compte

compte

[ kɔ̃t] n.m.
1. Calcul d'un nombre ; évaluation d'une quantité : Le compte est bon
total : Il fait le compte des chaises pour être sûr de placer tout le monde
2. État de ce qui est dû ou reçu : Je dois faire mes comptes pour savoir si j'ai assez pour payer.
3. Contrat passé par un particulier avec un établissement de crédit et qui lui permet d'y déposer ou d'en retirer des fonds ; état des crédits et débits qui en résultent : Avoir un compte en banque. Un relevé de compte. Compte courant
qui permet un mode de règlement simplifié des créances
Remarque: Ne pas confondre avec comte ou conte.
À bon compte,
à faible prix ; fig., sans trop de mal : Tu t'en tires à bon compte.
À ce compte-là,
dans ces conditions.
À compte d'auteur,
se dit d'un ouvrage dont l'auteur paie les frais de publication et de diffusion.
À son compte,
de façon indépendante, sans dépendre d'un employeur : Il est à son compte
il est son propre patron : Elle veut se mettre à son compte
devenir travailleuse indépendante
Au bout du compte ou en fin de compte ou tout compte fait,
tout bien considéré.
Avoir son compte,
Fam. être hors d'état de combattre, à bout de forces ; être ivre ; être tué.
Donner son compte à qqn,
lui payer son salaire et le renvoyer.
Être loin du compte,
se tromper de beaucoup.
Mettre qqch sur le compte de qqn,
le rendre responsable de cette chose.
Prendre qqch à son compte,
en prendre la responsabilité.
Régler son compte à qqn
Rendre compte de,
faire le récit de : Elle a rendu compte de la visite présidentielle ; donner une analyse, une explication de : Nous rendrons compte de ce film dans notre prochain numéro.
Se rendre compte de (+ n.), que (+ ind.),
remarquer, comprendre : Elles se sont rendu compte de leur erreur.
Sur le compte de qqn,
au sujet de qqn.
Tenir compte de qqch,
le prendre en considération.

COMPTE

(kon-t') s. m.
Action de compter ; résultat de cette action. Faire un compte. Il sait le compte de son argent. Le compte est juste.
J'ai reçu des compliments sans compte [SÉV., 101]
J'ai perdu plus que tous les autres en chevaux et en effets, mais j'ai le compte de mes membres [P. L. COUR., Let. I, 156]
Cependant son dauphin d'une vitesse prompte Des ans de sa jeunesse accomplira le compte [MALH., Prière pour le roi.]
Ligne de compte, marge blanche qu'on laisse exprès à côté d'un compte, et contenant les chiffres répondant aux articles détaillés dans le compte ; pour le calcul on ne regarde que ce qui est tiré en ligne de compte. Fig. Mettre, faire entrer en ligne de compte, prendre en considération.
Sans mettre en ligne de compte tous les savants qui y sont [MOL., Critique, 7]
Si vous mettez en ligne de compte les incendies et les tremblements de terre [J. J. ROUSS., Orig. notes.]
Compte borgne, se dit quand la somme est composée de fractions, et aussi quand le compte n'est pas clair. Et dans le même sens : mauvais compte. Compte rond, nombre, somme sans fractions. Cela n'est pas de compte, cela ne compte pas. À compte, loc. adv. À valoir, en déduction. J'ai reçu mille francs à compte.
Il dit à un valet de passer les parties à compte [LA BRUY., Théophr. 24]
À-compte, s. m. Somme donnée ou reçue en déduction d'un compte, d'une dette. J'ai déjà reçu plusieurs à-compte. Au compte, suivant la manière de compter.
Au compte de ces gens, Le marchand à sa peau devait faire fortune [LA FONT., Fabl. V, 20]
Fig.
À votre compte, selon vous, suivant votre manière de voir.... Suis-je un sot à ton compte [MOL., l'Étour. IV, 1]
Oui, je suis donc un sot, un voleur à son compte [RAC., Plaid. II, 3]
À ce compte, à ce compte-là, d'après ce raisonnement.
À ce compte, ils en auraient plus qu'aucun de nous [DESC., Méthode, 5, 9]
L'Église à ce compte-là approuverait tous les abus [PASC., Prov. 6]
À ce compte, arrogante, un fantôme nouveau Te donne cette audace et cette confiance [CORN., Héracl. I, 2]
Je les ai subornés contre vous, à ce compte [ID., Nicom. III, 7]
Au bout du compte, tout bien considéré, après tout.
Au bout du compte, Je ne m'en soucie point du tout [SÉV., 134]
Il n'est qu'un homme au bout du compte [PASC., dans COUSIN]
On trouve au bout du compte que les choses sont bien comme elles sont [FONTEN., Sapho, Laure.]
Au bout du compte je n'ai que trois questions à faire au docteur indien [BERN. DE S.-P., Chaum. ind.]
En fin de compte, finalement. Bois de compte, bûche de compte, se dit pour désigner un certain nombre de bûches qui se donne pour une certaine mesure en comptant et sans mesurer.
Les jeter tout vivants dans un bûcher composé de deux voies de bois de compte et de deux voies de fagots à doubles liens [VOLT., Lett. d'Argental, 22 janv. 1775]
Monnaie de compte, voy. MONNAIE. Par compte, à fur et mesure.
Pour distribuer tout le linge par compte [SÉV., 43]
Mme de Neuillan la chargea [Mlle d'Aubigné, plus tard Mme de Maintenon] de la clef de son grenier pour donner le foin et l'avoine par compte [ST.-SIM., 74, 214]
On dit qu'un homme ne tient ni compte ni mesure quand il laisse aller ses affaires en confusion. Nombre de cent fils dans la largeur d'une pièce de toile. Compte se dit de plusieurs petites choses qu'on prend à la main ou qu'on jette ensemble pour compter plus rapidement. Les prunes se comptent deux à deux, trois à trois ; les espèces d'or et d'argent deux à deux, trois à trois, quatre à quatre ; et chaque prise ou jet se nomme un compte. Cette locution a vieilli.
Bon compte, bon marché. Le bon compte que l'on trouve chez ce marchand. Faire bon compte. Ce marchand vous fera meilleur compte. À bon compte, à bon marché, au propre et au figuré. Vendre, acheter à bon compte.
Grâce aux bontés du ciel, j'en suis quitte à bon compte [MOL., Éc. des f. II, 6]
En voici une, voire cent à meilleur compte [PASC., Prov. 9]
Laisser passer une occasion de gagner les bonnes grâces d'un Dieu tout miséricordieux et tout puissant à si bon compte [FLÉCH., Serm. II, 124]
De bon compte, en comptant bien, au moins.
En peut donner au roi quatre cents [millions], de bon compte [MOL., les Fâcheux, III, 3]
Six de bon compte [LAFONT., Berc.]
Être de bon compte, se disait d'un associé qui ne trompait pas son associé ou son maître. Un homme de bon compte, homme sincère, qui ne trompe personne. Être de bon compte, être loyal et accommodant en fait d'intérêts ; et fig. Convenir franchement d'une chose. Soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette aubaine. Manger, se divertir à bon compte, c'est-à-dire manger, se divertir sans se mettre en peine de rien, et aussi sans qu'il en coûte rien. Recevez cela à bon compte, c'est-à-dire en déduction de ce que je vous dois.
État de recettes et de dépenses. Solder un compte.
Tenir un compte exact de ce qui leur est dû [FÉN., Tél. III]
Je suis dans l'embarras d'arrêter un grand compte de dix-neuf années [SÉV., 427]
Je viens ici pour faire nos comptes ensemble [MOL., le Bourg. gent. III, 4]
Vous passeriez vos jours à tenir les comptes du ménage [HAMILT., Gramm. 9]
C'est quelqu'un qui monte Apporter le compte Du restaurateur [BÉRANG., Cocag.]
Familièrement. Tenu comme un compte de cuisinière, tenu sans aucune des formes de comptabilité. De compte fait, le compte ayant été fait. De compte fait, je vous dois cinq cents francs. Fig. Tout considéré.
Il a de l'esprit, mais dix fois moins, de compte fait, qu'il ne présume d'en avoir [LA BRUY., XI]
N'avez-vous pas dans votre Église sept sacrements de compte fait ? [VOLT., Jenni, 3]
Être à compte à demi avec quelqu'un, être en société avec quelqu'un, partager par moitié. Faire une chose de compte à demi avec quelqu'un, en partageant les dépenses et les bénéfices. Pour le compte de quelqu'un, pour faire ses affaires.
Il m'établit pour son compte et s'en trouva bien [J. J. ROUSS., Ém. V]
Faire le compte à un domestique, lui donner son compte, lui payer ce qu'on lui doit et le renvoyer. Et dans un sens analogue, le domestique demande son compte, quand il veut quitter la maison où il est. Fig. Je lui ai donné son compte, je l'ai traité de fait ou de parole comme il le mérite. Par extension, son compte est bon, son compte sera bientôt réglé, c'est-à-dire on lui fera un mauvais parti. Il en a pour son compte, il lui est arrivé quelque perte, quelque mésaventure.
L'honnête homme morbleu ! vive monsieur Géronte ! Ma foi, sans moi la belle en avait pour son compte [REGN., le Bal, sc. 18]
C'est pour son compte, tant pis pour lui. Et dans un sens favorable : Les applaudissements étaient pour son compte. Régler ses comptes, établir ce que nous devons et ce qui nous est dû. Fig.
Pour régler ses comptes avec la justice divine [BOSSUET, Sulp. 2]
Rendre ses comptes, justifier de l'emploi régulier des valeurs dont on a eu la gestion. Avoir quelque chose en compte, en disposer à la charge d'en rendre compte. Passer en compte, porter sur le compte de, mettre comme dû, au propre et au figuré.
De même que j'ai été atteint du péché d'Adam, ma justice est passée en compte aux autres [CHATEAUB., Génie, II, V, 15]
Passer sur le compte de, être attribué à.
Ce qui était le fait d'une humeur un peu bizarre, d'un esprit distrait et capricieux, passait sur le compte de la fermeté de caractère et de la supériorité de jugement [CARREL, Œuvres, t. V, p. 202]
Mettre quelque chose sur le compte de quelqu'un, lui attribuer quelque fait plus ou moins répréhensible. Prendre, mettre une chose sur son compte, se l'attribuer.
Il prit cette complaisance sur son compte [HAMILT., Gramm. 4]
Grossesse que le roi voulut bien prendre sur son compte [ID., ib. 11]
Il pourrait mettre les approbations sur le compte de son mérite [SÉV., 291]
Vos soins aimables que je dois mettre sur mon compte [ID., 450]
Je mets sur mon compte toutes les bontés que vous aurez pour elle [ID., 224]
Sur le compte de quelqu'un, en ce qui le concerne. Nous sommes fort inquiets sur son compte. On m'a donné sur son compte des renseignements qui ne sont guère favorables. Pour le compte de quelqu'un, pour ce qui le regarde. Pour mon compte, je suis résolu à obéir. Pour votre compte, vous ferez bien de partir au plus vite. Tenir compte à quelqu'un d'une chose, le dédommager d'une perte. Fig. Lui savoir gré de sa conduite en une circonstance. Faire son compte de, être dans l'intention de.
Neptune peut bien faire compte De nous laisser avecque vous [MALH., VI, 9]
J'avais toujours fait compte De ne m'en séparer qu'avecque le trépas [ID., V, 29]
Vous faites donc à la fin votre compte De me donner la baronne pour bru [VOLT., Nan. II, 12]
Elle fait son compte d'aller faire un tour à la foire [MOL., l'Avare, II, 6]
Faites votre compte D'aller au Louvre accomplir mes souhaits [ID., Impromptu, remercîment au roi.]
Faire son compte que, être assuré que.
Faites votre compte que si vous ne m'aimez pas.... [SÉV., 39]
Oui, croyez ma cousine, et faites votre compte Que ce jeune éventé vous couvrira de honte [VOLT., Indiscr. sc. 18]
Avoir son compte, avoir ce qu'on désire, ou être bien dans ses affaires ; et ironiquement, être très maltraité de fait ou de paroles ; être ivre. Entendre, savoir bien son compte, entendre bien ses intérêts. Trouver son compte à, avoir profit, avantage à.
Ils ne trouveront point ici leur compte [CORN., Ex. de Poly.]
Trouves-y ton compte et j'en serai ravie [ID., le Ment. IV, 9]
Je trouve bien mieux mon compte avec l'un qu'avec l'autre [MOL., 2e Interm. de la Princ.]
Si vous ne trouvez votre compte d'un côté, vous vous jetez de l'autre [PASC., Prov. 5]
Il n'y trouvait pas son compte [HAMILT., Gramm. 4]
L'une et l'autre trouva de la sorte son compte [LA FONT., Fab. III, 8]
Comparaison où il trouve son compte [LA BRUY., XIII]
Nous trouvons aussi notre compte Avec tous les gens qui sans honte Savent dans un retour subit Changer d'habit [BÉRANG., Vieux habits.]
Dans un sens analogue. Je vous ai prêté vingt francs, vous m'en rendez dix-sept ; ce n'est pas mon compte. Fig.
Cet hymen serait bien mon compte [LA FONT., Nic.]
Amour fait tant qu'enfin il a son compte [ID., Cuv.]
Tout autre eût été mieux mon compte [ID., Nic.]
Pourvu qu'on crie, les jésuites auront leur compte [PASC., Prov. 3]
Si vous y veniez tous deux, ce serait bien mon compte [SÉV., 594]
Il voulut se retirer, ce n'était pas mon compte [HAMILT., Gramm. 3]
Oui ; mais j'y suis blessée et ce n'est pas mon compte De souffrir dans mon sang une pareille honte [MOL., F. sav. III, 6]
Fig. Vous ne trouverez pas votre compte avec cet homme-là, c'est-à-dire ne contestez pas contre lui ; il est plus fort, plus habile que vous. Être loin de compte, se tromper dans son calcul, dans ses combinaisons.
Il était bien loin de compte [HAMILT., Gramm. 4]
Ainsi Luther était bien loin de son compte [BOSSUET, Var. II]
Vous voici bien loin de compte [J. J. ROUSS., Ém. II]
Vous vous êtes trouvé loin de compte après avoir vécu parmi nous [ID., ib. IV]
Par extension. Ils sont tous deux bien loin de compte, ils sont loin de tomber d'accord. Fig. À bon compte, tout de bon, effectivement.
Qui, l'ayant prise [la lettre] comme pour s'en divertir, la lut à bon compte [LESAGE, Gil Blas, IX, 6]
Terme de droit. État de recette et de dépense des biens dont on a l'administration et des sommes que l'on a touchées. Le tuteur doit rendre compte. Affirmation, clôture d'un compte.
Terme de commerce et de finances. État d'opérations tenu dans une forme régulière, état de situation entre deux personnes qui se doivent réciproquement. Livre de compte. Le crédit et le débit d'un compte. Avoir un compte ouvert avec quelqu'un, prendre chez lui à crédit. Avoir des marchandises à compte, les avoir à crédit. Terme de banque. Compte de retour, compte qui accompagne la retraite ou lettre de change tirée par le porteur d'une lettre protestée, et qui contient les frais et intérêts à rembourser au porteur. Compte courant, situation de deux personnes qui s'engagent à faire l'une pour l'autre des versements et des encaissements, sous la condition de régler à une certaine époque leur position réciproque. On dit que ce compte est courant, parce qu'il reçoit des articles successifs jusqu'à la clôture définitive. Être en compte courant avec la banque. Compte courant, état des opérations intervenues entre les personnes en compte courant. Anciennement. Chambre des comptes, cour souveraine qui allait à côté du parlement et qui connaissait, en dernier ressort, des finances et du domaine du roi. Aujourd'hui, Cour des comptes, cour supérieure établie pour examiner et juger les comptes de ceux qui ont manié les deniers de l'État.
Considération, cas. Le compte que l'on fait de lui. Le compte où l'on tient le livre publié par ce savant. Le peu de compte qu'il a fait de me répondre. En ce sens, compte ne se dit guère qu'avec les verbes faire et tenir. Faire compte, faire cas, tenir en estime, donner attention.
Se plaignant que sa faute vient d'elle, Il n'en veut faire compte [MALH., I, 4]
Et brisant tous ces nœuds dont j'ai tant fait de compte [RÉGNIER, Élég. II]
Non plus que de farceurs je n'en puis faire compte [ID., Sat. XI]
D'un si faible service elle fait trop de compte [CORN., Cid, IV, 3]
D'un vain songe peut-être elle fait trop de compte [RAC., Athal. III, 4]
Et dont alors on faisait plus de compte [LA FONT., Faucon.]
Mais lui, ferme et constant, n'en a fait aucun compte [MOL., Fâch. I, 1]
Quel compte devez-vous faire d'une amitié qui aboutit à votre réprobation ? [BOURD., Dominicales, I, Société des justes, 189]
D'abord l'habitant ne fit pas grand compte de ces deux enfants pauvrement vêtus [BERN. DE S.-P., Paul et Virg.]
Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs que la Grèce Aux champs de Marathon prodiguait aux vainqueurs ; C'est là leur diadème ; ils en font plus de compte Que d'un cercle à fleurons de marquis ou de comte [VOLT., Ép. 76]
Tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, l'avoir en considération. Il ne tient aucun compte de ce qu'on lui dit.
J'aurai donc nommé ces beaux yeux Tant de fois mes rois et mes dieux, Pour aujourd'hui n'en tenir compte [MALH., V, 17]
J'accepte le présent, et crois pouvoir sans honte, L'ayant de votre main, en tenir quelque compte [CORN., Othon, IV, 4]
C'est et d'elle et de lui tenir bien peu de compte [ID., Rod. III, 5]
Il n'en a tenu compte [RAC., Plaid. I, 1]
Cette femme ne tient pas compte d'elle, se néglige, ou bien ne ménage pas sa réputation.
Rapport circonstancié. Demander, rendre compte d'un événement.
Un valet.... Qui rend comme espion compte exact de ta vie [RÉGNIER, Élég. II]
Il s'en retourna rendre compte de sa commission [FÉN., Tél. III]
Il lui rendait compte de tout ce qu'il pouvait découvrir, [ID., ib. XII]
Il ne faut pas qu'un roi fasse le détail, c'est la fonction de ceux qui travaillent sous lui, il don seulement s'en faire rendre compte [ID., ib. XXII]
On rendait compte au roi de leur conduite [BOSSUET, Hist. III, 5]
Je vous rendrai compte de ma journée [SÉV., 39]
Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant je veux apprendre de vous à rendre la mienne sainte ; heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Rendre bon compte à, parler ou agir à la satisfaction de.
Tu m'as commis ton sort, je t'en rendrai bon compte [CORN., Hor. II, 5]
Je vous en rendrai un très bon compte [SÉV., 310]
Elle vous rendra un bon compte de cette affaire [ID., 14]
Je vous rendrai bon compte de tout [ID., 517]
Dans un sens tout différent. Vous me rendrez bon compte de votre conduite, c'est-à-dire je vous en ferai repentir. Se rendre compte de quelque chose, en pénétrer la cause, le secret. Rendre compte d'un ouvrage dans un journal, l'apprécier en l'annonçant. Compte rendu, récit, exposé d'un fait ou d'une question. Compte rendu d'une séance, d'une audience. Compte rendu, exposé d'une situation, d'un ensemble d'opérations. Compte rendu présenté au roi, au mois de janvier 1781, par Necker. Compte rendu des travaux des ingénieurs des mines. Le compte rendu, exposé de principes politiques fait par les députés de la gauche en 1832. Justification, explication, responsabilité, avec les verbes devoir, rendre, demander.
J'en dois compte au sénat et n'y puis consentir [CORN., Nicom. V, 5]
Et vous devez aux dieux compte de tout le sang.... [ID., Cinna, II, 1]
Que lui dirai-je enfin ? je dois lui rendre compte [ID., Cid, II, 1]
Jamais un souverain ne doit compte à personne Des dignités qu'il fait et des grandeurs qu'il donne [ID., D. Sanche, III, 4]
Je ne rendais qu'à moi compte de mes désirs [RAC., Bérén. II, 2]
Seigneur, je ne rends point compte de mes desseins [ID., Iphig. IV, 6]
J'en dois compte, madame, à l'empire romain [ID., Brit. I, 2]
Il me faut de leurs cœurs rendre un compte fidèle [ID., Mithr. II, 3]
Ô Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de toutes mes actions [PASC., Prière.]
Je demanderai compte aux hommes de la vie des hommes [ID., Prov. 14]
Rendre compte de leur administration [BOSSUET, Hist. I, 5]
Pour y rendre compte du sang qu'elles auront répandu [ID., Polit.]
Le prélat ayant répondu selon sa coutume qu'il ne devait compte qu'à Dieu seul, son temporel fut saisi [VOLT., Louis XV, 36]
Il faut travailler, il faut être utile ; on doit compte de ses talents [DIDER., Lett. à Volt.]

PROVERBES

  • À tout bon compte revenir, c'est-à-dire on ne doit pas craindre de compter une seconde fois, quand on n'a point trompé la première.
  • De méchant compte on revient au bon, c'est-à-dire les erreurs de compte peuvent toujours se rectifier.
  • Erreur n'est pas compte, même sens que les deux précédents.
  • Les bons comptes font les bons amis, c'est-à-dire on ne peut être ami sans garder la foi et la justice les uns aux autres.
  • On dit qu'un homme est trésorier sans rendre compte, pour exprimer qu'il dispose du bien d'autrui comme il lui plaît et sans être obligé d'en rendre compte.
  • Chacun veut avoir son compte, c'est-à-dire personne ne veut rien relâcher de ses intérêts.
  • Chacun son compte, il faut que chacun ait ce qui lui revient.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Cinquante mille chevaliers [ils] ont par cunte [, Ch. de Rol. CCXXII]
  • XIIIe s.
    Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre venduz à conte [, Liv. des mét. 270]
    Il loist bien as hoirs de celi qui fit testament, qu'il demandent conte as executeurs des biens qu'il orent por le testament acomplir [BEAUMANOIR, XII, 30]
    Il doit estre renvoiés au liu qu'il garda, tant qu'il ait rendu bon conte à son segneur [ID., XII, 43]
    Cil qui est establis à autrui dete recevoir, doit dire : Je les ai recheues, et en doit rendre compte [ID., XXIX, 13]
    Il se vesti de povres dras, E si se mist de haut en bas, Onques de rien conte ne tint [, Grégoire le Grand, p. 84]
    Mès une remembrance m'espoente et affronte, Que qui plus tient de Dieu, plus a à rendre conte [J. DE MEUNG, Test. 258]
  • XIVe s.
    Et semblablement est il de ceulz qui ne tiennent compte de exposer leur pecunes largement [ORESME, Eth. 280]
    Estre acoustumé de non tenir compte ou creindre trop choses terribles [ID., ib. 37]
    Nonpourquant fut ainsnez Bertran, si l'a dit on ; Mais compte n'en tint on nes [même] plus que d'un mouton [, Guesclin. 85]
  • XVe s.
    Et les cardinaux et riches hommes d'Avignon s'obligerent à ce qu'ils le garderoient de si près, qu'ils en rendroient bon compte [FROISS., III, IV, 67]
    Et ne faisoient les seigneurs nul compte d'autres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaumes et à tymbres couronnés [ID., I, I, 64]
    Et il ne fit point grand compte des François quand ils vindrent [ID., II, II, 227]
    À brief parler et sans faire long compte [CH. D'ORL., 1]
    Fin de compte, puisqu'est ainsi, Fermons nos cuers en aliance [ID., Rondeau]
    .... smon que ayez Les maulx d'amours trop petit essayez, Et que jà sont de vos comptes rayez Et oubliez [A. CHARTIER, Débat des deux fortunes]
    Et que ceux où loquence habonde, Et qui ont belle theorique Et de parler bonne pratique En faiz de beaus comptes compter, Choses nouvelles rapporter, Et l'estat des pays voisins [EUST. DESCH., Poésies mss. f° 413, dans LACURNE]
    Il faisoit bien son compte que il les rameneroit bien à la raison [COMM., II, 4]
    Qui en a, il est bien venu ; Qui n'en a point, on n'en tient compte [VILLON, Ball. des Ecoutants.]
  • XVIe s.
    Il conviendra quelque jour laisser le monde [mourir] pour aller rendre compte de son entremise et recevoir son loyer [, Rozier histor. I, 3]
    Seigneur, n'entre point en conte avec ton serviteur : car nul vivant ne sera justifié devant toy [CALVIN, Instit. 679]
    Appeler à conte [ID., ib. 680]
    Mais aussi, à ce compte.... [MONT., I, 25]
    À leur compte [ID., I, 212]
    Elle a meilleur compte d'incorporer une fois pour toutes.... [ID., I, 93]
    L'escrivain n'a à rendre compte que d'une verité empruntée [ID., I, 103]
    Le peu de compte en quoy il tenoit les.... [ID., I, 118]
    Triumpher à bon compte [ID., ib.]
    Les menus comptes, payements, etc. [ID., I, 257]
    Les plus hardies sectes sont contrainctes de se plier à la loy civile, au bout du compte [ID., II, 244]
    Quant à ceulx qui avoient la superintendance sur les trouppeaulx du roy, ilz n'en faisoient compte, et ne se soucioient point de leurs courroux [AMYOT, Rom. 7]
    .... Sans qu'il soit tenu de rendre compte de ce qu'il fait [ID., Cam. 31]
    Il resolut de s'en aller tout droit devant Sutrium, faisant son compte qu'il trouveroit les Thoscans en desarroy [ID., ib. 59]
    Quant à la soude [solde] ordinaire de ceulx qui porteroient les armes pour luy, qu'il la leur payeroit, non point à compte, mais à mesure [ID., Artax. 6]
    Ils succederont à compte de testes, que l'on dit in capita, et non par branches, que on dit in stirpes [, Coustum. génér. t. I, p. 766]
    À vieux comptes, nouvelles disputes [COTGRAVE, ]
    Qui vit à compte, il vit à honte [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. compte, comte ; espagn. cuenta ; portug. conta ; ital. conto ; du latin computus, compte, où l'accent est sur com (voy. COMPTER).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • COMPTE. Ajoutez : - REM. J. J. Rousseau a dit : Tourner à compte, pour : être avantageux. Ils aimeront mieux me faire une rente viagère, ce qui, vu mon âge et l'état de ma santé, leur doit probablement tourner plus à compte, Lettre à du Peyrou, 13 déc. 1764.

compte

COMPTE. n. m. Action de compter ou Résultat de cette action. Dénombrement, calcul opéré sur tel ou tel ensemble de choses. Il sait le compte de son argent. Faire le compte du linge qu'on donne à la blanchisseuse. Je vous ferai votre compte. Vous ne lui avez pas donné son compte. S'il fallait rappeler toutes ses folies, le compte en serait long. Inscrire régulièrement tous les jours le compte de ses recettes et de ses dépenses.

Monnaie de compte. Voyez MONNAIE.

Fam., Cela n'est pas de compte, Cela ne doit pas compter.

Compte rond, dans l'usage courant, désigne un Nombre composé de dizaines, de centaines ou de milliers sans fraction. Dix, vingt, trente, cent, deux cents, mille sont des comptes ronds. Vingt et un n'est pas un compte rond. Quand on compte par espèces, Compte rond se dit d'un Nombre de ces espèces sans fraction.

De compte fait, En comptant bien. De compte fait, ils étaient quarante-cinq. Il signifie figurément, Tout considéré. Il a de l'esprit, mais il en a dix fois moins, de compte fait, qu'il ne croit en avoir. On dit aussi dans le même sens, Tout compte fait. Malgré ses fautes, tout compte fait, il reste un grand homme.

Prov., Erreur n'est pas compte, ne fait pas compte, On est toujours reçu à revenir sur une erreur de calcul et, par extension, à revenir sur une erreur quelconque.

Donner son compte à un ouvrier, Lui payer ce qui lui est dû. Donner son compte à un domestique, Lui donner ce qui lui est dû en le renvoyant et, par extension, Le congédier.

Fig. et fam., Donner à quelqu'un son compte, Le traiter comme il le mérite. Il ne se prend qu'en mauvaise part.

De bon compte, En comptant bien, au moins, Sa terre lui rapporte, de bon compte, six mille francs par an.

Avoir à bon compte, faire bon compte, Avoir à bon marché. Il a eu cela à bon compte. Ce banquier vous fera tenir votre argent à meilleur compte qu'un autre. On dit de même Vivre à bon compte, Vivre à bon marché. C'est une ville où l'on vit à bon compte.

Fig., En être quitte, s'en tirer à bon compte, S'en tirer sans trop de dommage.

Fig. et fam., Trouver son compte, Trouver du profit, de l'avantage. Il m'a rendu service et il a trouvé son compte. N'offensez pas cet homme- là, vous n'y trouveriez pas votre compte.

Faire son compte signifie aussi Se proposer, ou S'attendre à, espérer que... Il fait son compte de partir demain. Il croyait que ses amis l'assisteraient, il faisait son compte là-dessus. Ne faites pas votre compte sur les promesses de cet homme-là. Ce tour a vieilli ; on dit plutôt Il compte partir demain. Il comptait que ses amis l'assisteraient. Ne comptez pas sur les promesses de cet homme-là.

Être loin de compte, loin de son compte, Se tromper dans son raisonnement, dans son calcul, dans ses prétentions, dans ses espérances. Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit de Deux personnes qui sont en traité, en marché de quelque chose, et qui ne peuvent tomber d'accord. Nous sommes loin de compte ensemble. Il est loin de compte avec moi.

Fig., À ce compte-là, Selon cette manière de voir, cette supposition, ce raisonnement. À ce compte-là, je vois qu'il n'a pas tort. On dit de même À votre compte, cela serait ainsi.

COMPTE signifie encore État ou autre écrit contenant l'énumération, le calcul, la supputation de ce qui a été reçu, dépensé, avancé ou fourni. Un article de compte. Le total d'un compte. Livre de compte. Tenir les comptes chez un marchand. Passer, mettre quelque chose en compte. Ne mettez pas cela dans le compte, sur le compte. Il a chargé ses comptes de cela. Mettre ses comptes en règle. Dresser un compte. Rendre un compte. Rendre ses comptes. Reddition de compte. Présenter, affirmer un compte. Voir, vérifier, examiner, recevoir, apurer un compte. Revoir un compte. Débattre un compte. Débats de compte. Vérification de compte. Valider un compte. Allouer les articles d'un compte. Arrêter un compte. Arrêté de compte. Régler un compte. Clore un compte. Le compte est clos. Solder un compte. Reliquat d'un compte. Reliquat de compte. Les locutions et les phrases suivantes appartiennent plus spécialement au langage du commerce et de la banque. Compte courant. Compte de profits et pertes. Débiter, créditer un compte. Balancer un compte. Être en compte ouvert. Avoir un compte ouvert dans une banque.

Compte de retour, État des frais et intérêts occasionnés par le non-paiement d'un effet de commerce protesté.

Avoir une chose en compte, L'administrer, en disposer, à la charge d'en rendre compte à qui de droit.

Cour des Comptes, Cour supérieure établie pour examiner et juger les comptes de ceux qui ont manié les deniers de l'État. Elle a remplacé la Chambre des Comptes, qui avait les mêmes attributions. Président de la Cour des Comptes. Conseiller maître à la Cour des Comptes, ou Maître des comptes. Conseiller référendaire à la Cour des Comptes. Cela est passé, vérifié, enregistré à la Cour des Comptes. Un arrêt de la Cour des Comptes.

Prov., Les bons comptes font les bons amis.

Fig. et fam., Être de bon compte, Ne pas chicaner. Soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette aubaine. Je suis de bon compte, je reconnais qu'à votre place j'aurais eu moins de patience.

Fig. et fam., Son compte est bon, On lui fera un mauvais parti. On dit dans un sens analogue Son compte sera bientôt réglé.

Fig. et fam., Il en a pour son compte, il a son compte, se dit d'un Homme à qui il arrive quelque malheur ou quelque accident. On dit de même Il en a reçu, on lui en a donné pour son compte.

À compte. Voyez À COMPTE.

Être de compte à demi avec quelqu'un, Être en société d'intérêt avec quelqu'un, et partager par moitié les bénéfices et les pertes.

Cela est à son compte, au compte d'un tel, C'est à lui à le payer. Les étoffes qu'un tel prend seront à votre compte. Je prends cela à mon compte. La nourriture de ce cheval est à votre compte.

Laisser de la marchandise pour compte, La laisser au compte de l'expéditeur, refuser de la recevoir.

Pour le compte de quelqu'un, En vertu de la commission que l'on a reçue de lui. Vendre, négocier, acheter, etc., pour le compte de quelqu'un. On dit par opposition Vendre, négocier, etc., pour son propre compte, pour son compte particulier, pour son compte.

Pour le compte de quelqu'un, se dit encore figurément dans certaines phrases. Les applaudissements étaient pour son compte, et les sifflets pour celui de l'acteur, Les applaudissements étaient pour lui, et les sifflets pour l'acteur. Pour mon compte, Pour ce qui me regarde, quant à moi. Je n'ai, pour mon compte, rien à leur reprocher.

Fig., Sur le compte de quelqu'un, Sur ce qui le concerne. Il se dit surtout en parlant de la Conduite et des actions d'une personne. On m'a donné sur son compte des renseignements qui ne lui sont guère favorables. Elle fait beaucoup parler sur son compte. Il n'y a rien à dire sur son compte. Nous étions fort inquiets sur son compte. Fig., Mettre une histoire, un livre, une faute, etc., sur le compte de quelqu'un, Le donner pour en être l'auteur. Mettre une aventure, faire courir une histoire, etc., sur le compte de quelqu'un, Faire croire qu'elle lui est arrivée.

Fig., Prendre sur son compte, Se charger de quelque chose, s'en rendre responsable. Ne vous mettez point en peine de lui faire des excuses, je le prends sur mon compte. S'il arrive quelque chose de fâcheux, je le prends sur mon compte.

Fig., Passer sur le compte de, Être attribué à. Ce qui était le fait d'une intention malveillante passa sur le compte de sa distraction.

Fig., Tenir compte à quelqu'un d'une chose, Lui en savoir gré. Je lui tiens compte de sa bonne volonté. Dieu nous tiendra compte des moindres actes de charité. On dit aussi familièrement Mettre, faire entrer en ligne de compte.

Fig., Faire compte, tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, L'estimer, l'avoir en quelque considération. Il n'en fait pas grand compte. Il n'en tient pas grand compte. Il en fait peu de compte. Il ne fait, il ne tient aucun compte de ce qu'on lui dit.

Fig., Au bout du compte. Locution familière dont on se sert en terminant un discours, un raisonnement, et qui signifie Tout considéré, après tout. Au bout du compte, que m'en peut-il arriver? Au bout du compte, il n'est rien tel que de faire son devoir. On dit aussi dans le même sens En fin de compte.

COMPTE se dit figurément de l'Action de rapporter ce qu'on a fait, ce qu'on a vu, etc., et d'en rendre raison, de l'expliquer. Dans ce sens, il s'emploie ordinairement avec les verbes Rendre, devoir, demander. Je vous rendrai compte de cette affaire. Rendre compte d'un ouvrage dans un journal. Nous devons compte à Dieu de toutes nos actions. On nous demandera compte de nos actions. Le compte que Dieu doit nous demander au jour du Jugement. Je ne vous dois aucun compte de mes actions. Il ne doit compte à personne de son administration.

Se rendre compte de quelque chose, Se l'expliquer, s'en rendre raison. J'éprouvais un sentiment dont j'avais peine à me rendre compte.

Rendre bon compte de sa conduite, Faire connaître qu'on a tenu une conduite à laquelle il n'y a rien à reprendre. Je rendrai bon compte de votre conduite. Je ferai connaître exactement la conduite que vous avez tenue.

Fam. et par menace, Vous me rendrez bon compte d'une telle conduite, Je saurai bien vous en faire repentir.

Compte rendu, en termes d'Administration, Exposé ou relation de certains faits particuliers. Compte rendu de l'état des finances, de la statistique criminelle. Compte rendu des séances d'une assemblée législative, etc. On dit aussi Le compte rendu d'un procès, d'une pièce de théâtre, d'une séance académique. Compte rendu de fouilles archéologiques.

compte

Compte, m. penac. Le quayer où est la recepte et la mise, Accepti et expensi tabula, voyez Compter. Ratio.

A ton compte, Vt rationem te dictare intelligo.

Ce compte que nous venons de faire, est le compte de Grecin, Is calculus Grecini rationem continet.

¶ Abbreger son compte, Conferre in pauca rationes.

Charger ses comptes de despenses inutiles, Onerare rationes, Futilibus ac inanibus impensis.

Faire le compte rond, Rotundare summam. B.

Le compte rond, Quadrans summa. B.

Compte rompu, Excurrens summa. B.

Tu as ton compte, Metaphorice, pour dire, Tu es en tes goguetes, Delicias facis. B. ex Terent.

Demander compte avec aucun, Demander qu'on vienne à compte, Expostulare computationem.

Demander compte de son administration, Rationem vitae et magistratus gestis reposcere.

Mettre, coucher, ou escrire parmy ses comptes, Rationibus, et in rationes referre, inducere in rationem pecuniam aliquam.

En tenir compte et faire recepte, Rationibus referre, et in rationes.

Presenter ses comptes, Edere rationes.

Faire compte, Computare, Enumerare, Calculum imponere, Rationem supputare, Rationem dictare, Rationem inire, Rationes colligere.

Faire compte avec aucun, Disputare vel Supputare rationem cum aliquo, Calculum ponere cum aliquo.

Je vueil faire compte final avec toy, Volo tecum rationem putare, vel perputare, Peragere.

Clorre et affiner un compte, ou arrester, Conficere rationes.

Compte examiné, clos et affiné, Rationes dispunctae et subductae, et subscriptae. B.

Le compte clos et arresté, Rationes confectae et consolidatae. B. ex Cicerone.

J'ay fait mon petit compte, Subduxi ratiunculam. B. ex Plauto.

Ils furent d'accord touchant le compte, Ils trouverent leur compte, Conuenit ad nummum. B. ex Cic.

Je fay mon compte que, etc. Mea sic est ratio. B. ex Terentio.

Tu ne faisois pas ton compte que, etc. Non ita statuebas. B. ex Cic.

On fait compte avec l'argentier ou banquier, Supputatur ratio cum argentario.

Tenir compte de ce qu'on a despendu, au chapitre de la despense, Ferre expensum.

Je trouve mon compte, Constat mihi ratio. B.

Ouïr et examiner un compte, Expungere rationes, vel Dispungere rationes. B.

¶ Qui tient le compte, Ratiocinator.

¶ Dresseur de comptes, Calculator.

Rendre ses comptes, Rationes referre.

Rendre compte, Dire la cause pourquoy, Rationem reddere, Afferre causam, Dicere causas rei.

Rendre ou oüir un compte, Putare rationem cum aliquo.

Rendre compte comme on a fait son devoir, Persoluere rationem officij.

Tu rendras compte de tout ce qu'ils auront fait, et en respondras, Praestabis eorum omnium facta. B. ex Cic.

Requerir que quelqu'un rende compte, Ad calculos aliquem vocare.

Recevoir les comptes de son fermier, Rationes a colono accipere.

Retourner à son premier compte ou propos, Ad calculos reuerti.

Quand en faisant un compte on trouve qu'on a mis autant qu'on avoit receu, Summa rationum quadrans.

Le compte se trouve jusques à un denier pres, Ad nummum conuenit. Sub summa.

Le compte ne se trouve point, Non comparet argenti ratio, Non constat ratio.

Je trouve mon compte, Ratio mihi constat. B. ex Plinio iuniore.

Venir à compte avec quelqu'un, Calculum ponere cum aliquo.

Le compte vient bien, C'est le compte, Quadrat ratio. B.

Le compte est bon, Ratio equidem constat. Plaut.

Les comptes n'ont pas esté bien veuz, Male putata est ratio.

Les maistres et gens des comptes, Praefecti rationum regiarum, Rationales. B. ex Iustiniano.

¶ Compte, pour un recit ou narré, Narratio, Fabula, voyez Conte.

Le compte est tout notoire, Nota fabula est. B. ex Quintil.

Aider au compte, Mimo subseruire. B.

Un compte couvert, Personata fabula. B.

C'est le bon du compte, Condimentum fabulae. B. ex Plauto.

Petis comptes, Logi, Dicta, et Ridicula. B.

Tout compter de fil en aguille, Denarrare. B. ex Terent.

Il nous en comptera tantost de bonnes, Fabulam incoeptat. B. ex Terentio.

¶ Homme duquel doit tenir grand compte, Pretij magni homo, aut magnae existimationis.

Quand le Roy tient grand compte d'aucun, Esse magno loco apud Regem.

J'ay tousjours tenu grand compte de toy, et t'ay fort estimé et prisé, Te semper maximi feci.

Tu l'aimes que tous les autres, et en tiens plus de compte, Est primus apud te.

Ce a esté la chose la plus principale aux anciens, et de quoy ils ont tenu plus de compte, Principale fuit apud exteros de agricultura praecipere.

Tenir plus de compte de quelqu'un, que de la Republique, Praeuertere aliquem prae Republica.

¶ Tenir peu de compte de quelque chose, Paruipendere.

Ils ne tiennent compte de ce que je dis, Quae dico paruipendunt.

Ne tenir compte de ses biens, ne de sa vie, Negligere periculum fortunarum et capitis.

Ne tenir compte de quelque chose, et ne s'en chaloir, Negligere, Contemnere aliquid.

Ne faire aucun ne tenir compte de quelque chose, In negligentiam adducere aliquem.

Faire compte d'aucun, Aliquem respicere. B. ex Terentio.

En doit -on faire compte? An in aliquo numero ponendus est? B. ex Cic.

L'un ne tient compte de l'autre, Vterque contemnit alterum.

Ne tenir pas si grand compte de ses affaires que de la Republique, In minimis suas res ponere, de Republica vehementius laborare.

On ne tient compte de cest advocat, Hic aduocatus friget in foro. B. ex Cicer.

On ne fait compte de l'estude, Studium artium liberalium friget. B.

Il me sembloit à veoir que je cognoissoy combien grand compte tu faisois de luy, Nosse locum mihi videbar quem apud te is teneret.

Qui ne tient compte de quelqu'un, Negligens in aliquem.

Je ne fay compte de cela, Ea res modice me tangit.

Je n'en fay pas grand compte, Paruipendo.

Quand quelqu'un ne fait compte de quelque chose, mais la desprise, Sordere alicui res aliqua dicitur.

Il ne faut point faire de compte de tous ces biens que tu appelles biens, Omnia illa quae bona tu vocas, necesse est obscurari, et non apparere.

Faisant peu de compte de parler des gens, Parum abhorrens famam.

Ne tenir compte d'aucun, Abiicere aliquem, Nihil facere.

Ne tenir compte d'aucun au pris de soy, Aliquem prae se contemnere.

Ne tenir compte de quelque chose, Nihili facere, Respuere, Nullo loco numerare.

Ne tenir compte de la loy, Legem transire.

Ne tenir compte de soy, Abiicere se atque prosternere.

Delaisser ou ne tenir compte de sa vigne, Vineam derelictui habere.

Ne faire, ou ne tenir compte des prieres d'aucun, Aduersari preces alicuius.

Ne tenir compte de quelque chose non plus que de rien, Ducere aliquid pro nihilo.

Qui ne tient compte de Dieu ne de ses parens, Impius.

Qui ne tient compte de l'estude, Auersus a Musis.

Qui ne tient compte d'autruy, Contemptor.

Qui ne tient compte des choses qui sont pres, Incuriosus proximorum.

Il n'a tenu compte de chose plus que de mon profit, ou à la comparaison de mon profit, Omnia sibi post putauit esse prae meo commodo.

Nous ne tenons compte l'un de l'autre, Abiecti et neglecti inter nos sumus.

Personne ne tient compte de moy, Ignorant me omnes.

De qui on ne tient aucun compte, Despicatus, Abiectus, Fastiditus.

De quoy on ne doit tenir compte, Poenitendus.

On ne tient compte de justice, ne de bonté, Nec iustitiae vllus est, nec bonitati locus.

Ne tenant compte d'une si petite observation, Securus tam paruae obseruationis.

compte


COMPTE, s. m. [Konte; 1re lon. 2e e muet.] 1°. Calcul, nombre: Le Compte de l'argent, du linge, de la vaisselle. Je ne trouve pas mon compte, ou le compte. = 2°. Papier où l'on fait le calcul de ce qu'on a reçu, ou doné. Aportez-moi le compte. Passer quelque chôse en compte. Doner tant à compte de.... Clôrre, souder un compte. Apostiller un compte, etc. = 3°. Rendre compte. Rendre raison d'une afaire, dont on a été chargé. "Je vous rendrai compte de cette afaire. Rendre compte de sa conduite, de son administration. "Nous rendrons compte à Dieu de toutes nos actions.
   Rem. 1°. D'Olivet critique avec raison ces vers de Racine:
   De mille aûtres secrets j'aurois compte à vous rendre.
Cette construction en éfet est dûre et contre la Gramaire. Lorsque les verbes régissent des noms sans article, et ne font qu' une même expression avec eux, on ne peut transporter leur régime. On ne dit point: Je ne puis grâce faire, honte avoir, etc. — Racine le fils, en convenant que l'inversion est hardie, troûve qu'elle n'est pas condamnable, parce qu'elle ne caûse aucune obscurité. Cette raison toute seule ne sufit pas pour la justifier. Blanc bonnet et satisfaction grande, ne sont pas des expressions fort obscures. Elles n'en pèchent pas moins contre les règles de la construction.
   II. Faire compte, régit la prép. sur: il se dit sans article et sans acompagnement: quel que soit le nominatif (le sujet) de la phrâse, on dit toujours faire compte, tout seul et absolument, sans le modifier par les pronoms possessifs mon, ton, son, leur: "Je crois pouvoir trouver à redire à cette phrâse de l'Hist. d'Angl. d'Hume: "Le Roi devoit faire son compte sur un refus de toute espèce de subside. — On ne dit pas, je fais mon compte sur vous, pour dire, je compte sur vous; ni, vous devez faire votre compte sur moi, pour dire, vous devez compter sur moi. On dit absolument, je compte, ou, je fais compte sur vous: vous devez compter, ou faire compte sur moi. L'Acad. met: ne faites pas votre compte sur les promesses de cet homme-là. Je crois que, ne faites pas compte, est plus français. Il n'en est pas de même, quand faire compte régit les verbes, ou à l'indicatif, précédé de la conjonction que, ou à l'infinitif, précédé de la prép. de: il se combine alors avec les pronoms possessifs; encôre ne se dit-il de la sorte qu'à l'impératif ou à l'infinitif: "Faites votre compte que, si vous ne m'aimiez pas tous deux, en vérité vous seriez des ingrats. Sév. "Faites votre compte que dès demain tout sera détalé dès sept heûres du matin. Mariv.
   Non, je ne puis, aux démons odieux
   Ofrir l'encens, que je ne dois qu'aux Dieux.
   Vous ne pouvez! Faites donc votre compte,
   De devenir bientôt pour votre honte
   L'unique objet de toutes leurs noirceurs.
       Rouss.
  Neptune peut bien faire compte
  De nous laisser avecque vous.
      Malherbe.
Ménage traite cette expression de prosaïque. Elle est, en éfet, du st. fam. et n'est bone que pour des demi-marotiques, tels que ceux de Rousseau, que nous venons de citer. "Que celui, qui aspire à la gloire de cette profession, fasse compte qu'il y a bien plus à perdre qu'à gagner d'écrire en vers dans un siècle aussi dégoûté que le nôtre P. Rapin.
   Faire compte de... Estimer, avoir quelque considération. "Il en fait peu de compte.
   III. Faire le compte de... Une pareille réponse ne faisoit pas le compte des Sectaires. Berault, Hist. de l'Égl. L'expression n'est pas trop noble. "Cela ne fait pas mon compte, je n'ai pas lieu d'être content, je m'atendois à toute aûtre chôse. Il se dit ordinairement avec la négative.
   IV. N'en tenir compte, se dit communément avec la seule négative ne. "Je vous l'ai représenté plusieurs fois, vous n'en avez tenu compte, ou aucun compte. "Cela n'a rien qui frape, et l'histoire n'en tient presque pas de compte. Dans cette phrâse, pas est nécessaire à caûse de presque, mais le de est inutile   . Il aurait été mieux de dire: l'Histoire n'en tient presque pas compte. = Tenir compte, employé sans négative, régit l'ablat. de la chôse (la prép. de), et le datif de la persone (la prép. à). "Je vous tiendrai compte de ce que vous ferez pour lui; trouver son compte, le datif des noms, et la prép. à devant les verbes: Il trouve son compte à ce marché à traiter avec moi, à me doner la préférence. — On dit, dans le même sens, avoir son compte, mais sans régime; "Quand on n'a pas son compte dans un monde, on le troûve dans un aûtre. Volt. Mais, avoir son compte, au figuré, est moins usité que trouver son compte. Il est plus en usage pour le sens propre: avez-vous votre compte? Je n'ai pas mon compte.
   V. Faire bon compte de.... se dit au propre; c' est, en d'aûtres termes, faire bon marché. "Elle raporte cette robe de chambre. Tenez, me dit-elle, elle est belle et bonne: gardez-la, je vous en ferai bon compte. Mariv. = Être de bon compte, au contraire, se dit au figuré; c'est être facile, acomodant. "Vous voyez qu'une réparation ne me coûte pas, et que je suis de bon compte. Anon. = Être loin de son compte: "Luther, qui se glorifia d'avoir lui seul mieux défendu le sens littéral, que tous les Théologiens Catholiques, étoit bien loin de son compte, puisqu'il n'avoit pas même compris le vrai fondement, qui nous atache à ce sens. Boss. = Quand on parle de plusieurs, on dit loin de compte, sans y joindre de pronom. "Nous sommes loin de compte vous et moi: ils sont bien loin de compte, ils ne s'acorderont pas.
   VI. On dit aussi, figurément, je le prends pour mon compte: Mettez-le sur mon compte; je le tiendrai fait à moi-même; faites-le pour moi. Mde. de Coulanges écrit à Mde de Grignan: "Votre fils s'en porte à merveilles, et j'en ai une joie qui n'est pas tout-à-fait sur votre compte: c. à. d. ce n'est pas seulement pour vous, c'est un peu à caûse de lui. = En avoir pour son compte; être atrapé, trompé. = On ne sait pas à quoi s'en tenir sur son compte; c. à. d., sur ce qui le regarde.
   VII. On dit, au propre, Mettre en ligne de compte, Faire mention de... dans un compte. = Recevoir à compte, comme une partie de ce qui est dû. "J'ai reçu six cens francs à compte de ce qu'un tel me doit. Il s'emploie aussi substantivement: il n'a reçu qu'un à compte. = De compte fait: "Pour obtenir l'honneur du triomphe, il falait prouver qu'on avoit tué huit ou dix mille hommes de compte fait. Rollin. L'expression n'est pas digne du style de l'Histoire.
   À~ votre compte; suivant votre opinion.
   "À~ votre compte, ce serait donc moi, qui vous en devrois de reste. On dit de même, à son compte, à leur compte, au compte des adversaires, de la partie adverse, etc.
   Au bout du compte; après tout, au pis aller: au bout du compte, quand cela seroit, qu'en résulteroit-il? aucun inconvénient.
   À~ bon compte: malgré cela et pour plus grande sureté. "Ne faut-il pas que la Providence de Dieu aie son cours?...... Voilà qui est fort chrétien; mais prenons-toujours, à bon compte, de la poûdre de M. Delorme. Sév. Mangez, buvez toujours à bon compte, arrivera ce qu'il pourra.
   En fin de compte; dans la suite: "En fin de compte, vous vous troûverez pauvre, infirme et méprisé de tout le monde.
   VIII. On dit, proverbialement, à tout bon compte revenir, on est toujours reçu à compter, à calculer de nouveau. — Les bons comptes font les bons amis. Soyons toujours exacts, pour n'avoir pas de discussion dans la suite. "Les bons comptes font les bons amis; j'ai reçu toutes vos lettres, mon cher voisin, celle du 20 Mai, celle du 4 Juin, etc. Sév.

Synonymes et Contraires

compte

nom masculin compte
1.  Action de compter.
2.  Résultat trouvé.
Traductions

compte

Konto, Rechnung, Abrechnungaccount, count, accounting, bill, reckoningrekening, telling, conto, berekening, rekenschap, verantwoording, voordeelגימטרייה (נ), חשבון (ז), תחשיב (ז), תַּחְשִׁיבúčetcuenta (acción de contar), recontar, cuenta勘定, 口座, 計算, 預金口座λογαριασμόςcontoحِسَابkontopankkitiliračun은행 계좌kontokontoconta, conta bancáriaбанковский счетkontoบัญชีเงินฝากhesaptài khoản账户帳戶 (kɔ̃t)
nom masculin
1. calcul d'une quantité Le compte est bon.
2. calcul de l'argent gagné et de l'argent dépensé faire ses comptes tenir les comptes d'un commerce
3. argent déposé à la banque ouvrir un compte
4. faire attention à tenir compte de son opinion
réaliser, comprendre Je m'en rends compte.
après réflexion Tout compte fait, tu as raison.
5. finalement
6. travailler pour soi et non pour un patron

compte

[kɔ̃t]
nm
(= total, montant) → count, number
faire le compte de → to count up
Le compte des bulletins de vote prendra du temps → It will take time to count the voting slips.
Le compte est bon → That's the right amount.
(bancaire)account
ouvrir un compte → to open an account
J'ai déposé le chèque sur mon compte → I've paid the cheque into my account.
(chez un commerçant)account
Mettez-le sur mon compte → Charge it to my account.
(autres locutions) à ce compte-là (= dans ce cas) → in that case (= à ce train-là) → at that rate
tout compte fait → on the whole
à bon compte, s'en tirer à bon compte → to get off lightly
rendre compte de qch (= relater) → to give an account of sth; (en assumant une responsabilité) → to account for sth
rendre compte de qch à qn (= relater) → to give sb an account of sth; (en assumant une responsabilité) → to account to sb for sth
tenir compte de [+ fait, circonstances] → to take into account; [+ conseils] → to take notice of
Ils ont tenu compte de mon expérience → They took my experience into account.
Il n'a pas tenu compte de mes conseils → He took no notice of my advice.
compte tenu de → taking into account
prendre qch à son compte → to take responsibility for sth
travailler à son compte → to work for oneself
pour le compte de → on behalf of
pour son propre compte → for one's own benefit
sur le compte de qn (= à son sujet) → about sb
mettre qch sur le compte de qn (= le rendre responsable) → to put sth down to sb
en fin de compte (fig) → when all is said and done, at the end of the day
Le voyage ne s'est pas mal passé, en fin de compte → The journey wasn't bad, all things considered.
au bout du compte → in the final analysis
avoir son compte (fig) → to have had it >
trouver son compte à qch → to do well out of sth
régler un compte (= s'acquitter de qch) → to settle an account (= se venger) → to get one's own back
régler son compte à qn → to eliminate sb comptes
nmpl
(comptabilité)accounts, books
faire les comptes → to do the accounts, to do the books
tenir les comptes → to keep the accounts
(autres locutions) rendre des comptes à qn → to be answerable to sb
régler ses comptes → to settle one's differences
compte à rebours nmcountdown
compte chèque postal nmPost Office account
compte chèques nmcurrent account, checking account (USA)
compte courant nmcurrent account, checking account (USA)
compte de dépôt nmdeposit account
compte d'exploitation nmoperating account
compte en banque nmbank account
compte-gouttes [kɔ̃tgut] nm invdropper
au compte-gouttes [donner, délivrer] → sparingly