censurable

(Mot repris de censurables)

CENSURABLE

(san-su-ra-bl') adj.
Qui peut, qui doit être censuré.
Une raison qui n'est pas moins censurable [PASC., Prov. 11]
Leur censure, toute censurable qu'elle est, aura presque tout son effet pour un temps [ID., ib. 3]
Il est pernicieux et nécessairement censurable [BOSSUET, Lett. quiét. 221]
Le P. Tellier avait dit au roi qu'il y avait dans ce livre plus de cent propositions censurables [SAINT-SIMON, 423, 122]

ÉTYMOLOGIE

  • Censurer.

censurable

CENSURABLE. adj. des deux genres. Qui peut être censuré, qui mérite censure. Proposition censurable. Conduite censurable. Action censurable.

censurable


CENSURABLE, adj. CENSûRE, s. f. CENSURER, v. a. [Sansurable, sansûre, suré: 1re lon. 2e lon. au 2d. seulement: mais, dans le verbe, elle est longue aussi devant l'e muet: il censûre, il censûrera, etc.] L'adjectif se dit de ce qui peut être censuré, qui mérite censûre: "Proposition, conduite, action censurable. = Le substantif a plusieurs sens. 1°. Correction, répréhension. Soumettre ses écrits à la censûre de, subir, soufrir la censûre, être exposé à la censûre. = 2°. En matière de dogme, Jugement doctrinal, qui porte condamnation. = 3°. Excommunication, interdiction, suspension, peines éclésiastiques. Encourir la censûre, les censûres, absoudre des censûres, etc. = 4°. Parmi les anciens Romains, dignité et fonction du Censeur.
   Censûre, critique (synon.) Suivant un Encyclopédiste, critique s'aplique aux ouvrages Littéraires, et censûre aux propositions de doctrine, ou aux moeurs. Suivant Mr. Beauzée, une critique est l'examen raisoné d'un ouvrage, de quelque natûre qu'il soit, et une censûre est la répréhension précise de ce qui blesse la vérité ou la loi. Ainsi la critique peut s'étendre aux ouvrages théologiques, et la censûre peut tomber sur des ouvrages pûrement littéraires. "Il faut critiquer avec goût, et censurer avec modération. — Cette distinction parait fort juste. = On dit exercer sa censûre sur... "On croit se doner pour génie supérieur, quand on a exercé une censure amère sur toutes les branches du gouvernement. Journ. de Monsieur.
   Censurer a les deux premiers sens de censûre. 1°. Reprendre, blâmer. On a fort censuré sa conduite dans cette afaire. "Elle ne se plait qu'à censurer les actions d'autrui. 2°. Déclarer qu'un livre, une proposition contiènent des erreurs. La Sorbone a censûré tel livre, etc.
   Censurer ne se prend qu'en mauvaise part. * On lit dans des notices du Mercûre. "M. Riballier (Censeur Royal) qui a censûré cet ouvrage, etc. et cette prétendûe censûre est un éloge de cet ouvrage. C'est mal s' exprimer. Ce n'est pas à dire qu'on censûre un ouvrage, parce qu'on en a été nommé le censeur, c. à. d. l'examinateur. L'Ab. Grosier le fait neutre, et lui fait régir la prép. sur: "Il lui apartient bien de censurer sur le fait de la littérature. Je doute que ce régime soit d' usage.