ce

1. ce

ou

cet

(devant voyelle ou « h » muet),

cette, ces

adj. dém. [ du lat. ecce, voici, et iste, cela ]
1. Sert à déterminer la personne ou la chose que l'on montre ou dont on vient de parler : Ce pain est rassis. Cet enfant est adorable. Cette actrice était très populaire. Ces boucles d'oreilles te vont bien.
2. Détermine un nom désignant un moment proche : Cet après-midi, je ne travaille pas tantôt le week-end prochain la nuit dernière

2. ce

pron. dém. inv. [ du lat. ecce, voici, et hoc, cela ]
1. (Construit avec le verbe être) Assure une fonction de sujet et sert à indiquer un objet, sa nature : Ce ne sont pas mes lunettes. Ce sera un peu long. Est-ce un livre intéressant ? C'était parfait. Ton idée, c'est une idée géniale. Vouloir, c'est pouvoir.
2. (Construit avec un pron. relat.) Assure une fonction de sujet, d'attribut ou de complément : Ce que je vois ne me plaît guère. Ce style de robe est ce qui se vend le mieux. Fais ce que tu peux. Ce dont je vais vous parler nécessite beaucoup d'attention.
Ce faisant,
en faisant cela ; de la sorte : Elle nous a menti, ce faisant, elle a perdu notre confiance.
Ce que,
Fam. comme, combien : Ce qu'elle est belle ! Si tu savais ce qu'on a ri !
C'est que,
sert à donner une explication, une raison : S'il ne vient pas, c'est qu'il est malade.
C'est... qui, que, dont, etc.,
servent à mettre en relief un mot quelconque de la phrase : C'est moi qui ai raison. C'est cette maison que j'aimerais avoir. C'est nous qui l'avons fait. Ce sont des secrets qui doivent être gardés. C'est la commune dont il est le maire.
Et ce,
sert à rappeler ce qui vient d'être dit : Elle a refusé, et ce sous le prétexte que nous avions déjà eu une réduction.
Pour ce faire,
Sout. pour faire cela : Il faut aller vite et pour ce faire les laboratoires pharmaceutiques travaillent ensemble.
Sur ce,
sur ces entrefaites, après cela : Sur ce, il quitta le bureau.
CECommissaire Enquêteur
CECommission Européenne
CECommission Exécutive
CECommunauté Européenne
CEContrat Enfance

CE2

CE, nom général de choses qui, étant le masculin de l'adjectif démonstratif, est par conséquent toujours du masculin.
Il exprime, d'une façon indéterminée, l'idée que celui qui parle a dans l'esprit. C'est beau. C'est agréable. C'était le bon temps. Ce sera un jour de fête. Ce qui est vrai doit être dit. Ce qui est inspiré par le désintéressement est digne de louange.
Ce, placé devant le verbe être, ou les verbes devoir, pouvoir, et précédant, ainsi placé, un pronom, un substantif, un verbe, appelle particulièrement l'attention sur ces mots. C'est vous que je demande. C'est le roi qui vient de passer. Ce ne peut encore être les gens que nous attendons. Ce doit être mes tantes et mon oncle.
Si jamais homme a été capable de soutenir un si vaste empire, ç'a été sans doute Alexandre [BOSSUET, Hist. III, 5]
Ç'a été dans notre siècle un grand spectacle de voir, dans le même temps et dans les mêmes campagnes, ces deux hommes [Condé et Turenne] que la voix commune de toute l'Europe égalait aux plus grands capitaines des siècles passés.... [ID., Louis de Bourbon.]
Ç'aurait peut-être été le signal d'une révolte dans tout le royaume [VERTOT, Rév. de Suède, 222]
Nous regardons ces confessions comme autant de justices envers Dieu ; mais Dieu nous fera voir que ç'ont été d'énormes injustices [BOURD., Avent, Sur la pénit. 194]
Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter [MOL., Mis. V, 1]
On verra que c'en sont les figures [PASC., Fig. 9]
C'est vous, mon cher Narbal, pour qui mon cœur s'attendrit [FÉNEL., Tél. III]
Vous avez fait de grandes choses ; mais, avouez la vérité, ce n'est guère vous par qui elles ont été faites [ID., ib. XXII]
C'est vous, digne Français, à qui je viens parler [VOLT., Zaïre, II, 1]
C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix [LA FONT., Fabl. VII, à Mme de Montespan.]
Ce n'est plus le jouet d'une flamme servile, C'est Pyrrhus, c'est le fils et le rival d'Achille [RAC., Andr. II, 5]
Ce avec le verbe être et le pronom le, la. Est-ce là votre voiture ? oui, ce l'est. Sont-ce là vos souliers ? ce les sont.
Regardez bien, ne les sont-ce pas [vos tablettes] ? oui, ce les sont là elles-mêmes [BOILEAU, Héros de roman.]
Il est clair que, grammaticalement, ce est sujet, et que par conséquent le verbe être doit être mis au singulier, mais il n'y aura pas d'irrégularité non plus à considérer, par inversion, le nom qui suit comme le sujet, de sorte qu'on pourra à volonté faire accorder le verbe avec ce ou avec le nom. C'est ce que faisait l'ancienne langue qui disait aussi bien c'estes vous que c'est vous. Mais l'usage moderne a mis des exceptions qu'il faut connaître. a. Avec les pronoms moi, toi, nous, vous, le verbe être se rapporte toujours à ce : c'est moi qui le dis ; c'est toi qui le fais ; c'est nous qui le disons ; c'est vous qui le faites. b. Si le nom est au pluriel, le verbe être s'accorde non avec ce, mais avec le nom : ce sont eux qui le veulent.
Ce sont les ingrats, les menteurs, les flatteurs qui ont loué le vice [FÉN., Tél. XVIII]
c. Néanmoins d'excellents auteurs ont conservé l'ancienne liberté de l'accord et ont mis le singulier même en ce cas.
Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit [RAC., Andr. I, 2]
Ce n'était plus ces jeux, ces festins et ces fêtes, Où de myrte et de rose ils couronnaient leurs têtes [VOLT., Henr. X]
Qui racontera ces détails, si je ne les révèle ? Ce n'est pas les journaux [CHATEAUB., De la Censure.]
Ce n'est pas seulement les hommes à combattre, c'est des montagnes inaccessibles, c'est des ravins et des précipices d'un côté, c'est partout des forts élevés [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
C'est eux qui ont bâti ces douze palais [ID., Hist. III, 3]
Des reproches à une tigresse, c'est des marguerites devant des pourceaux [MADAME GRIGNAN, 9 septembre 1671, dans JULLIEN, Gramm. p. 235]
C'est elles [les femmes] qui ont accompli votre vœu [FÉNEL., Dial. des morts, 35]
Ce n'est pas les vaines distinctions que l'usage y attache [MASS., Petit Car. dernier sermon]
Les dieux décident de tout ; c'est donc les dieux et non pas la mer qu'il faut craindre [FÉNEL., Tél. VI]
Bien qu'en ces cas l'usage moderne soit pour le pluriel, cependant on pourrait encore user de l'ancienne liberté de l'accord et imiter ces auteurs, en des occasions où soit l'oreille, soit le caractère de l'expression y porteraient. d. Si ce et être sont suivis de deux ou plusieurs noms, le verbe être s'accorde avec ce, c'est-à-dire se met au singulier.
Dans les ouvrages de l'art c'est le travail et l'achèvement que l'on considère, au lieu que dans les ouvrages de la nature, c'est le sublime et le prodigieux [BOILEAU, Longin, 30]
C'est le nombre du peuple et l'abondance des aliments qui font la force et la vraie richesse d'un royaume [FÉN., Tél. XXII]
Cependant il n'y aurait pas de faute à mettre le pluriel ; car c'est ici l'affaire non de la grammaire, mais de l'oreille à laquelle il déplairait de trouver, après un verbe au pluriel, un nom au singulier, et qui tout d'abord ne tient pas compte de ce qui suit. e. Si, de ces noms, un était au pluriel, on n'en mettrait pas moins le verbe être au singulier, à moins que le nom au pluriel ne fût le premier : c'est la gloire et les plaisirs qu'il a en vue ; mais : ce sont les plaisirs et la gloire qu'il a en vue. f. Le verbe être se met toujours au singulier, quand une préposition intervient ; ce restant alors l'unique sujet du verbe. C'est pour eux que je travaille. C'est de ces hommes que j'attends du secours.
Cruel, c'est à ces dieux que vous sacrifiez [RAC., Iph. IV, 4]
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait [LA FONT., Fabl. VII, 9]
g. C'est du singulier qu'on se sert avec les nombres exprimant les heures. C'est onze heures qui sonnent.
Ce dans une phrase interrogative.
Est-ce vous ? Étaient-ce nos amis ? Sa haine ou son amour, sont-ce les premiers droits Qui font monter au trône ou descendre les rois ? [RAC., Les frères ennemis, II, 3]
Est-ce toi, chère Élise ? [ID., Esth. I, 1]
Sont-ce ses grands canons qui vous le font aimer ? [MOL., Mis. II, 1]
Comment ? ces noms étranges, ne sont-ce pas vos noms de baptême ? [ID., Précieuses, 5]
Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours ? [L. RAC., Relig. I]
Les règles sont les mêmes pour l'accord du verbe être que dans le cas précédent ; l'usage moderne veut le pluriel quand le nom est au pluriel. Mais, ici aussi, de bons auteurs ont gardé la faculté de faire accorder le verbe avec ce.
Est-ce ces moments que vous accordez à la religion ? [MASS., Pet. Car. Drap.]
Est-ce eux qui ont incendié ta cabane ? dit Céluta [CHAT., Natc. II, 329]
Ce dans une phrase interrogative avec qui ou que.
On frappe ; qui est-ce ? On appelle là-bas ; qu'est-ce ? Qu'est-ce qu'elle dit, cette morale ? [MOL., Bourg. II, 6]
Il faut que dans l'obscurité je tâche à découvrir quelles gens ce peuvent être [ID., Sic. 5]
Qui peut-ce être ? [MOL., L'Av. IV, 7]
Quelle énigme est-ce ci, madame ? [CORN., Othon, II, 3]
Qu'est-ce-là ? qu'est-ce-ci ? qu'y a-t-il là ? qu'y a-t-il ici ? Qu'est-ce là ? lui dit-il [le loup, en voyant le cou pelé du chien] [LA FONT., Fabl. I, 5]
Qu'est-ce-ci ? dit-il à son monde ; Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers [ID., ib. X, 21]
Qu'est-ce-ci ? mon char marche à souhait [ID., ib. IV, 18]
Qu'est-ce-ci, mes enfants ? écoutez-vous vos flammes ? [CORN., Hor. II, 7]
Ce redoublé.
Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que ce sera ? Qu'est-ce que c'est que vous m'apprenez là ? Qu'est-ce que c'était ? Qu'est-ce que ç'a été ? Qu'est-ce que c'est que cette logique ? [MOL., Bourg. II, 6]
Ce que je parle avec vous, ce que je vous dis à cette heure, je vous demande qu'est-ce que c'est ? [ID., ib. III, 3]
Ce que c'est que, dans un membre de phrase non plus interrogatif, mais subordonné. Je sais ce que c'est que cet air. Je vous demande ce que c'est que les paroles que vous dites là.
Voyez ce que c'est que du monde aujourd'hui ! [MOL., L'Étour. I, 9]
Vous le voyez, mon cœur, ce que c'est que d'aimer [MOL., Mélic. I, 2]
Ce s'emploie dans le même sens en retranchant que.
Voyez ce que c'est d'avoir étudié [LA FONT., Jum.]
L'analyse grammaticale se fait ainsi : Qu'est-ce que l'orgueil ? se décompose en : ce que (est) l'orgueil, est quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette logique ? se décompose en : ce que est ce que (est) cette logique, est quoi ? il y a là un pléonasme, un peu masqué par l'ellipse de est dans le second membre. Le que est ici l'équivalent du quod latin, pronom relatif neutre.
C'est.... que, avec un verbe à un mode quelconque, sauf l'infinitif.
C'est à Rome, mes fils, que je prétends marcher [RAC., Mithr. III, 1]
Ce n'est pas de cela qu'il s'agit aujourd'hui [LA FONT., Fabl. V, 1]
C'est devant ses amants.... Que la fière beauté me caressait le plus [A. CHÉN., 70]
C'est.... que, suivi d'un infinitif.
C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien.... [LA FONT., Fabl. IV, 13]
C'est se taxer hautement d'un défaut, que se scandaliser qu'on le reprenne [MOL., Critique, 7]
C'est.... que de, suivi d'un infinitif.
Figurez-vous quelle joie ce peut être que de relever la fortune d'une personne que l'on aime, que de donner adroitement quelques petits secours [MOL., l'Avare, I, 2]
Ce n'est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d'argent [ID., ib. I, 4]
C'eût été une chose fâcheuse pour moi que d'exposer cette enfant.... [SÉV., 105]
L'analyse grammaticale est ainsi : C'est à vous que je parle, se décompose en : ce que est : je parle à vous, est. C'est une peine que de garder, se décompose en : ce que est : de garder, est une peine. Que représente encore le pronom relatif neutre quod du latin. C'est.... de, suivi d'un infinitif, sans que.
C'était lui faire injure de l'implorer [PASC., Prov. 4]
C'est m'honorer beaucoup de vouloir que je sois témoin d'une entrevue si agréable [MOL., Mal. im. II, 5]
Certes c'est une chose aussi qui scandalise De voir qu'un inconnu céans s'impatronise [MOL., Tart. I, 1]
Concevez quel déplaisir ce m'est de voir que par l'avarice d'un père.... [ID., l'Avare, I, 2]
Ce serait bien mal connaître le cœur humain de soupçonner qu'il soit possible.... [VOLT., Mœurs, Introduct.]
C'eût été renoncer à la foi, de ne pas désirer le jour du Seigneur [MASS., Avent, Jug.]
L'explication grammaticale est ainsi : C'était lui faire injure de l'implorer, se décompose en : ce, de l'implorer, était lui faire injure. Dans le XVIIe siècle il était très habituel de mettre de devant un infinitif qui était sujet d'une phrase ; par exemple : De dire du mal de son prochain est très répréhensible ; c'est cette tournure qui explique le de dans la locution avec ce.
Ce n'est pas que avec le subjonctif, locution par laquelle on se défend de.... on écarte l'opinion que.... Ce n'est pas que je veuille médire.
Ce n'est pas que le pécheur mourant ne trouve dans sa vie passée.... [MASS., Avent, Mort du pécheur.]
C'est que, c'est de, donnant l'explication de ce qui est, de ce qui se fait. Pourquoi ne venez-vous pas avec nous ? C'est que je suis malade.
Le marquis de Seignelay ayant demandé au doge de Gênes ce qu'il trouvait de plus singulier à Versailles, il répondit : c'est de m'y voir [VOLT., Louis XIV, 14]
L'explication grammaticale est ainsi : C'est que je suis parti, se décompose en : que je suis parti est ce. Ici que répond à la conjonction latine quod. C'est de m'y voir, se décompose en : de m'y voir est ce [cela, cette cause].
C'est à.... de, il appartient à. C'est à vous de parler. Avec à en place de la préposition de.
C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, à brûler constamment pour des beautés sévères [MOL., Mis. III, 1]
Ce explétif. Ce que je crains, c'est d'être surpris. Le véritable éloge d'un poëte, c'est qu'on retienne ses vers. Ce qui me touche, c'est de voir.... Ce qui est vrai, c'est qu'il est malade. Taire un service qu'on a rendu, c'est ajouter au bienfait. Lire, peindre et faire de la musique, c'est l'occupation de sa vie. L'enfer dans cette vie c'est un mauvais ménage.
Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est de leur en faire [VOLT., Charles XII, Disc. prélim.]
Le ce explétif peut être supprimé. Ce que je crains est d'être surpris. Ce qui me touche est de voir. Taire un service est ajouter au bienfait.
Ce qu'il y avait de commode dans cet empire était que.... [J. J. ROUSS., Contr. I, 2]
Ce qui me frappait le plus était de voir.... [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Ce qui me le prouve est que... [J. J. ROUSS., Hél. VI, 7]
La répétition de ce est indispensable dans le cas où le verbe être est suivi d'un substantif au pluriel ou d'un pronom personnel. Ce qui m'attache à la vie, ce sont mes enfants. Ce qui me console, c'est vous.
10° Ce qui.... ce sont.... ce que.... sont....
Ce sont charmes pour moi que ce qui part de vous [MOL., Fem. sav. III, 1]
Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons [ID., Éc. des F. III, 2]
On m'a montré la pièce, et comme tout ce qu'il y a d'agréable sont effectivement les idées qui ont été prises de Molière, etc. [ID., Imp. 3]
Son droit ? - Tout ce qu'il dit sont autant d'impostures [RAC., Les Plaideurs, II, 9]
Ce qu'elle a dit de vous ne sont que des sottises qu'il ne vaut pas la peine de vous rendre [MONTESQ., Correspondance, 56]
11° Ce que, désignant une personne qu'on ne nomme pas.
Ce qu'on appelle un fâcheux est celui qui.... [LA BRUY., Théophr. 20]
Ne pouvant être à moi, soyez à ce que j'aime [CORN., Héracl. III, 1]
Il peut, dans ce désordre extrême, Épouser ce qu'il hait, et perdre ce qu'il aime [RAC., Andr. I, 1]
Mais me voir à ce point trompé par ce que j'aime [VOLT., Zaïre, V, 8]
Il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître [notre origine] [MOL., B. gent. III, 12]
12° Tout ce qui, tout ce que, toutes les choses qui ou que.
Tout ce que je voyais me semblait Curiace ; Tout ce qu'on me disait me parlait de ses feux ; Tout ce que je disais l'assurait de mes vœux [CORN., Hor. I, 3]
Tout ce que ce palais renferme de mystères [RAC., Esth. II, 1]
13° Ce que, signifiant tout autant que.
Ce que Dieu est bon c'est de son propre fonds [BOSSUET, Bonté, 1]
Et Pompée est vengé ce qu'il peut l'être ici [CORN., Pompée, V, 4]
Vieux.
14° Ce qui est de, suivi d'un adjectif.
Ce qui est de réel, est que vous seriez céans libre comme chez vous [FÉN., XXI, 282]
Le mari ne se doute point de la manigance, voilà ce qui est de bon [MOL., G. Dand. I, 2]
Cette tournure, aujourd'hui moins usitée, vaut pourtant mieux que celle que nous y substituons : ce qu'il y a de réel.
15° Ce dit-il, tournure archaïque et poétique.
Ta faute, ce dis-tu, vient de m'avoir cachée.... [MAIRET, Soph. I, 1]
C'est là, ce m'a-t-il dit, le seul but où je tends [LA FONT., l'Eun. V, 3]
Je devais, ce dis-tu, te donner quelque avis, Qui te disposât à la chose [ID., Fabl. VIII, 1]
Doux trésors, ce dit-il, chers gages, qui jamais N'attirâtes sur vous l'envie et le mensonge [ID., ib. X, 10]
Ce m'a-t-il dit [MOL., Fâch. 1]
16° Quand ce vient.... quand ce vint.... quand ce viendra.... quand le moment est, fut, sera.
Quand ce vint à payer.... [LA FONT., Belph.]
Naïf encor, quand d'amour ce vint l'âge, Je rencontrai deux jumeaux sous l'ombrage [MILLEV., Plaisir et bonheur.]
17° Ce semble, il paraît, on peut le croire. Tout, ce semble, conspire contre lui. Tout, ce semblait, allait bien. Tout, ce m'a semblé, est bien allé. Ce vous est, ce lui est, c'est pour vous, pour lui.
Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent [LA FONT., Fab. III, 2]
Ce lui était une contrainte mortelle de se conduire avec elle comme Mme la duchesse de Berry l'exigeait [SAINT-SIMON, 296, 23]
En un mot, ce vous est une attente assez belle Que la sévérité du tuteur d'Isabelle [MOL., Éc. des mar. I, 6]
Ce m'est avis, je suis d'avis. Ce leur est avis, ils sont d'avis.
18° En style de pratique et de chancellerie, ce s'emploie absolument pour résumer ce qui a été dit. Et ce, conformément à.... Nonobstant lettres à ce contraires. Et en vertu de ce que dessus. Ce s'emploie aussi de cette façon dans le langage ordinaire.
Pour ce faire, il prit.... Ce faisant, il crut.... Et, de ce non content Aurait avec le pied réitéré.... [RAC., Plaid. II, 4]
Le grand prieur dit à Roquelaure des choses aussi fâcheuses que celles qu'il venait d'essuyer de son frère, ce sans altérer un flegme fort à contre temps [SAINT-SIMON, 27, 54]
Et depuis ce [depuis lors] il n'est pédant.... [VOLT., Cadenas.]
Et sur ce, je vous salue, et vous embrasse en mon nom [DIDER., à Galiani.]
Le pauvre homme [Courier] reçut un long papier dans lequel on l'accusait d'avoir offensé la morale publique, et de ce non content, d'avoir provoqué à offenser le roi [P. L. COUR., II, 7]
À ce que, loc. conj. usitée en style de pratique et de chancellerie, et signifiant afin que. À ce qu'il n'en prétendit cause d'ignorance. Sur ce, locution par laquelle les souverains terminent leurs lettres. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
19° Ce, pour il.
C'est plutôt fait de céder à la nature que de.... [LA BRUY., XI]
20° C'est pour, avec un infinitif, cela mérite que. C'est pour en crever de rire.
Certes, c'est pour en rire, et tu peux me le rendre [MOL., Mélic. I, 2]
Et c'est pour essuyer de très fâcheux moments, Que les soudains retours de son âme inégale.... [ID., Psyché, I, 2]
On dit dans le même sens c'est à. C'est à mourir de rire. C'est à n'y pas croire.
21° C'est pourquoi, locut. conjonct. Telle est la raison, la cause.
22° Que c'est, au lieu de ce que c'est, locution archaïque et, malheureusement, tombée en désuétude ; car elle était plus brève et plus légère que celle que l'usage moderne a consacrée.
Je sais que c'est, vous êtes offensée [MALH., V, 27]
Le repos du siècle.... va faire.... ignorer que c'est que le fer [ID., III, 3]
Non à toi qui.... connais que c'est que du vrai bien [ID., IV, 5]

REMARQUE

  • 1. Le temps du verbe être précédé de ce est généralement déterminé par le temps du verbe suivant. Ainsi on dit : ce sera nous qui jouirons de ses bienfaits ; ce fut Cicéron qui sauva la république. Mais on dirait aussi : c'est nous qui jouirons ; c'est Cicéron qui sauva.
  • 2. Quand ce qui ou ce que a après soi deux ou plusieurs verbes, on répète d'ordinaire ce : vous ferez ce qui est juste et ce qui est demandé par les circonstances ; ce que vous dites et ce que vous faites. Cependant on peut aussi faire ellipse du second ce, du moins quand les parties mises en regard n'expriment pas des choses différentes : ce que vous dites et que vous faites.
    Je renonce à tout ce qui a été, qui est, qui sera libre [LA BRUY., XII]
    Tu seras ce que tu dois et que tu veux être [J. J. ROUSS., Hél. IV, 13]
    Mais si les parties mises en regard exprimaient des choses différentes, il faut absolument répéter ce : il y a une grande différence entre ce que vous dites et ce que vous faites.
  • 3. Massillon a employé c'est que avec une singulière hardiesse :
    Et une nouvelle preuve de cette vérité, c'est que, remontez à l'origine, d'où vient que l'Église a attaché de plus grands revenus à certains bénéfices ? [MASS., Conf. Revenus ecclésiastiques]
    Il faut remplir l'ellipse et dire : c'est que si vous remontez à l'origine, vous vous demanderez : d'où vient...
  • 4. Ce que a été employé dans le XVIIe siècle pour de ce que, si. Vaugelas cite cette phrase de Coeffeteau : Ce que je réponds sur-le-champ à une harangue que tu as préméditée, c'est un fruit de ce que j'ai appris de toi ; il loue beaucoup cette tournure. Elle est aujourd'hui tout à fait oubliée ; c'était un archaïsme, comme on peut voir à l'historique.

SYNONYME

  • QU'EST-CE-CI ? QU'EST CECI ? Il ne faut pas confondre ces deux locutions. Qu'est-ce-ci veut dire qu'y a-t-il ici ? que se passe-t-il ici ? Mais qu'est ceci veut dire : quelle chose est ceci, la chose dont on parle, que l'on montre : tenez, voyez ; qu'est ceci ? mais on dira : qu'est-ce-ci ? on se querelle pour des riens.

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Si salvarai eo [je] cist meon fradre Karlo [, Serment]
  • Xe s.
    E si fu co [, Fragm. de Valenc. p. 467]
    C'ert [ce sera] [, ib. p. 469]
    En cist tres dies [, ib. p. 467]
    De cest periculo [, ib. p. 469]
    En ceste causa [, ib.]
  • XIe s.
    Se ceo fust u evesqué u abeïe [, Lois de Guill. 1]
    Ceo que il i avereit pris [, ib.]
    Laissez c'ester, dist Marsiles li reis [, Ch. de Roland, 193]
    En cest pays [il] nous est venus confondre [, ib. 2]
    En ceste terre a assez osteié [fait la guerre] [, ib. 3]
    Ço senefie paix et humilité [, ib. 5]
    Dient Franceis : Deus ! que pourra-ce estre ? [, ib. 25]
  • XIIe s.
    Ço sont les deux qui flaellerent et tuerent ces d'Egypte au desert [, Rois, 15]
    Ce dist li rois : Baron or m'entendez, Ronciv. 9. Un don [je] vous quier, c'est le cor de Roland [, ib. 39]
    Qui ce ne croient que Dieus fut surrexis [, ib. 56]
    Ce me donnez que je desire tant [, ib. 153]
    Mais, se Dieu plait, ce ne m'aviendra mie [, Couci, 2]
    Douce dame, je ne vous os [ose] rover Ce dont amours ne me rove pas faire [, ib. 2]
    Dame, por chou [ce] qu'à vous [je] me rent, merci [, ib.]
    Ce est la riens dont je sui plus espris [, ib. 17]
    J'aim et desire ce qui de moi n'a cure [, ib. p. 125]
    [Je] N'oublierai ceste honor D'amer toute la meillor [, ib. 1]
    Sire, dit li cuens [comte] Hues, tout ce ne lo-je mie [je ne conseille] [, Saxons, 32]
  • XIIIe s.
    Et quant ele oÏ chou [ce].... [VILLEH., CXXX]
    Pierres tenoit un bail ; et, par la raison de chu [ce] bail, il avoit hommes [BEAUMANOIR, XV, 15]
    Bien [il] croit que ce soit elle.... [, Berte, CXXII]
    Ce fu par un lundi que Berte fut trovée [, ib. L]
    Se c'estes vous, sel dites [ainsi le dites] ; je vous requier et proi [prie] [, ib. CV]
    Mais ce ne sui-je pas [ce n'est pas moi], sachez, je vous le noi [nie] [, ib.]
    Cis homs qui orendroit s'en est allé d'ici [, ib. CXVIII]
    Bien diriez que (je) n'ai coulpe en ceste destinée [, ib. XVI]
    Et il respont : ce somes nous [, Ren. 978]
    Pour ce amors a meillor renom [, la Rose, 5556]
    Je jetai hors ce d'argent que j'y trouvai [JOINV., 250]
    Je lui di que il eust moult fait que fol, à ce que il avoient leur seigneur occis [ID., 247]
  • XIVe s.
    Et ce non obstant, il est, entre tous autres vertueus, pour soi souffisant [ORESME, Éth. 315]
  • XVe s.
    Les archers anglois avoient laissé en leur logis ce de harnois qu'ils avoient [FROISS., II, II, 193]
    Avoient pris en grant vergogne, ce que des Hainuyers avoient esté ainsi rencontrés [d'avoir été ainsi rencontrés par les Hainuyers] [ID., I, I, 139]
    Si se mit dans un vaisseau à tout ce de gens qu'il avoit eschappés [ID., I, I, 182]
    Je la veux multiplier [l'histoire] et accroistre ce que je pourrai [ID., I, I, 1]
    Beaux seigneurs, le gentil comte de Hainaut viendra un de ces jours à si grand ost.... [ID., I, I, 115]
    Ce terme pendant vint messire d'Artois en Angleterre [ID., I, I, 55]
    Devant ce [la bataille de Poitiers] j'estois encore moult jeune [ID., Prol.]
    C'est ce dont tant suis desireux [CH. D'ORL., Ball. 36]
    Il prit adonc le mot [devise] que onques puis il ne laissa, lequel est tel : ce que vous voudrez [, Bouc. I, 16]
    La cour, c'est à entendre le prince.... [COMM., V, 18]
    Et ce qu'il se laissoit si peu voir et se tenoit ainsi clos en son charriot, estoit afin que l'on ne le connust si desfait [ID., VI, 13]
    Mais Dieu ne lui vouloit consentir ceste grace que de recevoir ce sage conseil [ID., V, 8]
    Ouvrez, dit-il, m'amie ; ce suis-je [c'est moi] [LOUIS XI, 88]
  • XVIe s.
    Demandant la cause de ce, les chanoines lui dirent que.... [RAB., Pant. II, 5]
    Je en ferai ce que de raison [ID., ib.]
    Et bien tout perira, feust-ce Esculapius mesme [ID., Pant. III, 3]
    L'antichrist est desjà né, ce m'a l'on dit [ID., ib. III, 26]
    Et à voir Pantagruel, sembloit un faucheur qui de sa faux (c'estoit Loupgarou) abattoit l'herbe d'un pré (c'estoient les geants) [ID., ib. II, 29]
    Mais laquelle peut-ce estre ? Serait-ce point vostre port tant adextre ? Ou ce parler tant doux et gracieux ? [MAROT, I, 351]
    Mais à quel juge est-ce que nous irons, Si n'est à vous ? [ID., II, 211]
    Le temps est bon pour les douleurs defaire De ceux qui n'ont constance de ce faire [ID., I, 284]
    Qui est-ce qui a retiré ces deniers-là de la main du marchand ? [CALVIN, 154]
    C'est assez, disent-ils, que Dieu soit servi de cœur [ID., 218]
    Ce n'est pas à eux de reformer l'estat commun du peuple [ID., 223]
    Et quand nous le ferions, ce ne seroit que temerité [ID., 231]
    Ce ne sommes pas nous qui avons rien fait [ID., 296]
    Quant est des peintures, que sont-ce sinon patrons de pompe dissolue ? [ID., Instit. 57]
    Socrates estime que ç'ont esté gens ignorants qui en ont usé les premiers en ceste signification [ID., Inst. 73]
    Que ceste soit la premiere reigle quant aux vœux [ID., Inst. 1008]
    Ce leur sont sceaux des promesses de Dieu [ID., Inst. 1106]
    Ç'a esté une ignorance ou malice pernicieuse [ID., Inst. 314]
    Decouvrir tels monstres, c'est les vaincre [ID., Inst. 526]
    A-ce esté pour despouiller Jesus Christ de ses armes ? [ID., Inst. 582]
    En l'un defaut ce qui est le commencement de bien escrire, c'est le savoir [DU BELLAY, I, 21, verso.]
    Ce qui me nuit, c'est ce qui m'est plaisant [ID., II, 14, verso.]
    Mon fils, c'est assez combattre [ID., II, 64, recto]
    ... Car c'est à vous, à vous, seigneur, à qui seul je les voue [ID., VI, 3, verso]
    Ces beaux noms de vertu, ce n'est rien que du vent [ID., VI, 38, recto.]
    Mais tout le bien que je reçoi De mon inviolable foi, Ce sont soupirs et larmes [ID., III, 54, recto.]
    Ce ne sont pas ni ces lis ni ces roses, Ni ces deux rangs de perles si bien closes, C'est cet esprit rare, present des cieux [ID., V, 41, recto.]
    Et qu'est-ce des ans qui glissent, Qu'est-ce des biens allechans ? [ID., V, 54, verso]
    Sont-ce ici ces estats generaux où.... [, Sat. Mén. 165]
    Ce que j'ai d'ailleurs sont seulement quelques accessoires [PARÉ, Au lecteur.]
    C'est ce dont est fait le callus es fractures [ID., VIII, 41]
    Difficile est contenter un malade, ce dit le poëte Ion [AMYOT, De la tranq. d'âm. 5]
    Quand ce vint au pere de la fille [MONT., I, 17]
    C'est une violente maistresse d'ecole que la coutume [ID., I, 105]
    Je vois, ce me semble, que.... [ID., I, 132]
    Ç'a esté le jugement commun de tous les sages que.... [ID., I, 182]
    À parler en bon escient, est-ce pas un miserable animal que l'homme ? [ID., I, 227]
    Il va estudier en son lexicon que c'est que galeux et que c'est que.... [ID., I, 144]
    Ce n'est pas tout à eux de lui obeir, il faut encore lui complaire [LA BOÉTIE, 66]
    Nous monstrasmes à ceux qui en usent où c'est qu'il les faut mettre [ID., 184]
    L'avertissement que leur donnerent leurs capitaines, ce fut : si les ennemis les chargeoient, qu'ils les receussent sans mot dire [ID., 304]
    Ce sont toutes belles choses ce que tu dis [ID., 199]
    Cela, est-ce vivre heureusement ? [ID., 67]
    N'est-ce pas grand pitié que.... [ID., 73]
    Que sera-ce si nous commençons de labourer la terre l'hiver ? [ID., 229]
    Ce leur est plus languir que vivre [ID., 29]
    Ce qui est cause de telles separations est qu'on ne sait et qu'on ne veut vivre en concorde [LANOUE, 46]
    Voilà, ce nous semble, que nous devons respondre à ces gens qui sont si aspres au sang [ID., 84]
    Voi ces rochers au front audacieux, C'estoient jadis des plaines fromenteuses [RONSARD, 963]

ÉTYMOLOGIE

  • Dans l'adjectif ce, cet, cette, ces, il y a deux formes qui ont une origine différente : 1° ce ; ancien français ço, ceo, iço, ice ; wallon, si ; picard, che, chu, cho, chou, éche, ches, ces ; provenç. aisso et so ; ital. ciò ; du latin ecce hoc, ce-o ou ç'-o ; hoc se trouve dans l'ancien français sous la forme de oc ou o ; 2° cet, cette, ces ; ancien français, cest, cist, icest, icist ; provenç. cest, sest, cist, sist, aicest, aicist, aquest, aquist ; espagn. aqueste ; ital. questo ; du latin ecce iste. Le parler populaire des nations romanes renforça de ecce les pronoms latins ; ecce, encore très visible, dans les formes icest, aicest, aqueste, est réduit au c dans les formes plus syncopées.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. CE. - REM. Ajoutez :
  • 5. M. Terzuolo, Études sur le Dict. de l'Acad. franç. Prospectus, p. 20, discutant les phrases telles que celle-ci : Ce fut le 4 juin que Gustave-Adolphe jeta l'ancre sur la petite île de Rugen, assure que ce fut est illogique et veut qu'on dise exclusivement c'est ; dans cette locution, c'est équivaut à je dis, j'énonce, et c'est pour cela que le présent est requis. Une pareille règle est trop étroite ; en analysant les deux tournures, on trouve : ce, que Gustave-Adolphe jeta l'ancre, est, et ce, que Gustave-Adolphe jeta l'ancre, fut. Cette analyse montre qu'elles sont aussi exactes l'une que l'autre. Dans le courant de sa discussion, M. Terzuolo assure qu'on ne dirait pas : Fut-ce le 4 juin que Gustave-Adolphe jeta l'ancre ? et qu'il faut de toute nécessité est-ce le 4 juin.... Cette exclusion ne peut être acceptée, et l'on dirait certainement fut-ce. Dans le choix de ces tournures équivalentes c'est l'oreille qui doit être consultée.
  • 6. Le temps du verbe être précédé de ce est généralement déterminé par le temps du verbe suivant ; ou, quand on n'admet pas cette détermination comme dans le cas qui vient d'être discuté, on met c'est au présent, et le verbe suivant au temps exigé par le sens. Molière a manqué à cet usage :
    Armande : Ainsi donc à leurs vœux vous me sacrifiez ? - Philaminte : Ce ne sera point vous que je leur sacrifie [MOL., Fem. sav. V, 5]
    On dirait plutôt : Ce ne sera point vous que je leur sacrifierai, ou Ce n'est point vous que je leur sacrifierai. Mais comme ce n'est qu'un usage, la construction adoptée par Molière ne doit pas être condamnée.
  • 7. C'est suivi d'un infinitif veut d'ordinaire un de intercalaire ; voy. les exemples au n° 5. Mais autrefois ce de pouvait être supprimé.
    Ah ! que c'est chose belle et fort bien ordonnée, Dormir dedans un lit ! [RÉGNIER, Sat. VI]
    Cela est bon et pourrait se dire.
  • 8. Voltaire a écrit : Ce qu'étant fait, elle [la femme] courut.... Philosophie, Relation du gouverneur Pilate. Il faudrait ce qui. Rien ne peut expliquer grammaticalement cette phrase.
  • 9. Régnier a dit : Mon embrasement, qui croîtra, ç'ai-je peur, jusqu'à tant que je meure, Dial. Cette tournure est pour : ce ai-je peur, c'est-à-dire : de ce ai-je peur. Ce crains-je serait correct, mais non usité ; ce ai-je peur n'est pas correct.
  • 10.
    C'eût été fait alors de ce bel établissement [DE MONTAIGLON, Hist. de l'Acad. de peinture. (Mém. attribués à H. Testelin), t. I, p. 74]
    Pour l'emploi de : c'est fait de, c'en est fait, c'en est fait de, voy. FAIT 1, n° 16.

ce

CE. (CET devant un nom commençant par une voyelle ou un h muet, au masculin; CETTE, féminin singulier; CES, pluriel des deux genres.) adj. démonstratif. Il sert, en quelque sorte, à montrer la personne ou la chose en question. Ce livre est à moi. Je me suis adressé à cet homme. Cette femme est mère de trois enfants. Ces livres sont intéressants.

Il arrive souvent que, pour désigner plus fortement la personne ou la chose en question, on fasse suivre le nom de LÀ. C'est dans cette rue-là que j'habite. Il est impossible de sortir par ce temps-là.

S'il s'agit de distinguer nettement l'une de l'autre deux personnes ou deux choses, on fait suivre le premier nom de CI et le deuxième de LÀ. C'est dans cette rue-ci que j'habite et non dans cette rue-là. Ce tableau-ci est de facture médiocre, mais ce tableau-là peut être regardé comme un chef-d'oeuvre.

ce

CE. pron. démonstratif invariable. Il désigne la Chose en question. Dans cette acception, il est ordinairement suivi : soit d'une des formes du verbe Être à la troisième personne des temps de l'Indicatif ou du Subjonctif ou de l'Infinitif précédé du verbe Devoir. Ce fut une grande joie. Ç'a été la cause de bien des malheurs. C'est un malheur. C'est agréable. Ce sera vrai. Elle aimait à rire, c'était de son âge. Ce doit être un beau spectacle. C'est mon père. C'était sa soeur. Ce sont de braves enfants; soit d'une des formes du pronom relatif qui, que, quoi, dont ou de la conjonction que. Ce qui se passe est extraordinaire. Ce que vous voyez peut vous étonner. Ce qu'il a dit, je le ferai. Ce dont vous me parlez est intéressant. Ce à quoi je pense ne saurait vous concerner. Il s'étonne de ce qu'il ne soit pas venu. Il s'attend à ce que je revienne.

PARCE QUE, loc. conj. Voyez ce mot.

Dans certains tours anciens, CE s'emploie encore, bien que non suivi du verbe Être, d'une forme du pronom relatif ou de la conjonction que. Il avait dessein d'attaquer et, pour ce, pour ce faire, il commanda... Je lui ai dit de faire telle et telle chose, et ce pour le persuader de... Ce faisant, ce disant, En faisant, en disant cela.

SUR CE, Immédiatement après cela. Sur ce, il partit. Sur ce, il nous quitta.

En dehors de ces cas spéciaux, CE est remplacé par la forme composée CELA, abrégée quelquefois dans la langue familière en ÇA. Cela m'ennuie fort. Ne pensez pas à cela. Ils ont discuté sur cela pendant je ne sais combien de temps. Cela ne peut pas être en question.

Fam., C'est cela, c'est bien cela, se dit à une personne qui fait voir, par ses paroles ou ses actions, qu'elle a bien compris ce qu'on lui a dit ou prescrit.

Fam., C'est bien cela! se dit aussi pour approuver ce qu'une personne a dit ou fait de son propre mouvement.

Fam., N'est-ce que cela? sert à indiquer que ce qu'on vous dit, ce qu'on vous annonce est sans importance.

Fam., Comme cela, dans certains cas, signifie Ni bien, ni mal, plutôt mal que bien. Comment vous portez-vous? Comme cela.

Fam., Il est comme cela, C'est son caractère, sa manière habituelle d'être ou d'agir.

Fam., Comment cela? annonce l'étonnement et signifie Comment, de quelle manière? Il prétend que vous lui devez telle somme, comment cela?

Fam., Il ne manquait plus que cela! Manière ironique de se plaindre d'un désagrément inattendu qui vient se joindre à d'autres.

Quand il s'agit de distinguer nettement l'une de l'autre deux choses en question, on emploie les formes composées : CECI, CELA, Ceci est à moi, cela est à vous. Ceci est beau, cela est laid. Ceci est soie, cela est laine.

CECI s'emploie pour annoncer Ce qui va suivre, CELA, au contraire, sert à rappeler Ce qui précède. Dites ceci de ma part à votre ami : qu'il se tienne tranquille. Que votre ami se tienne tranquille, dites-lui cela de ma part.

CECI s'emploie souvent, sans opposition à CELA, comme indiquant un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Ceci n'est pas un jeu d'enfants. Que veut dire ceci? Qu'est-ce que ceci, que tout ceci? Voyez ceci. Relevez bien ceci.

Fam., et dans un sens indéterminé, Ceci, cela, Tantôt une chose, tantôt une autre. C'était ceci, c'était cela, il avait toujours quelque prétexte pour ne pas venir. Leur conversation a porté sur ceci, sur cela.

CE, suivi du verbe Être, sert à insister sur un des membres de la proposition. La liberté, c'est une belle chose. Mourir pour son pays, c'est une belle mort. Tout ce qu'il a dit, ce sont des erreurs. L'homme que vous voyez devant vous, c'est mon frère.

CE, suivi du verbe Être et d'une des formes du pronom relatif ou de la conjonction Que, forme une locution toute faite : C'est... qui, C'est... que, qui sert très souvent à attirer l'attention, soit sur le sujet de la proposition, soit encore sur l'attribut ou sur un des compléments qui se trouvent ainsi placés en tête. C'est moi qui ai fait cela. Ce fut un magnifique orateur que Cicéron. C'est cette personne que je préfère. C'est à quatre heures que je serai interrogé. C'est demain que nous partirons, etc.

CE entre aussi dans la locution interrogative : Est-ce que? Quand est-ce que vous partirez? Est-ce que vous seriez malade? À qui est-ce que je dois m'adresser?

ce

Ce, Est un pronom neutre et demonstratif proprement de la premiere personne, Hoc, On le trouve aussi employé és seconde et troisiéme personnes, Istud, Illud, au 3. livr. d'Ama. chap. 6. Dequoy Amadis fut tresaise, et s'enquit comme il avoit ce faict. Et quand on le veut coarcter à la premiere personne on luy baille à la queuë cest adverbe local, Cy, disant J'ay fait Cecy, comme si on disoit J'ay fait ce qui cy est, et pour le coarcter aux autres on luy baille ceste autre adverbe local La, disant tu as fait ou il a fait cela, Comme si on disoit, tu as fait ou il a fait ce qui là est, Istud, Illud. Ce, aussi est pronom demonstratif masculin dont on use devant les dictions commençans par consonante tout ainsi que de Cet (qui est de mesmes signification) devant celles qui commencent par voyelle, Comme, Ce cheval et Cet homme sont boiteux, Hic equus, hicque homo claudicant, En ce lieu, en cet habitacle, In hoc loco, In hoc habitaculo, Là où Cette, qui est le feminin de cet, sert devant toutes dictions, comme Cette femme, cette Avellaine. Ce, aussi mis apres ce verbe Suis, venant de Sum Latin, és interrogations, se prent pour Ne, interrogatif des Latins. Comme, Est-ce ma femme, ou non? Sera-ce demain qu'il viendra? Fut-ce hyer que je haranguay? Estne vxor mea an non? Crassne veniet? Herine concionatus fui?

Est-ce dés long temps? Idque iamdudum?

Cest, pour Ce est, Hoc est.

C'est à scavoir de coeur, Animo videlicet.

C'est à dire donc que, etc. Videlicet igitur non Turpioni lucrum datum, sed etc.

Ce jour la mesme, Illo ipso die quo lex data est.

Ce m'est tout un, Nihil moror.

Ce mesme, Idipsum.

Ce n'est point sans cause, Non temere est.

Ce nonobstant, Nihilo minus, Nihilo secius.

Cependant que Philumena accouche, Dum parit Philumena.

Cependant que j'ay peu, Dum licitum est.

Cependant que j'estois en l'aage de ce faire, Dum tempus ad eam rem tulit, Dum per aetatem licuit.

Cependant qu'avons le temps, Dum tempus datur, Per id tempus.

Ce que mesme faisoit Arrius, Quod idem faciebat Arrius.

Ce que mesme fit Philippe, Quod idem fecit Philippus.

Ce que je prie à Dieu nous porter bon heur, et venir à bien, Quod Deus bene vertat.

Ce qu'il faloit autrement, Quod contra oportebat.

A ce qu'il me peut bonnement souvenir, Vt nunc maxime memini.

A ce qu'il me semble, Quantum intelligo.

Ce signifie que, etc. Hoc est signi.

Ce temps pendant, Donec.

Ce temps pendant que, etc. Vsque id egi dum loquitur pater.

ce


CE. [Pronom démonstratif.] Ce, fait au fém. cette, et ces au plur. 1°. Ce ne se met au masc. que devant les noms, qui comencent par une consone ou une h aspirée: ce Roi, ce Héros. Devant une voyelle ou une h muette, on écrit et l'on prononce cet: cet ami, cet homme. Cette se met devant les consones et devant les voyelles: cette femme, cette adresse; mais devant les voyelles ou les h muettes, l'e final s'élide et ne se pron. point. Remarquez pourtant que dans cet masc. l'e est muet, et dans cette fém. ce 1er e est moyen: ce-tome, cè-tadrèce.
   2°. Quand ce est devant le verbe être, on retranche l'e, et on lui substitûe une apostrophe: c' est lui, c'était elle. Alors il sert à désigner ou une chôse: c'est dequoi je vous assûre; ou une persone: c'est un modèle de vertu; ou il tient lieu de cela: c'est être bien hardi; c'est fort bien fait: cela est bien hardi; cela est fort bien fait.
   3°. Cet, est quelquefois relatif à ce qui précède; et alors il faut prendre garde de le trop éloigner du nom auquel il se raporte, sur-tout quand il est précédé d'un aûtre nom, auquel il peut se raporter. M. Racine le Fils, dans ses Remarques sur Britannicus, critique une Tragédie intitulée Néron, à quoi il emploie une~ page entière; puis il dit: "Il (Néron) devient dans cette Pièce meurtrier de son frère, mais conduit par l'artifice de son flateur. On croit d'abord que cette Pièce est celle de Néron, que l'Auteur continuë à critiquer. Point du tout: cette Pièce, c'est le Britannicus de Racine. Cela n'est pas net, et cette négligence met de l'obscurité dans ce morceau. — À~ plus forte raison, ne doit-on employer ce que pour rapeler les objets qui ont été clairement énoncés. M. de Murville, dans son Épître à Voltaire, faisant allusion à la Henriade, qu'il ne nome pas, dit:
   Ce Roi qui sut combatre et conquérir la paix,
   Nous paroîtra plus grand, sous tes pinceaux plus vrais;
   Et tu réuniras, dans ce sublime Ouvrage,
   Les tableaux du Poète et les leçons du Sage.
   Mais ce rang où le Tasse, avant toi, sut monter,
   Ce rang est-il le terme où tu dois t'arrêter? etc.
Quel est ce sublime ouvrage? Quel est ce rang? Il n'a été question dans ce qui précède, ni d'ouvrage, ni de rang. Ann. Litt.
   4°. Ce ne modifie que des substantifs, et il ne fait point bien avec les adjectifs: "Le succès qu'ont eu les premiers Opuscules de M. Feutry.. est d'un augûre favorable pour ces nouveaux. L'Ab. Fontenai. J'ôse dire qu' il falait ajouter un substantif, et répéter, s'il le falait, Opuscules, plutôt que de joindre ces avec nouveaux.
   5°. Ce, fait encôre plus mal avec les pron. possessifs: ce mon oncle, cette ma tante. Pasquier dit: ces plusieurs persones. Cela était bon de son temps, et ne vaudrait rien aujourd'hui.
   6°. On ajoute quelquefois au substantif qu'on veut désigner par ce, les particules ci, ou , dont la 1re sert à désigner les chôses proches, et la 2e à marquer celles qui sont éloignées: cet homme-ci, cette femme-.
   7°. Ce, cet, cette, ces, sont quelquefois précédés du pronom relatif le, la, les; de sorte qu'il y a dans la phrâse deux régimes directs: "Je l'ai envoyée à M. de Coulanges, cette aimable et tendre Lettre. Sév. Ce tour est très-familier au P. de Neuville: "Enfans chéris du Dieu Sauveur, associés à sa gloire, vous les voyez sous vos piés, dégradés, confondus, ces vils acteurs des scènes d'illusion et de prestiges, qu'ils jouèrent sur le théâtre du monde, que le néant vient d'engloutir. Jug. Univ. — Quelquefois le pronom relatif suit, et le pronom démonstratif précède. "Tout ce que le monde aveugle et passioné n'aperçoit point... il faut que J. C. le montre au monde, etc. Ibid.
   II. CE, dans les interrogations, signifie cette chôse. Qu'est-ce que je vois, c. à. d., quelle chôse vois-je? — Dans les réponses aux interrogations, il signifie, ou, cette persone, ou, cette chôse: Qui est là? C'est Pierre, c. à. d., celui-là est Pierre: que vois-je là? C'est un homme; c. à. d., cette chôse que je vois est un homme.
   2°. CE, s'emploie au lieu de il, elle, ils, elles: j'aime Pierre, c' est un bon ami, c. à. d., il est bon ami. "Je lis volontiers Racine et Despréaux, ce sont de grands Poètes, c. à. d., ils sont de grands Poètes.
   3°. CE, suivi immédiatement de qui ou de que, signifie les choses: "Ce qui est vrai est toujours beau. — Ce qui, a pour génitif et ablatif, ce dont; pour datif, ce à quoi; pour acusatif, ce que: "Ce dont je vous ai parlé; ce à quoi vous êtes destiné; ce que Dieu exige de nous, etc.
   * 4°. Aûtrefois les Poètes se donaient la liberté de retrancher ce, et ne conservaient que le relatif que.
   Eh bien! de mes desseins, Rome encôre incertaine,
   Atend que deviendra le destin de la Reine.
       Rac. Bérén.
Au lieu de, atend ce que deviendra. — Plus anciènement, on disait, dans la prôse même, qui, pour ce qui: "Vous lui ôtez sa puissance royale, quand vous ne voulez obéir à ses Ordonnances, qui est pis que de lui ôter son domaine. Le Chanc. de l'Hop. On dirait aujourd'hui, ce qui est pis que, etc. — Je ne sais si la Langue a gâgné à ce changement, aussi-bien qu'à celui de la négative ne, qui marchait aûtrefois toute seule, et qui ne peut aler presque jamais aujourd'hui qu'en la compagnie de pas, ou point: vous ne voulez obéir, est moins traînant que, vous ne voulez pas obéir. Bien des gens regrètent, sur-tout pour le style familier et le modéré, la naïveté, et l'air libre et dégagé du Gaulois. — Mde de Sévigné a encôre employé qui pour ce qui: "Vous surprîtes tout le monde, et vous pensâtes même ne pas me trouver, qui eût été une belle chôse; ce qui eût été, etc.~
   5°. Ce que, régit le génitif (la prép. de) des adjectifs: tout ce que j'ai vu de beau; tout ce qu'on fait de mauvais, etc. * On disait aûtrefois dans ce même tour de phrâse, ce qui est de plus fâcheux, en cela, est que, etc. Aujourd'hui on dit, ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que, etc. — De ce que, régit l'indicatif, et que le subjonctif: "Je lui dois beaucoup, de ce qu'elle veuille se relâcher jusqu'à ce point de son austérité ordinaire. Fielding. Il falait, de ce qu'elle veut, ou, qu'elle veuille.
   6°. Ce qui, ou ce que, au comencement d'une phrâse incomplète, laquelle sert de nominatif au verbe est, doit quelquefois faire répéter ce devant est. Il est mieux de le répéter, quand est se trouve suivi des particules que ou de, comme: "Ce que je crains, c'est d'être surpris: ce qui me fâche, c'est qu'on ne m'écoute pas. Mais si le verbe est se trouve suivi d'un adjectif, qui se raporte à la phrâse incomplète, alors on ne peut répéter ce devant est: "Ce qui réussit est toujours aprouvé: ce qui est vrai est beau, etc. — Enfin, si est se trouve suivi d'un nom substantif, on peut répéter ce devant est, ou s'en dispenser: "Ce qu'il demande, est une pension, ou, c'est une pension. BUF. Le second est pourtant le meilleur.
   7°. Quelquefois ce doit être séparé, et pourtant suivi de que: "Ce n'est pas un mal que d'avoir des envieux. De quelque manière qu'on explique cette construction française, le pronom ce s'y joint avec tous les temps des verbes: c'est une passion dangereûse que l'amour; ce seront toujours des tourmens que les desirs, etc. — Au reste, le que, dans ces ocasions, demande le de devant les infinitifs: c'est une sorte de honte que d'être malheureux. BUF. Plusieurs Auteurs, et les Poètes sur-tout, se dispensent de cette règle. On peut le pardoner à ceux-ci; mais on ne doit pas le pardoner aux aûtres. Voyez plus bâs. IV. n°. 6°.
   III. * 1°. M. Vaugelas trouvait, de son temps, que ce que pour si, avait une grâce non-pareille en notre langue. Il aportait en exemple cette phrâse de Malherbe. "Aussi ne faut-il pas penser que ce que (si) Mercure est peint en la compagnie des Grâces, ce soit pour signifier, etc. Cette expression est aujourd'hui entièrement hors d'usage.
   * 2°. À~ ce que pour afin que, et outre ce pour outre cela, étaient déjà vieux du temps de M. de Vaugelas: "Il étoit soigneux des ornemens des Autels et des Églises, à ce que par iceux Dieu fût loué avec plus d'honeur. Chron. "Outre ce, il faut encôre, etc. 3°. Ce pour cela, ne s'emploie plus qu'en style marotique, ou de Pratique. Rousseau dit à Marot.
   Et si d'âilleurs, ne vous ai bien suivi,
   En ce, du moins, votre amour m'a servi;
   Que mes Écrits, monumens de mon âme,
   De lâcheté n'ont encouru le blâme.
Au Palais, et en style de Chancellerie, on dit, et ce pour et cela: "Voulons que, conformément aux Ordonances, les Oficiers de nos Cours rendent à nos Sujets, à notre décharge, la justice, que nous leur devons; et ce, sans aûtre interruption que celles portées par ces mêmes Ordonances. — Bossuet, qui aimait assez le style du Bârreau, dit, ce nonobstant, pour nonobstant cela.
   * 4°. Depuis quelque temps, dans le langage des petits- maîtres, c'est se joint à des participes, pour il, ou, elle est, ou, cela est. "La chasse, pour laquelle il (Louis XV) conçut tant de goût, que c'est devenu chez lui une passion, une fureur, etc. Anon. "Il ne faloit pas être un grand sorcier pour deviner cela: d'âilleurs, c'est renouvelé des Grecs. Fontenai; ou à des adjectifs: "Ah! c' est afreux, s'écrie-t-il, plus en colère que jamais. Daquin. "Ah! que c'est plaisant, M. le Marquis. Anonyme. "Étoit-ce si mal-adroit, pour cela étoit-il si mal-adroit? — Le peuple joint même ce à cela: "C'est vrai cela. Th. d'Éduc. c'est joli cela. Ibid. "Oh! c'est bien drôle, mais je m'y perds. Ibid. C'est impoli de ne pas dire son nom. "Toutes les préférences sont pour Mlle Sophie; dame! c'est juste; c'est la perle des filles. "Comme vous m'avez coifée! Mais c' est afreux. Ibid. — On le dit même avec des substantifs: "Elle aime à rire comme une aûtre; c'est de son âge. Ibid. "C'est inconcevable; c'est d'une témérité; Jugement de Midas. Cette locution est à la mode, mais elle est un peu précieûse.
   * 5°. Ce dit-il, ce dit-on ne se disent plus que dans le style marotique, ou comique, quand on les met dans la bouche des valets et des soubrettes.
   Un tient vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras,
   L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
       La Font.
  Bref: se trouvant à tout et n'arrivant à rien,
  Qu'est ceci, ce dit-il? cherchons ailleurs du bien.
      Idem.
IV. C'EST: 1°. Quand ce est nominatif du verbe Être, il le régit presque toujours au sing. quoique le nom suivant soit au plur. "C'est moi, c'est vous, ce sera vous aûtres, ç'avait été eux, etc. On doit excepter la troisième persone du pluriel des temps simples, ce sont de bones gens; ce furent eux, ce seront vos successeurs: seront-ce les richesses qui feront votre bonheur? — Cependant avec l'imparfait et le conditionel, suivi des mots eux ou elles, le ce régit aussi bien, pour le moins, le singulier que le pluriel. "C'étoit eux qui se plaignoient; ce seroit elles qui devroient se plaindre. — D'Ablancourt dit, mais mal: "Tous les exercices en seront bannis, si ce ne sont ceux de récréation. On doit dire, si ce n'est ceux, etc. M. Moreau, j'ôse le dire, dit plus mal encôre. "Ce furent comme Seigneurs, et non comme Pasteurs, qu'ils firent comparoître devant eux leurs justiciables. — Il est évident que, dans ce tour de phrâse, il faut dire, ce fut comme Seigneurs, etc. = Mais si c'est peut régir quelquefois, et même souvent le pluriel, jamais, ce me semble, ce sont ne peut régir le singulier. M. de Bufon a pourtant dit: "Ces Nègres blancs sont des Nègres dégénérés. Ce ne sont pas une espèce d'hommes particulière et constante. Dites ce n'est pas, ou ils ne sont pas, etc. = Quand ce est employé par interrogation, il régit aussi le verbe être au sing. excepté à la 3e pers. du plur. du présent. "Est-ce nous qui parlons? Est-ce vous qui vous engagez? Sont-ce les honeurs qui vous flatent? Fut-ce les soldats qui comencèrent, et non pas furent ce, etc. BUF. Il en est qui, à la 3e persone du futur et de l'imparfait, aiment mieux le pluriel; seront-ce les honeurs qui feront votre bonheur, et non pas sera-ce, etc. Étaient-ce là vos afaires; et non pas était-ce, etc. J'admetrais la remarque pour le futur; mais pour l'imparfait, la prononciation du sing. et du plur. étant la même, je crois qu'on peut écrire l'un ou l'autre indiféremment, étoit-ce-là, ou étoient-ce-là. — C'est pourquoi se met avec tous les temps des verbes. Vaugelas blâme, avec raison, quelques-uns des Écrivains de son temps, qui disaient presque toujours, ce fut pourquoi, devant le prétérit indéfini: "Ce fut pourquoi les Romains immolèrent des victimes. Il faut dire, c'est pourquoi les Romains immolèrent, etc. Ce fut pourquoi vient de Normandie. On en ûse aussi en Anjou et au Maine.
   2°. C'est n'est bien qu'avec les substantifs et avec les pronoms, qui les représentent. Ainsi l'on dit: je lis volontiers Racine et Boileau, ce sont de grands Poètes, pour, ils sont; mais avec les adjectifs, on doit dire, il est, et non pas c'est; ils sont, et non pas ce sont: Lisez Ciceron et Demosthene: ils sont très-éloquens. — Aujourd'hui on met c' est avec des adjectifs. Voy. plus haut, III * n°. 4°. mais cette façon de parler sent encôre l'afèterie et le jargon.
   3°. C'est régit le datif (la prép. à) des noms, et les verbes à l'infinitif avec à ou de; ou à l'indicatif, précédé de que; c'était à vous de parler; c' est à vous qu'il convenait de faire cette démarche. — Crébillon met le subjonctif à la place de l'indicatif.
   Va, ce n'est point à moi, quand il s'agit d'ofense,
   Que l'on doive doner des leçons de vengeance.
au lieu de que l'on doit. — On a voulu le justifier, en disant que le sens est négatif, mais c'est n'est pas comme plusieurs verbes qui régissent tantôt l'indicatif, tantôt le subjonctif, suivant que la phrâse est afirmative, ou négative, ou interrogative: c'est régit toujours le 1er. "C' est moi qu'on veut perdre; ce n'est pas moi qu' on veut, et non pas qu'on veuille tromper: Est-ce à moi qu'on en veut, et non pas qu'on en veuille. — On objecte les phrâses suivantes: c'est la vertu qu'il chérit, et, ce n'est pas la vertu qu'il chérisse le plus; mais, dans la seconde phrâse, ce n'est pas le pronom ce, mais le superlatif, le plus, qui régit le subjonctif; car on dit, en ôtant ce superlatif, c'est ou ce n'est pas l'humilité que l'on voit briller dans son caractère; et non pas, que l'on voie: c'est ou ce n'est pas la gloire qu' il poursuit, et non pas qu'il poursuive.
   4°. C'est, suivi de la conjonction que ou du pronom qui, n'est souvent employé que pour doner plus de force au discours: "C'est de peur d'être injuste ou ingrat, que je refuse vos présens, disoit un Juge. Je refuse, etc. de peur, etc. "Ce fut l'orgueil qui perdit les Anges rebelles: l'orgueil perdit, etc. Wailly.
   5°. C'est ne se joint pas ordinairement à des noms sans article. Autrefois on disait;
   C'est gloire de passer pour un coeur abatu
   Quand la brutalité fait la haute vertu.
       Corneille.
  C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser.
      Idem.
Aujourd'hui on ne le soufrirait pas même en vers. — M. Moreau, qui aime à retrancher l'article, a dit tout récemment: "Leur atentat contre le peuple avoit été de détruire, et c'étoit justice que de rétablir et de protéger. — Quelquefois cependant l'article est élégamment suprimé, ou dans la phrâse afirmative: "C'est folie que de sacrifier les biens éternels à des biens périssables; ou, encôre mieux, dans l'interrogative: "Agir dans le doute de l'existence d'un avenir, et braver les risques qu'on court, s'il existe, est-ce courage, est-ce force d'esprit? n'est-ce pas plutôt fureur et frénésie? "Bien des gens semblent vouloir regarder l'Art Poétique de Despreaux comme une compilation de celui d'Horace: je ne sais si c'est mauvais goût ou mauvaise foi: mais il me semble qu'il est nécessaire que l'un ou l'aûtre ait enfanté cette opinion. Le Duc de Nivernois. "C'est foiblesse, c'est vanité, c'est ignorance grossière de son propre intérêt, que d'espérer de pouvoir cacher ses fautes, en afectant de les soutenir avec fierté et avec hauteur. Télém.Remarquez qu'on ne retranche l'article que devant les noms, qui expriment un sentiment ou une passion de l'homme: c'est folie, c'est mauvais goût, mauvaise foi, etc. est-ce courage; c'est foiblesse, c'est vanité, etc. On ne diroit pas, c'est bonheur, c'est malheur, etc. Il faudrait dire, c'est un bonheur que d'avoir échapé, c' est un malheur que d'avoir si mal rencontré, etc.
   C'est ne régit pas non plus la préposition de, sans qu'elle soit suivie de la conjonct. que. On dit bien c'est de lui que nous avons reçu cette méthode; mais on ne doit pas dire, comme on le fait dans le Dict. Hist. Art. St. Marc (le Febvre de). "C'est de lui le Pouvoir de l'Amour, Ballet, etc. pour dire, le Ballet, etc. est de lui.
   6°. C'est régit les infinitifs, suivis de que avec la prép. de et d'un autre infinitif. "C'est regner que de servir Dieu. Plusieurs Auteurs et les Poètes sur-tout retranchent le de.
   C'est crime qu'envers lui se vouloir excuser.
       Corn.
  Mais c'est pousser trop loin ses droits injurieux
  Qu'y joindre le tourment que je soufre en ces lieux.
      Rac.
On dirait en prôse; c'est un crime que de vouloir, etc. c'est pousser trop loin, etc. que d'y joindre, etc. — D' aûtres retranchent le que. "Ce seroit dégrader l'Évangile... de le regarder comme la religion du peuple, etc. "C'est ataquer le monde par l'endroit sensible... de vouloir lui ôter le seul bien qui lui reste, etc. Massillon. Ailleurs il met le que: "c'étoit ôter aux hommes la gloire de la fermeté dans les soufrances, que de leur en ôter le sentiment. — Quand l'infinitif précède, il faut est, et non pas c'est.
   Si vaincre c'est un crime,
   Je puis bien l'avouer, ma peine est légitime.
       Folard.
On dirait en prôse: si vaincre est un crime, ou, si c' est un crime que de vaincre.
   7°. Quand c'est est joint à un nom, lequel est suivi d'un relatif, alors, au lieu de metre ce nom au nominatif et le relatif dans un câs oblique, on met au contraire ce nom dans un câs oblique, et on emploie que pour le relatif. Ainsi, au lieu de dire: c'est vous à qui il apartient de faire, etc. on dit, c'est à vous qu'il apartient, etc. c'est ma jalouse rage à qui vous le devez; Cinna; dites, c'est à ma jaloûse rage que vous le devez. "C'est de leur état dont il s'agit maintenant; "ce n'est que de l'infinitif dont vous avez besoin. Promenade de Clarisse. Dites que au lieu de dont. Fontenai.
   8°. C'est, régissant certains infinitifs, exige la prép. pour devant les noms. Un Auteur moderne y substitue la prép. à. "C'étoit trop bien réussir, à des factieux, pour en rester là. Berault de Bercastel. L'Auteur a craint de mettre deux pour de suite, mais il aurait pu placer le premier à la tête de la phrâse: "Pour des factieux, c'était trop bien réussir pour en rester là.
   9°. "C'est que et ce n'est pas que se mettent ordinairement après si.
   Si je l'ai fait, c'est qu'il faloit le faire        Anon.
  S'ils vous font quelquefois éprouver leurs rigueurs,
  Ce n'est pas que pour vous ils manquent de tendresse;
   Ils cherchent seulement à vous rendre meilleurs.
      Reyre.
Ce n'est pas que se met quelquefois à la tête de la phrâse. Il régit le subjonctif, précédé de la part. ne, quand le sens est afirmatif, et sans négative quand il est négatif. Cela paraît dabord bisarre, mais quand on le considère de près, il cesse de le paraître. Ce n'est pas, renfermant une négation, la part. ne surajoutée en éface l'influence, par la raison gramaticale que deux négations valent une afirmation. Quand le sens au contraire est négatif, la part. négative ne serait de trop par la même raison. Quand je dis, ce n'est pas qu'il ne soit juste, je veux dire, qu'il est juste que, etc. et quand je dis, ce n'est pas qu'ils soit juste, je veux dire au contraire, qu'il n'est pas juste que, etc. "Outre cette incommodité, ils ont celle du climat, dont l'ardeur est excessive. Ce n'est pas qu'il ne soit tempéré de temps en temps, en partie par les pluies, en partie par les vents du Nord, mais, etc. Let. Edif. "Ce n'est pas que plusieurs persones, qui en furent (de cette secte des Stoïciens) n'aient fait honeur à cette secte. P. Rapin. — La Bruyere met mal-à-propos l'indicatif, sans la part. ne: Ce n'est pas qu'il faut quelquefois pardoner à celui qui, etc. Il falait: ce n'est pas qu'il ne faille, etc. — Remarquez que quoique le verbe régi soit au temps passé, il faut toujours dire, ce n'est pas, au temps présent, parce que ce n'est pas se raporte à celui qui raconte, et non pas au temps où s'est passé le fait dont il parle. "Ce n'étoit pas que l'amour de Mortimer n'eût quelque-fois éclaté dans ses actions. Hist. d'Angl. "Ce n' étoit pas non plus que Cecile ne s'en fût pas aperçue. Mercure. Mettez, ce n'est pas aux deux endroits; et de plus retranchez pas à la 2de phrâse.
   10°. Ce que c'est que de, régit l' infinitif des verbes. "On ne savoit à Rome ce que c'étoit que de plier sous les menaces. Vertot. — Bossuet et Mde. de Sévigné retranchent le que: "Voilà ce c'est que d'avoir mis la décision entre les mains des particuliers. Boss. Vous savez ce que c'est d'abuser du sceau et du seing d'une Reine de France. SÉV. Il aurait été plus régulier de dire, que d'avoir mis, que d'abuser, etc. — Il régit aussi les noms: "Cela montre ce que c'est que ces graves décisions de la Réforme. Boss. = * Autrefois on disait, que c'est, pour, ce que c'est. "Il n'y a point de Loi qui nous enseigne que c'est que l'ingratitude. Malherbe. Vaugelas a condamné depuis long-temps cette façon de parler. La Bruyère la regrettait: Il y avoit à gagner, dit-il, à dire, je sais que c'est un mal, plutôt que, je sais ce que c'est qu' un mal, soit pour l'analogie latine, soit par l'avantage qu'il y a souvent à avoir un mot de moins à placer dans l' oraison. Mais, d'autre part, cela prêtait à des sens équivoques, car, par exemple, je sais que c'est un mal, peut signifier aussi, je sais que cette chôse est un mal. — On disait aussi, ce que c'est que de, avec les noms. "Ces hommes malheureux, qui ne savent ce que c'est que de sagesse ni de vertu. Boil. Trad. de Longin. Aujourd'hui on retranche le de.
   11°. C'est, suivi du relatif, régit les verbes à l'indicatif: "C'est une des chôses que je hais le plus. Plusieurs Auteurs mettent le subjonctif, peut être à cause du superlatif, qui est ordinairement en ces sortes de phrâses. "C'est une des compositions qui fasse le plus d'honeur à ce grand Artiste. L'Ab. Richard. "C'est ici le principal but qu'on doive se proposer. Bufon. Voy. SUPERLATIF. — On dit, avec le futur, c'est à qui fera, à qui dira, etc.; c. à. d. ils se disputent à qui fera, à qui dira, etc. ils font, ils disent à l'envi.
   * 12°. On fesait aûtrefois un grand usage de c'est avec le datif des pronoms personels, et l'on séparait ce de est, mettant entre deux le pronom. "Ce me sera une fort bonne compagnie; ce me seroit un plaisir de, etc. Ce ne vous est pas une nouvelle. Sévigné. "S' il ne m'est pas bien-séant d'avoir quelque contentement, en ne vous voyant pas, ce m'est au moins quelque excuse de n'en avoir pas un que vous ne me donniez. Voit. On dit aujourd'hui, c' est pour moi, ce n'est pas pour vous, etc. Vaugelas avait déja fait cette Remarque. "Ce lui fut force de hazarder la bataille. Dites, il lui fut force, etc. ou ce fut une nécessité pour lui de hazarder, etc. = Pour le pronom indéclinable le, on le met quelquefois entre ce et le v. être. Comme, en parlant des chôses, on ne peut pas dire, c'était lui, c'était elle, on dit, ce l'est, ce l'était: "Ce carrosse me parut être celui de mon Fils: ce l'étoit en éfet, Sév.
   * 13°. On disait aûtrefois, n'étoit que, pour, si ce n'est que: Atalide dit à Zaïre, parlant de Bajazet.
   À~ me chercher lui-même atendroit-il si tard?
   N'étoit que de son coeur le trop juste reproche
   Lui fait peut-être, hélas! éviter cette aproche.
   Bossuet l'a employé. "Je ne prendrois pas la peine de relever ces erreurs, n'étoit qu'elles convainquent celui qui y tombe de n'avoir pas seulement lu les bons livres. — N'étoit est vieux, et bien plus du style familier que du style élevé.
   14°. Dans qu'est-ce que, interrogatif, la conjonction que peut être séparée de qu' est-ce. "Qu'est-ce donc, selon les Ministres, que cet enfant? Bossuet. — * Racine dit qu'est-ce de, pour qu' est-ce que.
   Qu'étoit-ce toutefois de ce grand apareil?
   La Nymphe de la Seine à la Reine.
   * 15°. Quelle heure est-ce? Est un vrai gasconisme. Il faut dire: quelle heure est-il?
   V. C'est-à-dire, Que nous exprimons ordinairement en abrégé par ces trois lettres (c. à d./c. à. d.) est une conjonction explicative, employée pour éclaircir ce qui a été dit plus vaguement, ou plus obscurément. 1°. Régulièrement, on doit observer, après cette conjonction, le même ordre de construction qu'on a employé devant, répéter les articles, les prépositions, etc. "Ma Belle-fille est dans les remèdes des Capucins, c' est-à-dire, des breuvages, des bains d'herbes, etc. À~ la rigueur, il faudrait dire, dans des breuvages, dans des bains, etc. Le style épistolaire soufre un peu moins d'exactitude. = 2°. On dit toujours c'est-à-dire, au présent, quel que soit le temps du verbe qui a précédé. Bossuet conjugue le verbe est, et dit, ce seroit à dire, c'étoit à dire. Cela ne se pratique plus à présent. Cependant en interrogation, serait-ce à dire ne fait point mal. "Devons-nous établir notre durée (dans ce monde) qui n'est que d'un instant, pour la mesûre de quelqu' autre? "Seroit-ce à dire que ce qui auroit duré cent mille fois plus que nous, dût toujours durer? Fonten.
   * 3°. Bossuet fait précéder c' est-à-dire de si: "Sacrifier ces célestes vérités, si c'est à dire les renoncer, c'est un blasphême. On dirait aujourd'hui tout simplement, si c'est les renoncer.
   4°. Quelquefois c'est-à-dire ne sert qu'à doner plus d'énergie à la pensée, sans qu'il y ait rien à expliquer. "Quiconque est ébloui de ce degré éminent où la naissance et la fortune l'ont placé, c'est-à-dire, qu'il n'étoit pas fait pour monter si haut. Massill. On pourrait retrancher c'est-à-dire qu'il sans nuire au sens de la phrâse; mais cette locution ainsi, employée, done plus de force au discours.
   5°. Ce n'est pas à dire n'est pas non plus conjonction explicative. Il a le sens de, il ne faut pas conclûre de là que... "Quoique nos moeurs aient prodigieusement changé, ce n'est pas à dire que les Traducteurs, par une faûsse délicatesse, soient dispensés de faire conoître celles des Anciens. Il régit le subjonctif, à cause du sens négatif.

Traductions

ce

()
adjectif démonstratif + cet pluriel ces (se)

cette

(sɛt) féminin
1. sert à montrer, à indiquer qqn ou qqch Je ne connais pas cet homme. Je suis déjà venu dans cet endroit. ce héros-là
2. sert à indiquer un moment proche Je ne viendrai pas ce soir. Il a fait froid ces jours-ci.

ce

dies, das, dieser, jenes, diese, diesesthat, this, thatoverthere, those, these, itdat, deze, die, dit, datgene, zulks, hetזה, דא, זֶה, זוهذا, ذَلِك, ذَلِكَ, هَذَا أَوْ هَذِهِтази, тая, тези, тия, това, този, тоя, туйaixò, aquest, aquestadette, den, denne, detαυτός, το, ΕΚ, εκείνος, τούτοςĉi tiueste, esta, ese, esoاينtämä, tuo, tuotainiþessiquesto, quello, questa, ciò, codesto, quelこも, これ, あの, あれ, このdette, den, det, ten, ta, to, taki, tamtenaceastă, acest, asta, ăstaэто, этот, который, тотtáto, tento, totota, todenna, det här, den här, detta, den där, som这个, , , 那个tamta, tamten, ten, tohle, totoovaj, taj그, 이, 이, 이것, 저 사람, 저것, 저, 그aquele, aquele, aqueles, deste, destes, esse/essa, esteคนหรือสิ่งนั้น, นี้, อย่างนั้นbu, şuđó, này, người/vật này
pronom démonstratif + c'
indique qqch ou la chose à laquelle on pense C'est mon blouson. C'est vrai. Qui est-ce ? Qu'est-ce que c'est ? Je n'entends pas ce que tu dis. Ce que je lis est passionnant.

CE

[seə]
nf
(=Communauté européenne) → EC
(COMMERCE) = caisse d'épargne
nm
(INDUSTRIE) = comité d'entreprise
(ÉDUCATION) = cours élémentaire

ce

[cet] (devant un nom masculin commençant par une voyelle ou un h muet) [ces] (pl) [sə, sɛt]
adj démonstratif
(en désignant: proximité immédiate) → this
cette → this
ces → these
cet hiver → this winter
Cette vue est magnifique → This view is wonderful.
Tu peux prendre ces livres → You can take these books.
ce livre-ci → this book
cette voiture-ci → this car
(en désigant: moins proche) → that
cette → that
ces → those
Je n'aime pas du tout ce film → I don't like that film at all.
ce livre-là → that book
cette voiture-là → that car
cette maison-là → that house
(dans le temps) → this
cet hiver → this winter
cet après-midi → this afternoon
cette année-là → that year
cette nuit (qui vient)tonight; (passée)last night
pron
(avec le verbe être: chose) c'est → it is, it's
ce sont → they are, they're
C'est petit → It is small., It's small.
C'est un livre → It is a book., It's a book.
Ce n'est pas facile → It's not easy., It isn't easy.
C'est vraiment trop cher → It's really too expensive.
qu'est-ce que c'est? → what is it?
(avec le verbe être: personne)
C'est une actrice très célèbre → She's a very famous actress.
C'est le facteur → It's the postman.
Ouvre, c'est moi! → Open the door, it's me!
C'est un peintre → He's a painter., He is a painter.
Ce sont des peintres → They're painters., They are painters.
Ce sont des amis à mes parents → They're friends of my parents'.
C'est un peintre du début du siècle → He's a painter from the turn of the century.
c'est toi qui ... → it was you who ...
qui est-ce? (à la porte) → who is it?; (en désignant) → who is this?
(avec pronom relatif) ce qui → what; (reprenant une proposition) (= chose qui ...) → which
ce que → what; (reprenant une proposition) (= chose que ...) → which
C'est ce qui compte → That's what matters.
Je vais lui dire ce que je pense → I'm going to tell him what I think.
Il est très malade, ce que j'ignorais → He's very ill, which I didn't know.
tout ce qui ... → everything that ...
J'ai rangé tout ce qui traînait par terre → I've tidied up everything that was on the floor.
tout ce que ... → all that ..., all ...
tout ce que je sais → all I know
Tu peux avoir tout ce que tu veux → You can have everything you want.
ce dont ... → what ...
ce dont j'ai parlé → what I talked about
(autres locutions) c'est que ... (explication)
C'est qu'il n'a pas faim → The fact is, he's not hungry., The thing is, he's not hungry.
ce que ... (intensif)
Ce que c'est grand! → It's so big!
c'est ça (= correct) → that's it, that's right
c'est toi qui le dis! → that's what you say!
voir aussi c'est-à-dire
voir est-ce que, n'est-ce pas