charme

1. charme

n.m. [ du lat. carmen, formule magique ]
1. Attrait exercé sur qqn par qqn ou qqch : Votre fille est adorable, je suis sous le charme fascination ; dégoût, répulsion attirance ; répugnance
2. Qualité de qqn ou de qqch qui séduit, qui est gracieux : Cette comédienne a beaucoup de charme grâce, séduction agrément
3. Enchantement magique : On lui a jeté un charme envoûtement, sort, sortilège
4. Petit objet magique ; amulette, porte-bonheur, talisman.
Faire du charme à qqn,
chercher à le séduire : Il fait du charme à sa voisine courtiser
Presse de charme,
qui montre des jeunes femmes plus ou moins dénudées.
Rompre le charme,
faire cesser ce qui paraissait un enchantement, reprendre conscience de la réalité.
Se porter comme un charme,
Fam. être en très bonne santé.

2. charme

n.m. [ lat. carpinus ]
Arbre très répandu dans les forêts tempérées, à bois blanc et dense ; bois de cet arbre.

CHARME1

(char-m') s. m.
Effet prétendu d'un art magique qui change l'ordre naturel.
Le charme se rompit ; le pilote vit le rivage tel qu'il était [FÉN., Tél. IX]
.... Un charme ordinaire a trop peu de pouvoir Sur les spectres parlants qu'il faut vous faire voir [CORN., Illusion, I, 3]
Mais je crains des chrétiens les complots et les charmes [ID., Poly. I, 3]
Je n'ai que des attraits et vous avez des charmes [en parlant à Médée] [ID., Tois. d'or, III, 4]
Un démon.... Fit un charme si souverain Que.... [LAFONT, Ch. imposs.]
Toute l'antiquité se servait de charmes contre la morsure des serpents [VOLT., Mœurs, préj.]
Une Thessalienne a composé des charmes [A. CHÉN., 41]
On avait saigné l'enfant, sa mère lui avait mis des charmes [CHATEAUB., Itin. 74]
Vous croyez donc que les déplaisirs et les plus mortelles douleurs ne se cachent pas sous la pourpre, ou qu'un royaume est un remède universel à tous les maux, un baume qui les adoucit, une charme qui les enchante ? [BOSSUET, Marie-Thérèse.]
Par extension.
Ces prières apostoliques qui, par un espèce de charme divin, suspendent les douleurs les plus violentes [BOSSUET, Duchesse d'Orl.]
Il se tait et ces mots semblent être des charmes [CORN., Hor. III, 2]
Quel est ici ton charme, odieuse princesse ? [ID., Rod. IV, 7]
N'attendez point de moi de regrets ni de larmes ; Un grand cœur à ses maux applique d'autres charmes [ID., Pomp. V, 1]
Et contre ma douleur j'aurais senti des charmes, Quand une main si chère eût essuyé mes larmes [ID., Cid, III, 4]
À ma douleur je chercherai des charmes [RAC., Baj. II, 5]
Quel charme l'attirait sur ces bords redoutés ? [ID., Phèdr. II, 1]
Par quel charme secret laissé-je retenir Ce courroux si sévère et si prompt à punir ? [ID., Mithr. IV, 4]
Par un charme fatal vous fûtes entraînée [ID., Phèdr. IV, 6]
Ils s'aiment ! par quel charme ont-ils trompé mes yeux ? [ID., ib.]
Par quel charme, oubliant tant de tourments soufferts, Pouvez-vous consentir à rentrer dans ses fers ? [ID., Andr. I, 1]
Fig. Le charme est rompu, l'illusion est détruite.
Il n'appartient qu'à vous de rompre le charme qui les éblouit [FLÉCH., Mont.]
Il est nécessaire que cet esprit lève le charme de l'amour-propre [BOSSUET, II, Fr. de P. 1]
À peine y touchez-vous que le charme cesse [MASS., Car. Prosp.]
Rompez le charme fatal qui vous endort [ID., ib. Tiédeur, sermon 2]
Ce qui plaît, ce qui touche, ce qui attire.
Reine, puisque ce titre a pour vous tant de charmes [CORN., Nic. III, 1]
Tous ces charmes de langage Dont on s'offre à la servir, Me l'assurent [ma dame] davantage, Au lieu de me la ravir [MALH., V, 3]
Pour un cœur généreux ce trépas a des charmes [CORN., Hor. II, 1]
Qui veut que dans sa mort je trouve encor des charmes [ID., ib. IV, 5]
Le mérite a toujours des charmes éclatants [ID., Sert. II, 1]
Et s'il met à vos pieds ce charme de vos yeux [le diadème] [ID., Pulch. I, 1]
Mais c'était à l'insu de leurs parents cruels ; La défense est un charme [LA FONT., Filles de Minée.]
C'est proprement un charme [l'apologue] ; il rend l'âme attentive, Ou plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récits [ID., Fabl. VII, Dédic.]
Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ? Ai-je passé le temps d'aimer ? [ID., ib. IX, 2]
Sa conversation était un charme, parce qu'il savait parler à chacun selon ses talents [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Jamais personne n'a jeté des charmes dans l'amitié comme vous faites [SÉV., 477]
Il y a un charme pour les peuples dans la vue du prince [BOSSUET, Polit.]
Tout cédait au charme secret de ses entretiens [ID., Duch. d'Orl.]
Ce charme victorieux qui les entraîne [PASC., dans COUSIN]
La simplicité qui fait le plus grand charme de la beauté [FÉN., Tél. IV]
Et prête à mon discours un charme qui lui plaise [RAC., Esth. I, 4]
Retiens tes cris, et, par d'indignes larmes, De cet heureux moment [la mort] ne trouble pas les charmes [ID., Mithr. V, 2]
Dans mon désespoir trouvez-vous tant de charmes ? [RAC., Bér. V, 5]
Qu'après un long hiver le printemps a de charmes ! [ID., Poésies, 1]
Pour l'homme de bien la vertu a mille fois plus de charmes que le vice [MASS., Car. Avenir.]
La vérité a des charmes dont un bon cœur a peine à se défendre [ID., ib.]
Vous plaignez mon exil, il a pour moi des charmes [VOLT., Œdipe, V, 1]
La vie a ses attraits, mais la mort a ses charmes [ID., Triumv. I, 2]
Il enchante ces lieux par un charme invincible [ID., Henr. IX]
Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? [LAMART., Méd. II, 24]
S. m. plur. En parlant d'une femme, attraits, appas.
Celle dont mes ennuis avaient leur guérison S'en va porter ailleurs ses appas et ses charmes [MALH., V, 7]
Elle pleure en secret le mépris de ses charmes [RAC., Andr. I, 1]
Hermione à Pyrrhus prodiguait tous ses charmes [ID., ib. I, 1]
Il commençait à trouver des charmes dans sa personne [HAMILT., Gramm. 4]
Vénus avait répandu sur elle de nouveaux charmes [FÉN., Tél. VII]

REMARQUE

  • 1. D'après les grammairiens, ce mot ne se dit qu'au pluriel dans le sens d'attraits, d'appas, et qu'au singulier quand il signifie cette puissance secrète qui attire, ce qui plaît, ce qui touche. La première partie de la remarque est vraie ; mais la seconde ne l'est pas, comme on peut s'en assurer en parcourant les exemples. Cette distinction, qui n'a rien en soi de logique ou de grammatical, ne pourrait être qu'une affaire d'usage ; or l'usage même est contre elle.
  • 2. Des grammairiens prétendent que charme ne se dit pas des personnes comme des choses. Cette remarque n'est pas fondée. Lamartine a très bien dit : ô charme de mes yeux. Corneille a dit charme à, par une tournure poétique, aujourd'hui archaïque :
    Si vous n'avez un charme à [un moyen de] vous justifier [CORN., Rod. V, 4]

SYNONYME

  • 1. CHARME, ENCHANTEMENT., Le charme (carmen) est une formule en vers ou en prose mesurée à laquelle on attribue la vertu de troubler l'ordre de la nature. L'enchantement (incantamentum) est l'action de prononcer cette formule. Comme à tout moment, dans le discours, on prend la cause pour l'effet ou l'antécédent pour le conséquent, la différence des deux mots disparaît, et ils sont la plupart du temps synonymes.
  • 2. CHARMES, APPAS., On est très porté à confondre absolument ces deux termes. Mais, à une époque où l'on était plus près du sens primitif des mots, Malherbe n'a pas hésité à mettre : ses appas et ses charmes. En effet, appas se dit des beautés qui attirent ; et charmes, de celles qui agissent par une vertu occulte, magique.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Il dit un charme que il avoit aprins [, Garin, II, 104]
    E uns charmes truvad, par unt il soleit asuager les mals [, Rois, 241]
  • XIIIe s.
    Mès or sai bien que je feré ; Un bon charme vos aprendré [, Ren. 7650]
  • XVe s.
    Les aucuns de ces arioles affirmoient que le roi estoit demené par sorts et par carmes [FROISS., III, IV, 54]
    À l'amour ne suys adonné, Et j'ame encore moins les armes, Mais le vin, dès que je fus né ; C'est pourquoi j'en fai tous mes carmes [vers] [BASSEL., 1]
  • XVIe s.
    Conjurations, charmes, characteres... [PARÉ, Introd. 27]

ÉTYMOLOGIE

  • Carmen, chant, vers, formule d'enchantement, anciennement casmen, sanscrit çasman, de çañs, célébrer.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    1. CHARME. Ajoutez :
    Aimer comme un charme, s'est dit pour aimer beaucoup, être ensorcelé par la passion [VADÉ, Œuvr. compl. t. II, p. 303, dans CH. NISARD, Parisianismes, Paris, 1876, p. 45]
  • On dit se porter comme un charme, pour se porter bien, par une fausse analogie avec aimer comme un charme [CH. NISARD, ib.]
  • REMARQUE

      Ajoutez :
    • 3. Charmes, au pluriel, ne se dit qu'en parlant des femmes. Cependant Racine l'a dit, non malheureusement, d'un homme.
      Je plaignis Bajazet, je lui vantai ses charmes, Qui, par un soin jaloux dans l'ombre retenus, Si voisins de ses yeux, leur étaient inconnus [RAC., Baj. I, 1]

CHARME2

(char-m') s. m.
Arbre de haute tige, de la famille des amentacées (carpinus betulus, L.). Bois de charme. Le charme est d'un grand usage dans le charronnage.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Le guichet qui estoit de charme [, la Rose, 524]
    Ormes i ot branchus et gros, Et avec ce charmes et fos [hêtres].... [, ib. 1368]
  • XVe s.
    Les supplians sioient de leur bois, c'est assavoir des charpes, autrement appelez charmes [DU CANGE, charmen.]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, chaune ; Berry, charne, charpe ; picard, carme ; rouchi, carne, carme ; Saintonge, charpre ; espagn. carpe ; ital. carpino ; du latin carpinus que l'on croit un mot celtique, et que l'on interprète par car, bois, et pin ou pen, tête. C'est charme de charmer qui, dans le français, a conduit, par assimilation, à nommer charme l'arbre que plusieurs patois nomment plus régulièrement charne ou charpe. Les dictionnaires latins varient, accentuant tantôt cárpinus, tantôt carpinus ; les langues romanes, qui ont l'accent sur car, prouvent que la première accentuation est la bonne.

charme

CHARME. n. m. Enchantement, ce qu'on suppose fait par art magique pour produire un effet extraordinaire. Opérer un charme, des charmes. Rompre, ôter, lever un charme. User de charmes.

Fig., Le charme est rompu, L'illusion est détruite. Les manières de cette femme m'avaient d'abord séduit, mais le charme est rompu.

Il signifie aussi figurément Ce qui plaît beaucoup, ce qui touche sensiblement. Un charme irrésistible. Un charme secret, indéfinissable. Cette personne a du charme, elle est pleine de charme. Il fait le charme de ma vie. Être sous le charme. Cela a son charme.

Il s'emploie souvent au pluriel dans le sens d'Attraits, d'appas en parlant d'une femme. Les charmes d'une belle femme. On ne peut se défendre de ses charmes. Rien ne résiste au pouvoir de ses charmes. Par extension, Les charmes de la vertu, de l'étude. La musique, la poésie a de grands charmes. Ces lieux ont pour moi bien des charmes. La mélancolie a des charmes.

charme

CHARME. n. m. Arbre forestier, de la famille des Amentacées, de moyenne grandeur, au tronc noueux, à l'écorce lisse et grisâtre, à la cime très feuillue et que l'on plante ordinairement pour faire des berceaux et des allées.

charme

Charme, Carmen, Incantatio, Incantamentum.

¶ Charme, espece d'arbre, Carpinus.

Qui est fait de bois de charme, Carpineus.

charme


CHARME, s. m. 1°. Puissance magique par laquelle les Sorciers prétendent produire des éfets extraordinaires et surnaturels. Faire un charme, des charmes. User de charme: le charme est levé. = 2°. Figurément, atrait, apâs, ce qui touche sensiblement. Son plus grand usage est au pluriel: "On ne peut se défendre de ses charmes. — Malherbe fait toujours quelque diférence entre charmes et apas. Le premier, dit quelque chôse de plus fort et de plus inexplicable que le second. Ce n'est donc pas un pléonasme que de joindre ces deux mots.
   S'en va porter ailleurs ses apas et ses charmes.
Voy. Apas et Atraits.
   Rem. 1°. Charmes doit être employé avec précaution quand on parle des Femmes. Je n'aprouve pas Rollin quand il dit: "Antoine retourne à Alexandrie, où il se livre de nouveau aux charmes et aux caresses de Cléopatre.
   * 2°. Éprouver des charmes est une expression qui n'est pas fort juste. M. d'Alembert, dans son Parallèle de Despreaux, Racine et Voltaire, dit: "Cette facilité délicieuse pour l'esprit et pour l'oreille est un des principaux charmes que la lectûre de Racine fait éprouver. C'est-là, dit M. Linguet, un barbarisme de phrase, pour emprunter une expression de Monsieur de Voltaire. On dit, éprouver de l'ennui, de la crainte, de la joie, parce que ces sentimens sont le résultat d'un principe qui afecte l'âme: mais on ne peut dire, éprouver des charmes, parce que les charmes sont ce principe même.
   * Être sous le charme, être charmé: expression moderne, précieûse et bisârre. "Vous serez sous le charme, en style philosophique, dit l'Ab. Grosier, en se moquant. "Le Comte étoit encôre sous le charme. Dans l'Ann. Litt. on met cette expression en italique, pour montrer qu'on ne l'aprouve pas. = Charme. Arbre de haute tige, qui pousse des branches dès sa racine, et sert à faire des palissades.

Synonymes et Contraires

charme

nom masculin charme
3.  Grâce séduisante.
glamour, séduction -littéraire: joliesse.
Traductions

charme

Hagebuche, Weißbuche, Zauber, Zaubern, Charme, Grazie, Hainbuchen, Flair, Hainbuche, Liebreizcharm, spell, grace, gracefulness, hornbeam, sorcery, comeliness, enthralment, glamour, lovelinesscharme, haagbeuk, sierlijkheid, toverij, aantrekkelijkheid, bevalligheid, gratie, betovering, aantrekking, aantrekkingskrachtחינניות (נ), חמד (ז), חן (ז), נחמדות (נ), צבי (ז), קסם (ז), חֶמֶד, חֵן, חִנָּנִיּוּת, נֶחְמָדוּתavnbøg, charmegracieco, karpeno, sorĉoencanto, atracción, atractivo, carpe, hojaranzamagiagrab, urokencanto, feitiço, garbo, graça, charmehäxeri, charmgürgen, çekim魅力шармfascino, avvenenza, carpine, carpino, graziaفِتْنَةšarmγοητείαviehätysvoimašarm魅力매력sjarmเสน่ห์sức quyến rũчар魅力 (ʃaʀm)
nom masculin
fait de plaire avoir du charme

charme

[ʃaʀm]
nm [personne] → charm
faire du charme à qn → to use one's charm on sb
[village, paysage] → charm
le charme de la campagne en hiver → the charm of the countryside in winter
(autres locutions) c'est ce qui en fait le charme → that's its attraction, that's what makes it so attractive
se porter comme un charme → to be as fit as a fiddle charmes
nmpl (= appas) → charms