commencement

commencement

n.m.
1. Ce par quoi qqch commence : Le commencement de l'été apparition, arrivée, début ; achèvement, fin
2. Litt. Ce qui est à la base, à l'origine de qqch : La peur du gendarme est le commencement de la sagesse source
Au commencement,
au début, dans les temps les plus anciens : Au commencement, je n'avais pas compris qui elle était. Au commencement, les avions volaient sur de très courtes distances.

COMMENCEMENT

(ko-man-se-man ; quelques personnes prononcent ke-man-se-man ; cette prononciation, qui est un provincialisme, n'est pas reçue ; du reste il est constant que nos ancêtres avaient une certaine tendance à assourdir le son de l'o en e muet ; d'après Palsgrave, p. 57, au XVIe siècle, on prononçait coumanceman) s. m.
La première partie d'une chose qui a étendue ou durée. Bon, mauvais commencement. Le commencement d'un livre, de l'année.
Les vieillards qui lui conseillaient d'affermir les commencements de son règne [MASS., Petit-Carême. Tent. des grands.]
Pour reprendre un fait dès ses commencements [LA BRUY., Théophr. 12]
Dès le commencement de nos entretiens, dit-il, je me suis engagé à vous expliquer les maximes de nos auteurs pour toutes sortes de conditions [PASC., Prov. 8]
Les hommes s'ennuient enfin des mêmes choses qui les ont charmés dans leurs commencements [LA BRUY., XI]
Le poëme tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer.... [ID., I]
Ce que je sais le mieux c'est mon commencement [RAC., Plaid. III, 3]
Prendre son commencement, prendre commencement, en parlant des choses, commencer. La guerre prit commencement, ou prit son commencement au printemps. Au commencement, dans le commencement, dans les premiers temps. Au commencement tout allait bien. Au commencement que....
Au commencement que l'évêque avait seul entre les mains tout le revenu de son église, en était-il plus fastueux ? [MASS., Conf. Usage des revenus ecclésiast.]
Dans le style de l'Écriture, au commencement, c'est-à-dire au commencement du monde. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre.
Terme de théologie. Premier principe. Dieu est le commencement et la fin de toutes choses.
Terme de jurisprudence. Commencement de preuve, indice qui commence une preuve, qui met sur la voie de la preuve, qui autorise à fournir la preuve.
Ébauche.
Ronsard, qui de son temps a passé pour le prince des poëtes français, quoique au jugement de M. de Balzac il ne soit tout au plus que la matière et le commencement d'un grand poëte... [MÉNAGE, Préface aux Œuvres de Malherbe]
Au plur. Les premiers développements d'un État, d'un homme. Les grandes fortunes viennent souvent de petits commencements.
Il ne faut pas prendre, de la ville de Rome dans ses commencements, l'idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd'hui [MONTESQ., Rom. I]
Tout le reste de sa conduite répondit à de si beaux commencements [BOSSUET, le Tellier.]
La plupart des hommes, pour arriver à leurs fins, sont plus capables d'un grand effort que d'une longue persévérance ; leur paresse ou leur inconstance leur fait perdre le fruit des meilleurs commencements [LA BRUY., XI]
Les commencements de ceux qui n'ont pour eux que leur mérite sont assez obscurs et assez lents [FONTEN., Dodart.]
Les premières leçons ou notions d'un art, d'une science. Les commencements sont toujours difficiles. Avoir de bons commencements. Donner de bons commencements.

PROVERBE

    Il y a commencement à tout, c'est-à-dire il faut faire son apprentissage en toutes choses, on ne peut bien faire tout d'abord.

REMARQUE

  • On entend souvent des phrases comme celle-ci : nous allâmes demeurer tout auprès de lui, et du commencement l'on se visitait. Il faut dire : au commencement, dans le commencement. Le bon usage n'a point adopté cette locution, bien qu'elle soit construite comme du temps (du temps de Louis XIV), et qu'on ait dit autrefois : de commencement.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Commencement de douce saison bele, Que je voi revenir [, Couci, XVIII]
  • XIIIe s.
    Comme ele l'arrea [la trahison] dès le commencement [, Berte, XCV]
    Ele [la dame] commence avenanment [son récit] ; Or oyés le commencement [, Flore et Bl. 55]
    Quant li avocat pledent por autre, il doit dire à celi qui tient le [la] cort el commenchement se [sa] parole [BEAUMANOIR, V, 7]
  • XIVe s.
    Pour ce que riens ne vault li bons commencemens Ne li moiens [le milieu], se bons n'est li deffinemens [, Girart de Ross. V. 5969]
    Et semble que le commencement ou principe soit plus de la moitié de toute la besoigne [ORESME, Eth. XI, 17]
    Selon Aristote, le monde est perdurable, mès en verité il eut commencement [ID., ib. 66]
  • XVe s.
    [Les archers] se bouterent au hahay, et navrerent de commencement tout plein des garçons des Hainuyers [FROISS., I, I, 31]
    La fin en sera mauvaise ; Ains que vostre œuvre soit usée ; Commencement n'est pas fusée [J. CHARTIER, Hist. de Charles VII, p. 111, dans LACURNE]
    L'on dit : commencement n'est pas fusée mais advantaige grant [, Perceforest, t. VI, p. 84]
  • XVIe s.
    Mourut ce bon capitaine et honnorable seigneur, qui ne pouvoit mourir autrement ; car qui a bon commencement a bonne fin [BRANT., Capit. fr. t. I, p. 82, dans LACURNE]
    Zenon, tout au commencement des livres de la republique, declaroit inutiles toutes les liberales disciplines [MONT., II, 239]

ÉTYMOLOGIE

  • Commencer ; Berry, c'mincement, c'mencement ; provenç. comensamens ; catal. comensament ; anc. espagn. comenzamiento ; ital. cominciamento. L'ancien français avait aussi commencence et comensaille.

commencement

COMMENCEMENT. n. m. Ce par quoi une chose commence ; la première partie d'une chose qui a ou qui doit avoir une durée, une suite, un progrès, une étendue. Heureux commencement. Au commencement du monde. Dès le commencement. Dans le commencement. Le commencement de l'année. Être au commencement du printemps. Donner commencement à quelque chose. Souvent, de petits commencements on vient à de grandes choses. Cette action fut le commencement de sa fortune. Le commencement d'un discours, d'un poème, d'une histoire.

Il se prend aussi pour Principe, cause première ; et, dans ce sens, on dit Dieu est le commencement et la fin de toutes choses.

Fam., Il y a commencement à tout, On ne peut bien faire tout de suite les choses qu'on n'a point encore essayé de faire, auxquelles on ne s'est point encore exercé.

Absolument, Au commencement, Au commencement du monde, avant toute chose. Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Il n'est guère usité qu'en termes d'Écriture sainte.

En termes de Jurisprudence, Commencement de preuve se dit de Ce qui fait présumer la vérité d'un fait ou d'une promesse, sans néanmoins fournir une preuve complète. Commencement de preuve par écrit.

COMMENCEMENTS, au pluriel, se dit des Premières leçons, des premières instructions dans un art ou dans une science. Il a de bons commencements dans les mathématiques, dans la peinture, etc. Les commencements sont toujours difficiles.

Il se dit aussides Premiers développements d'un État ou des Débuts d'un homme dans une carrière, un emploi, etc. Les commencements de la puissance romaine. Il a eu des commencements pénibles.

commencement

Commencement, Coeptum, Incoeptio, Exordium, Initium, Orsus, Primordium, Principium, Exorsum, exorsi, Exorsus, huius exorsus.

Le commencement de toutes choses, comme est le feu, l'eau, l'air, la terre, Elementum.

Les commencemens de chacune science qu'on enseigne aux enfans, Elementa loquendi.

Commencement et entrée de quelque chose, Ingressus.

Les premiers commencemens, Primigenia.

Le commencement de jeune aage, Iniens aetas, Prima adolescentia, Prima aetas.

Le commencement de chanter, Praecentio.

Le commencement de courroux, Initium irae.

C'est un commencement de guarison, Pars sanitatis est.

Commencement de vie, Rudimentum lucis.

¶ Au commencement, Primo, Inter initia, Initio.

Au commencement de Janvier, Ineunte Ianuario.

Je diray ce que j'ay dit au commencement, Renouabo illud quod initio dixi.

Pour le commencement, In principio.

¶ D'un mauvais commencement souvent est venuë grande familiarité, Ex malo principio saepe magna familiaritas conflata est.

¶ Tu en es le commencement, Ortum est abs te.

¶ Doncques le commencement sera tel, Ergo ita nascetur exordium.

Ce fut le commencement de mon bruit, Ab his fontibus profluxi ad hominum famam.

Le commencement de la cause est assez honneste, Frons causae satis honesta est.

Et quel commencement pensez-vous qu'il faille prendre, etc. Ecquodnam principium putatis libertatis capessendae?

Ne tenir point forme de commencement, Abrupte incipere.

Il n'y a ne fin ni commencement à tes paroles, Nec caput, nec pes sermonis apparet.

Dieu n'a point eu de commencement, Ab omni aeternitate vixit Deus.

¶ Dés le commencement, Protinus.

Dés ou depuis le commencement, Ab initio, A vel de principio, Iam inde a principio.

Dés le commencement de sa vie, Ab ineunte vita.

Depuis le commencement jusques à la fin, A carceribus ad calcem, A principio ad finem.

Commencer dés le commencement, A capite repetere.

J'ay leu tes lettres dés le commencement, A primo legi literas.

¶ Du commencement, Principio, De principio, Initio, Ab initio, Primo, A primo, Prima specie.

Parler beau du commencement, Blande in principio alloqui.

Tout du commencement, Iam inde ab initio.

Du commencement il s'est pensé, A primo cogitauit.

Et mesmement du commencement, Ac primo quidem totius rationis ignari.

¶ Faire le commencement, Exordium inducere.

Ton commencement se porte bien, Habent tibi bene principia, Cedunt tibi principia.

Donner les commencemens de quelques mysteres, et instituer premierement aucun en quelque religion, Initiare.

Prendre son commencement de quelque chose, Initium a re aliqua capere, vel sumere, Exordium a re aliqua ducere.

¶ Sans commencement, Abrupte,

Les commencemens des procez, et jusques à la contestation, Incunabula litium, Litium elementa.

Traductions

commencement

Anfang, Beginnbeginning, commencement, start, onsetaanvang, begin, aanhef, intrede, eerste beginselen, grondslagenאתחלה (נ), בראשית (ז), התחלה (נ), ראשית (נ), ריש (ז), תחילה (נ), תְּחִלָּה, הַתְחָלָה, אַתְחֲלָה, רֵאשִׁית, בְּרֵאשִׁיתawal, permulaanαρχή, ξεκίνημαavviamento, avvio, inizioзапочване生效日期zahájenípåbegyndelse졸업식 (kɔmɑ̃smɑ̃)
nom masculin
début

commencement

[kɔmɑ̃smɑ̃]
nmbeginning, start commencements
nmpl (= débuts) → beginnings
les commencements de la physique moderne → the beginnings of modern physics