collation

(Mot repris de collations)

1. collation

n.f. [ du lat. conferre, fournir, rassembler ]
Action de comparer des textes entre eux pour s'assurer de leur conformité : Faire la collation d'une copie et de son original.

2. collation

n.f. [ du lat. collatio, réunion ]
Repas peu copieux : Les enfants prennent toujours une collation vers 16 heures goûter

collation

(kɔlasjɔ̃)
nom féminin
repas léger préparer une collation pour le goûter

COLLATION1

(kol-la-sion ; on prononce les deux ll, ce qui le distingue du suivant) s. f.
Terme de jurisprudence. Droit de nommer à un bénéfice ecclésiastique ; action de conférer un bénéfice ecclésiastique.
Il n'y a rien à dire de ma part sur les collations [BOSSUET, Lett. abb. 13]
La provision du collateur. Avoir la collation de l'ordinaire.
Action de conférer un titre, un droit. Action de conférer un grade, par faveur et indépendamment des examens, en des circonstances exceptionnelles.
Action de conférer, de confronter une copie avec l'original pour en constater l'exactitude.
Les clercs de la vie commune, aux Pays-Bas, s'occupaient de la collation des originaux dans les bibliothèques [CHATEAUB., Génie, IV, VI, 5]
Après avoir copié tout le morceau inédit, j'achevai la collation du reste avec ces messieurs [P. L. COUR., I, 68]
Terme de libraire. Action de collationner.
Mot qui s'est quelquefois dit en grammaire pour comparaison.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Par collacion et composicion de l'un à l'autre faite [ORESME, Eth. 66]
    Pour la cause d'exemple et pour probacion Es simples et es rudes, j'en fais collation [je les mets sous les yeux ; il s'agit d'exemples] [, Girart de Ross. V. 5861]
  • XVe s.
    Si vueil [je veux] avoir censeil et collation avecque vous, comme je me pourray maintenir contre les Lissebonois et Portugalois [FROISS., liv. III, p. 50, dans LACURNE]
    Et maistres en theologie et divinité de tous ordres d'eglise lui plot [au roi] souvent oyr en ses colacions [conférences] [CHRIST. DE PISAN, Charles V, I, ch. 15]
    Et futfaicte une collation [discours] par un frere des Jacobins toute tendant à fin de misericorde [, Chr. de saint Denis, t. III, p. 46, dans LACURNE]
    Maitre Jean commença sa petite collation [allocution], comme il s'ensuit [LOUIS XI, Nouv. XXXII]
  • XVIe s.
    Quant est de la collation des benefices, laquelle chose estoit anciennement conjointe avec la promotion.... [CALV., Instit. 872]
    Je sçay bien qu'il y en a qui veulent prouver par collation des temps que ce soit une fable controuvée à plaisir [AMYOT, Solon, 56]
    Par collation de plusieurs passages respondants l'un à l'autre [ID., Moral. Épit. p. 15]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. collation ; espagn. colacion ; ital. collazione ; du latin collationem (voy. COLLATEUR).

COLLATION2

(ko-la-sion ; en poésie, de quatre syllabes ; on ne prononce qu'une seule l, ce qui le distingue du précédent) s. f.
Repas léger que les catholiques font au lieu de souper, les jours de jeûne.
Plus la nourriture est forte, plus on est en état de garder la règle du jeûne en ne faisant chaque jour qu'un seul repas avec une petite collation [FÉN., XVIII, 479]
Par extension, tout repas fait dans l'après-dînée et qu'on nomme aussi goûter ; anciennement petit repas fait entre le dîner et le souper ; et aussi petit repas donné par politesse, par galanterie.
Je n'ai pas songé à vous donner un peu de collation avant de partir [MOL., l'Av. III, 12]
Il nous a donné la collation [ID., Fourb. II, 11]
Après cela, on fit une jolie collation [SÉV., 78]
Les soirs il vient faire collation avec nous [ID., 504]
On fit collation, on soupa, etc. [ID., 47]
Je lui dois donner une très bonne collation [ID., 444]
À dîner, on me servit des tubéreuses et puis des peaux d'Espagne ; je n'eus que des jonquilles à collation [FÉN., XIX, 40]
Petit repas qu'on fait, entre les repas, en hâte, en passant, ou par une circonstance quelconque.
Anciennement, repas qu'on servait la nuit dans les bals. Il y eut bal et grande collation.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Pour faire une collation pour le fait du curé de saint Jaques [, Bibl. des Chartes, 5e série, t. I, p. 226]
    Après qu'ilz eurent tous soupé et joué, le dit Beauchamp fist hucher pour faire collation d'après souper [DU CANGE, collatio.]
    Allerent visiter les Gantois de lieu à autre, et prindrent la collation de vin en la tente de Gand, et de là passerent parmi Bourbourg, et allerent loger emprès Gravelines [MONSTREL., t. II, p. 132, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Et qu'autre chose il n'ha, sans point mentir, Qu'une rostie à sa colation [MAROT, t. III, p. 66]
    J'ai prins coutume de ne souper plus, et de faire seulement un petit de collation au soir [DESPER., Contes, LIX.]
    S'il la veut venir voir à ce soir, elle luy donnera la collation entre huit et neuf heures [ID., ib. XXXIII]
    Faisant collation d'une bourrée [fagot], devant qu'aller au lit [ID., ib. XCVII]
    Le duc mesme, y arrivant sur le poinct de la collation et se fiant qu'on n'auroit pas touché à sa bouteille, en print à son tour [MONT., I, 253]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. collation ; bas-lat. collatio (voy. COLLATION 1). Ce terme vient des coutumes ecclésiastiques. Dans les monastères, on faisait, après le souper, qui avait lieu de bonne heure, une lecture de l'Écriture sainte ou des Pères. Les moines échangeaient leurs observations sur le texte ; les uns faisaient des objections, d'autres y répondaient. Cet exercice, que nous appelons une conférence, ils l'appelaient collatio (de conferre).
    Au sortir de là, on prenait quelques légers rafraîchissements, et l'on s'allait coucher : de là le sens de petit repas donné à collation [GÉNIN, Récréat. t. I, p. 429]

collation

COLLATION. n. f. Action, droit de conférer à quelqu'un des grades universitaires. La collation de la licence ès lettres, en droit, du doctorat.

Autrefois, il signifiait Droit de conférer un bénéfice ecclésiastique. Cette collation appartenait à l'évêque, descendait de l'évêque. La présentation de cette cure appartenait à l'abbé et la collation à l'évêque. Ce prieuré était à la collation de tel abbé.

Il signifie aussi Action de collationner ou résultat de cette action.

collation

COLLATION. n. f. Repas léger que les catholiques font les jours de jeûne, au lieu de souper. Petite, simple, légère collation. Bonne collation. Faire collation. Il ne prend, il ne mange à sa collation qu'un morceau de pain.

Il signifie aussi Un repas léger qu'on fait dans l'après-dîner à l'occasion d'une cérémonie, d'une chasse, etc. Collation de viandes froides, de confitures, de pâtisserie.

collation

Collation et taille, Collatus, huius collatus, Collatio.

¶ Collation et banquet qu'on fait apres souper, Comessatio.

Allons faire collation chez moy, Eamus ad me comessatum.

Collation de benefices en tour, Collatio sacerdotiorum circularis.

Benefices en la collation de l'Evesque, Sacerdotia beneficiaria Episcopi, vel Beneficij munerisque Episcopi.

collation


COLLATION, COLATION, s. f. COLLATIONER, v. act. COLATIONER, v. neut. On prononce les deux ll, quand ces mots expriment l'action ou le droit de conférer un bénéfice, ou l'action de conférer une copie avec l'original, ou deux écrits ensemble. [Kol-la-cion, kol-la-cio-né.] On ne pron. qu'une l, quand on parle d'un repas léger, qu'on fait au lieu du souper, particulièrement les jours de jeûne; et de tout repas que l'on fait entre le diner et le souper. [Kola-cion, kola-cioné.] Il serait bon, pour distinguer ces deux sens si diférens, d'écrire, comme on prononce, deux ll dans le premier câs, une seule dans le second.
   Collation d'un bénéfice. Cette collation apartient à l'Évêque. Ce Prieuré est à la collation d'un tel Abé. = La Collation d'une copie avec l'original, ou sur l'original. En Librairie, faire la collation de divers exemplaires. = Pour le verbe, il n'a que le 2d. sens: on ne dit point collationer, mais conférer un bénéfice. On dit collationer sur l'original, à l'original, sur les Registres. Extrait collationé. On met au bâs: collationé à l'original, par...
   COLATION, petit repas. Faire colation d'une pomme: c'est une légère colation. — Goûté. Payer la colation; doner la colation à... Magnifique, superbe, somptueûse colation. "Avez-vous colationé? Je ne soupe pas, je ne fais que colationer.

Synonymes et Contraires

collation

nom féminin collation
Léger repas.
Traductions

collation

ארוחה קלה (נ), כיבוד קל (ז), סעודה קלה (נ), תקרובת (נ), כִּבּוּד קַל, תִּקְרֹבֶת

collation

Imbiss, Kollation

collation

snack

collation

raffronto

collation

[kɔlasjɔ̃] nflight meal