coffre

coffre

n.m. [ du gr. kophinos, corbeille ]
1. Meuble de rangement dont la partie supérieure est un couvercle mobile : Un coffre à linge.
2. Compartiment d'un coffre-fort dans une banque : Elle a déposé ses documents au coffre.
3. Dans une voiture, espace réservé pour le rangement des bagages : Cette voiture a un très grand coffre.
Avoir du coffre,
avoir du souffle, une voix qui porte ; fig., fam., avoir de l'audace.

COFFRE

(ko-fr' ; quelques-uns prononcent kô-fr' ; mais cette prononciation n'est justifiée par rien) s. m.
Meuble en forme de caisse, dans lequel on serre toute sorte de choses. Un coffre plein. Le coffre au linge, à l'avoine. Piquer le coffre, attendre longtemps dans l'antichambre du roi, d'un grand seigneur, parce qu'à la cour il y avait des salles où l'on ne trouvait à s'asseoir que sur des coffres. Locution aujourd'hui inusitée. Il s'y entend comme à faire un coffre, se dit d'une personne qui fait mal quelque chose. Rire comme un coffre, rire à gorge déployée, par assimilation plaisante de la bouche qui rit à un coffre qui s'ouvre. Familièrement, raisonner, chanter comme un coffre, raisonner, chanter très mal ; par un assez mauvais jeu de mots entre raisonner et résonner.
Caisse où l'on serre l'argent, et l'argent même qui est ainsi serré, les fonds, la fortune.
À force de faire de nouveaux contrats ou de sentir son argent grossir dans ses coffres, on se croit enfin une bonne tête et presque capable de gouverner [LA BRUY., VI]
Une pareille somme est comptée dans ses coffres pour chacun de ses autres enfants qu'il doit pourvoir [ID., ib.]
Les biens d'un homme ne sont point dans ses coffres, mais dans l'usage de ce qu'il en tire [J. J. ROUSS., Hél. IV, 10]
Vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n'ouvrez aussi votre cœur [ID., Ém. II]
Elle est belle au coffre, se dit d'une fille laide, mais riche. Cela sera sur ses coffres, se dit des pertes qui retombent sur quelqu'un. Les coffres du roi, les coffres de l'État, le trésor public.
Il mit tout l'argent de l'Égypte dans les coffres du roi [BOSSUET, Polit.]
Coffre-fort, coffre de fer ou de bois fort épais, dans lequel on serre l'argent et les objets précieux. Ces coffres-forts qui défient les voleurs.
Ton beau-père futur vide son coffre-fort [BOILEAU, Sat. X]
La clef du coffre-fort et des cœurs est la même [LA FONT., Le petit chien.]
Coffre-fort se dit aussi de l'argent, de la fortune.
Par extension. Le coffre d'un carrosse, la partie d'un carrosse sur laquelle on met les coussins pour s'asseoir, et dont le haut se lève en couvercle comme celui d'un coffre. Le coffre d'un autel, la table d'un autel avec l'armoire qui est dessous. L'assemblage et le corps d'un clavecin, d'un forte-piano.
La partie du corps que renferment les côtes.
Il était temps, l'abcès gagnait le coffre, et se manifestait par de grands frissons [SAINT-SIMON, 130, 191]
Pourquoi il a fallu faire ce coffre de la poitrine de plusieurs pièces qu'on appelle côtes [BOSSUET, Conn. II, 7]
Avoir le coffre bon, être bien constitué quant aux fonctions de la respiration et de la digestion.
Étant bien conformé par le coffre et ne faisant d'excès d'aucune espèce [J. J. ROUSS., Conf. v]
Soixante-dix ans et un catarrhe.... il ne pourra aller loin. - Et voilà ce qui vous trompe ; il ira loin, il ira très loin ; le coffre est bon [BAYARD et G. DE WAILLY, Ma place et ma femme, II, 11]
Terme de chasse. Corps d'une bête fauve dont on a fait la curée. En termes d'hippiatrique, cette jument a un grand coffre, un beau coffre, elle a les flancs fort larges. Des coffres à avoine, se dit de grands chevaux auxquels il faut beaucoup d'avoine.
Terme de jardinage. Carré long formé de planches posées de champ pour recevoir des châssis ou panneaux. On dit aussi caisse. Terme de marine. Coffre d'amarrage, corps flottant muni de deux organeaux. Terme d'art militaire. Charpente qui soutient les terres dans une mine de guerre. Logement creusé dans un fossé sec, peu différent de la caponière, qui sert aux assiégés pour empêcher qu'on ne passe le fossé. Terme de ponts et chaussées. Caisse sans fond, formée de pièces de bois et de madriers. Terme de maçonnerie. Faux tuyau dans une souche de cheminée. Tuyau que l'on enfonce dans un trou de sonde. Terme d'hydraulique. Synonyme de chambre d'écluse.

SYNONYME

  • COFFRE, BAHUT. La différence entre ces deux meubles, c'est que le bahut a le couvercle en rond, tandis que le coffre peut avoir le couvercle plat ou arrondi.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    [Il] N'i ot sommiers à coffres ne dras troussés en malle [, Berte, XXVII.]
    Deux coffres bien garnis d'or et d'argent [, Chron. de Rains, p. 6]
    Marcis, marcis [marquis], où sont li mil chevalier que vous deviés faire salir de vos cofres ? [, ib. 112]
    Forgier, escrin, cofre [, Liv. des mét. 105]
    Mais au venir li mesavint, Car sa droiture ert en son coffre, Si fu pilliez en roi de coffre [RUTEB., II, 71]
    En mi la sale sus un coffre Est assise mate et pensive [ID., II, 31]
    Le roy emporta dix mille livres de parisis que il avoit en ses cofres, et chascun an autant [JOINV., 207]
  • XIVe s.
    À dens saisi le coffre, sans point de l'atargier [, Baud. de Seb. V, 908]
    Godefroy le Fevre, varlet de chambre et garde des coffres de monseigneur duc d'Orleans [DE LABORDE, Émaux, p. 219]
  • XVe s.
    Et ces brigands brisoient maisons, coffres et escrins, et prenoient quant qu'ils trouvoient [FROISS., I, I, 324]
    Et moult de maisons et de femmes robées et pillées, violées et destruictes, et des coffres effondrés [ID., II, II, 158]
    Promis avez sur le mois de fevrier Que vous serez sa besongne ordonnans, Et le ferez sur vos coffres payer [E. DESCH., Poésies mss. f° 208, dans LACURNE]
    Et enclos, pour plus grant seurté, Ou [au] coffre de ma souvenance [CH. D'ORL., Ball. 32]
  • XVIe s.
    Il commença à faire une barricade sur le bout du pont levis, en y plaçant un buffet et deux coffres [D'AUB., Vie, XX]
    À attendre dans la garde-robe de son maistre assis sur des coffres [ID., ib. XL]
    L'equipage fut de douze chevaulx, deux mulets de coffres, etc. [CARL., III, 6]
    Je dis à Barbaut que je ne pouvois retourner arriere que je n'eusse mandement de monsieur de Barie, et que, si la ville se perdoit, tout cela tomberoit sur mes cofres [MONTLUC, t. II, p. 73, dans LACURNE]
    Lettres patentes, afin de faire ouvrir les coffres des prisons, et mectre en liberté les prisonniers detenuz pour le faict de la religion [CONDÉ, Mémoires, p. 571]
    En coffre ouvert le juste peche [COTGRAVE, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, couffre ; provenç. et espagn. cofre, ital. cofano ; du latin cophinus.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    COFFRE. Ajoutez :
    Coffre d'une batterie, masse de terre qui lui sert d'épaulement.
    Fig. Être sur les coffres de Malte, être sans argent, ancienne locution aujourd'hui inusitée tirée de ce que les chevaliers de Malte faisaient vœu de pauvreté.
    Monsieur le chevalier [le frère de M. de Grignan] voulait que vous allassiez sans officiers à Marseille, déclarant que vous êtes sur les coffres de Malte [SÉV., à Mme de Grignan, 25 fév. 1689, dans Lett. inédites, éd. Capmas, t. II, p. 239]

coffre

COFFRE. n. m. Sorte de meuble qui a la forme d'une caisse en bois ou en métal, propre à enfermer diverses choses et qu'on ouvre en soulevant le couvercle. Coffre de bois. Coffre de fer. Le coffre au linge. Le coffre à l'avoine. Un coffre plein. Le fond du coffre. Mettre dans un coffre. Enfermer, serrer dans un coffre.

Fig., Les coffres du roi, s'est dit pour le Trésor royal. On dit encore, dans le même sens, Les coffres de l'État.

Par extension, Le coffre d'une voiture, La partie d'une voiture sur laquelle on met les coussins pour s'asseoir et qui a un couvercle qui se lève et qui s'abaisse comme celui d'un coffre.

Coffre d'autel, La table d'un autel, avec l'armoire qui est au-dessous.

Fig. et fam., Avoir le coffre bon, avoir un bon coffre, Avoir un bon estomac, une bonne poitrine. Cet homme a les jambes en mauvais état, mais il a le coffre bon.

coffre

Coffre, m. penac. Est un nom general à toute maniere de caisse où lon serre des habits, ou autres hardes, mais quand on dit coffre de bahu, on entend des rondes couvertes de cuyr sous bandes de lames de fer clouées à petis clous audit coffre, Arca, Capsa, Cista, Coffre se prent aussi pour la closture que font l'espine du dos et les costes qui en partent pour estre au corps d'un homme et des bestes faites à la semblance d'un coffre, où l'estomach, le foye, le coeur, les poulmons, et autres plus interieures sont comme enfermées, ainsi on dit, le coup perce bien avant dans le coffre, Ictus per costas ad interanea penetrat.

De tirer ce mot de Caphar, Hebrieu qui signifie couvrir, fermer, parce que le Coffre enferme et couvre ce qu'on y met: et que Kiphreh signifie couvercle, il n'y a point de propos.

Coffre où on reserre les habillemens, Arca vestiaria.

Coffres à livres, Fori.

Coffres où il y a plusieurs petits trous et lieux pour mettre plusieurs choses chacune à part, Arca loculata.

Un coffre couvert de peaux, Riscus.

Coffre de bahu, Arca baiulatoria: quae iumento baiulo deportatur: quam muli baiuli portant.

coffre

Chamberiere qui porte le coffre de sa maistresse, Cistellatrix.

coffre


COFFRE, ou COFRE, s. m. COFRER, v. a. COFRET, s. m. [On ne pron. qu'une f: on pourrait n'en écrire qu'une; 2e e muet au 1er, é fer. au 2d, è moy. au 3°.] Cofre, est 1°. un meuble propre à serrer des hardes, de l'argent, etc., et qui s'ouvre en levant le couvercle. — Cofre-fort; cofre de fer, ou d'un bois épais, armé de bandes de fer, où l'on serre de l'argent. — 2°. Le cofre d'un carrosse; la partie sur laquelle on met les coussins pour s'asseoir, et qui a un couvercle qui s'élève et s'abaisse comme celui d'un cofre. En Province, on l'apèle caisson. = 2°. L'espace, la capacité du corps humain, qui est enfermé sous les côtes: "Il a le cofre percé; il a reçu un coup d'épée dans le cofre. — On le dit aussi des animaux: Cette cavale a un beau cofre, un grand cofre; elle a les flancs fort larges.
   COFRER, n'est point usité au propre, pour dire, mettre dans un cofre: on ne le dit qu'au figuré familier, pour emprisoner. "On ne veut plus vous faire crédit, ni à moi non plus, et nous pourrions bien être cofrés cette nuit, vous et moi. Volt.
   COFRET, petit cofre. Cofret d'écâille, de bois d'ébène, etc.
   Rem. En style proverbial, on dit d'un homme qui ne s'entend nullement à faire une chôse, qu'il s'y entend comme à faire un cofre. — Riche comme un cofre: "Le Seigneur de notre Village, qui est mort riche comme un cofre, étoit parvenu par ce moyen; parvenons de même. Mariv.Belle au cofre; laide, mais riche. Raisoner comme un cofre, fort mal. Rire comme un cofre, à gorge déployée. Piquer le cofre; atendre, assis sur un cofre. — On apèle les grands chevaûx, cofres à avoine, parce qu'il leur en faut beaucoup.

Traductions

coffre

Kasten, Kiste, Koffer, Truhe, lockerchest, trunk, box, boot, cofferkist, koffer, bak, schrijn, bekisting [bouwkunde], borstkas, brandkast, kast [muziekinstrument], kofferruimte, longen, meerboei, romp [schip], safe, kofferbak, -ruimteארגז (ז), תיבה (נ), אַרְגָּזkofferbagul, caixa, caixó, maletarkiste, kuffertkesto, kofrobaúl, cofre, cajón, arcónmatkalaukku, kirstubaule, bagagliaio, baule di auto, cassa, forziere, vano, cassapancaarcakuffert, kiste, koffertsłabo, kufer, skrzyniabaú, arca, caixa, malaчемодан, сундукkappsäck, kista, koffert, lår, skrin, trunkbavul, sandıkπορτμπαγκάζ, μπαούλοصُنْدُوقbedna, truhlakovčeg, škrinjaトランク, 収納箱대형 상자, 트렁크หีบ ลัง กล่อง, หีบใส่ของrương, rương, hòm大箱, 箱子 (kɔfʀ)
nom masculin
1. grande boîte un coffre à jouets
2. partie d'une voiture où l'on met les bagages mettre les bagages dans le coffre
3. boîte dans laquelle on garde des choses de valeur avoir un coffre à la banque

coffre

[kɔfʀ] nm
(= meuble) → chest
(aussi coffre-fort) → safe
[auto] → boot (Grande-Bretagne), trunk (USA)
(fig) avoir du coffre → to have a lot of puff