conditionné, ée

CONDITIONNÉ, ÉE

(kon-di-sio-né, née ; en poésie, de cinq syllabes) part. passé.
Qui est en certaine condition. Bien conditionné, bien fait, en bon état. Un ouvrage bien conditionné. En sens inverse, mal conditionné.
Fig. et absolument, pourvu des qualités requises en bien ou en mal. Sottise, étourderie conditionnée, très grande.
Je n'ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée [MOL., Préc. 10]
J'ai dit assez d'absurdités en ma vie pour m'y connaître, et j'aurais bien perdu le seul fruit que j'en pouvais tirer, si cette maxime ne m'en paraissait pas une bien conditionnée [DIDER., Essai s. Claude.]
Qui a bien mangé, bien bu.
Après quoi nous nous levâmes de table, tous assez bien conditionnés [LE SAGE, Gil Blas, VII, 13]
Soumis à une condition.
Quatre formules algébriques qui exprimaient les quatre nombres et n'avaient que deux inconnues ou indéterminées, telles qu'en supposant d'abord que la première était 1 et la seconde 2, il venait quatre nombres conditionnés comme on les demandait [FONTEN., Rolle.]
N'affaiblissons point la vérité par des exceptions malicieuses et par des louanges conditionnées [BALZ., le Prince, ch. XI]
Il prit une permission conditionnée [MAUCROIX, Schisme, liv. II, dans RICHELET]
Ancien terme de commerce. Billet conditionné, billet qui n'était payable qu'en un certain temps et en certains cas.
Homme conditionné, nom donné au mainmortable dans certaines coutumes.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CONDITIONNÉ. Ajoutez :
    Terme de commerce. Se dit de la qualité, de l'état d'un objet.
    Ces rapports diffèrent, suivant que la soie est plus ou moins conditionnée [P. GIRAUDEAU, la Banque rendue facile, in-4°, Paris, 1769, p. 468]