ce, cet

CE, CET ; CETTE ; CES

CE, CET, m. ; CETTE, f. ; CES, plur. des deux genres (ce tas, se tas ; cet homme, sè-t homme ; sè-t', au fém. ; sê, au plur. ; l's se lie : ces hommes, dites : sêz hommes) adjectif démonstratif Ce ne se met que devant les noms masculins qui commencent par une consonne ou par une h aspirée : ce roi, ce héros ; cet, devant les noms masculins qui commencent par une voyelle ou une h muette : cet homme, cet ami, cet homme-ci, cet homme-là.
De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur ? Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur ? Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée, Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette armée, Cette foule de rois, ces consuls, ce sénat, Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat, Cette pourpre, cet or, que rehaussait sa gloire Et ces lauriers encor témoins de sa victoire [RAC., Bérén. I, 5]
Ce, cet, cette, ces, suivis d'un substantif quel qu'il soit, permettent de le déterminer de nouveau par les adverbes de lieu ci et là. Ce livre-ci, ce livre-là. Cette plume-ci, ces plumes-là. Ce, cette, ces, s'appliquent à ce qui va suivre.
Quand la vertu n'aurait que cet avantage de nous mettre à l'abri de toutes les tempêtes des passions [MASS., Carême, Dégoûts]
Avec un adjectif pris absolument.
S'il restait un seul cas à examiner, ce seul suffirait pour empêcher la définition [PASC., Préf. Vide.]
Avec un adjectif possessif. Ce mien cousin que vous avez vu chez moi. Tournure archaïque et familière.
Nous [Constantin] ordonnons que cette notre donation demeure ferme jusqu'à la fin du monde [VOLT., Mœurs, 10]

HISTORIQUE

  • Voy. CE 2.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    Ajoutez : - REM.
  • 1 : Ces fêtes, les fêtes prochaines.
    Il y a une édition contrefaite de mon livre, laquelle doit paraître ces fêtes [J. J. ROUSS., Lettre à Mme de Luxembourg, 28 mai 1762]
  • 2. D'Alembert a dit :
    Voici le nouveau thème que Raton pourrait essayer et que Bertrand lui propose en toute humilité : première partie du thème : cette, qu'on nomme aujourd'hui théologie, est ennemie des rois ; Raton le prouvera.... en rappelant les histoires de Grégoire VII, d'Alexandre III, d'Innocent IV... [D'ALEMB., Lett. à Volt. 9 fév. 1773]
    Cette tournure est un latinisme dont Voltaire s'est servi le premier en traduisant une thèse de ses adversaires : Illa, quam dicunt philosophiam, cette, qu'on nomme philosophie.