charbonnier, ière

CHARBONNIER, IÈRE

(char-bo-nié, niê-r') s. m. et f.
Celui, celle qui fait ou vend du charbon. Noir comme charbonnier. La foi du charbonnier, croyance naïve et sans examen.
La foi du centenier, la foi du charbonnier sont passées en proverbe ; je suis soldat et bûcheron, c'est comme charbonnier [P. L. COUR., Lettr. à l'Acad. des inscr.]
S. m. Le lieu où l'on serre le charbon. Four à cuire la houille.
Membre de la charbonnerie, carbonaro.
Celui qui dirige un fourneau.
Terme de marine. Bâtiment pour transporter le charbon de terre. Par plaisanterie, officier pendant le quart duquel arrive le plus fréquemment du mauvais temps.
Nom d'une variété du sous-genre renard. Nom d'une espèce d'anolis (reptile). Nom, parmi les pêcheurs, du merlan noir.

PROVERBE

    Charbonnier est maître chez soi, c'est-à-dire chacun vit chez soi comme il lui plaît, et aussi il n'y a pas de petit chez-soi.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    À un feuc des carboniers [, Gerart de Ross. p. 361]
    Entre deus murs ot si grant charbonier [magasin de charbon] ; Les nonains ardent ; trop i ot grant brasier [, Raoul de C. 60]
  • XIIIe s.
    Sarteurs ne charbonniers ne vilains ahanant [, Berte, CVII]
    Li paagiers puet prendre en la charete au charbonnier un sac à ardoir en Gloriete [place à Paris] [, Liv. des mét. 293]
  • XVIe s.
    Chascun est roi en sa maison, comme respondit le charbonier à vostre ayeul [l'aïeul de Charles IX] [MONTLUC, Mémoires, t. II, p. 521, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Charbon ; picard, carbonier ; catal. carboner ; espagn. carbonero ; portug. carvoiero ; ital. carbonajo. Le proverbe charbonnier est maître chez soi vient de ce que, François 1er s'étant égaré à la chasse et étant entré chez un charbonnier, celui-ci, qui ne le connaissait pas, prit à table la première place et ne donna que la seconde à son hôte, disant : chacun est maître chez soi.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CHARBONNIER. Ajoutez :
    Nom, dans la Haute-Marne, du cep, ainsi dit à cause de son grand chapeau, par comparaison au grand chapeau des charbonniers.
    Ainsi le cep, ce délicieux bolet qu'on nomme chez nous le charbonnier, a pour cousin germain le bolet meurtrier.... [A. THEURIET, Rev. des Deux-Mondes, 1er oct. 1874, p. 579]