cendre

cendre

n.f. [ lat. cinis, cineris ]
1. Résidu solide produit par la combustion d'une substance : De la maison incendiée, il ne reste que des cendres. Cuire des pommes de terre sous la cendre. La cendre d'une cigarette.
2. Matière sous forme de poudre que rejette un volcan en éruption.
Couver sous la cendre,
se développer sourdement avant d'éclater au grand jour : Une rébellion couve sous la cendre.

cendres

n.f. pl.
1. Restes d'un mort après incinération : Il voulait qu'on jette ses cendres dans l'océan.
2. (Avec une majuscule) Dans la religion chrétienne, symbole de la dissolution du corps, signe de pénitence : Mercredi des Cendres.
Réduit en cendres,
anéanti : Une ville réduite en cendres par les bombardements.
Renaître de ses cendres,
prendre un nouvel essor : Un style de musique qui renaît de ses cendres.

CENDRE

(san-dr') s. f.
Poudre qui reste après la combustion du bois et autres matières. Cendre chaude. Faire cuire sous la cendre, dans les cendres. Lessive de cendres, lessive faite avec des cendres. Mettre en cendre, réduire en cendre, brûler.
Leurs trônes mis en cendres [CORN., M. de Pomp. I, 1]
Brûlez votre recueil et faites-en des cendres [LA FONT., On ne s'avise.]
Cet édifice est réduit en cendres [BOSSUET, Hist. II, 8]
Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre ! [RAC., Andr. I, 4]
Brûlez le capitole et mettez Rome en cendre [ID., Mithr. III, 1]
Une ville qui sera mise en cendres comme Troie [FÉN., Tél. X]
La cendre qui couvre le feu, au propre et au figuré. Le feu couve sous la cendre.
Il ne peut.... que se mettre au visage Sur le feu de sa honte une cendre d'ennui [MALH., I, 4]
Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [CORN., Rod. III, 4]
Tout cela se préparait et se cuisait sous la cendre, dès le temps que le roi parla à son neveu de ne plus retourner en Espagne [SAINT-SIMON, 241, 213]
Et tu veux qu'éveillant encore Des feux sous la cendre couverts [LAMART., Méd. I, 11]
La cendre en tant que signe de deuil, de mortification, au propre et au figuré.
À ces vains ornemens je préfère la cendre [RAC., Esth. I, 4]
Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pâle ; mais son œil Conservait sous la cendre encor le même orgueil [ID., ib. II, 4]
Tandis que toute l'Église combat sous la cendre et sous le cilice [MASS., Car. Jeûne.]
Priam, les cheveux souillés de cendres, le visage baigné de pleurs [CHATEAUB., Génie, II, II, 4]
Fig. Faire pénitence avec le sac et la cendre ou dans le sac et la cendre, éprouver une vive affliction de ses péchés, des offenses commises contre Dieu. Fig.
C'est pourquoi déguisant les bouillons de mon âme, D'un long habit de cendre enveloppant ma flamme, Je cache mon dessein aux plaisirs adonné [RÉGNIER, Sat. XII]
Au plur. Les cendres, cendre des linges de l'autel ou des rameaux bénits dont le prêtre fait une croix au front des fidèles le premier jour de carême. Recevoir, prendre les cendres. Le jour des Cendres, le mercredi des Cendres.
Boniface, donnant les cendres à un archevêque de Gênes, les lui jeta au nez [VOLT., Mœurs, 65]
Reste, débris d'une chose qui a été consumée par le feu ou par ce qui est comparé au feu.
De son vain orgueil les cendres rallumées Poussent déjà dans l'air de nouvelles fumées [CORN., M. de Pomp. I, 2]
Une autre Rome sort des cendres de la première [BOSSUET, Hist. III, 1]
Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre [RAC., Andr. I, 4]
Les vices des grands renaissent de leurs cendres [MASS., Pet. Car. Vices.]
L'État renaît pour ainsi dire de sa cendre [J. J. ROUSS., Contr. II, 8]
Reste des morts (locution provenant de l'usage des anciens de brûler les cadavres) et, figurément, leur mémoire.
Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre ? [BOILEAU, Sat. IX]
Ah ! ranimez les cendres de nos pères [MASS., Car. Temples.]
Gémissez sur les cendres de l'époux qui vous a été enlevé [ID., Or. fun. Villars.]
On craint que de la sœur les flammes téméraires Ne raniment un jour la cendre de ses frères [RAC., Phèd. II, 1]
J'ai donné comme toi des larmes à sa cendre [VOLT., Alz. I, 4]
Que j'unisse ta cendre à celle de ton père [A. CHÉN., p. 41]
Nous respectons les cendres de nos ancêtres, parce qu'une voix nous dit que tout n'est pas éteint en eux [CHATEAUB., Génie, I, VI, 3]
Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes Éteins le souvenir [MALH., VI, 17]
C'est ainsi que la justice divine, justement irritée de notre orgueil, le pousse jusqu'au néant, et que, pour égaler à jamais les conditions, elle ne fait de nous tous qu'une même cendre [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Ces veuves qui s'ensevelissent, pour ainsi dire, elles-mêmes dans le tombeau de leurs époux, y enterrent tout amour humain avec ces cendres chéries [ID., Anne de Gonz.]
Les morts du sein de l'ombre avec terreur s'élancent Pâles, et secouant la cendre des tombeaux [GILBERT, Jug. dernier.]
Nous avons cru devoir rendre ce témoignage aux vertus d'un sage dont l'envie n'a point respecté les cendres [CONDORCET, Malouin.]
Il a dit à la mortelle : Vite ! éblouis ton amant ; Avant de mourir, sois belle ; Sois un instant étincelle, Puis cendre éternellement [V. HUGO, Voix intér. XVII]
Il ne faut pas remuer ou troubler les cendres des morts, il ne faut pas dire du mal de ceux qui ne sont plus.
En chimie et dans les arts, certains résidus de la combustion. Cendre bleue, oxyde de cuivre précipité de la dissolution du sulfate de ce métal par la chaux. Cendre verte, couleur que les peintres emploient dans les paysages (variété terreuse de carbonate de cuivre). Cendre gravelée, proprement la cendre des vrilles de la vigne, ou la cendre du sarment ; et par extension et plus particulièrement, le produit de l'incinération du tartre brut ou lie de vin desséchée. Cendres du Levant, espèce de soude.
Cendre de plomb, le plomb de chasse le plus menu ; on dit plutôt cendrée.
Cendre rouge, variété terreuse de lignite brûlé. Cendre noire, variété terreuse de lignite à l'état naturel.

PROVERBE

    Il faudrait les brûler pour en avoir de la cendre, se dit, pour exprimer la rareté des bons ménages de deux époux excellents l'un pour l'autre.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Je ne pris [prise] pas plein poing de cendre Ta menace ne ton orgueil [, la Charrette, 799]
    E vestirent eaus [eux] de haires, e mistrent cendres sor lor chef [, Machab. I, 3]
    D'ire [il] devint vermeilz plus que carbuns sur cendre [, Th. le mart. 44]
  • XIIIe s.
    A l'entrée de quaresme, après ce que on prent cendres [VILLEH., VI, ]
    Por cel païs qu'il voloit prendre Et les cités livrer à cendre [, Fl. et Bl 63]
    De toute teinture fors de graine en charrete un denier ; neis [même] se il i a cendre clavelée qui appartient à teinture.... [, Liv. des mét. 284]
    Encor te veuil assez aprendre De mesler tainture avec cendre [, Ren. 12040]
    Bien le doit-on ardoir en cendre [, ib. 9617]
  • XVIe s.
    Abattant boys, bruslant les grosses souches pour la vente des cendres [RAB., Pant. II, 2]
    Elle se resoult en pouldre comme feroit de la chaux vive ou de la cendre, qui la fouleroit [AMYOT, Sertor. 23]
    Mieulx vault la cendre divine Que du monde la farine [LEROUX DE LINCY, Proverbes, t. I, p. 6]
    S'il ne s'en trouve après une exacte et diligente recherche, il faudra executer sur toutes sortes de meubles jusques aux cendres du feu, avant qu'en venir aux immeubles [, Nouveau coustumier génér. t. II, p. 1094]

ÉTYMOLOGIE

  • Picard, chaine ; bourguig. çarre ; provenç. cenre, cendre, cene ; catal. cendra ; ital. cenere ; du latin cinerem, le même que le grec.

cendre

CENDRE. n. f. Poudre qui reste du bois et des autres matières combustibles après qu'elles ont été brûlées et consumées par le feu. Cendre chaude. Cendre de sarment. Feu couvert de cendre. Faire cuire une galette sous la cendre. Faire cuire des marrons dans les cendres. Réduire en cendres. Ce bel édifice n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de cendres.

Par exagération, Réduire, mettre en cendres une ville, un pays, Les ravager, y mettre tout à feu et à sang. Tamerlan mit l'Asie en cendres.

Fig., C'est un feu caché sous la cendre, se dit d'une Passion qui n'est pas bien éteinte. C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit en parlant d'une Personne qui dissimule un désir de vengeance en attendant l'occasion de le satisfaire.

Fig., Renaître de ses cendres, se dit des Choses qui prennent une existence nouvelle après avoir été presque entièrement détruites. Cette ville renaît enfin de ses cendres.

Au pluriel, il se dit de la Cendre faite de linges qui ont servi à l'autel ou de branches de rameaux bénits et dont le prêtre marque le front des fidèles en forme de croix le premier jour de carême. Recevoir les cendres. Aller prendre les cendres. Le prêtre donne des cendres, les cendres. Le jour des Cendres. Le mercredi des Cendres.

Il désigne aussi, poétiquement ou dans le style élevé, les Restes de ceux qui ne sont plus, par allusion à la coutume que les Grecs et les Romains avaient de brûler les morts et d'en recueillir les cendres dans des urnes. La cendre ou les cendres des morts. C'est là que reposent ses cendres chéries. Les cendres de Germanicus furent rapportées en Italie. Le retour des Cendres. Ses cendres furent jetées au vent.

Figurément, Honorer les cendres des morts, Honorer leur mémoire. Il ne faut point remuer, il ne faut pas troubler les cendres des morts, Il ne faut point rechercher leurs actions pour les blâmer, pour flétrir inutilement leur mémoire.

En termes de Chimie et d'Arts, il se dit en général de Certaines poudres ou résidus qui sont le produit de la combustion ou de quelque autre décomposition analogue. Cendres végétales, cendres animales. Cendres gravelées. Cendres volcaniques. Cendres bleues, Carbonate de cuivre artificiel.

Cendre de plomb. Voyez CENDRÉE.

cendré

CENDRÉ, ÉE. adj. Qui est de couleur de cendre. Gris cendré. Couleur cendrée. Des cheveux d'un blond cendré.

En termes d'Anatomie, La substance cendrée du cerveau, Nom donné par quelques auteurs à la substance grise ou corticale du cerveau.

En termes d'Astronomie, La lumière cendrée, Lumière pâle et un peu bleuâtre qui permet d'apercevoir les parties de la lune qui ne sont pas actuellement éclairées par le soleil.

cendre

Cendre, Cinis.

Cendre esteincte, Fauilla.

Cendre de sarment, Cinis sarmentarius.

Cendre gravelée, Cinis e faece vini combusta, Cinis faecinius.

Le jour des cendres, Cineralia, B.

Le lendemain du jour des cendres, Postridie cineralium.

cendre


CENDRE, s. f. [Sandre; 1re lon. 2e e muet.] La poûdre, qui reste du bois et des aûtres matières combustibles, lorsqu'elles ont été consumées par le feu: Cendre chaude; réduire, ou mettre en cendres. — Cette dernière expression s'emploie au propre, dans son sens naturel; et au figuré, dans le sens de ravager, désoler, mettre tout à feu et à sang. "Tamerlan réduisit toute l'Asie en cendres.
   Rem. 1°. Selon l'Académie, on dit en Poésie, la cendre, ou, les cendres, en parlant des morts. Suivant La Touche, on doit toujours se servir du pluriel. Il dit pourtant, que le singulier est excusable en vers; et il cite ce vers de Corneille:
   Cette urne, que je tiens, contient-elle sa cendre?
   Rousseau a dit aussi, en parlant du Prince de Conti.
   Élevons à sa cendre un monument célèbre.
   2°. On lit dans le discours de Catilina aux Conjurés, dans Cicéron, Tragédie de Voltaire.
   Entrez dans leurs Palais, frappez, mettez en cendre
   Tout ce qui prétendra l'honeur de se défendre.
   Il y a plusieurs chôses à remarquer dans ces deux vers. 1°. On dit mettre en cendres, au pluriel, et non pas en cendre au singulier. 2°. On met en cendres des bâtimens, et au figuré, un pays qu'on ravage; mais on ne met pas en cendres des hommes. Or, tout ce qui, signifie là, tous les hommes qui feront mine de se défendre. 3°. Je ne parle pas de prétendre l'honeur, qui est un faux régime. Cette Remarque n'est pas de cet article. Voy. Prétendre.
   3°. M. Racine le Fils, sur ce vers d'Alexandre,
   Sans lui déja nos murs seroient réduits en cendre.
demande si l'on brûle des murs. Il n'ôse pourtant pas acuser cette expression de négligence. On peut en éfet la regarder comme une métonymie. Le contenant est mis là pour le contenu, les murs pour les maisons de la Ville. — L'Observateur ne dit rien de réduits en cendre au singulier.
   On dit, figurément, feu caché sous la cendre, passion qui n'est pas bien éteinte. — Il ne faut pas remuer les cendres des morts, rechercher leurs actions pour flétrir leur mémoire. — En parlant d'un bon mari, d'une bone femme, on dit, proverbialement, qu'il faudrait les brûler pour en avoir de la cendre, pour faire entendre que l'un et l'aûtre sont fort râres. — Dans l'Ann. Litt. on critique ce vers du Méchant.
   C'est un homme à brûler pour en avoir la cendre.
Le Critique avait oublié ce Proverbe. — On dit aussi de ce qui est mauvais, rôti, bouilli trainé par les cendres.
   On dit encôre, que les cendres ne peuvent pas couvrir le feu, quand les dettes sont plus fortes que les revenus.
   Renaître de ses cendres, se dit au figuré par allusion au Phénix, oiseau fabuleux. "Sa prospérité ralume sans cesse le feu, qui le dévôre, et le fait renaître de ses cendres. Massillon. La Métaphôre n'est pas juste. Ce n'est pas le feu qui renaît de ses cendres, mais ce que le feu a consumé.
   Prendre la cendre et le cilice (Fig.) faire pénitence.

cendré


CENDRÉ, ÉE, CENDREUX, EûSE, adj. CENDRIER, s. m. [Sandré, dré-e, dreû, eû-ze, drié: 1re lon. 2e é ferm. long. au 2d; longue aussi au 3e et 4e; é fer et dout. au 5e.] Cendré se dit de ce qui est couleur de cendre: cendreux, de ce qui est plein de cendre. Gris cendré; blond cendré. Celui-ci se dit en parlant des cheveux. "Habit tout cendreux, table toute cendreûse.
   CENDRIER est la partie du fourneau qui est au dessous de la grille, et dans laquelle tombent les cendres.

Traductions

cendre

Ascheash, cinder, ashes, cindersasאפר (ז), פיח (ז), רמץ (ז), פִּיחַ, אֵפֶרascendrapopelaskeστάχτη, τέφραcindrocenizatuhkahamuabuaskacenerecinis, spodiumcinzaaskakülзола, пепелПепел (sɑ̃dʀ)
nom féminin
reste d'une chose brûlée de la cendre de cigarette

cendre

[sɑ̃dʀ]
nf (= matière) → ash
sous la cendre (CUISINE) → in the embers cendres
nmpl
[foyer] → ashes
réduire qch en cendres → to reduce sth to ashes, to burn sth to the ground
réduit en cendres → reduced to ashes
(volcaniques)ash sg
[défunt] → ashes