cavalier, ière

CAVALIER, IÈRE1

(ka-va-lié-, liê-r' ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : les ca-va-lié-z et les dames) s. m. et f.
Homme, femme à cheval. Être bon, être mauvais cavalier, se tenir bien, se tenir mal à cheval. C'est un beau cavalier, il a bonne grâce à cheval.
Borée et le soleil virent un voyageur.... Eh bien ! gageons nous deux, Dit Phébus, sans tant de paroles, à qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous voyons [LA FONT., Fabl. VI, 3]
On dit de même, elle est bonne, elle est mauvaise cavalière.
Les dames cavalières s'offensèrent, les autres prirent parti pour elles [SAINT-SIMON, 278, 9]
Soldat qui sert à cheval. Il était escorté par un piquet de cavaliers.
Homme d'épée.
Me trouves-tu bien fait en cavalier ? [CORN., le Ment. I, 1]
Choisir pour votre amant un simple cavalier [ID., Cid, I, 2]
Je vous laisse la gloire d'avoir paru à cheval avec des armes et un habit de cavalier au Pas-de-Suse [FÉN., XIX, 421]
Homme, par opposition à dame ou demoiselle. Il n'y avait pas assez de cavaliers à ce bal. Chaque cavalier conduisait une dame. Cette dame n'a pas de cavalier, offrez-lui le bras. C'est un aimable cavalier.
Titre d'honneur donné par politesse à des passants, à des inconnus et même par ironie à des gens dont on a à se plaindre.
Que cherchez-vous, cavalier, dans cette maison ? [MOL., Le Sicilien, sc. 11]
J'entre ici librement : mais entre cavaliers telle liberté est permise [ID., ib. sc. 13]
Mon cavalier, répondrez-vous à mes questions ? [BEAUMARCHAIS, Le Mar. de Figaro, V, 12]
Cavalier servant, homme qui s'astreint à faire en tout les volontés d'une dame dont il se fait ainsi l'esclave par amour ou par reconnaissance.
Il est fort naturel que tu me cèdes, à moi, ton oncle, tes fonctions de cavalier servant, lorsque je les réclame [CH. DE BERNARD, La femme de quarante ans, § 2]
Aux échecs, pièce qui marche obliquement du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant une case. Le vrai mot serait chevalier, mais aujourd'hui on dit bien plus souvent cavalier. On ne couvre point l'échec du cavalier, c'est-à-dire que, quand le cavalier met le roi ou la dame en échec, on ne peut pas interposer une autre pièce ; il faut absolument ou retirer la pièce mise en échec ou prendre le cavalier.
Terme de fortification. Amas de terre, dont le sommet compose une plate-forme, sur laquelle on dresse des batteries de canon pour nettoyer la campagne ou pour détruire quelque ouvrage de l'ennemi.
Terme d'imprimerie. Papier d'un format entre le carré et le grand raisin. Tirer, imprimer sur cavalier. Adj. Papier cavalier.
10° Terme de ponts et chaussées. Dépôt de terre formé aux abords d'une route, d'un canal ou d'un ouvrage quelconque.
11° Dans l'histoire d'Angleterre, au XVIIe siècle, partisan des Stuarts.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ils erigeoyent cavaliers, ressapoyent contrescarpes, enduisoyent courtines [RAB., Pant. III, Prol.]
    Dressans cavalliers pour y accommoder grand' quantité d'artillerie [LANOUE, 444]
    Il y a trois sortes de gloire, la divine, celle du cavallier, et celle du barbier [D'AUB., Faen. IV, 4]
    Ils l'avoient laissé aller sur foi de cavalier [ID., Hist. III, 395]
    Vous mesme estes trop cavallier pour estre bigot jusques là [ID., Fœn. IV, 15]
    Nostre cavalliere, se voiant l'entrée de sa maison impossible, s'en court à Turenne [ID., Hist. II, 168]
    C'estoit afin d'eslever une grande tour pour commander en cavalier à la bresche [ID., ib. I, 35]
    De chevalerie nous avons faict cavallerie, de chevalier cavalier [PASQUIER, Recherches, liv. VIII, p. 661, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Le même que chevalier (voy. ce mot) ; ital. cavaliere.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. CAVALIER.
    Ajoutez :
  • Cavalier de tranchée, sorte de terrasse élevée en avant de la troisième parallèle, pour plonger dans les places d'armes et en chasser les défenseurs.

CAVALIER, IÈRE2

(ka-va-lié, liê-r') adj.
Qui est d'un cavalier, c'est-à-dire, en parlant de l'air, des manières, aisé, dégagé ; et aussi, brusque, inconvenant, trop leste. Avoir l'air cavalier, la mine cavalière. Réponse cavalière. Propos cavaliers. Ce procédé, ce ton est par trop cavalier.
Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance [LA FONT., Fabl. V, 21]
Tout ce que je fais a l'air cavalier [MOL., les Préc. 10]
Quoique j'aie la danse cavalière [HAMILT., Gramm. 7]
Ce procédé est un peu trop cavalier pour un homme de bréviaire [COSTAR, dans LE ROUX, Dict. comique.]
À la cavalière, loc. adv. En cavalier.
Mais il n'importe, c'est à la cavalière [MOL., les Préc. 10]
J'ai ouï parler de certaines religieuses d'une manière plaisante et fort à la cavalière [BOSSUET, Sil. 2]

REMARQUE

  • Balzac n' approuvait pas ces expressions : un ton cavalier, un style cavalier ; mais Bouhours observe que néanmoins elles se sont établies à la cour.

ÉTYMOLOGIE

  • Cavalier 1.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. CAVALIER. Ajoutez :
    Qui est sans apprêt.
    Il fallut se résoudre à manger sur l'herbe, où les perdreaux et le pain tendre de M. de Jonsac furent d'un grand secours ; ensuite d'un repas si cavalier, continuant notre chemin... [, Voy. de Bach. et Chapelle, p. 14, la Haye, 1714]