concentré, ée

CONCENTRÉ, ÉE

(kon-san-tré, trée) part. passé.
Rassemblé au centre. Les rayons solaires concentrés au foyer d'une loupe.
Votre monade, ainsi que la mienne, est un miroir concentré de cet univers [VOLT., Phil. ignorant, 27]
Il semble que la voix dans les airs égarée, Par cet espace étroit dans ces murs concentrée à notre âme retentit mieux [LAMART., Harm. I, 8]
Terme militaire. Des troupes concentrées, troupes rapprochées l'une de l'autre pour agir sur un même terrain. Feu concentré, feu d'artillerie dirigé de différents côtés, sur un même point convenu.
Terme de chimie. Acide, alcool concentré, acide, alcool dont on a chassé la partie aqueuse.
Le vinaigre radical, étant chauffé fortement, devient susceptible de prendre feu ; plus il est concentré, plus il est inflammable [CONDORCET, Courtanvaux.]
Terme de médecine. Pouls concentré, pouls où l'artère est peu développée sous le doigt qui la touche.
Borné, limité, renfermé.
Ce serait un miracle que de persuader à ceux-ci et à ceux-là que la vertu n'est pas concentrée tout entière dans leur parti [DIDER., Disc. prélim.]
Fig. Qui ne donne point d'expansion à ses sentiments ou à ses idées. Concentré en soi-même.
Ceux qui ont des passions plus sérieuses étant froids sur ces puérilités, toute la vivacité de leur esprit demeure concentrée [VAUVENARGUES, Vivacité.]
Mais un cœur ulcéré Par de trop longs chagrins devient plus concentré [M. J. CHÉN., Gracques, III, 7]
Brûlant pour Desdémone, il déguisait sa flamme, Cachait les noirs projets concentrés dans son âme [DUCIS, Othello, V, 6]
Un fait certain, c'est qu'en quittant son beau-frère, les traits de Murat portaient l'empreinte d'un profond chagrin ; ses mouvements étaient brusques, une violence sombre et concentrée l'agitait [SÉGUR, Hist. de Napol. VI, 4]
Là, au milieu des chefs rassemblés, entouré de leurs regards inquiets et qu'il suppose désapprobateurs, il semble vouloir les repousser de son attitude sévère et d'une voix brusque, cassante et concentrée [ID., ib. VIII, 11]