changé, ée

CHANGÉ, ÉE

(chan-jé, jée) part. passé.
Échangé. De l'or changé pour de l'argent.
Remplacé par un autre. Ses vêtements qui étaient mouillés, ayant été changés.
Métamorphosé. Les compagnons d'Ulysse changés en bêtes par Circé.
Qui a éprouvé un changement, modifié, altéré. Tout est changé. Situation changée. Visage changé.
À la fin des siècles on verra toute la nature changée faire paraître un monde nouveau pour les élus [BOSSUET, la Vallière.]
Pompée à cet échec n'avant que trop senti Que les destins changés ont quitté son parti [BRÉBEUF, Phars. VII]
Un cœur jeune encore dans un corps changé et effacé [MASS., Avent, sermon du 3e dim.]
Dont la physionomie a subi un changement en mal.
J'ai quelquefois des rêveries dans ces bois, d'une telle noirceur que j'en reviens plus changée que d'un accès de fièvre [SÉV., 57]
Dont les dispositions d'esprit sont changées. Tant il est changé ! Je ne suis nullement changé à son égard.
Vous me voyez bien changé de ce que j'étais ce matin [MOL., Don Juan, IV, 9]
Je serais bien changée et d'âme et de courage [CORN., Nic. III, 1]

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • CHANGÉ. Ajoutez : - REM. Changé de, comme on disait en latin mutatus ab (quantum mutatus ab illo Hectore).
    Les choses sont bien changées de ce que vous les avez vues [VOLT., Lett. à Collini, 29 déc. 1760]
    (Voy. au n° 5 un exemple analogue de Molière.)