châtier

(Mot repris de châtiaient)

châtier

v.t. [ lat. castigare, de castus, pur ]
1. Sout. Punir sévèrement ; corriger : L'élève qui a tagué les murs du collège a été châtié féliciter, récompenser
2. Donner le maximum de correction, de pureté à son style ; soigner son langage.

châtier

(ʃɑtje)
verbe transitif
1. punir qqn pour le corriger châtier sévèrement un enfant
2. figuré langage, style rendre plus correct châtier son langage un style châtié

CHÂTIER

(châ-ti-é) v. a.
Infliger une correction.
Les enfants connaissent si c'est à tort ou avec raison qu'on les châtie, et ne se gâtent pas moins par des peines mal ordonnées que par l'impunité [LA BRUY., XI]
[Ils] Adorent dans leurs fers le Dieu qui les châtie [RAC., Esth. III, 1]
Terme de manége. Châtier un cheval, lui donner de la cravache ou de l'éperon.
Mortifier.
Les plus grands saints qui châtient leur corps [MASS., Car. F. légères.]
Son corps qu'elle avait toujours châtié, crucifié [ID., ib. Mort.]
Par extension, condamner, blâmer.
Châtier en autrui ce qu'on souffre chez soi [CORN., Poly. III, 5]
On devrait châtier sans pitié Ce commerce honteux de semblant d'amitié [MOL., Mis. I, 1]
Rendre plus pur et plus correct, en parlant des ouvrages d'esprit. Châtier son style.
Se châtier, v. réfl. S'infliger à soi-même une punition. Il se châtiait lui-même en croyant châtier autrui.

PROVERBE

    Qui bien aime bien châtie, et aussi, qui aime bien châtie bien, c'est-à-dire on a une affection éclairée pour celui que l'on reprend, que l'on avertit de ses fautes.

SYNONYME

  • CHÂTIER, PUNIR. Les juges punissent le coupable, afin qu'il satisfasse par sa punition à la justice et qu'il serve d'exemple. Les pères châtient l'enfant, afin qu'il se corrige et devienne meilleur. Dans punir, il n'y a que l'idée de l'expiation de la faute commise ; dans châtier, il y a de plus l'idée de l'amélioration de celui qui est châtié.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Vint tresqu'à els [eux], si's [si les] prist à castier [, Ch. de Rol. CXXX]
  • XIIe s.
    Vus ne i devez pas tut son voil conseillier, Ainz le devez suvent reprendre e chastier [, Th. le mart. 28]
    Tierce feiz i fu pris ; pas ne s'en castiheit [, ib. 31]
    Reis, suef se chastie qui d'autrui se chastie [, ib. 75]
  • XIIIe s.
    Il la [sa fille] fait enserrer en la tour et remaindre, Ainsi la cuide bien chastoier et destraindre [AUDEFR. LE BAST., Romancero, p. 15]
    Bele Yolans, je vous chastoi ; Ma fille estes, faire [je] le doi [, ib. p. 53]
    Si lor comanda qu'il castiascent lor enfants [, Chr. de Rains, 226]
    Mais ice ne ferai-ge mie, Ge qui por ton preu te chastoi [, la Rose, 7033]
    Plus en sai que vous ne savés, Qui ainsinc chastié m'avés [, ib. 6628]
    Sunt en terre establi li juge.... Por ceus pugnir et chastoier Qui por ceste amor renoier Murdrissent les gens et affolent [, ib. 5487]
    Moult a beneürée vie Cil qui par autrui se chastie [, ib. 8042]
    ....Si que par le bannissement il se castient de lor meffet [BEAUMANOIR, XXIV, 16]
    Que chascun seignor deit estre curious et ententif de faire justice de murtrier, por chastier les autres qu'il ne le seient [, Ass. de J. 135]
    Nus ne puet tormenter son serf sanz cause ; mès il le puet bien chasteier atempréement [, Liv. de just. 77]
    Tout se furent assis sor l'erbe qui verdie ; L'apostoles se dresce en piés, si les chastie [exhorte] [, Ch. d'Ant. I, 802]
  • XIVe s.
    Il convient punir, chastier et corriger celui qui appete choses laides [ORESME, Eth. 99]
  • XVIe s.
    Il s'en chastoia en eage virille [FR. DE BONNIVARD, Bibl. des ch. 2e série, t. II, p. 394]
    Il estoit incontinent admonesté par les autres evesques voisins : s'il ne se chastioit, il estoit deposé [CALV., Instit. 862]
    Chastie les : car ils sont en ta subjection [ID., ib. 901]
    Pensant que, quand il entendroit cela, il se chastieroit de l'aimer tant [MARG., Nouv. I]
    Si, après avoir parlé à lui, il ne se chastie, je le chastierai si bien, que les autres y prendront exemple [ID., ib. LIII]
    On chastie aux enfants des erreurs innocentes [MONT., I, 37]
    Vous serez chastiez : les enfans et les fous, S'ils ne sont chastiez, jamais ne se corrigent [, Sat. Ménip. p. 212]
    Belle doctrine prend en luy, qui se chastie par autruy [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 235]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. castiar, chastiar ; espagn. castigar ; ital. castigare ; du latin castigare, de castus, chaste (voy. CHASTE), et un suffixe igare. Chastier et chastoyer, qui n'est plus usité, sont dans le même rapport que charrier et charroyer.

châtier

CHÂTIER. v. tr. Infliger une peine destinée à corriger. C'est au père de châtier ses enfants. Quand il plaît à Dieu de nous châtier. Les fléaux dont Dieu châtie les hommes. Châtier les rebelles.

Il s'applique aussi à la Faute elle-même qu'on veut reprendre. Châtier une faute. Son insolence sera châtiée.

Prov., Qui aime bien châtie bien, C'est aimer véritablement quelqu'un que de le reprendre de ses fautes.

En termes d'Équitation, Châtier un cheval, Lui donner des coups de cravache ou d'éperon, lorsqu'il refuse de faire ce qu'on exige de lui.

Il se dit aussi en parlant des Ouvrages de l'esprit et signifie Polir, rendre plus pur, plus correct. Il n'a pas assez châtié ses derniers ouvrages. Son style n'est pas assez châtié. Châtier sa prose, ses vers. Prose châtiée. Par extension, Écrivain châtié.

châtier


CHâTIER, v. act. [1re lon. 3e é fer.] Ce verbe dit moins que punir: Celui-ci a raport aux crimes et châtier aux faûtes: les pères châtient leurs enfans: les Juges font punir les malfaiteurs. Le châtiment dit une correction: la punition ne dit précisément qu'une mortification faite à celui qu'on punit , Dieu nous châtie en père pendant le cours de cette vie mortelle, pour ne pas nous punir en Juge pendant toute une éternité. GIR. Synon. = Figurément, et en parlant du style, polir, retoucher, rendre plus exact. On ne l'emploie guère qu' au passif. Son style n'est pas assez châtié. — Aûtrefois on l'employait plus souvent au mode actif. "Voiture a plus châtié~ sa prôse que ses vers. L'Acad. done aussi un exemple de ce mode: "Il n'a pas assez châtié ses derniers ouvrages; mais elle avertit qu'il est plus en usage au participe que dans les aûtres temps.
   * Plus anciènement encôre, on disait se châtier pour, se corriger, s'amender. Une tante blâmait du jeu son neveu avec grands reproches.
   À~ la fin, ce dit le neveu,
   Quittez le jeu d'amour, ma tante,
   Et moi les dez, je le promets.
   Va, traitre, dit la reprenante,
   Tu ne t'en châtieras jamais.
   C'est une épigramme de Théodore Agrippa d'Aubigné, imitée dans la suite par le Chev. de Cailly.

Synonymes et Contraires

châtier

verbe châtier
1.  Prendre soin de son langage.
2.  Littéraire. Punir sévèrement.
Traductions

châtier

הטיל עונש, העניש (הפעיל), ייסר (פיעל), ענש (פ'), יִסֵּר, הֵטִיל עֹנֶשׁ

châtier

castigare

châtier

ลงโทษ

châtier

[ʃɑtje] vt
(= punir) → to punish, to castigate
(fig) [+ style] → to polish, to refine