cela

cela

pron. dém. inv. [ de ce et là ]
1. Désigne qqch qu'on montre : Cela va très bien avec ta jupe. Montre-moi cela.
2. Désigne ce dont on a parlé : Je suis d'accord avec cela.
3. Renforce une interrogation : Comment cela ?
Cela dit ou cela étant,
malgré tout : Ce livre pour enfants manque d'illustrations ; cela dit, il est vraiment très bien écrit.
En cela,
de ce point de vue, sur ce point : En cela, personne ne peut le contredire.

CELA

(se-la) , nom général de chose, ou, ce qui revient au même, l'adjectif ce (cela est pour ce-là) pris substantivement au masculin singulier.
Indiquant, par opposition à ceci, la chose la plus éloignée. Reprenez ceci et donnez-moi cela. Cela est bon, mais ceci vaut encore mieux.
Indiquant, sans opposition à ceci, un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Cela fait, cela dit, je m'éloignai. À cela près. Cela ne fait rien.
Et moi qui m'étais défendu toute ma vie des tristesses, des langueurs et des inquiétudes de l'amour, je trouve à cette heure tout cela dans l'amitié [VOIT., Lettr. 53]
Et quand je vous aurais payé au double tout ce que je vous dois, après cela je ne serais pas encore quitte [ID., ib.]
L'objection à cela, c'est que les sauvages ont une religion [PASCAL, Mir. 30]
Nous rendrons-nous à cela ? [MOL., Bourg. III, 10]
Point de cela ou pas de cela, phrase abrégée signifiant : je ne veux point ou pas de cela. Ne plus nous voir, oh ! point de cela. Dans le discours ordinaire, on contracte souvent et l'on dit : point de ça. Il ne manque plus que cela, signifie c'est le dernier coup, le dernier trait, la dernière souffrance. Fâchez-vous à présent contre moi, il ne manque plus que cela. Dans le discours familier on contracte le plus souvent : il ne manque plus que ça. Cela, sorte d'affirmation qui se met à la fin d'un membre de phrase, et qui y donne plus d'expression. Voilà parler, cela, et voilà ce que c'est que montrer de la fermeté. Voilà des événements, cela !
Haut, grand comme cela, et souvent, dans la conversation, comme ça, se dit pour indiquer une certaine hauteur ou grandeur, que l'on est supposé marquer par un geste de la main.
Je vous ai vu que vous n'étiez pas plus grand que cela [MOL., Bourg. IV, 5]
Mes lettres vous pleuvront une page pour une ligne, et bientôt vous en aurez haut comme cela [P. L. COUR., Lett. I, 25]
Cela, avec un geste de mépris qui explique la pensée.
Pour moi je m'en soucie autant que de cela [MOL., l'Étour. II, 7]
N'est-ce que cela ? indique le peu d'importance qu'on attache à quelque chose.
Familièrement. C'est cela, c'est bien cela, se dit à une personne qui cherche à imiter quelque chose, ou qui montre qu'elle a bien compris ce qu'on lui a dit. C'est bien, cela ! se dit quelquefois pour approuver et encourager une personne.
Comment allez-vous ? - Comme cela, et, dans la conversation, comme ça, c'est-à-dire pas trop bien.
Il est comme cela, c'est sa manière d'être, son caractère. C'est comme cela, la chose est ainsi, il faut en prendre son parti. Comment cela ? quoi ! est-ce possible ? comment, de quelle manière ?
Cela.... que, locution où cela annonce ce qui va être dit.
Cela est faux, mes pères, que, la défense étant permise, le meurtre soit aussi permis [PASCAL, Prov. 14]
Cela même est assez plaisant, que ce système fut alors une occasion de péché [FONTENELLE, Les mondes, 1er soir.]
Ils ont cela de bon qu'ils ne laissent pas de dire.... [PASC., Prov. 1]
Cela avec le pronom il qui le représente.
Cela viendra peut-être ; mais il n'est pas venu [SÉV., 15]
Je vous dis cela comme il m'a été dit [SÉV., 300]
Si cela est vrai pour les hommes, à plus forte raison l'est-il pour les jeun es gens [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Cela peut être véritable, quoiqu'il ne soit pas certain [PASC., Prov. 13]
En parlant des personnes. J'ai vu cela tout jeune.
Comme cela dort, ces jeunes gens ! Cette petite fille m'a frappé en passant ; je lui ai demandé qui étaient ses parents : cela meurt de faim, cela a quatorze ou quinze ans [SAINT-SIMON, 355, 180]
10° Avec cela, néanmoins. Je suis convaincu que vous ne viendrez pas ; avec cela, je vous attends toujours. Avec tout cela, néanmoins.
Je me suis acquis dans les armes l'honneur de six ans de service ; mais, avec tout cela, je ne veux pas me donner un nom où d'autres en ma place croiraient pouvoir prétendre [MOL., Bourg. III, 12]
Pour cela, en vérité, effectivement. Il a reçu une charmante lettre de son ami, oh ! pour cela, vraiment charmante. N'est-il pas fier de sa noblesse ? - Oh ! pour cela, non. Par contraction, ça (voy. ce mot).

REMARQUE

  • Des grammairiens ont demandé que l'Académie mît un accent grave, celà, puisqu'elle en met un sur là et sur voilà ; ç'aurait l'avantage d'effacer une inconséquence d'orthographe. Mais, l'accent grave sur là n'ayant d'autre objet que de le distinguer, pour l'œil, de la article, du moment que dans un mot, comme cela, il n'y a plus de confusion possible, il est inutile de surcharger l'écriture ; c'est ainsi que dû se distingue de du, au lieu qu'au pluriel on écrit dus sans accent parce qu'il n'y a plus rien à distinguer.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    L'amour a cela qu'il s'attache et se lie à tout ce qu'il trouve comme fait le lierre [AMYOT, Comm. il faut ouïr, 19]

ÉTYMOLOGIE

  • Ce et là ; picard, chelo ; wall. soula.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CELA. - REM. Ajoutez :
  • 2. Cela avec le verbe être et un nom au pluriel se construit avec le pluriel du verbe.
    Les auteurs, les décrets, les livres, cette âcre fumée de gloire qui fait pleurer, tout cela sont des folies de l'autre monde, auxquelles je ne prends plus de part [J. J. ROUSS., Lett. à Coindet, 29 mars 1766]
    Mais enfin tout cela ne sont pas des preuves [ID., Lett. au comte de Tonnerre, 18 sept. 1768]
    On pourra mettre aussi le singulier : Tout cela n'est pas des preuves.

cela

CELA. pron. dém. Voyez CE.

cela

Cela, n. Est un pronom demonstratif tant de la seconde que de la troisieme personne, Istud illud, voyez Ce.

Je suis en cela, Ibi nunc sum.

Il n'y a que cela, Tantum est.

C'est cela mesme que tu dis, Istud ipsum, Isthaec res est.

cela


CELA, pron. démonst. [1re e muet.] Cette chôse-là. "Cela est bon, cela est mauvais, cela est fait.
   REM. 1°. Celui et Celle se disent des persones: ceci et cela des chôses. Quelque-fois pourtant, dans le style fam. cela peut signifier les persones. "J'ai vu tantôt M. de Pompone, M. de Bezons, Mde. de Villars: tout cela vous fait mille complimens. Sév. "J'ai fait vos complimens à Mde. de... à M. de, etc. tout cela vous aime, vous estime, etc. La même. — Cette locution est fort à la mode aujourd' hui: peut-être y a-t-il de l'afèterie à s'en servir trop souvent. "Ce sont les meilleures filles du monde: cela vit comme des saintes. Mariv. "Mon Président étoit une bête: il n'étoit bon qu'au Palais: Cela savoit les Lois: voilà tout. Marm. "Voilà de mes gens, cela ne flate point: c'est ce qui s'apèle un Philosophe. Id. Cela ne fait que jurer. Il est bâs, dit Vaugelas. = Cela, après une énumération: voyez Nominatif. IV. n°. 2°.
   2°. Quand le pronom cela est seul et sans oposition au pronom ceci, il se dit de même que ceci, d'une chôse qu'on tient et qu'on montre: Que dites-vous de cela? Cela est fort beau. — Mais quand cela est oposé à ceci, il se dit d'une chôse plus éloignée: je n'aime pas ceci, donez-moi de cela.
   3°. On emploie ceci, cela réunis, quand on ne veut pas dire ouvertement ce qu'on pense; mais il ne faut pas le répéter à tout propos, comme font certaines persones, ceci, cela et le reste. Il n'y a rien de si ridicule que cette répétition continuelle des mêmes mots. Mde. de Sévigné dit de sa Belle-fille: "Dans ces commencemens, je ne me trouve disposée à la louer que par les négatives: elle n'est point ceci, elle n'est point cela: avec le temps, je dirai peut-être, elle est cela. Ailleurs elle dit: on leur a donné la plus folle, la plus dissipatrice; la plus ceci, la plus cela qu'il est possible d'imaginer.
   4°. Cela fait est bien meilleur que cela étant fait; mais il n'en est pas de même de cela dit: il faut dire, ayant dit cela. Vaug. Bossuet a dit, comme bien d'aûtres Auteurs de son temps, cela dit, cela fait, Th. Corn. et La Touche condamnent ces façons de parler. l'Acad. dans ses Observations sur les Remarques ne les condamne point. "Cela dit, il monte aux Cieux en leur présence. Boss. Il est mieux de dire, ayant dit cela, ayant fait cela.
   5°. Cela, à la fin de la phrâse, après un infinitif. Méchant: Acte 1er, sc. 2e.
   Ger. Voilà mon dernier mot. Lis. Voilà parler cela.
c. à. d. voilà ce qui s'apèle parler clairement et avec fermeté. Il est du style familier.
   6°. Cela pour il, impersonel: "Cela est quelquefois bien joli, d'être mère, mais ce n' est qu'à la fin des sièges. Mde. de Coulanges à Mde. de Grignan. Cette façon de parler n'est pas usitée: elle peut passer dans une lettre.
   7°. On dit, ordinairement, un tel, contre ses maximes, a dit, a fait, etc. M. Geofroi y ajoute, cela. C'est une nouveauté. "Timon, cela contre ses maximes, les laisse aprocher, pour avoir le plaisir de les insulter. Journ. de Mons.

Traductions

cela

dies, das, jenes, derthat, thatoverthere, those, it, thisdat, dit, datgene, zulks, het voorafgaandeזו, זוֹtioaquilo, isso, este, queαυτός, τούτοςciò, codesto, che, questoذَلِك, هَذَا أَوْ هَذِهِto, totodenne, somése, éstetämä, tuoono, ovoあれ, これ이것, 저것den, dennetamten, toэтоden där, den härนั้น, นี้bu, şunucái này, điều đó这个, 那个Това (səla)
pronom démonstratif
désigne une chose, une idée ou ce que l'on adit Prends cela. Cela me gêne. Cela ne fait rien.

cela

[s(ə)la] pron
(sujet) → it
Quand cela s'est-il passé? → when did it happen?
Cela m'étonne → It surprises me., I'm surprised.
Cela m'étonne qu'il en parle → I'm surprised he's talking about it.
cela dit → that said
(objet) → that
Je n'aime pas cela → I don't like that.
c'est cela → that's right
à part cela → apart from that
(autres locutions) quand cela? → when?
où cela? → where?
comment cela? → how?
et avec cela? → anything else?