chaussé, ée

CHAUSSÉ, ÉE

(chô-sé, sée) part. passé.
À qui on a fait des chaussures. Chaussé par un bon cordonnier. Fig. et familièrement. Elle est toute des mieux chaussées, se dit d'une femme élégante et du bon ton. Il ne s'adresse qu'aux mieux chaussées, il ne courtise que des femmes qui se font remarquer par leur élégance et leur rang.
À qui on a mis des chaussures. Cet enfant est chaussé par la bonne.
Connaissez-vous sur l'Hélicon L'une et l'autre Thalle ? L'une est chaussée, et l'autre non : Mais c'est la plus jolie [PIRON, Épigr. contre la Chaussée]
S'enfuir un pied chaussé et l'autre nu, fuir précipitamment, en toute hâte.
Nous avons été contraints de nous sauver un pied chaussé et l'autre nu, en l'équipage que vous nous voyez [SCARR., Roman com. ch. II]
En parlant du cheval, balzane haut-chaussée, balzane s'étendant en haut jusque vers le genou ou le jarret, ou dépassant ces régions.
Terme de blason. Écu chaussé, écu dont le sommet de l'angle est à la pointe d'en bas et au milieu de l'écu, et dont la ligne d'en haut forme la mesure de cet angle. C'est l'opposé de chapé.
Fig. Être chaussé d'une opinion, y tenir opiniâtrément.
Chose étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion [MOL., Éc. des F. I, 1]

PROVERBE

    Les cordonniers sont les plus mal chaussés, c'est-à-dire on néglige d'ordinaire les avantages qu'on peut se procurer facilement.