem dicere.

Bailler ses causes d'opposition, Intercessionis causas edere.

Cause appelée par placet, ou par sedule hors le rolle, Causa in Curia inclamata intercalari audientia et beneficiaria.

caûse


CAûSE, s. f. [Kôze; 1re lon. 2e e muet.] 1°. Principe, ce qui fait qu'une chôse est. Acad. Ce qui produit un éfet. "Dieu est la caûse souveraine et universelle, la première caûse, la caûse des caûses. — On dit, être cause de: "Cela a été caûse de tous les désordres qui sont arrivés. D'Ablancourt dit, dans le songe de Lucien: Cela fut caûse de me faire doner le fouet. Il falait dire; fut caûse qu'on me dona le fouet. — Caûse s'emploie là sans article, et il est indéclinable. "Ces sortes de changemens sont caûse (et non pas caûses) d'un nombre infini d'erreurs. Mallebr. — 2°. Motif, sujet, ocasion, raison. "Je ne l'ai point fait sans caûse; il se fâche sans caûse; c' est à juste caûse que je l'ai fait ainsi. = Pour caûse, pour bones raisons. Il est familier. "Je vous recomande de conserver votre jeunesse, et pour caûse. Sév. "Parlez d'un peu plus loin, dit Éraste à un fâcheux, et pour caûse. Molière. = Parler, agir avec, ou en conaissance de caûse, avec pleine conaissance de ce qu'on dit, de ce qu' on fait. = 3°. Intérêt: la caûse de Dieu, de la Religion, de l'état, des pauvres, etc. — La bonne, la mauvaise caûse, le bon ou le mauvais parti. — Prendre fait et caûse pour, se déclarer pour quelqu'un, prendre parti pour lui, le défendre. "Son père a pris fait et caûse pour lui. — Faire caûse commune, unir ses intérêts: "Exclus de l'assemblée, ils sentirent qu'ils ne pouvoient plus se flater de faire caûse comune avec cet ordre redoutable de guerriers. Moreau. = 4°. Procès qui se juge à l'Audience. Si le Juge rend un apointement en droit, la caûse devient instance; s'il y a apel d'une Sentence par écrit, l'afaire devient un procès par écrit. Cependant on aplique souvent, dans le monde, le mot de caûse à toute sorte de procès. Ferrière. Plaider une caûse. Gâgner ou perdre sa caûse; caûse d'aparat; caûses majeûres, caûses célèbres, etc. Être en caûse, ou hors de caûse; être, ou n'être plus partie au procès. — Avocat sans caûse, qui n'est point employé. Voy. AVOCAT. — Avoir, ou doner caûse gagnée: c'est, figurément, st. fam. l'emporter dans une dispute, ou céder à l'adversaire. "Je suis faché de ne pouvoir vous doner caûse gâgnée, sans blesser ma conscience. Leibn. à Boss. — On dit plus ordinairement, doner gain de caûse.
   À~ CAûSE DE, prép. À~ caûse de vous, pour l'amour de vous, en votre considération.
   À~ CAûSE QUE, conjonct. Parce que. "Faut-il qu'il soit insolent, à caûse qu'il est riche? Elle régit l'indicatif. = La Touche dit, avec raison, qu'elle n'est bone que pour le st. fam. L'Acad. n'en distingue point l'usage.
   CAUSER, v. a. [Kozé; devant la syll. masc. l'au est bref: je causais, il causa, causé; devant l'e muet, il est long: il caûse, il caûsera, etc.] Être caûse de: "Il a causé un grand malheur, sans le vouloir. Causer du domage au prochain: causer du scandale, un grand scandale, etc.

Synonymes et Contraires

cause

nom féminin cause
2.  Affaire de justice.
Traductions

cause

Ursache, Anlaß, Grund, Veranlassung, Sache, Affäre, Angelegenheit, Ding, Fall, Geschichte, Rechtsfall, Rechtssache, Verursachung, Werkcause, reason, case, affair, brief, business, issue, matter, question, thingoorzaak, reden, zaak, doel, (rechts)zaak, belang, juridisch], oorzaak [filosofie, geding, aangelegenheid, affaire, ding, keuzeגורם (ז), מניע (ז), מסובב (ז), סיבה (נ), מֵנִיעַ, סִבָּהaffêre, affêring, ding, rede, saakafer, assumpte, causa, cosazáležitost, příčina, věcårsag, affære, anliggende, sagαιτία, αίτιο, λόγος, σκοπόςafero, kaŭzocausa, asunto, cosa, negocioasia, syydolog, ügyasalorsökcausa, affare, faccenda, cagione, ragionecausa, resanliggende, grunn, sakafera, sprawa, motyw, powódcausa, assunto, caso, coisa, móvel, negócio, questãoafacere, causăпричина, вещь, дело, цельorsak, sak, affärjambo, macera, mesele, amaç, nedenسَبَب, قَضِيَّةcilj, uzrok大義, 理由원인, 이상เป้าหมาย, สาเหตุnguyên do, sự nghiệp事业, 原因причина原因 (koz)
nom féminin
1. ce qui produit qqch être la cause de qqch Quelle est la cause de ton retard ?
2. affaire juridique Il accepte de plaider cette cause.
se poser de nouveau des questions remettre en cause une décision

cause

[koz] nf
(entraînant un effet) [mort, conflit, malentendu] → cause
la principale cause de mortalité → the main cause of death
une des causes de qch → one of the causes of sth
la cause de tous les maux → the root of all evil
la cause et non la conséquence → the cause rather than the effect
voir dans qch la cause de qch → to see the cause for sth in sth
chercher la cause de → to seek the cause of
être cause de → to be the cause of
à cause de → because of
C'est arrivé à cause de lui → It happened because of him.
Nous n'avons pas pu sortir à cause du mauvais temps → We couldn't go out because of the bad weather.
pour cause de → for
Le musée est fermé pour cause de travaux → The museum is closed for building work.
(DROIT)case
mettre qn hors de cause → to clear sb
mettre qch hors de cause → to clear sth
Le père de l'enfant a été mis hors de cause → The child's father has been cleared.
être hors de cause → to be cleared of blame
prononcer la mise hors de cause de qn → to exonerate sb
prononcer la mise hors de cause de qch → to exonerate sth
en connaissance de cause [choisir, décider, agir, accepter] → in full knowledge of the facts
la cause est entendue → the matter is settled
(= parti, camp) → cause
la cause des opprimés → the cause of the oppressed
défendre la cause de qn [+ personne] → to stand up for sb, to take sb's side; [+ groupe, communauté] → to champion sb
Elle défend la cause des opprimés → She champions the oppressed.
embrasser la cause de qn → to take up sb's cause
épouser la cause de qn → to take up sb's cause
une bonne cause → a good cause
pour la bonne cause → for a good cause
faire cause commune avec qn → to make common cause with sb
(autres locutions) être en cause [intérêts] → to be at stake; [personne] → to be involved; [qualité] → to be in question
mettre en cause [personne] → to implicate; [+ qualité de qch, honnêteté de qn] → to call into question
remettre en cause → to challenge, to call into question
et pour cause → and with good reason
en tout état de cause → in any case