chevaler

(Mot repris de chevalâmes)

chevaler

v.t.
Soutenir une construction avec des chevalements.

CHEVALER

(che-va-le) v. n.
Faire des allées et venues, des démarches pour une affaire. Il m'a bien fait chevaler. Vieilli en ce sens.
Terme de manége. Chevaucher, passer sur les voltes en croisant les jambes de devant.
Faire usage d'un chevalet. Les scieurs de long chevalent.
V. a. Chevaler les cuirs, les travailler sur le chevalet.
Chevaler un mur, l'étayer avec des chevalements.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Vous cheez par une recrue souffrance en leur servitute, comme les perdris qui, en fuiant à despourveue negligence le perdrieur qui les chevale [poursuit], cheent en sa tonnelle [A. CHARTIER, l'Espérance, p. 272, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Avec les caphardes paroles De ces moines à testes folles Qui vous chevalent [tâtonnent] pour leur bien [MAROT, IV, 187]
    Ainsi font les grands voleurs et les fameux coursaires : les uns descouvrent le pays, les autres chevalent les voyageurs [LA BOÉTIE, 64]
    C'estoient de son costé principalement, que l'une des poinctes de la bataille des ennemis s'approchoit le plus près, et le chevaloit pour l'environner par derriere [AMYOT, Crassus, 47]
    Il ne luy voulut pas courir sus à toute oultrance, ains seulement le feit chevaler tout alentour, commandant à ses soudards qu'ilz l'espargnassent luy et ses gens [ID., Brutus, 32]
    Ces trois harpies avoient, tout le matin, au desceu l'un de l'autre poursuivi, importuné et chevalé sa majesté, pour engloutir ce benefice [CARL., II, 10]
    Se voyant à toute force chevalé, picqué, esperonné et, pour mieux dire, suborné [PASQUIER, Lettres, t. II, p. 38, dans LACURNE]
    Dans Lyon on avoit projetté de faire assassiner le roy, soudain après sa conversion ; et sur ce projet il avoit esté chevalé jusques dans Melun par un meschant homme, lequel y fut prins [ID., ib. p. 272]
    Et après l'avoir par longs ambages chevalé, tasté et tenté [ID., ib. p. 343]
    Ce pauvre esprit, de ceste façon chevalé, se laisse aller à la volonté et discretion de celui qui le mene d'une parole amadouante [ID., Recherches, liv. III, p. 298]
    Jamais personne accusée ne fut tant chevalée par un juge pour estre surprise que la pucelle d'Orleans, et toutesfois personne ne respondit plus à propos que cette-cy [ID., ib. liv. VI, p. 472]

ÉTYMOLOGIE

  • Cheval.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CHEVALER. Ajoutez :
    Activement et fig. Presser pour obtenir quelque chose (inusité présentement).
    Les autres demandent la fin de leurs meilleurs amis, et, si celui qu'ils chevalent [pour hériter de lui] ne meurt bientôt, il les épuise [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne]

chevaler

CHEVALER. v. tr. T. d'Architecture. Étayer avec des chevalements. Chevaler un mur, une maison qu'on reprend en sous-oeuvre.

Il signifie encore, en termes d'Arts, Travailler avec un chevalet. Les tanneurs, les corroyeurs chevalent les cuirs. Absolument, Les scieurs de bois chevalent.

chevaler

Chevaler un homme, comme on chevale les perdris, Captare.

chevaler


*CHEVALER, v. n. Vieux mot: Faire plusieurs allées et venûes, plusieurs pas pour une afaire. J'ai chevalé plus de six mois pour cette afaire. Acad. — V. a. Presser vivement: il les chevala tant qu'il leur dona sur la queûe (de l'armée.) Mezeray. Il est encôre plus surané dans cette acception. — Étayer une maison, un mur, que l'on reprend sous oeuvre, avec des chevalets. Trév. — L'Acad. ne le met pas en ce sens.