commandement

commandement

n.m.
1. Fait de donner des ordres ; ordre donné à qqn, à un groupe : Elle n'a pas l'habitude du commandement autorité injonction
2. Pouvoir de celui qui commande ; sa fonction : Prendre le commandement de l'équipe direction
3. Loi morale émanant de Dieu, d'une Église précepte
À mon commandement,
au moment où j'en donnerai l'ordre.
Le commandement militaire,
ensemble des autorités supérieures des armées.
Les dix commandements,
les préceptes transmis à Moïse sur le Sinaï, selon la Bible le Décalogue

COMMANDEMENT

(ko-man-de-man) s. m.
Action de commander.
Par vos commandements Chimène vient vous voir [CORN., Cid, I, 5]
Cet amour qui m'expose à vos ressentiments N'est point le prompt effet de vos commandements [ID., Cinna, V, 2]
Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence N'attendent pour partir que vos commandements [RAC., Bérén. I, 3]
M. le comte de Guichen, qui venait lui rendre compte du commandement d'une grande flotte et de trois batailles glorieuses qu'il avait livrées [CONDORCET, Maurepas.]
Ordre.
Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement, Vous mandent de venir les trouver promptement [MOL., Mis. II, 6]
Jussion. Le roi a envoyé un commandement exprès au parlement de vérifier tel édit.
Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine [MOL., Mis. II, 6]
Secrétaire des commandements, le principal secrétaire d'un prince.
On m'a mandé qu'il [Fréron] allait être secrétaire des commandements de la reine [VOLT., Lett. en vers et en prose, 144]
Dans l'ancienne monarchie, secrétaires d'État et des commandements, les quatre secrétaires d'État. Lettres signées en commandement, lettres signées par un secrétaire d'État. Terme militaire. Ordre bref pour faire exécuter certains mouvements. Attention au commandement ! Terme de marine. Bâtiment commandé. Cet officier va rejoindre son commandement. Terme de civilité. Je n'ai pas voulu partir pour Lyon, sans recevoir vos commandements. Je suis venu à votre commandement dès que vous m'avez averti de venir. Avoir quelque chose à son commandement, pouvoir s'en servir à volonté.
J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement [CORN., le Ment. IV, 3]
Avoir une chose à commandement, l'avoir à souhait.
S'énoncer clairement et avoir toujours le mot propre à commandement [VOLT., Lett. en vers et en prose, 37]
On n'a pas toujours des idées à commandement ; c'est un coup de la grâce : elle vient quand il lui plaît [VOLT., Lett. d'Argental, 27 juillet 1763]
Manière de commander. Il a le commandement doux, rude, bref. Avoir le commandement beau, se dit d'un officier qui commande de bonne grâce ; et, ironiquement, d'un homme hautain et despotique qui commande une chose sans en avoir le droit, ou de celui qui commande des choses difficiles ou impossibles à exécuter.
Terme de jurisprudence. Acte d'huissier à la requête d'un créancier, par lequel on commande au débiteur de satisfaire à son obligation, en vertu d'un titre authentique ou exécutoire.
Loi, précepte. Les commandements de Dieu. Les commandements de l'Église.
Cette pratique est de commandement [BOSSUET, Var. 14]
L'état monacal n'est pas de commandement [ID., Projet.]
Pouvoir de commander, autorité. Aspirer au commandement. Prendre le commandement.
Il ajouta qu'il était d'avis qu'on lui donnât, comme on avait fait à Pompée, le commandement général sur toutes les flottes de la république [VERTOT, Révol. rom. liv. XIV, p. 287]
Vous comptez maintenant le nombre de vos campagnes, la distinction de vos commandements [MASS., Avent, Mort du pécheur.]
Tel a été à la mode pour le commandement des armées et la négociation, ou pour l'éloquence de la chaire, ou pour les vers [LA BRUY., XIII]
Bâton de commandement, bâton qui est pour certains officiers le signe du commandement.
On dit qu'une place a plusieurs commandements, c'est-à-dire qu'elle peut être battue du canon par des hauteurs qui la dominent. Commandement de front, celui d'une hauteur qui est opposée à un poste, qui le bat par devant. Commandement de revers, celui qui bat le poste par derrière. Commandement d'enfilade, celui qui bat d'un seul coup toute une ligne droite.

SYNONYME

  • COMMANDEMENT, ORDRE, INJONCTION. Étymologiquement, le commandement est l'action de recommander ; l'ordre, l'action de disposer ; l'injonction, l'action d'imposer une obligation. De là découlent les nuances de l'usage. Commandement tantôt incline du côté du sens de précepte, comme les commandements de Dieu, de l'Église, où ordre ne peut pas se dire, tantôt exprime une action directe, comme dans les commandements qu'un officier fait à ses soldats ; ici encore ordre ne conviendrait pas. Au contraire, toutes les fois qu'il s'agira d'un ensemble de dispositions, on emploiera ordre et non pas commandement : le régiment, la troupe reçut l'ordre de partir, et le commandement du colonel la mit en mouvement. Injonction, qui, d'ailleurs, appartient de préférence au langage du pouvoir judiciaire et à l'administration, impose une obligation : Dieu, dit Bourdaloue, enjoint au riche d'entretenir le pauvre. C'est dans ce sens que l'autorité fait des injonctions à ses agents.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Ademplir [je] vuil vostre comandement [, Ch. de Rol. XXII]
  • XIIe s.
    Pour ce est ele [Eve] en son commandement [de l'homme] [, Ronc. p. 152]
    Or faites, belle, vostre comandement [, ib. p. 172]
    Mais ma dame servir et honorer, Et faire adès à son commandement [, Couci, XII]
    As reis d'antiquité devriez reguarder, Qui les comandemens Deu ne voldrent guarder [, Th. le mart. 78]
  • XIIIe s.
    Et il firent tantost son commandement [VILLEH., LXXVIII]
    Il ne savoient quant Dieu feroit son commandement d'aus [d'eux] [ID., LXX.]
    La royne s'en va au Dieu commandement [à la recommandation de Dieu] [, Berte, IX]
    Et comment tu accompliras Nuit et jour les commandemens Que ge commande as fins amans [, la Rose, 2051]
    Sire, tel vient devant vos come devant son seignor, et vos fait assaveir que Dieu a fait son comandement de tel... [, Ass. de J. I, 232]
    .... Si comme aucuns hons de poesté connoit une dete et on li fet commandement qu'il ait paié dedans sept jors et sept nuis [BEAUMANOIR, XXIII, 2]
    Et pour ce ne font force li assacis [assassins], se l'en les occist, quant il font le commandement du Vieil de la Montaigne [JOINV., 230]
    Vous me jurerez, que vous tendrés mes commandemens [ID., 263]
  • XIVe s.
    Du commandement de très noble et très excellent prince Charles quint de ce nom, par la grace de Dieu, roy de France [ORESME, Prol.]
  • XVe s.
    Pour ce qu'il avoit trespassé le commandement de son seigneur le roi [FROISS., I, I, 154]
    Nostre roy qui avoit bien la parolle à commandement [COMM., IV, 10]
    Plusieurs femmes ont larmes à commandement [LOUIS XI, Nouv. XII]
    Comment vous va ? - Et bien vrayement, Tout à vostre commandement [, Patelin]
  • XVIe s.
    Pleust or à Dieu, pour fuir mes malheurs, Que je vous tinse à mon commandement ! [MAROT, II, 333]
    Robertet, secrettaire des commandemens [LANOUE, 565]
    Il n'a point cerché ambitieusement les commandemens et honneurs [ID., 703]
    Ilz allerent loger en lieu où ilz eussent l'eau plus à commandement [AMYOT, Arist. 38]
    Mais son commandement fut tard entendu de chascun [ID., Nicias, 50]
    Il a ses gageures de cent pistoles fort à commandement [D'AUB., Faen. III, 6]
    Cette ville est commandée d'un costeau de vignes, où les assiegeans logerent leurs moindres pieces et firent breche à la faveur du commandement [ID., Hist. I, 219]
    Ville en très heureuse assiette, franche de tous commandemens [ID., ib. II, 257]
    La ville fortifiée de brique, et, quoi que près des montagnes, hors de grand commandement [ID., ib. III, 405]
    Ils perd rent 24 hommes, parmi ceux-là six de commandement [ID., ib. III, 403]

ÉTYMOLOGIE

  • Commander ; Berry, c'mandement ; provenç. comandamen ; anc. catal. comandament ; anc. espagn. comandamiento ; ital. comandamento.

commandement

COMMANDEMENT. n. m. Ordre que donne celui qui a pouvoir de commander. Commandement verbal. Commandement par écrit. Il a fait cela par votre commandement. J'obéis à vos commandements.

Il se dit, dans un sens particulier, en termes de Guerre et de Marine, de Tout ordre bref qu'on donne à haute voix pour faire exécuter certains mouvements, certaines manoeuvres. Au commandement de... vous ferez telle chose. Il n'entendit pas le commandement.

En termes de Procédure, il se dit de l'Exploit fait par un huissier, en vertu d'un jugement ou d'un titre exécutoire par lequel il commande, au nom de la loi et de la justice, de payer, de vider les lieux, etc. Toute saisie-exécution doit être précédée d'un commandement.

Il signifie encore, surtout en termes de Théologie, Loi, précepte. Les dix commandements de Dieu. Les commandements de l'Église. Pécher contre le premier commandement. Observer les commandements.

Il signifie aussi Autorité, pouvoir de commander. Avoir commandement sur quelqu'un. Il a le commandement des troupes, d'une compagnie, d'une escadre, d'un bâtiment. Cela est sous son commandement. Prendre le commandement. Avoir le commandement d'une place, d'un territoire militaire.

Il se dit quelquefois, en général, de l'Action de commander, de la Manière de commander. Avoir le commandement doux. Avoir le commandement rude, dur. Cet officier a l'habitude du commandement. Tempérer la sévérité du commandement. Prendre le ton du commandement.

Avoir quelque chose à son commandement, Pouvoir s'en servir à sa volonté. Il n'a point d'automobile, mais il a celles de ses amis à son commandement. Il a tout à commandement, l'argent, etc.

Bâton de commandement. Voyez BÂTON.

commandement

Commandement et ordonnance, Edictio, Imperium, Iussum, Praescriptio.

Commandement ou defenses contre Dieu, et raison, Interdicta tyrannica, Praeconia tyrannica.

Commandemens ou inhibitions faites de part et d'autre, Imperia inhibita vltro citroque.

Avoir tout à commandement, Omnia habere paratissima. B.

Faire commandement, Edicere.

Faire commandement sur certaines et grandes peines, Imperium inhibere, Denuntiare, vel indicere mulctam, nisi decreto pareatur.

Faire commandement de par la Cour, Edicere verbis Curiae.

Faire commandement de venir en armes à l'aide de justice, Ad arma senatusconsulto euocare. B. ex Cic.

Faut que le creancier face faire commandement de payer, avant que proceder par execution, Inhibere imperium exactorem nominis necesse est, deinde lege agere.

Ordonnance ou commandement fait de la bouche du Prince, ou du magistrat, Praeceptum, Edictum, Iussum.

Le commandement d'aucun, Edictum.

Commandemens qu'on a enchargez de faire, Mandata et commissa imperia.

Commandemens legiers, et dequoy on doit tenir peu de conte, Mollia iussa.

Il n'y a homme pour le commandement duquel je voulsisse plus faire que pour le tien, ne la priere duquel je voulsisse moins refuser, Neque authoritate quisquam apud me plus te valere potest, neque voluntate.

Je vien par le commandement de ton pere, Patris tui iussu venio.

On luy a baillé par commandement et authorité publique et du peuple, argent pour sa despense, Publice dati ei sumptus.

Faire commandement, Praeceptum dare.

Faire contre le commandement de sa mere, Minuere imperium matris.

Faire commandement que chacun ait à prendre les armes, Vocare ad arma.

Accomplir un commandement, Imperium exequi.

Suivant le commandement qui leur avoit esté fait, Ex praecepto, Iuxta praeceptum.

Empescher le commandement d'aucun, Demutare alicuius imperium.

commandement


COMMANDEMENT, s. m. COMMANDER, v. a. [Komandeman, komande: 2e lon. 3ee muet au 1er, é fer. au 2d.] Ces deux mots ont plusieurs sens. — Ordre, ordoner: obéir aux Commandemens de Dieu; C'est Dieu qui nous commande de l'aimer par dessus toutes chôses, et d'aimer le prochain comme nous-mêmes. 2°. Autorité, pouvoir. Avoir commandement sur quelqu' un: il a le commandement sur les troupes: cela est sous son commandement: prendre, refuser, quiter, reprendre le commandement. — Commander dans une Ville, dans une Province. Commander une armée, une brigade, un détachement, etc.
   Rem. 1°. On dit d'un Oficier qui commande de bone grâce, qu'il a le commandement beau, on dit, au contraire, qu'il a le commandement rude, lorsqu'il commande d'un air impérieux et altier. — Avoir à son commandement, en sa disposition. "J'eus le lendemain six louis d'or à mon commandement. Mariv. — Avoir à commandement, avoir la faculté de faire une chôse quand on le veut: "La Mère (Guèpe) y pond un oeuf de mâle, et ensuite un de femelle. Il faut croire qu'elle a cela à commandement, puisqu'elle proportione la grandeur de la loge à la tâille du mâle ou de la femelle qui doit y naître. Pluche. "Il a la langue anglaise à commandement: il la parle comme sa langue naturelle.
   * 2°. Bossuet apèle les Commandans, des hommes de commandement; et La Touche aprouve cette locution, pour signifier un homme qui sait l'art de commander. D'aûtres, au contraire, apèlent les bons Domestiques des hommes de bon commandement; c. à. d. qui exécutent bien et volontiers ce qu'on leur commande: l'un n'est pas plus français que l'aûtre. L'Acad. ne met ni l'une ni l'aûtre de ces façons de parler.
   3°. COMMANDER, relativement aux persones, a deux sens, et diférens régimes, relatifs à ces deux diférens sens. Quand il signifie, être chef, conduire, il est actif et régit l'accusatif. "M. de Turenne commandoit l'Armée; M. d'Artagnan commandoit les Mousquetaires. — Vertot lui fait régir la prép. à: Pompée commandoit à un aûtre Corps. Retranchez à. — M. Belloi, dans Gaston et Baïard, lui done la prép. sur pour régime.
   Frère du Roi d'Espagne et neveu de mon Roi,
   Nemours, n'est-il pas fait pour commander sur moi.
C'est un faux régime. On dit bien avoir le commandement sur les troupes; sur quelqu'un: on ne dit pas, commander sur, etc. Un Homme de Lettres, qui sait parfaitement bien sa langue, croit qu'on peut le dire en vers, et qu'on le dit tous les jours en prôse.
   Quand commander signifie gouverner, ou ordoner, il régit le datif (la prép. à.) "Les Romains commandoient à plusieurs États: "C'est un Prince digne de commander à tout le monde. "On commanda aux Chevaux-légers de pousser les énemis. On dit aussi, en cette ocasion: on commande les Chevaux-légers pour pousser, etc.
   4°. COMMANDER, au figuré, dit des chôses, dans le sens de dominer sur, régit plus régulièrement l'acus. que le dat. "Il y a une hauteur qui commande la Ville. Bouh. Mén. — Vaugelas et d'Ablancourt se sont servis du datif: "La montagne commandoit au chemin par où l'énemi devoit passer. Quintecurce. "Il gardoit les hauteurs, qui commandoient à la rivière. Xenophon. L'Acad. le dit avec le datif, aussi bien qu'avec l'acusatif. L. T. L'acusatif vaut mieux. Le Rich. Port. ne met d'exemple que de celui-ci.
   5°. COMMANDER a un beau sens dans le moral avec la prép. à:
   Commandez un moment à votre impatience.
       Gresset.
  Commande à ta propre valeur
  D'éteindre en toi cette chaleur
  Qu'allume ton goût pour la gloire.
      Rousseau.

Synonymes et Contraires

commandement

nom masculin commandement
2.  Pouvoir de commander.
3.  Règle de conduite.
4.  Instances supérieures.
Traductions

commandement

Befehl, Behörde, Regieren, Regierung, Vorstand, Leitungcommand, commandment, control, reign, rule, board of directors, administration, ascendance, ascendancy, board, executive, governance, order, regulation, rulingbevel, commando, bestuur, bewind, heerschappij, regering, gebod, bevelschrift, lastschrift [juridisch], leiding [sport]דברה (נ), דיבר (ז), דיברה (נ), הנהגת כוחות (נ), מפקדה (נ), מצווה (נ), פיקוד (ז), פקודה (נ), ציווי (ז), קצינות (נ), פִּקּוּד, מִפְקָדָה, קְצִינוּת, מִצְוָה, דִּבְרָהbeheersingestrada, junta directiva, podibefaling, kommando, myndighed, styreestraro, komando, regadogobierno, junta, mandato, mando, ordenaba-abacomando, comandamentozarządcomando, directoria, mandoкоманда, командование, приказbefäl, befallning, kommando, orderεντολήкоманда命令příkaz명령 (kɔmɑ̃dmɑ̃)
nom masculin
1. fait de diriger, de donner des ordres prendre le commandement d'une armée
2. ordre À mon commandement, feu !

commandement

[kɔmɑ̃dmɑ̃] nm
(action, responsabilité)command
(= personnel) → command
(= ordre) → command, order
à mon commandement ... → on my command ...
(RELIGION)commandment